Archives de Catégorie: Dessins

Gribouillages divers et variés !

Tarot divinatoire made by Juliet #20 : Le Jugement

Par défaut

Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ On arrive à la mi-avril, et vous savez ce qui se passe environ tous les 15 du mois : une nouvelle carte de tarot !! Etes-vous heureux ? Est-ce que c’est pas le meilleur moment de votre vie ? Non ne dites rien, vous exultez, vous me vénérez, je le sais je le sens. Non, j’ai pas pris mes pilules aujourd’hui, comment vous savez ? Par contre les enfants, je vais avoir beaucoup moins de temps pour dessiner à partir de maintenant : pour le meilleur, pour le pire et surtout pour payer le loyer, j’ai désormais un boulot ! Je vais faire de mon mieux pour être régulière et je m’offrirai une grosse pause quand j’aurai fini les arcanes majeurs 🙂

Aujourd’hui, on s’intéresse à la vingtième arcane de tarot, celle du Jugement. On arrive dans les dernières cartes et donc la fin du chemin initiatique indiqué par le jeu ! Comme d’habitude, je vais d’abord décortiquer avec vous la symbolique de la carte et voir comment ça nous aide pour l’interpréter ; ensuite, je vous montre comment j’ai voulu l’adapter 🙂 Et voici ci-dessous la liste des arcanes que j’ai déjà faits, pensez bien à les consulter car je vais souvent y faire référence : je vous le redis à chaque fois mais c’est très important, tous les arcanes sont liés entre eux.

20_judgement3

ALORS ! Voici l’arcane du Jugement. Faut pas être bien croyant pour voir que c’est une énorme référence religieuse au Jugement Dernier, c’est-à-dire le jour qui marquera la fin du monde et le réveil des morts ; tous seront alors jugés, Dieu choisira les siens, etc. L’ange que nous voyons sur la carte peut être associé à l’archange Gabriel. Il émane de lui une grande puissance spirituelle, symbolisée sur la carte par les rayons. On le voit en train de souffler dans une trompette avec un fanion : donc amplification d’un appel et volonté de ralliement. Fait intéressant, il existe une divinité grecque appelée Renommée puis Fama par les Romains : elle symbolisait la reconnaissance publique et sociale dans ses aspects les plus positifs. Chez les Grecs son apparence est assez monstrueuse, avec des ailes et plusieurs yeux et bouches pour répandre la rumeur. Les Romains ne gardent que la paire d’ailes et lui donnent une trompette, mais elle est moins connue car son rôle de messagère des dieux va plus ou moins être attribué à Mercure. 

En-dessous de l’ange, trois personnages ont reçu son appel : un homme, une femme, et une troisième personne. Afin de symboliser la pureté et l’innocence, tous trois sont nus. Ici, il y a plusieurs moyens de l’interpréter, mais en général on imagine un couple et son enfant car le chiffre trois amène toujours une idée de création : deux forces opposées et une troisième qui permet de concilier les deux de manière à en retirer le meilleur, c’est un principe qu’on retrouve un peu partout, notamment en alchimie. La troisième silhouette sort d’une tombe, autre rappel du réveil des morts lors du Jugement Dernier. Le trio est en prière, réceptif au message de l’ange et à une volonté supérieure. Le jeu des couleurs est assez important dans cette carte, on va se contenter de retenir deux choses : la couleur bleue du troisième personnage (d’autres versions colorent simplement en bleu les cheveux des trois) signifie réceptivité et paix intérieure ; ensuite, la tombe est souvent de couleur verte pour indiquer la nature et donc le renouveau. On peut aussi y voir une référence à la Table d’Emeraude, un des textes les plus célèbres de l’Alchimie. 

