Archives de Catégorie: Dessins

Gribouillages divers et variés !

Un peu de poésie mélancolique : Fantômes

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Bien le samedi bande de poésies, nouveau bonjour et nouveaux gens 😀 J’espère que vous allez bien ! Ca faisait longtemps qu’on n’avait pas parlé poésie, je papillonne beaucoup sur les romans et les mangas depuis un moment, mais de temps en temps je retrouve l’envie de chercher de jolis textes ^^ J’ai trouvé un site très sympa dernièrement et j’avais envie de le partager avec vous : Oniris ! C’est un site d’écriture amateur pour des poésies et des nouvelles ; j’y ai trouvé récemment une très belle poésie : « Fantômes » de Myndie.

Je me souviens d’avoir aimé
les échos obsédants des silences d’ébène,
sommeil qui se fracasse en mille éclats de vers,
au long des nuits de laque noire ;
les matins frissonnants au teint de tourterelle,
les aiguilles du jour qui fendent les persiennes
et le café brûlant aux cirrus d’obsidienne.

Je me souviens d’avoir aimé
l’horizon capiteux des étés d’étincelles,
les spasmes de lumière en valse magnétique,
le piano de la pluie qui plaque ses sanglots
sur les portées d’asphalte
et puis se carapate en ruisseaux clapotants.

Et le goût rouge des cerises.

Je me souviens d’avoir aimé
au mitan de l’hiver le lamento du vent,
quand la table gorgée de rustiques fumets
endurait nos défis et nos insurrections,
dans la tiédeur feutrée de son cocon de brique.

Et le sourire de ma mère.

Une mélancolie à mémoire de forme,
invisible ressac, martèle son tourment
comme si cette absence avait plus de mille ans.
Et je hais cet exil.

Toi mon premier amour, je te dois cette grâce
d’avoir empli ma vie d’encriers à saigner
pour sonder les limons de marigots amers.
Ne redoute jamais les sursauts de mon âme,
les fatras de mes rêves ; ils ne sont pas l’oubli.

J’écris à mots comptés, j’ai peur de déranger
ton silence, trop grand pour moi.

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J’ai senti le déclic dès les premières lignes ❤ Les métaphores coulent et filent comme un cours d’eau, les couleurs qu’elles évoquent en particulier me font chavirer. Les sonorités sont magnifiques et on sent tellement d’émotions derrière le flot des paroles et des images. Nostalgie du temps passé, de la nuit et du réveil, de la pluie en été, des moments passés ensemble dans un cocon chaud. L’auteure explique dans un commentaire que le premier amour est en fait sa mère, et que les souvenirs se bousculent tellement qu’elle a besoin d’écrire pour y mettre de l’ordre. Derrière les mots, on voit la mélancolie, le vide, l’amour. Je trouve ce poème tellement beau, comme une musique, avec des évocations très personnelles et pourtant j’ai l’impression de m’y retrouver intimement. Myndie a écrit beaucoup d’autres textes et je vous invite à aller les découvrir sur Oniris :3

J’ai trouvé que cette image résonnait bien avec le poème et la perception que j’en avais. Elle semble elle aussi empreinte de nostalgie et de silence, tandis que le personnage se perd dans sa contemplation et ses souvenirs. On retrouve l’écriture aussi, avec les carnets, les feuilles et le stylo posé à côté. Les couleurs sont au rendez-vous et font écho au poème : l’horizon capiteux, les spasmes de lumière, le sommeil fracassé en mille éclats, la couleur rouge des cerises, la chaleur et le silence si grand. Il émane de cette image sérénité et douceur, comme pour venir apaiser la tristesse du manque. Après tout, les bons souvenirs ne sont pas que douloureux. Cette image n’a malheureusement pas de nom, mais elle est l’oeuvre de Sylar113 que vous pouvez retrouver sur DeviantArt. C’est l’un des artistes que je suis, j’adore son travail ❤ Malheureusement ça fait un moment qu’il ne poste plus rien, mais je continue d’espérer ! Voici une de ses créations que j’aime particulièrement, regardez attentivement pour le changement de perspective :3 

Tarot divinatoire made by Juliet : Le Mat

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Bien le bonjour bande de gens ! On y est, ON Y EST, après presque deux ans depuis le 13 juillet 2019 où je vous présentais le premier de mes arcanes majeurs, je vous présente enfin le dernier dessin de tarot, ou en tout cas le dernier de mes arcanes majeurs ❤ Ca fait un bien fou, je vous raconte même pas ^^ Je ne sais pas encore bien ce que je ferai après, ce qui est sûr c’est que je ne compte pas abandonner le dessin ; en revanche, une pause pour pouvoir terminer mes autres projets, ça c’est plus que probable. Je me tâte encore à faire les arcanes mineurs mais je suis de plus en plus intéressée pour le faire ; mais pas tout de suite non plus : pendant deux ans et à chaque fois que j’au l’occasion de dessiner, c’était pour ce projet. Non pas que j’en suis dégoûtée, mais j’ai envie de dessiner un peu n’importe quoi, sans ligne directrice, histoire de me changer les idées 😀 En tout cas, merci beaucoup d’avoir suivi l’aventure jusqu’à maintenant, j’espère que cette nouvelle carte vous plaira !

