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Simetierre

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Dernier jour de mon stage aujourd’hui, va y avoir le p’tit bilan et ensuite je serai libre ! Liiiibre ! … Libre de commencer à travailler pour mon mémoire de seconde année. Vacances ? Kézaco ? 😥

Nouvelle chronique littéraire m’sieurs dames, et je vous propose pour cette fois-ci de retourner à un bon vieil auteur de l’horreur, on le connaît tant et plus qu’on ne le présente plus, à tel point que son nom est trois fois plus gros que le titre sur la couverture de ses livres, je veux bien entendu parler de Stephen King ! Je me suis constitué un petit stock d’occasion de ses livres, et j’en lis un de temps en temps ^^ Celui qui est à l’honneur aujourd’hui est Simetierre, vu que le film est sorti récemment 🙂 Un premier film avait été fait en 1989, ainsi qu’une mauvaise suite en 1992, et j’ai cru comprendre en voyant la bande-annonce du film de 2019 qu’ils ont un poil modifié l’histoire, est-ce bien ou mal on ne le saura que si on a vu le film : d’ailleurs n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, parce que moi ça me botte bien d’aller le voir et de profiter de quelques frissons par 35°C à l’ombre ^^’ Je vous mets ci-dessous les deux bande-annonces et vous choisirez le film que vous irez voir, après avoir lu le livre bien sûr 😛 Le livre quant à lui date de 1983, et a été salué bien bas par la critique. Enjoie ^^

Résumé : Louis Creed, un jeune médecin de Chicago, vient s’installer avec sa famille à Ludlow, petite bourgade du Maine. Leur voisin, le vieux Jud Grandall les emmène visiter le pittoresque « simetierre » où des générations d’enfants ont enterré leurs animaux familiers. Mais au-delà de ce « simetierre », tout au fond de la forêt, se trouvent les terres sacrées des Indiens, lieu interdit qui séduit pourtant par ses monstrueuses promesses. Un drame atroce va bientôt déchirer l’existence des Creed, et l’on se retrouve happé dans un suspense cauchemardesque…

Mon avis : 

La couverture est… Bref. J’avoue que je ne suis pas fan de cette édition qui montre juste un mauvais montage de chat collé sur une image de cimetière digne des films d’épouvante des années 80. Bon d’accord, c’était justement l’époque du livre, mais ça n’excuse pas, même dans les années 80 ils savaient faire des couvertures effrayantes, pour moi c’est l’éditeur qui a été paresseux. J’en veux aussi pour preuve le style du titre qui tranche violemment avec tout le reste. C’est très bien d’avoir trouvé un bon auteur, mais faudrait pas trop non plus se reposer sur son nom au point de négliger tout le reste.

Le style de King est toujours aussi fluide, quoique parfois un peu long dans certaines descriptions, mais j’ai beaucoup aimé cette lecture malgré tout. On retrouve les éléments que l’auteur affectionne, particulièrement la dimension mystique qu’on voit dans quasiment tous ses romans, Rose Madder étant le meilleur exemple que je puisse donner dans ce cas, encore que ce ne soit pas mon préféré (Misery sans hésiter, un vrai chef d’oeuvre) ! Le récit est très bien mené, et comme souvent amène plusieurs réflexions sur la vie, la mort, et la frontière entre les deux, mais aussi sur la part de surnaturel qui existe en ce bas monde, et celle que les gens sont prêts à tolérer avant l’oubli ou la folie. On retrouve d’ailleurs une petite référence à Cujo (un autre excellent titre), ce qui nous montre une fois de plus que King aime faire des clins d’oeil à ses autres romans et à ses lecteurs 😛