Le mot de « jugement » peut faire peur (surtout que l’idée du Jugement Dernier n’est pas très rassurante en soi), alors clarifions tout de suite : il ne s’agit pas du tout d’être jugé ou de subir un jugement, du moins pas venant des autres. Pour comprendre et relier cette carte au cheminement des arcanes précédents, il faut savoir que le Jugement est la dernière d’un trio de cartes, bien précises, qui représente le développement intellectuel et spirituel. La première carte est celle du Chariot : votre intellect commence à se développer et vous ouvre des portes, vous êtes capable de dominer vos émotions et vos pulsions pour avancer. La deuxième carte est celle de la Tour (ou Maison-Dieu) : celle-ci exprime la purification, la puissance du mental créatif et l’ouverture à de nouvelles influences. La carte du Jugement parachève le tout : votre esprit est en pleine possession de ses moyens, à l’écoute de ce qui l’entoure et éventuellement d’une volonté supérieure (mais pas nécessairement extérieure, ça peut être Dieu, ou encore votre cœur ou votre âme par exemple). Donc, le Jugement évoque surtout votre capacité à choisir ce qui est bon pour vous et ce qui vous entoure, c’est le processus mental que vous pouvez résumer comme ça : « compréhension de soi + captation des informations = prise de décision et action ». Et remarquez qu’on retrouve toujours et encore le chiffre 3. 

Alors comment interpréter la carte ? Déjà, on a cette idée d’appel : la carte du Jugement est celle de la communication sous toutes ses formes. De plus, l’appel de l’ange ne peut être évité ni même anticipé : donc si vous tirez cette carte, vous avez de grandes chances de recevoir une nouvelle totalement imprévue et bouleversante, mais généralement positive. Car oui, la carte du Jugement est plutôt favorable dans un tirage, la résurrection représentée sur l’image annonce le renouveau et la seconde chance. Tirée à l’endroit, c’est tout bénèf : ce n’est pas parce que quelque chose est soudain qu’il est mauvais, et vous pouvez pleinement profiter de ce qui vous arrive sans la moindre inquiétude. Tirée à l’envers, cela peut avoir plusieurs sens, selon votre situation : ça signifie parfois que vous n’arrivez pas à accepter le changement. Or la carte de la Roue de Fortune nous a montré que le changement est nécessaire et même vital, la vie EST changement. Cela peut aussi vouloir dire que les nouvelles ne sont pas bonnes, mais heureusement, cela ne durera pas dans ce cas : persévérez, honorez vos engagements, ça finira par payer. Mais attention, il faut vous poser les bonnes questions et ne pas vous tromper dans ce que vous croyez être votre « destinée » : la carte souligne l’importance de bien réfléchir 😉 

Et voici ma carte ! J’ai un peu changé la recette 😛 En fait, j’ai tenu à faire mon jeu sans trop de références à la religion chrétienne, je trouvais ce parti pris un peu trop biaisé, surtout si on considère que les origines du tarot remontent à plus loin que celles du christianisme. Et je vous dis pas la galère pour cette carte ! Transformer le Pape en Hiérophante, ou la Maison-Dieu en tour, ça va, c’est pas trop galère encore. Mais cette carte fait si explicitement référence au Jugement Dernier de la Bible que j’ai vraiment galéré à faire un dessin qui colle au message de l’arcane. C’est aussi pour cette raison que la représentation du cimetière m’a posé un petit problème : quelle forme donner aux tombes, etc. J’ai fini par choisir une forme simple comme celle des tombes japonaises, mais avec une écriture inventée pour privilégier l’universalité du message de l’arcane. La classe ultime aurait été l’écriture des Seigneurs du Temps dans Doctor Who, mais malheureusement je ne la maîtrise point !

Mon ange est devenu une jeune fille en train de danser et de jouer de la flûte dans un cimetière, enveloppée d’une sorte d’aura lumineuse. De sa robe naissent des papillons (petite référence au film Les Noces Funèbres de Tim Burton, j’ai pas résisté) qui semblent danser au son de sa flûte et viennent se poser sur certaines tombes. Lorsqu’ils se posent, les morts se réveillent et peuvent entendre la musique. Pourquoi des papillons me direz-vous ? Parce que leurs symboliques sont très nombreuses et toutes passionnantes ❤ Au Japon, il est associé à la femme pour sa grâce et sa légèreté, et deux papillons signifient le bonheur conjugal. Mais surtout, ce sont des esprits voyageurs : les voir annonce une visite ou la mort d’un proche. Un autre aspect de sa symbolique en général repose beaucoup sur la métamorphose, le papillon sortant de sa chrysalide évoque la résurrection, ou encore l’âme débarrassée de son enveloppe charnelle et des tourments terrestres. Chez les Aztèques, le papillon est souvent associé au feu et au souffle vital. Au Kasaï (région du Congo), on dit que l’homme suit de la vie à la mort le cycle du papillon : chenille qui grandit, chrysalide au moment de la vieillesse, puis l’âme-papillon sort du cocon (la tombe) pour pondre (se réincarner).