Aujourd’hui, on va se concentrer sur l’arcane du Mat ou du Fou. De la même manière que l’arcane numéro 13 n’avait pas de nom, le Fou ou le Mat ne possède pas de numéro : elle peut aussi bien finir le jeu (on lui donne alors le numéro 22) que le commencer (et dans ce cas c’est le numéro 0), elle est à la fois la fin et le commencement d’un nouveau cycle. C’est aussi l’un des arcanes les plus incertains quant au sens, les différents éléments n’ont pas de signification arrêtée. Pourtant, c’est l’un de ceux qui m’a donné le moins de fil à retordre, c’est une carte que j’aime énormément en fait ^^ Comme d’habitude, je vais d’abord vous présenter la version du tarot de Marseille qui fait référence, puis je vous montrerai ma propre carte. N’hésitez pas à consulter les cartes précédentes, toutes les cartes de tarot sont liées entre elles de plusieurs façons :

Voici donc la carte du Fou ou du « Mat ». Ce dernier terme est vraiment intéressant et dérive de l’expression « échec et mat », qui vient elle-même de l’arabe « sheykh mat » (je ne suis pas sûre de l’orthographe) et signifie « le roi est mort ». Faut-il donc dire que le Fou est mort ? Oui et non : puisqu’il se trouve aussi bien à la fin qu’au début d’un cycle, on peut considérer qu’il est « mort » car il a atteint un point décisif (qu’il ait atteint ou non son objectif initial) et démarre maintenant une nouvelle vie. De plus, en italien, « fou » se dit « pazzo » ou « matto ». Voilà pour l’étymologie ! 

Le personnage que nous voyons est très particulier, jusque dans sa façon de se tenir. Il est habillé comme un bouffon (couleurs et grelots), d’où la difficulté de le prendre au sérieux, surtout avec les fesses à l’air et le chien qui s’apprête à le mordre comme dans un vieux cartoon. Il a également une blessure à la cuisse, qu’il ne cherche ni à soigner ni à cacher. Il a un bâton de marche, comme l’Hermite, et également un baluchon qu’il porte d’une étrange manière : sur l’épaule opposée à sa main ! En plus de ne pas être très confortable, on a l’impression que sa tête est séparée du corps, renforçant l’idée que le fou à littéralement perdu la tête. Enfin un chien se trouve avec lui : pour l’accompagner, pour le blesser, pour l’avertir ? Ici les interprétations divergent, mais la plupart voient dans l’animal la part « instinctive » de l’homme, le naturel qu’il est bon d’écouter si l’on ne veut pas qu’il revienne au galop… et vous laisse une trace de dents sur le derrière ! Dans beaucoup d’autres jeux, on peut aussi voir que le fou s’avance sur le bord d’une falaise et va tomber dans un précipice s’il ne prend pas garde : d’une part, cela renforce l’idée qu’il est bel et bien fou, insouciant et sans souci des conséquences. D’autre part, cela permet de supposer que le chien le mord pour essayer de le retenir. 

Grâce au chien, on associe également à l’arcane à Diogène, un philosophie grec ayant vécu au IVème siècle avant JC et dont la philosophie est le « cynisme » (qui étymologiquement vient du mot « chien ») ; pour lui et ses disciples les cyniques, la sagesse réside dans le fait de mépriser richesse, puissance, gloire et plaisirs, car ils ne font pas le poids face à la mort, la pauvreté, etc. Il vaut bien mieux se contenter de suivre la nature en toute chose et laisser de côté les comportements « civilisés » et codifiés qui nous rapprochent plus des animaux de cirque que de l’homme véritable. Diogène vivait donc de mendicité, presque en « autarcie » et dormait dans un tonneau, car pour lui la pauvreté lui apprenait bien plus que les livres de philosophie et il pouvait ainsi vivre détaché de toute chose. Pour vous donner deux anecdotes parmi les plus célèbres : lorsqu’Alexandre le Grand vint voir le célèbre philosophe dont tout Athènes parlait, Diogène lui demanda purement et simplement de s’écarter car il lui cachait le soleil ; on raconte aussi qu’un jour il se promena dans toute la ville avec une lanterne en pleine journée, se plaignant de ne trouver aucun homme véritable. 

De part son accoutrement, le Fou se place en marge de la société et l’assume totalement. C’est la carte de la liberté et de l’instinct, celle de tous les possibles et des idées parfois saugrenues. C’est d’ailleurs de là que viens le Joker dans nos jeux de 52 cartes : c’est l’atout que l’on place quand la situation est désespérée, on le joue quand on n’a plus rien à perdre et que l’on espère un retournement de situation. Le Fou, comme Diogène, se moque des conventions et du qu’en dira-t-on ; c’est aussi pour cela que son arcane est la seule à ne pas être numérotée : non seulement car elle se place aussi bien au début qu’à la fin du jeu, mais aussi car il refuse la soumission à un système de pensée ou à un code. Le seul attachement qu’il manifeste est pour son baluchon : il est petit, léger, on peut y voir aussi bien le strict nécessaire du voyageur que le bagage intellectuel. Mais si le Fou le manie avec autant de désinvolture, c’est peut-être aussi parce qu’il s’apprête à se défaire de ses dernières attaches. 