L’histoire m’a beaucoup plue, même si elle met du temps à démarrer elle est rondement menée et vraiment prenante ! Un peu prévisible ceci dit, j’avoue que rien ne m’a vraiment surprise, si ce n’est la toute fin. Mais au diable le prévisible, puisque le frisson, l’angoisse qui vous prend aux tripes, tout ceci est bien là :3 Le sujet semble un peu « banal » puisque, prise dans sa globalité et en arrondissant les angles, elle ressemble beaucoup à une histoire de zombies. Mais c’est bien plus que cela, ce sont à la fois des zombies, des revenants, des psychopathes et des démons :3 Le rapport à la mort est énormément questionné ici, je l’ai déjà dit mais c’est vraiment une caractéristique importante. Le « simetierre » est un endroit impressionnant à imaginer, et je comprends qu’il puisse être un peu glauque, même si au départ j’y voyais quelque chose de bien innocent où les enfants venaient enterrer leurs animaux de compagnie ; mais c’est tout ce qu’il cache qui est encore plus intéressant, toutes les histoires qu’on raconte et sur lesquelles on ne saura jamais toute la vérité.

Ce qui fait toute la force des romans de Stephen King, bien plus que les histoires, c’est la psychologie des personnages, toujours très travaillée et jamais tout à fait banale ; ou peut-être tellement banale qu’elle révèle que même une personne « normale » recèle des tréfonds de ténèbres maléfiques. Louis Creed est un personnage plein de bon sens, mais ce même bon sens et sa raison vont être rudement mis à l’épreuve ; au départ, il passe presque pour un mari et un père horrible, mais le récit relativise très vite en montrant ses bons côtés qui font largement pencher la balance en sa faveur. J’ai personnellement beaucoup aimé son pragmatisme, sa colère, et son amitié avec Jud qui est vraiment touchante, de même que le couple Jud et Norma est adorable. Jud est un sacré personnage, l’image du grand-père à la voix grave et aux épaules larges, qui connaît toutes les légendes remontant à la nuit des temps, vient immédiatement à l’esprit 😀 Un personnage en revanche qui m’a un peu énervée, c’était Rachel. Alors oui, elle a toutes les raisons du monde. Mais être aussi peu objective en tant que mère, et se voiler à ce point la face quant au sujet de la mort, c’est une chose que je trouve stupide peu importe la raison. En même temps, avec le co***rd de père qu’elle a… J’avoue que ça explique pas mal de choses.

Bref, un excellent roman, qui ne sera peut-être pas mon préféré au sein de l’oeuvre de Stephen King, mais une très bonne lecture dans tous les cas ^^

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Un peu de lied maléfique : Le Roi des Aulnes

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Nouveau samedi et nouvelle poésie, je suis allée chercher dans mon enfance, enfin plutôt mon adolescence, pour vous trouver un nouveau poème. Au collège, on a tous eu des cours de musique, où j’ai notamment eu le bonheur (relatif) de faire la flûte à bec ; mais on avait une super prof, qui nous faisait découvrir des musiques assez cool (essayez L’agriculteur de Ridan, encore aujourd’hui c’est un coup de coeur et un super moyen de me détendre), notamment Le Roi des Aulnes.

Goethe, Goethe, Goethe, tout le monde le cite mais personne n’est foutu de savoir ce qu’il a fait exactement mais grâce à moi vous pourrez briller dans la société, et ne pas passer pour un monstrueux inculte aux yeux des Allemands, remerciez-moi bande de petits kartoffel (c’est le seul mot que je connais, ça et scheisse). Johann Wolfgang von Goethe est né en 1749 et mort en 1832, il fut romancier, poète, dramaturge, théoricien de l’art et homme d’Etat. Parmi ses passions, on trouve aussi la botanique, la zoologie, la géologie et l’optique ; il a même proposé une théorie sur la lumière, et on lui doit la découverte d’un os de la mâchoire. Un bonhomme très actif donc ! Son roman Les Souffrances du jeune Werther le rend célèbre dans toute l’Europe, et sa tragédie Faust en fait une égérie de la culture allemande, et pour certains un annonciateur de la suprématie nationale allemande. Ah, et je vous avais dit qu’il était franc-maçon ? Napoléon était aussi un de ses grands admirateurs, il l’a même décoré de la Légion d’Honneur. Bref, je ne vais pas tout épiloguer non plus, sachez seulement enfin que les poèmes de Goethe ont connu un très grand succès auprès des compositeurs romantiques qui les ont surtout adaptés en lied : ce sont des poèmes germaniques mis en musique et chantés à une seule voix. Le poème dont je veux vous parler est Le Roi des Aulnes, écrit en 1782 ; comme je ne lis pas l’allemand et probablement une bonne partie d’entre vous non plus, je vous propose une traduction de Charles Nodier (un romancier français et une des égéries du mouvement romantique), et une version mise en musique par Schubert, jouée par Gerald Moore et chanté (avec beaucoup de brio) en langue originale par le baryton Dietrich Fischer-Dieskau :3