Ca colle parfaitement ! Mes papillons sont un peu comme les âmes de ces morts que la jeune fille ramène et fait renaître. Lorsqu’ils reviennent, ils sont fascinés par la musique et une scène qui aurait pu être effrayante (on parle quand même de morts qui sortent de leurs tombes) devient source de calme et de joie. J’ai gardé le petit trio père-mère-enfant, en profitant du fait que j’avais déjà dessiné des couples dans d’autres cartes pour faire une ressemblance avec ces précédents couples (Le Hiérophante, Le Diable) et proposer une histoire au travers des cartes. Le père a fermé les yeux pour mieux ressentir l’instant ; la main de la mère est posée sur son cœur pour représenter son émotion. L’enfant est complètement sorti de sa tombe et amorce le mouvement pour se lever et suivre la jeune fille : en effet dans les différentes versions de cette carte, c’est souvent le troisième personnage qui est le plus réceptif.

Et comme toujours on retrouve notre lapin fil rouge 😉 Bref, j’espère que la carte vous plaît, n’hésitez pas à donner vos avis et conseils ! En attendant la prochaine carte, des bises sur vos truffes ❤

Tarot divinatoire made by Juliet #19 : Le Soleil

Par défaut

Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! C’est le moment de nous retrouver pour un nouveau dessin de tarot ^^ Ca va bientôt faire un an et demi que je vous présente ces dessins, mais j’avais commencé depuis bien plus longtemps que ça. Je dois dire que je m’éclate toujours autant, mais ça fera du bien aussi de passer à autre chose une fois que ce sera terminé. Qu’est-ce que vous en pensez, est-ce que je devrais tenter de publier mon jeu un jour ? 😀

L’arcane qui va nous intéresser ce mois-ci est le numéro 19 : l’arcane du Soleil. C’est une arcane qui est assez positive dans un tirage, mais pourquoi et dans quelle mesure, c’est ce qu’on va décrypter aujourd’hui 🙂 Comme d’habitude, je vais vous présenter la version du tarot de Marseille, qui est l’un des jeux les plus connus, pour ensuite vous montrer ma propre version de la carte. Vous trouverez ci-dessous la liste des arcanes que nous avons déjà vus : n’hésitez pas à vous en servir, il est possible que j’y fasse référence. Les arcanes de tarot sont liés les uns aux autres de plusieurs façons, comme une mécanique bien huilée, et ça me fascine toujours à chaque fois ^^

Nous voici donc face à l’arcane du Soleil. On peut y voir le Soleil (quelle surprise) qui occupe une bonne moitié de la carte. On imagine une lumière qui éclaire et envahit l’espace. De tout temps, il a fasciné les peuples qui n’ont jamais hésité à lui attribuer les divinités les plus importantes. Tout comme la Lune est associée à une figure maternelle, le Soleil est une sorte de père nourricier : les deux cartes forment une sorte de duo, voire un trio céleste avec celle de l’Etoile.  Avec la chaleur qu’il dispense, c’est un astre qui évoque la vie (à juste titre : sans lui, la vie n’aurait pas été possible sur Terre), la joie, la nature. On le voit bien sur la carte avec les gouttes qui émanent du Soleil : elles dispensent la vie et l’énergie partout sur la carte. De manière plus symbolique, sa lueur puissante est souvent utilisée comme métaphore de la vérité ou de la raison, après les égarements ou les illusions de la nuit. Attention en revanche, car toute vérité n’est pas agréable à entendre : le Soleil révèle, mais c’est à vous d’appréhender les conséquences de cette révélation. Mais de manière général, cet arcane illustre un esprit épanoui et puissant par sa capacité à raisonner et à s’ouvrir à ce qui l’entoure.