Le génie ou la sagesse ne sont que l’autre face de la folie : ne dit-on pas souvent des gens qu’on ignore s’ils sont des fous ou des génies ? La religion chrétienne dit également que la sagesse des hommes est folie pour Dieu, et que la sagesse de Dieu est folie pour les hommes. Le Fou peut aussi bien être vide de tout intellect (au début du jeu) qu’avoir atteint la sagesse ultime qui consiste justement à se détacher de tout (à la fin du jeu). Il se contente d’avoir foi, d’écouter ses instincts et de se laisser guider par la nature, que ce soit la sienne ou celle d’une puissance supérieure dont il reconnaît l’existence. S’il se dirige vers une falaise, sa chute (ou non ? car l’instant est figé, on ignore s’il va effectivement tomber) peut renvoyer soit à la stupidité, soit à un véritable saut de la foi, une confiance totale dans l’instant présent. La végétation présente sur la carte peut être un indice pour montrer que son action n’est pas vide de sens : l’herbe naît des pas du Fou, symbolisant la fertilité de son action spirituelle. Il ne faut pas y voir l’indice qu’il va réussir dans sa démarche, mais plutôt que toute démarche, même la plus ratée, est susceptible de porter ses fruits car on apprend aussi de ses échecs. 

Bref, c’est un peu l’arcane du « ptet ben qu’oui, ptet ben qu’non » XD Plus sérieusement, tirée à l’endroit c’est un arcane très positif, qui vous invite à suivre votre instinct et à vous laisser porter par le courant. Vous avez de l’énergie, de l’envie, des motivations, et même si vous ne savez pas exactement où ça vous mènera, cette force est précieuse et vous pouvez vous fier à elle, quitte à sortir des sentiers battus. Tirée à l’envers en revanche, il faut refaire le point sur vous avant d’entreprendre toute démarche : soit parce que vous n’arrivez pas à lâcher prise à cause d’une ou plusieurs raisons, soit parce que vous partez trop dans tous les sens pour que votre action puisse donner quelque chose de concret, ou bien encore que vous soyez trop téméraire ou trop naïf, donc pas prêt à vous lancer dans un projet de grande envergure. 

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Et voilà ma carte ! Attention, c’est très très très subtil, mais elle est inspirée d’Alice au Pays des Merveilles XD Je sais que pendant tout le projet, je voulais éviter d’attacher mon jeu à une oeuvre, une religion, ou que sais-je. Mais là j’ai craqué, c’était juste tellement évident que je ne voyais absolument pas quoi faire d’autre : la folie, le bâton qui coupe la tête (coucou la Reine Rouge), le chien dont on ne sait jamais quoi penser (coucou le Chat du Cheshire), la démarche « j’y vais et on verra bien yolo », mon petit lapin fétiche,… Nan vraiment, je ne pouvais que faire cette carte 😀 Et je me suis tellement amusée à la faire, j’ai pu mettre plein de petits détails ^^

Je n’ai pas gardé la blessure qui ne m’inspirait pas forcément ; surtout que techniquement, la folie est déjà une blessure mentale en soit, donc pas besoin d’en rajouter. J’ai donc repris le Chapelier qui devient une Chapelière parce que je fais c’que j’veux 😛 Et pour l’anecdote, ce n’est pas un hasard si Lewis Carroll a utilisé un chapelier dans son oeuvre : à son époque, les chapeliers travaillaient beaucoup avec du mercure, or les effets sur le physique et le comportement sont vite dévastateurs (je vous conseille cet article du blog Savoirs d’Histoire au sujet des chapeliers fous, ultra documenté et très bien écrit !). Je me suis bien amusée avec la pile de chapeaux, et la théière s’est imposée d’elle-même, il ne manquait plus que la tasse que j’ai glissée au bout du bâton… à moins que ce ne soit le sceptre de la Reine Rouge ^^ J’ai utilisé les ballons pour rappeler le jeu de carte, encore que j’aurais pu changer les symboles pour ceux des arcanes mineurs du tarot, qui fonctionnent sur le même principe que nos 52 cartes : coupes, deniers, bâtons et épées. Voilà pour le bagage de ma Chapelière ! Sans oublier le lapin qui nous suit partout dans ce jeu, à moins qu’en réalité, ce soient nous qui l’ayons suivi dans son terrier 😉 

Côté inspiration je suis à la fois partie sur Tim Burton (qu’est-ce que j’adore le travail de cet homme <3) et sur Walt Disney (les classiques quoi). Pour le premier, on a le Chat du Cheshire, ce chat tellement parfait, la meilleure version sans hésiter. Le seul qui rivalise (et encore), c’est la version du jeu Alice Madness Return (mais c’est un autre style un peu plus hardcore !). J’ai mis du temps à le faire mais je suis trop contente du résultat ! Et pour le Disney, j’ai récupéré les fleurs, en bas à gauche de la feuille, et les papillons : le tartinebeurrée et l’hippocampapillon 😀 Un petit parapluie flamand rose pour compléter le tableau et faire une dernière référence, l’incontournable montre à gousset, et le tour est joué ! 