Quel est ce chevalier qui file si tard dans la nuit et le vent ?
C’est le père avec son enfant ;
Il serre le petit garçon dans son bras,
Il le serre bien, il lui tient chaud.

« Mon fils, pourquoi caches-tu avec tant d’effroi ton visage ?
— Père, ne vois-tu pas le Roi des Aulnes ?
Le Roi des Aulnes avec sa traîne et sa couronne ?
— Mon fils, c’est un banc de brouillard.

— Cher enfant, viens, pars avec moi !
Je jouerai à de très beaux jeux avec toi,
Il y a de nombreuses fleurs de toutes les couleurs sur le rivage,
Et ma mère possède de nombreux habits d’or.

— Mon père, mon père, et n’entends-tu pas,
Ce que le Roi des Aulnes me promet à voix basse ?
— Sois calme, reste calme, mon enfant !
C’est le vent qui murmure dans les feuilles mortes.

— Veux-tu, gentil garçon, venir avec moi ?
Mes filles s’occuperont bien de toi
Mes filles mèneront la ronde toute la nuit,
Elles te berceront de leurs chants et de leurs danses.

— Mon père, mon père, et ne vois-tu pas là-bas
Les filles du Roi des Aulnes dans ce lieu sombre ?
— Mon fils, mon fils, je vois bien :
Ce sont les vieux saules qui paraissent si gris.

— Je t’aime, ton joli visage me charme,
Et si tu ne veux pas, j’utiliserai la force.
— Mon père, mon père, maintenant il m’empoigne !
Le Roi des Aulnes m’a fait mal ! »

Le père frissonne d’horreur, il galope à vive allure,
Il tient dans ses bras l’enfant gémissant,
Il arrive à grand-peine à son port ;
Dans ses bras l’enfant était mort.

 

J’adore ce poème, ou plutôt, j’adore l’adaptation en lied qui a été faite. La musique de Schubert est splendide, l’histoire racontée par Goethe est fascinante et la voix de Fischer-Dieskau est magistrale. Il y a plusieurs interprétations possibles du poème ; on peut voir que l’enfant seul voir le Roi des Aulnes, et le père trouve à chaque fois une explication rationnelle. La fin du poème est donc riche de sous-entendus selon la façon dont on l’interprète : ce peut être un viol que l’enfant tente de dénoncer, ou bien en réalité l’enfant n’est pas mort, son enfance seule l’est et il est passé à l’âge adulte. Dans cette dernière interprétation, le père est en réalité la nature masculine et adulte du garçon qui vient l’arracher à ses chimères ; le Roi des Aulnes pourrait représenter les premiers signes de la puberté qui angoisse l’enfant et le plonge dans le doute et les ténèbres ; autre possibilité alors, il s’agit bien de son père qui essaie de préserver l’innocence de son enfant, en vain. En tout cas, ce poème donne des frissons, et le lied encore plus, la progression est implacable et la conclusion impitoyable, je suis sous le charme ❤

Pour illustrer ce poème, je vous propose un tableau de Julius Von Klever, Der Elkönig (le Roi des Aulnes en allemand), réalisé en 1887. Celui-là aussi j’en suis tombée amoureuse ^^ Je le trouve magnifique, il a la même lumière que le tableau de L’Abbaye dans une forêt de chênes, une lumière presque sépulcrale, ocre et pourtant froide. Tout est splendide dans ce tableau, la trainée de brume si vivante et fantomatique, les arbres qui semblent s’incline vers le cheval pour l’entraver dans sa course, le coucher de soleil inexorable et qui n’est que le prélude de la nuit et la mort à venir, c’est sublime ❤ Et ça me donne bien envie de dessiner moi aussi le Roi des Aulnes, ça va être un défi mais ça me botte ^^