Les deux personnages sont presque nus, pour évoquer l’innocence et la pureté : puisqu’ils n’ont rien à cacher grâce au Soleil, il n’y a rien dont ils aient à rougir. On peut penser à des jumeaux, deux êtres différents qui se complètent et sont issus du même « oeuf ». Sur certaines cartes, on verra en revanche qu’il s’agit d’un couple homme-femme, pour faire référence au premier couple d’Adam et Eve (même si techniquement c’est Lilith et non Eve la première femme, mais bon admettons). Les deux personnages sont dans une position ambigüe : à la fois l’amitié et l’affection, mais aussi l’opposition car tous les deux sont en tenue de lutteurs. On retrouve, comme avec le duo Soleil – Lune, cette espèce d’opposition façon ying et yang : opposés mais complémentaires. La position de leurs mains évoque elle aussi cette idée : une main vers la tête (la raison), une autre vers le coeur ou plexus solaire (l’émotion). Ce duo indique aussi plus simplement l’amour, la présence d’une relation privilégiée et dans laquelle on se sent pleinement épanoui.

La présence du mur enfin n’est pas à négliger. Comme on l’avait vu dans d’autres cartes comme la Tour ou l’Etoile, un mur peut servir autant à protéger qu’à enfermer. Le mur n’est pas très haut ici, c’est un symbole d’humilité et de compréhension : dans l’arcane de la Tour, les hommes avaient construit trop haut et sans prendre la mesure de leurs capacités, ce qui les avaient amenés à la destruction. On voit avec le Soleil que les hommes ont appris de leurs erreurs et ne sont plus dans l’excès. Ce muret peut aussi faire office de séparation avec le reste du monde : le couple se replie par rapport aux autres relations extérieures pour privilégier leur entente si parfaite. Mais ce huis-clos ne durera pas éternellement, en ce sens le mur deviendra aussi un obstacle à franchir pour avancer. La construction est une forme de progression vers un but. Or, comme le muret n’est pas très haut, on peut l’interpréter de manière favorable : l’obstacle qui vous sépare de votre but sera facilement franchi !

Bref, tirée dans le bon sens, la carte vous indique que tout est au beau fixe pour vous, et que vous pouvez sereinement profiter de la situation et de votre petit havre de paix. En revanche, tirée à l’envers, la carte vous invite à vous poser les bonnes questions. Il est possible que vous passiez à côté de l’essentiel en voulant faire trop compliqué, ou que vous vous enfermiez, au sein propre comme au sens littéral. Emploi du temps trop chargé, opportunités qui vous passent sous le nez, mélancolie qui vous amène à feindre le bonheur,… Mais surtout, que cela ne vous fasse pas paniquer : un tirage de tarot ne fixe pas l’avenir, il ne fait que vous prévenir et vous conseiller 🙂

Voici ma carte ! C’est la première fois que je fais des personnages noirs, j’espère que je les ai bien faits ! Si j’ai choisi de les faire, c’est aussi à cause d’une association d’idée (qui je l’espère ne fâchera personne !). Quand je pense au Soleil, je pense aux pays les plus chauds, aux déserts (et de fait vous remarquerez que sur la carte du tarot de Marseille, il n’y a pas de végétation), à l’Afrique et donc des endroits où la population noire est majoritaire. Ca m’a toujours fascinée de me dire que là-bas, les gens vivent à des endroits où la chaleur atteint les 50, voire les 60°C, quand nous on hurle à la mort dès que le thermostat dépasse 40°C ^^’ Quand j’étais petite, j’avais même lu un conte qui disait que si les Africains avaient la peau noire, c’était parce qu’ils avaient découpé la nuit pour s’en faire une seconde peau qui les protégerait de la chaleur du soleil. C’était une jolie histoire, et si on l’applique à la carte, ça illustre à merveille le duo entre la Lune et le Soleil :3

J’ai choisi de les représenter avec des tenues pseudo-tribales (mais sans trop copier de véritables tenues pour éviter de faire référence à une tribu en particulier) pour reprendre cette idée de premier couple du jardin d’Eden. Après tout, Jésus était censé être Noir, alors pourquoi pas Adam et Eve 😉 Plutôt que des tenues de lutteur, j’ai préféré une position plus « classique », une union entre deux personnes différentes mais complémentaires. Ils se regardent les yeux dans les yeux, pour souligner le fait qu’ils sont égaux et se comprennent mutuellement ; mais cela peut aussi montrer qu’ils excluent tous les autres pour se concentrer sur leur échange.