Que pensez-vous de ce dernier arcane ? ^^ J’avoue que c’est un de mes préférés ! Et comme souvent, je remarque que pour chaque mois que je consacrais à la carte, la tendance générale suivait la signification de l’arcane, comme si les évènements suivaient le chemin des cartes ! Bon, pas totalement non plus, mais c’était assez bluffant à voir et c’est une jolie concordance que je ne suis pas prête d’oublier 🙂 Est-ce que je vais me mettre à tirer H24 les cartes pour autant, je ne pense pas XD Il faut de la spontanéité et au final, quoi qu’il se passe, je peux me contenter de garder les leçons du jeu en main : prudence, modération, toujours être en mouvement et savoir faire table rase pour repartir sur des bases saines si nécessaire 🙂 

Tarot divinatoire made by Juliet #21 : Le Monde

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Nous sommes le 15 mai, c’est le moment de vous présenter une nouvelle carte de tarot, et je suis très contente d’avoir pu la terminer à temps 😀 Je trouve, et mon copain est d’accord avec moi, que c’est l’une de mes plus belles cartes. Il ne m’en reste plus qu’une seule pour terminer ma série d’arcanes majeurs, ça me donne une super pêche ^^ J’ai hâte de l’étudier et de la dessiner !

Mais pour l’instant, concentrons-nous sur celle que je viens de finir : aujourd’hui, je vais vous parler du 21ème arcane du tarot divinatoire, le Monde. Selon les versions, elle est souvent considérée comme la dernière carte du jeu avant d’aborder celle, plus particulière, du Fou ou du Mat. Le programme sera le même que pour les précédentes cartes : je vais d’abord vous expliquer du mieux que je peux la symbolique de la carte selon la version du Tarot de Marseille (la plus connue), puis je vous montrerai ma propre carte. Comme d’habitude, je vous laisse la liste des arcanes précédents : ça va être très important car le Monde est une sorte de synthèse de tout ce qui a été vu et assimilé.

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Par rapport aux autres, cet arcane est assez particulier : la construction du dessin ne ressemble à celle d’aucune autre carte. Au centre, on voit un personnage dont le sexe est parfois dur à déterminer, mais d’autres fois c’est clairement une femme ; sa nudité évoque la pureté mais le voile maintient également l’ambiguïté sur son sexe. Elle se trouve au centre d’une couronne de lauriers, symbole de victoire et de grands honneurs ; on peut aussi parler d’une mandorle, une figure qu’on retrouve souvent dans l’iconographie chrétienne : c’est un ovale où on représente des personnages sacrés, comme le Christ ou la Vierge. Dans ses deux mains se trouvent soit deux bâtons, soit un bâton et une sorte de fiole. Le bâton fait référence à la baguette du Bateleur qui fait le lien entre le Ciel et la Terre : c’est la même fonction ici, mais le Bateleur est inexpérimenté et au début de sa quête spirituelle, alors que le Monde exprime davantage la pleine compréhension et le contrôle. Sa position, jambe gauche croisée derrière la jambe droite, est très importante : c’est la même que celle de l’Empereur et du Pendu (qui est l’image renversée du Monde). C’est une position qui amorce un mouvement, un pas en avant. Enfin, dernière précision, ce personnage regarde vers la gauche alors que son corps part vers la droite : on peut l’interpréter comme un regard vers le passé, une forme de reconnaissance pour ce qui a été avant de se tourner pleinement vers ce qui sera.

On peut maintenant se concentrer sur les quatre personnages autour de la carte. Symboles des quatre éléments, ces créatures sont aussi des références à la culture chrétienne, plus précisément au Tétramorphe : ce sont les quatre animaux attribués aux quatre Saints Evangélistes. Dans le sens inverse des aiguilles d’une monde (et c’est important), en partant du coin en bas à gauche, nous avons :

  • Un taureau : attribué à Saint Luc, la carte en fait aussi un symbole de l’élément terre. Si on rapporte ça à la quête initiatique et spirituelle de l’individu qui suit le parcours des cartes de tarot, il symbolise également le corps physique et le besoin de le préserver, d’assurer sa sécurité.
  • Un lion : c’est l’animal de Saint Marc. Ici, il est également associé au feu, et par conséquent aux passions : la colère, la sexualité, etc.
  • Un aigle : on passe à Saint Jean, et à l’élément de l’air. Dans le tarot, il évoque la pensée intelligente, le fait de pouvoir autant avoir une vue d’ensemble que se concentrer sur les détails.
  • Un ange : on finit avec Saint Matthieu et l’élément de l’eau. Pourquoi l’eau, ça ne semble pas très évident quand on a pas un poisson sous les yeux ! En fait, le tarot associe cet élément au sentiment, aux émotions les plus subtiles et bienveillantes, avec une idée de pureté.

Bien ! Une fois qu’on a tout décrit, on peut aborder l’ensemble. La carte contient la Création, avec les quatre éléments mais aussi les plans matériels (le taureau et le lion) et les plans spirituels (l’aigle et l’ange), avec un plan intermédiaire pour faire le lien entre les deux. Tout est parfaitement équilibré et harmonisé, ni plus ni moins. L’arcane du Monde représente la fin du chemin : l’individu a traversé avec succès toutes les épreuves, d’où la couronne de lauriers. C’est un aboutissement qui marque la réalisation de soi ou d’une entreprise. On retrouve aussi l’idée d’un cycle : le début, la fin, l’éternel recommencement. Le personnage central a fini son parcours, mais comme la vie est mouvement et changement, il se prépare à une nouvelle aventure. La disposition des quatre éléments reflète bien cette idée puisqu’on peut les suivre en cercle ; la ou les baguettes sont des indicateurs de ce mouvement circulaire, et guident le regard du lion à l’aigle (élévation spirituelle) et de l’ange au taureau (nouveau départ). Autre interprétation possible : le cycle des saisons avec le printemps (la terre), l’été (le feu), l’automne (l’air), l’hiver (l’eau).