La Moïra (intégrale)

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien :3 J’ai ressorti mon livre de coloriages, c’est fou ce que c’est prenant ! J’ai toujours besoin de faire quelque chose quand je regarde un film ou une série sur mon ordinateur, alors le coloriage c’est l’idéal. Par contre, je suis très difficile pour choisir mes carnets, celui sur lequel je suis en ce moment m’a pris des heures de recherche (Le Jardin du Temps de Son Ji-Hye si vous le cherchez 😀 )

Nouvelle chronique littéraire ! Aujourd’hui, un livre qui, comme souvent, a passé un grand nombre de mois dans mes étagères après un achat coup de tête (acheteuse compulsive, moi ?), et que je me suis finalement décidée à lire alors que je ne me souviens même plus de où et quand je l’ai acheté ! Il s’agit d’une de mes éditions favorites, une intégrale spéciale 10 ans de Bragelonne (ça fait un moment qu’ils ont 10 ans maintenant, parce que ça fait plusieurs années que je vois ces éditions en librairie, non pas que je m’en plaigne 😀 ). La trilogie intégrale donc de La Moïra de Henri Loevenbruck, publiée de 2001 à 2002 ; je vous recommande absolument l’auteur, qui a écrit de très bons romans comme la trilogie Gallica que j’ai lue il y a un moment maintenant, et qui, je ne le découvre que maintenant, est la suite en fait de La Moïra (ça me fera une autre bonne raison de la relire). Les deux trilogies d’ailleurs témoignent du souhait de l’auteur de réhabiliter le loup dans l’imaginaire collectif, et de protéger l’animal contre l’homme ; ceci dit, c’est La Moïra qui a eu le plus de succès auprès du public. Lire la suite

Tara Duncan #9 : Contre la Reine Noire

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Moi eh bien… j’essaie d’assumer le fait que je vais de nouveau avoir potentiellement besoin des rails de chemin de fer en appareil dentaire… Re-bonjour les bagues qui provoquent des aphtes à répétition, re-bonjour le fil de fer qui perce la joue, vous ne m’aviez pas manqué…

Et une nouvelle chronique littéraire ! J’espère que vous n’en avez pas encore marre de Tara Duncan, parce que je continue mes chroniques de cette série ! Tara Duncan, une série fantastique commencée par Sophie Audouin-Mamikonian en 2003, elle est terminée et compte 13 tomes, plus une nouvelle série qui est une suite à celle-ci. Le tome 9, que je viens de finir, est intitulé Tara Duncan contre la Reine Noire, et est sorti en 2011. Il a donc 8 ans, et je me sens vieille en disant ça, allez savoir pourquoi ^^’ Je vous propose sa chronique, et juste en-dessous, si vous avez du retard à rattraper, les chroniques des tomes précédents 😛

Résumé : « Certainement pas ! »

À la stupéfaction générale, Tara, le jour de ses seize ans, refuse catégoriquement de devenir impératrice d’Omois, alors que sa tante, Lisbeth, annonce qu’elle abdique en sa faveur. Et la stupeur devient terreur quand Tara s’incarne en… Reine Noire ! Lire la suite

The Haunting of Hill House

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Bouh ! Vous avez eu peur ? Moi non plus, mais j’ai ici de quoi réparer tout ça ^^ Halloween c’est toute l’année quoiqu’en disent les commerciaux avides du pognon de Noël, et moi je veux des fantômes toute l’année, matin, midi et soir, à minuit éventuellement s’il reste du chocolat chaud 😛