Le muret a été trèèèès long à faire, une pierre après l’autre ^^’ Et comme je trouvais ça un peu vide, j’ai voulu rajouter de la végétation pour rendre le tout plus vivant. J’ai choisi de représenter un baobab derrière l’homme, et un acacia faux-gommier derrière la femme. Le premier est souvent considéré comme sacré, par plusieurs cultures ; c’est aussi un « arbre à palabre », c’est-à-dire un arbre sous lequel on se rassemble pour débattre et résoudre les litiges. Le couper est l’équivalent d’un sacrilège. Il a de nombreuses applications médicinales et une symbolique extrêmement riche. Il est protégé en Afrique du Sud, mais hélas avec le réchauffement climatique, de plus en plus de baobabs meurent sans que l’on puisse les sauver… Quant à l’acacia, il est très répandu en Afrique : ses usages sont multiples, aussi bien traditionnels qu’alimentaires, en passant par la médecine une fois encore. Enfin, on l’utilise actuellement pour lutter contre la désertification, notamment avec le projet de la Grande Muraille Verte en Afrique. Avec un peu de chance, les acacias parviendront à sauver les baobabs ^^

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Bref, que pensez-vous de ma carte ? Est-ce qu’elle vous plaît ? N’hésitez pas à me donner vos avis et conseils 🙂 

 

Tarot divinatoire made by Juliet #18 : La Lune

Par défaut

Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ On se retrouve pour un nouveau dessin de tarot ! Je suis un peu débordée en ce moment, c’est fou, pourtant je suis au chômage pour l’instant, je devrais avoir plein de temps libre… et je trouve le moyen d’avoir quand même pas assez de temps pour faire tout ce que je veux ^^’ Trop ambitieuse ou angoissée face à l’inaction, faites votre choix. Parfois, j’ai l’impression que les cartes que je dessine coïncident étrangement bien avec mon état d’esprit général, donc j’espère que la prochaine carte sera celle du farniente et des pluies de billets de banque !

Ce dix-huitième arcane, celui de la Lune, n’a vraiment pas été simple. Sa symbolique est très nébuleuse et j’en suis un peu restée comme deux ronds de flan ! La solution m’est apparue assez rapidement pour faire mon propre dessin, mais la signification et le symbolisme ont mis plus de temps à faire leur chemin dans mes synapses. Même maintenant, je n’en suis pas très sûre ^^’ Mais j’espère que je serai claire malgré tout pour vous 🙂 Comme d’habitude, on se base sur le tarot de Marseille, puis on voit comment j’ai bidouillé mon adaptation de la carte ! Je vous laisse les liens vers les cartes précédentes, j’y fais souvent référence et les arcanes sont souvent liés aux autres de différentes manières.

Voici l’arcane de la Lune. On peut y voir l’astre lunaire, qui semble attirer à lui plusieurs gouttes multicolores. Au loin, deux tours encadrent la carte, l’une fermée et sans entrée, l’autre ouverte avec des portes. Deux chiens (ou un chien et un loup selon les versions) hurlent à la lune. Enfin, au premier plan, on peut voir une sorte de plan d’eau avec une écrevisse qui en sort. Niveau image cohérente, on est à peu près aussi perplexes qu’à la découverte de l’arcane de la Roue de la Fortune ! Et je me demande si ce flou symbolique n’est pas fait exprès, parce que l’arcane de la Lune joue justement sur nos doutes, nos angoisses et nos incertitudes.

Essayons de prendre ça dans l’ordre. Tout d’abord, les deux tours au fond peuvent symboliser des remparts, destinés à protéger, mais aussi à enfermer. Ici, on peut émettre l’hypothèse qu’ils représentent les frontières de notre esprit, rappelez-vous l’arcane de la Tour qui reprend justement cette idée de représentation mentale. On a donc un arcane qui va une fois de plus remettre en question notre construction spirituelle et plus particulièrement ici notre inconscient. Le paysage angoissant nous met mal à l’aise, ce qui fait d’autant mieux ressortir nos peurs enfouies.