Mais du coup, quid de la fiole, lorsque le personnage tient une baguette dans la main gauche et une fiole dans la main droite ? Cette partie-là m’a donné beaucoup plus de fil à retordre. La fiole porte aussi le nom de philtre. Si la baguette représente le contrôle, le pouvoir d’agir, la fiole est bien plus complexe et ésotérique. C’est un philtre d’enchantement qui représente les illusions créées par la pensées, et surtout les désillusions qu’elles risquent de provoquer une fois que la réalité est révélée ! C’est donc confus : pourquoi placer un tel élément sur la carte ? C’est même à cause de ce danger que souvent on utilise un voile pour cacher la révélation (comme sur la carte de la Grande Prêtresse), afin que les amateurs ne se laissent pas prendre au piège comme des papillons attirés par la flamme : il faut rechercher la vérité pour elle-même et pas pour la satisfaction de connaître la vérité. Cependant, cette confrontation aux illusions de la pensée est nécessaire pour devenir un initié : c’est même le chemin qu’on a suivi au fur et à mesure des cartes de tarot, rappelez-vous les arcanes de la Lune et du Soleil ! L’arcane du Monde vous montre que vous êtes sortis vainqueur, non seulement sur la matière mais aussi sur votre propre esprit.

Alors que conclure si vous trouvez cette carte dans un tirage ? C’est plutôt positif, surtout si vous la tirez à l’endroit : vous avez atteint vos objectifs ou ce sera très bientôt le cas, le temps est au beau fixe pour vous et vous pouvez vous permettre de vous reposer sur vos lauriers avant de vous lancer dans un nouveau défi. Dans le sens inverse, la symbolique n’est pas purement négative : cela signifie simplement que vous risquez de rencontrer des difficultés, des retards, de petites désillusions. Vous aurez peut-être besoin de revoir vos exigences à la baisse, ou de vous demander ce qui vous empêche de profiter complètement de votre succès.

Voilà, et maintenant, c’est l’heure de la confession : point de vue dessin, c’est ma meilleure carte, mais point de vue symbolique j’ai fait une grosse bourde pas du tout prévue ^^’ J’ai inversé les places des éléments eau et air. C’est extrêmement bête, en fait j’avais lu mes fiches, réfléchi à ce que je voulais, et au moment de tout assembler sur la feuille, j’ai relu rapidement le site qui me servait de base.
Sauf que le récap des éléments donné au début du site se base, non pas sur le tarot, mais sur l’astrologie spirituelle : cette dernière associe l’eau à l’aigle (pas l’air donc), parce que ce dernier en astrologie zodiacale est associé au scorpion, qui est un signe d’eau (et aussi un peu de feu… comme quoi les symboles sont un poil confus ^^’)
Même en repensant aux saisons pour m’aider, printemps-été-automne-hiver, j’ai pensé à la pluie en automne et au vent d’hiver… techniquement c’est l’eau pour l’hiver parce que l’eau féconde la terre, mais le pire c’est que quand tu y réfléchis, c’est le vent qui transporte les graines, donc c’est valide aussi XD

Bref, j’essaie de bricoler des raisonnements mais je ne vais pas refaire la carte : je la trouve belle comme elle est ! Je pense que ça ne porte pas trop à confusion dans la mesure où de toute manière je voulais faire la carte à ma sauce, alors autant assumer, parce que même avec mon erreur j’aime ce que j’ai fait. Et c’est même en la dessinant que je me suis rendue compte que pour faire certains éléments (comme le feu ou les pierres), l’irrégularité du trait fait beaucoup plus réel qu’un trait droit : pour y arriver, je fais trembler mon crayon en traçant ^^ Pareil pour la tornade, vive les coups d’estompeur au petit bonheur !

Reprenons du début. J’ai viré tout ce qui faisait référence à la religion chrétienne : non pas que je crache sur cette religion ou les religions en général, mais je ne veux pas rattacher mon jeu à une croyance en particulier, je veux quelque chose qui puisse parler à tout le monde. Mes petits lapins sont à l’honneur : ils m’ont longtemps énervée parce que je les oubliais, alors cette fois, impossible de les louper 😀 Je leur ai donné des éléments correspondant à leurs éléments, sauf pour la terre où vraiment je ne savais pas quoi ajouter, donc au naturel ! Chaque lapin tend les bras vers le suivant, mais ils sont aussi tournés vers le centre, pour veiller sur le noyau de leur monde. Je me suis beaucoup amusée avec les jeux de lumière aussi, je pense que ce sont les contrastes de la carte qui la rendent si bien à mes yeux.