Pour ce samedi, pas de poésie, je vous avais dit dans le dernier article que je vous parlerai de la série d’épouvante The Haunting of Hill House, sortie sur Netflix en 2018. Je suis toujours à l’affût de bons films et de bonnes séries d’épouvante (et pas d’horreur, je préfère les atmosphères viscérales aux simples jumpscares), aussi dès que je suis tombée sur cette série, j’ai voulu la découvrir… et j’ai fini par la dévorer en moins d’une semaine ! Terminée en une seule saison d’une dizaine d’épisodes, elle est assez courte. C’est une série américaine réalisée par Mike Flanagan, adaptée du roman gothique du même nom de Shirley Jackson, écrit en 1959 et considéré encore aujourd’hui comme l’un des meilleurs romans d’horreur jamais écrits. La série a également été un triomphe, et avec raison, si vous ne l’avez pas encore vue et que vous n’êtes pas trop sensible, je vous la conseille absolument. Personnellement, je l’ai regardée toute seule une première fois, et une deuxième fois avec mon frère pour avoir le bonheur d’observer ses réactions comme l’immonde petit être démoniaque que je suis 😛 Lire la suite

Olivia Kidney et l’Etrange Maison de l’Au-Delà

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ? :3 Le travail pour mon mémoire est d’une ampleur effrayante, mais il y a une petite consolation : je dois lire tout plein de romans gothiques ^^ Je pense vous faire une petite série de chroniques gothiques vers mars, j’ai de la matière maintenant !

Et une nouvelle chronique littéraire, avec un livre assez improbable que j’ai depuis mon enfance. Encore aujourd’hui, je ne sais toujours pas d’où il sortait, comment il est arrivé sur mon étagère, ni pourquoi je me suis mise à le lire, et encore aujourd’hui je me demande ce que je lui trouve tellement ce livre est un véritable ovni. Il est peu connu, et c’est pour ça que la photo de la couverture est aussi moche, c’est que je n’ai pas pu en trouver de meilleure qualité, et je vous en demande pardon. Après Harry Potter, après Béatrix Potter, voici Ellen Potter, l’auteur du livre Olivia Kidney et l’étrange maison de l’au-delà. C’est un peu compliqué de lui définir un genre, ça pourrait être un livre pour enfants au vu de la couverture et du peu de pages, mais l’intrigue est plus complexe que celle d’un classique livre pour enfants, et la symbolique est tellement présente que j’ai tendance à penser que seul un adulte pourrait le comprendre… et pourtant j’ai lu ça quand j’avais 7 ans, donc je ne sais pas. C’est le genre de livre qu’on a l’impression de redécouvrir à chaque fois où on le lit. Alors attention, ce n’est pas un mauvais livre, au contraire ! Mais il est indéfinissable, et c’est peut-être pour ça qu’il est aussi fascinant. Apparemment il fait partie d’une série avec Olivia Kidney en personnage principal… mais je ne l’ai jamais soupçonné avant de chercher des renseignements pour faire cette chronique ! Lire la suite

Un peu de poésie funèbre : Berceuse macabre

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Nouveau samedi et nouvelle poésie, je rédige cet article au saut du lit après avoir passé une trèèèèèès mauvaise nuit. Je ne sais pas si c’est la fatigue ou la bienheureuse détente du réveil, mais j’en profite tout de suite, parce qu’à mon avis, ce soir je vais être tellement sur les nerfs qu’on pourra jouer au xylophone sur mes vertèbres. Oui, comme le personnage dans Jack et la Mécanique du Cœur. Bref !

Je vous propose cette fois une poétesse polonaise francophone, Marie Krysinska. Elle est née en 1857 et morte en 1908 ; elle arrive à Paris à l’âge de seize printemps, pour suivre des cours d’harmonie et de composition au Conservatoire, mais abandonne bientôt pour étudier la littérature. Elle publie des articles de musique, d’art et de littérature, des critiques et des poèmes dans plusieurs revues ; elle devient la seule femme membre actif des cercles littéraires des Hydropathes, des Zutistes, des « Hirsutes » et des « Jemenfoutistes » qui se réunissent au cabaret du Chat noir. J’en profite d’ailleurs pour vous conseiller L’album zutique, qui est une compilation de poèmes satiriques et rabelaisiens de plusieurs artistes comme Rimbaud ou Verlaine. Ce n’est peut-être pas de la grande poésie, mais c’est assez divertissant. Pour en revenir à notre Marie (non pas la Vierge), en 1890 elle publie son recueil Rythmes pittoresques, dont vient le poème dont je veux vous parler aujourd’hui : « Berceuse macabre ». Petite note pour comprendre la dédicace, Maurice Vaucaire était un dramaturge et chansonnier français, né en 1863 et mort en 1918.