J’ai choisi la version baguette et fiole, au lieu de deux baguettes, et j’ai craqué, en bonne fan du Seigneur des Anneaux que je suis : la fiole est inspirée de celle donnée par Galadriel à Frodon, la Lumière d’Eärendil (la carte de mon Empereur a la couronne d’Aragorn et l’épée de Théoden soit dit en passant). Je l’ai faite très lumineuse pour accentuer cet aspect d’illusion qui attire mais trompe en même temps. Et d’ailleurs, même dans les films il y a cette idée de lumière trompeuse : lorsque Frodon offre l’Anneau à Galadriel, elle lui montre que même lumineuse, elle sera une Reine tout aussi terrible et extrême que Sauron avec ses ténèbres.
Enfin, j’ai choisi de ne pas reprendre la couronne de lauriers. Certes, l’aspect « victorieux » manque, mais pour moi, c’est réussir ce dessin constitue ma victoire 😀 Ensuite, je voulais éviter la mandorle. J’ai remplacé par une forme d’oeuf : en soi, l’oeuf est une sorte de construction parfaite, harmonieuse, qui contient un véritable univers en la personne du petit poussin. Une fois cet oeuf éclos, le poussin deviendra une poule qui pondra un oeuf, etc. C’est aussi pour ça que j’ai fendillé la bulle avec le numéro 21 : c’est un indice sur le fait que l’espèce d’oeuf contenant mon personnage va bientôt se briser, car il est prêt pour autre chose.

Bref ! J’espère que la carte vous plaît, n’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez ❤ Je vous laisse avec les photos de la progression du dessin 🙂

Un peu de poésie page blanche : A nous deux !

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Bien le samedi bande de poésies, nouveau bonjour et nouveaux gens ! Aujourd’hui je vous propose un poème que pour une fois je n’ai pas trouvé sur Internet : il vient d’un recueil que ma p’tite Maman m’a offert 🙂 Il s’agit d’un ouvrage de Etienne Paulin, écrit en 2019 et intitulé . Et je vous avoue que j’ai énormément ri en découvrant le titre du recueil, on dirait tellement un passage de dessin animé où le personnage s’énerve et hurle « MAIS C’EST LAAAAA ! » Bref, revenons à la poésie ^^

Né en 1977, Etienne Paulin est un poète et un enseignant angevin, ses passions sont la musique et la poésie. Il a publié ses textes dans plusieurs revues, et est son troisième recueil. Ses poèmes sont assez particuliers et éloignés de ceux que je lis d’habitude. Ici le texte est plus haché, plus déroutant, et en même temps on sent que le poète essaie de retranscrire son vécu. Il y a notamment toute une série de poèmes qui tournent autour d’un même accident de voiture, sans doute un évènement qui a marqué profondément Etienne Paulin, assez pour qu’il ait besoin d’en parler dans plusieurs textes. Pourtant, j’avoue que j’ai eu du mal à trouver un poème qui me plaise dans le recueil, et finalement celui dont je vais vous parler est le seul qui m’ait sauté aux yeux, j’ai accroché d’une manière spéciale et très différente de mes autres coups de cœur poétiques ! Voici « A nous deux ! »

ce poème
il te regarde d’un drôle d’air et dans le blanc des yeux

fais ce que tu veux
en attendant il te regarde

et t’aura regardé

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce poème a l’art de vous impliquer ! Ici, ce n’est pas une poésie qui parle à nos sentiments ou qui exprime ce que nous ressentons, c’est une poésie sous forme de face à face, presque comme une menace. Presque seulement, en réalité je le perçoit moins comme une menace que comme une confrontation avec soi-même : le but de la poésie ou de l’art en général est souvent de nous remettre face à nous-même, nous montrer ce que nous ressentons ou ce que nous refoulons. Et ça vaut autant pour le lecteur que pour l’auteur. Ce poème me fait autant penser au lecteur qui s’efforce de comprendre un poème et ce qu’il fait résonner en lui, qu’à l’auteur qui essaye de transcrire sur le papier les mots et les émotions qu’il a en lui. le « blanc des yeux » me fait beaucoup penser au syndrome de la page blanche, la confrontation et la bataille de regard ressemble à la lutte de l’écrivain qui essaye tant bien que mal d’écrire. Le poème finit sur une idée angoissante, le fait que l’oeuvre devient indépendante de l’auteur ou du lecteur, presque comme une intelligence artificielle qui devient autonome. Face à face avec les mots, avec soi-même, et finalement on ressort changé, même imperceptiblement. Qui a dit que l’écriture ou la lecture n’étaient pas éprouvantes ?

Pour illustrer le poème, j’ai dû chercher un moment. J’aurais aimé trouver une peinture qui illustre le syndrome de la page blanche, ou une Muse à l’aspect effrayant, inspiratrice mais aussi révélatrice de ce que l’auteur garde caché en lui. Mais je suis assez contente de ce que j’ai pu trouver ^^ La première illustration est de l’artiste Picolo que j’aime beaucoup, même si j’ai l’impression qu’il ne poste plus beaucoup depuis un ou deux an :/ N’hésitez pas à aller voir sa page Facebook ou sa page DeviantArt quand même ! Cette illustration s’intitule Tip of the Tongue, et j’aime beaucoup la manière dont l’artiste a représenté la difficulté de l’écriture, les mots qui s’envolent, s’enfuient, et ressemblent presque à une vague menaçante et embrouillée. La deuxième illustration s’intitule Mirror et est l’œuvre de 25kartinok sur DeviantArt (non je ne suis absolument pas accro à cette plateforme). Il n’y a pas de lien direct avec l’écriture, mais j’aime beaucoup l’atmosphère déroutante et angoissante de l’image. Les multiples miroirs peuvent renvoyer à nos différentes facettes, y compris celles qui sont cachées ou inconscientes comme la silhouette sur le miroir de droite, et à la difficulté se tout concilier dans une seule personne.

Bref, je me suis beaucoup emballée, mais j’espère que ça vous a plu quand même ^^ Que pensez-vous des images et du poème ? Est-ce qu’ils vous évoquent d’autres choses ? Dites-moi tout en commentaire :3

Tarot divinatoire made by Juliet #20 : Le Jugement

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ On arrive à la mi-avril, et vous savez ce qui se passe environ tous les 15 du mois : une nouvelle carte de tarot !! Etes-vous heureux ? Est-ce que c’est pas le meilleur moment de votre vie ? Non ne dites rien, vous exultez, vous me vénérez, je le sais je le sens. Non, j’ai pas pris mes pilules aujourd’hui, comment vous savez ? Par contre les enfants, je vais avoir beaucoup moins de temps pour dessiner à partir de maintenant : pour le meilleur, pour le pire et surtout pour payer le loyer, j’ai désormais un boulot ! Je vais faire de mon mieux pour être régulière et je m’offrirai une grosse pause quand j’aurai fini les arcanes majeurs 🙂

Aujourd’hui, on s’intéresse à la vingtième arcane de tarot, celle du Jugement. On arrive dans les dernières cartes et donc la fin du chemin initiatique indiqué par le jeu ! Comme d’habitude, je vais d’abord décortiquer avec vous la symbolique de la carte et voir comment ça nous aide pour l’interpréter ; ensuite, je vous montre comment j’ai voulu l’adapter 🙂 Et voici ci-dessous la liste des arcanes que j’ai déjà faits, pensez bien à les consulter car je vais souvent y faire référence : je vous le redis à chaque fois mais c’est très important, tous les arcanes sont liés entre eux.

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ALORS ! Voici l’arcane du Jugement. Faut pas être bien croyant pour voir que c’est une énorme référence religieuse au Jugement Dernier, c’est-à-dire le jour qui marquera la fin du monde et le réveil des morts ; tous seront alors jugés, Dieu choisira les siens, etc. L’ange que nous voyons sur la carte peut être associé à l’archange Gabriel. Il émane de lui une grande puissance spirituelle, symbolisée sur la carte par les rayons. On le voit en train de souffler dans une trompette avec un fanion : donc amplification d’un appel et volonté de ralliement. Fait intéressant, il existe une divinité grecque appelée Renommée puis Fama par les Romains : elle symbolisait la reconnaissance publique et sociale dans ses aspects les plus positifs. Chez les Grecs son apparence est assez monstrueuse, avec des ailes et plusieurs yeux et bouches pour répandre la rumeur. Les Romains ne gardent que la paire d’ailes et lui donnent une trompette, mais elle est moins connue car son rôle de messagère des dieux va plus ou moins être attribué à Mercure. 

En-dessous de l’ange, trois personnages ont reçu son appel : un homme, une femme, et une troisième personne. Afin de symboliser la pureté et l’innocence, tous trois sont nus. Ici, il y a plusieurs moyens de l’interpréter, mais en général on imagine un couple et son enfant car le chiffre trois amène toujours une idée de création : deux forces opposées et une troisième qui permet de concilier les deux de manière à en retirer le meilleur, c’est un principe qu’on retrouve un peu partout, notamment en alchimie. La troisième silhouette sort d’une tombe, autre rappel du réveil des morts lors du Jugement Dernier. Le trio est en prière, réceptif au message de l’ange et à une volonté supérieure. Le jeu des couleurs est assez important dans cette carte, on va se contenter de retenir deux choses : la couleur bleue du troisième personnage (d’autres versions colorent simplement en bleu les cheveux des trois) signifie réceptivité et paix intérieure ; ensuite, la tombe est souvent de couleur verte pour indiquer la nature et donc le renouveau. On peut aussi y voir une référence à la Table d’Emeraude, un des textes les plus célèbres de l’Alchimie. 

Le mot de « jugement » peut faire peur (surtout que l’idée du Jugement Dernier n’est pas très rassurante en soi), alors clarifions tout de suite : il ne s’agit pas du tout d’être jugé ou de subir un jugement, du moins pas venant des autres. Pour comprendre et relier cette carte au cheminement des arcanes précédents, il faut savoir que le Jugement est la dernière d’un trio de cartes, bien précises, qui représente le développement intellectuel et spirituel. La première carte est celle du Chariot : votre intellect commence à se développer et vous ouvre des portes, vous êtes capable de dominer vos émotions et vos pulsions pour avancer. La deuxième carte est celle de la Tour (ou Maison-Dieu) : celle-ci exprime la purification, la puissance du mental créatif et l’ouverture à de nouvelles influences. La carte du Jugement parachève le tout : votre esprit est en pleine possession de ses moyens, à l’écoute de ce qui l’entoure et éventuellement d’une volonté supérieure (mais pas nécessairement extérieure, ça peut être Dieu, ou encore votre cœur ou votre âme par exemple). Donc, le Jugement évoque surtout votre capacité à choisir ce qui est bon pour vous et ce qui vous entoure, c’est le processus mental que vous pouvez résumer comme ça : « compréhension de soi + captation des informations = prise de décision et action ». Et remarquez qu’on retrouve toujours et encore le chiffre 3. 