A Maurice Vaucaire.

Qu’elles sont cruelles et lentes, les heures!
Et qu’il est lourd – l’ennui de la mort!
Les heures silencieuses et froides, qui tombent dans l’Éternité, comme des gouttes de pluie dans la mer.
Donne-moi la main, ô ma sœur, et viens sous la Lune calmante, parler de ceux que nous avons laissés seuls quand nous sommes descendues dans la tombe.

  • Un sommeil très lourd m’engourdit, et je fais un rêve qui durera toujours; – rendors-toi, ma sœur, – nos aimés nous ont oubliées,
  • J’ai mis mon cœur dans son cœur et je suis sienne à travers la Mort.
  • Ces murs sont hauts, et la terre des vivants est loin; – rendors toi, ma sœur.
  • J’ai senti des diamants humides tomber sur ma bouche desséchée, – c’est mon ami qui pleurait.
  • Rendors-toi, pauvre sœur; – c’est la pluie qui violait ton cercueil.
  • O Souvent j’entends des sanglots lointains; – c’est mon aimé qui gémit, hanté par nos chers souvenirs.
  • Non, c’est le hibou qui jette un cri dans la nuit profonde; – profonde comme nos tombeaux, et comme l’oubli de ceux qui nous avaient aimées; – rendors-toi, ma sœur.

Alors je n’avais pas une bonne version du poème au début, c’est-à-dire qu’elle n’avait pas la mise en page indiquant que c’était un dialogue. Pratique. J’ai finalement compris avec la répétition du « rendors-toi ma sœur ». C’est donc un dialogue entre deux sœurs (de sang ou dans la mort, le lecteur l’ignore), l’une qui se languit de la vie et de son amant, et l’autre qui cherche à trouver le repos dans l’oubli de la mort. Et je trouve ce dialogue vraiment très beau, entre la vision romantique de la mort et des images mélancoliques, et la désillusion encore plus mélancolique d’une fin implacable sans espoir de retrouver ce qui a été perdu. C’est presque une sorte d’humour noir, alors que la première femme se fait des films et la deuxième lui fait voir la cruelle réalité. Le poème est rythmé par les invitations au sommeil éternel, d’où le titre de berceuse, et cela donne en effet un très bel effet de ritournelle. Et encore une fois, j’adore les métaphores du poème, même si elles sont clichés : elles sont belles et touchantes, tout simplement.

Pour vous illustrer ça, j’ai hésité vraiment. Je rêvais littéralement d’utiliser un personnage de The Haunting of Hill House, une série Netflix que ceux qui l’auront vue comprendront quel personnage je voulais. Mais je ne peux pas l’utiliser, parce que ce serait un énorme spoil à ceux qui ne l’ont pas vue, et cette série est aussi géniale que celui qui la spoil mérite de brûler de l’intérieur avec des morceaux de métal chauffés à blanc dans l’estomac. Regardez cette série. Oui, ce paragraphe était uniquement pour vous en parler, et samedi prochain vous y aurez encore droit. 😛

Plus sérieusement, pour illustrer et accompagner ce poème, je vous ai mis une musique d’un de mes dessins animés favoris, Les Noces Funèbres de Tim Burton : Tears to shed, ou en français, Une larme à verser. Pour ceux qui ne l’auraient pas vu, ce dessin animé est une merveille de technique, de poésie, d’humour et de beauté. Normal c’est Tim Burton. La chanson est chantée par Emily, une mariée morte qui a juré de ne pas trouver le repos avant qu’un époux ne vienne l’accompagner dans le trépas ; par accident, le sort désigne Victor, le héros du film, mais qui doit bientôt se marier avec Victoria qui elle est bien vivante. Emily chante donc son désespoir et sa jalousie, avec une tristesse et une sincérité absolument poignantes, et c’est pour ça que j’ai voulu vous le montrer : c’est plein de mélancolie, et pourtant la ritournelle est incroyablement apaisante, comme pour rassurer un enfant qui a fait un cauchemar pour qu’il se rendorme.