Alors comment interpréter la carte ? Déjà, on a cette idée d’appel : la carte du Jugement est celle de la communication sous toutes ses formes. De plus, l’appel de l’ange ne peut être évité ni même anticipé : donc si vous tirez cette carte, vous avez de grandes chances de recevoir une nouvelle totalement imprévue et bouleversante, mais généralement positive. Car oui, la carte du Jugement est plutôt favorable dans un tirage, la résurrection représentée sur l’image annonce le renouveau et la seconde chance. Tirée à l’endroit, c’est tout bénèf : ce n’est pas parce que quelque chose est soudain qu’il est mauvais, et vous pouvez pleinement profiter de ce qui vous arrive sans la moindre inquiétude. Tirée à l’envers, cela peut avoir plusieurs sens, selon votre situation : ça signifie parfois que vous n’arrivez pas à accepter le changement. Or la carte de la Roue de Fortune nous a montré que le changement est nécessaire et même vital, la vie EST changement. Cela peut aussi vouloir dire que les nouvelles ne sont pas bonnes, mais heureusement, cela ne durera pas dans ce cas : persévérez, honorez vos engagements, ça finira par payer. Mais attention, il faut vous poser les bonnes questions et ne pas vous tromper dans ce que vous croyez être votre « destinée » : la carte souligne l’importance de bien réfléchir 😉 

Et voici ma carte ! J’ai un peu changé la recette 😛 En fait, j’ai tenu à faire mon jeu sans trop de références à la religion chrétienne, je trouvais ce parti pris un peu trop biaisé, surtout si on considère que les origines du tarot remontent à plus loin que celles du christianisme. Et je vous dis pas la galère pour cette carte ! Transformer le Pape en Hiérophante, ou la Maison-Dieu en tour, ça va, c’est pas trop galère encore. Mais cette carte fait si explicitement référence au Jugement Dernier de la Bible que j’ai vraiment galéré à faire un dessin qui colle au message de l’arcane. C’est aussi pour cette raison que la représentation du cimetière m’a posé un petit problème : quelle forme donner aux tombes, etc. J’ai fini par choisir une forme simple comme celle des tombes japonaises, mais avec une écriture inventée pour privilégier l’universalité du message de l’arcane. La classe ultime aurait été l’écriture des Seigneurs du Temps dans Doctor Who, mais malheureusement je ne la maîtrise point !

Mon ange est devenu une jeune fille en train de danser et de jouer de la flûte dans un cimetière, enveloppée d’une sorte d’aura lumineuse. De sa robe naissent des papillons (petite référence au film Les Noces Funèbres de Tim Burton, j’ai pas résisté) qui semblent danser au son de sa flûte et viennent se poser sur certaines tombes. Lorsqu’ils se posent, les morts se réveillent et peuvent entendre la musique. Pourquoi des papillons me direz-vous ? Parce que leurs symboliques sont très nombreuses et toutes passionnantes ❤ Au Japon, il est associé à la femme pour sa grâce et sa légèreté, et deux papillons signifient le bonheur conjugal. Mais surtout, ce sont des esprits voyageurs : les voir annonce une visite ou la mort d’un proche. Un autre aspect de sa symbolique en général repose beaucoup sur la métamorphose, le papillon sortant de sa chrysalide évoque la résurrection, ou encore l’âme débarrassée de son enveloppe charnelle et des tourments terrestres. Chez les Aztèques, le papillon est souvent associé au feu et au souffle vital. Au Kasaï (région du Congo), on dit que l’homme suit de la vie à la mort le cycle du papillon : chenille qui grandit, chrysalide au moment de la vieillesse, puis l’âme-papillon sort du cocon (la tombe) pour pondre (se réincarner).

Ca colle parfaitement ! Mes papillons sont un peu comme les âmes de ces morts que la jeune fille ramène et fait renaître. Lorsqu’ils reviennent, ils sont fascinés par la musique et une scène qui aurait pu être effrayante (on parle quand même de morts qui sortent de leurs tombes) devient source de calme et de joie. J’ai gardé le petit trio père-mère-enfant, en profitant du fait que j’avais déjà dessiné des couples dans d’autres cartes pour faire une ressemblance avec ces précédents couples (Le Hiérophante, Le Diable) et proposer une histoire au travers des cartes. Le père a fermé les yeux pour mieux ressentir l’instant ; la main de la mère est posée sur son cœur pour représenter son émotion. L’enfant est complètement sorti de sa tombe et amorce le mouvement pour se lever et suivre la jeune fille : en effet dans les différentes versions de cette carte, c’est souvent le troisième personnage qui est le plus réceptif.

Et comme toujours on retrouve notre lapin fil rouge 😉 Bref, j’espère que la carte vous plaît, n’hésitez pas à donner vos avis et conseils ! En attendant la prochaine carte, des bises sur vos truffes ❤