La Lune est un symbole très changeant, et associé d’abord à l’idée de cycle, croissance et décroissance, jour et nuit, vie et mort, flux et reflux des marées. Les gouttes sur la carte qui vont vers la lune sont un rappel de ses effets sur l’environnement. Ces allées et venues jouent aussi sur notre comportement : même si ça peut doucement faire rigoler, il y a un fond de vérité. Les femmes y seraient les plus sensibles, or la Lune est souvent associée à des entités féminines, par exemple dans la mythologie grecque : Séléné est la personnification de la Lune (et son frère Hélios incarne le Soleil) et en particulier la pleine lune ; la chasseuse Artémis (dont le frère jumeau Apollon est lui aussi associé au soleil) est rattachée au croissant ; enfin la déesse de la mort et magicienne Hécate est associée à la nouvelle lune. Et d’ailleurs ces deux dernières divinités sont souvent accompagnées de chiens, l’une pour la chasse, l’autre pour garder les portes de l’Enfer. Ils sont à la fois des gardiens et des psychopompes, c’est-à-dire des entités chargées de guider les âmes vers l’au-delà. Sans oublier les loups-garous qui changent de forme à la pleine lune !

Une des interprétations de la carte indique que les chiens sont la partie connue, apprivoisée en quelque sorte, de votre inconscient. En revanche, l’écrevisse sortant du lac est la part inconnue : jaillie des profondeurs, elle se nourrit des choses corrompues, métaphore de vos peurs et de vos doutes (pour la minute zoologique, elles se nourrissent en effet des restes de matière organique trouvée dans la terre ou la vase). Elle redouble la symbolique de la Lune, d’une part par sa manière de se déplacer dans une sorte de mouvement avant-arrière ; et d’autre part car elle mue régulièrement pour changer de carapace. Cette carapace est aussi très fine, ce qui rend l’écrevisse extrêmement sensible, tout comme un être humain a des émotions changeantes et capricieuses. Enfin, l’écrevisse de la carte sort d’une eau sombre et stagnante, qui symbolise tout ce que vous avez de sombre et déplaisant au fond de vous, ce que vous ignorez car vous ne l’avez pas exploré ou parce que vous préférez (feindre de) ne pas savoir. L’étang peut aussi être une métaphore du sommeil, et l’écrevisse représente les rêves envoyés par votre inconscient.

En clair, la carte est une sorte de représentation de notre jardin secret. La Lune est souvent associée à la magie, aux sorcières, à la nuit et aux choses effrayantes. C’est un astre lumineux, qui apporte la connaissance, et au même titre que l’Etoile elle vous guide dans votre inconscient et vous invite à suivre vos intuitions, votre imagination. En revanche, au lieu de vous guider pour vous permettre d’avancer, la Lune vous invite à vous retourner sur vous-même, à explorer votre passé car c’est avec lui que vous vous êtes construit. Sans passé, pas de futur. Toutefois, il ne faut pas oublier que la Lune est changeante, trompeuse, voire menteuse. Sa magie effraie, ses illusions vous induisent en erreur et votre imagination finit par vous jouer des tours. Vous vous perdez dans des cycles sans fin, vous vous embourbez dans le lac, bref vous tournez en rond. C’est pourquoi la carte est souvent associée aux problèmes mentaux : névroses, dépression, obsession, manies incontrôlables. Arcane de la sensibilité et des émotions, vous êtes extrêmement réceptif mais d’autant plus susceptible de vous égarer : rappelons que la Lune peut avoir une influence sur vos émotions et vos réactions. Par conséquent, la plus grande prudence est nécessaire pour tirer vos conclusions car les apparences sont trompeuses.

L’idée générale dans un tirage est que vous n’avez probablement pas tous les faits, même si vous le pensez. La situation est donc complexe mais pas insurmontable, puisque le Soleil finit toujours par se lever : c’est d’ailleurs l’arcane suivant. Tirée à l’endroit, la carte vous avertit, des moments difficiles vous attendent et il sera nécessaire de ne pas vous fier à votre première impression. Prenez du recul, examinez le fond des choses, faites le point sur vous-même et sur votre entourage. Tirée à l’envers, la carte annonce des troubles et de la confusion. Votre intuition est mal placée, vous vous faites des illusions ; il est même possible que vous vous voiliez la face intentionnellement pour éviter de faire face à quelque chose de déplaisant.

Et voici ma carte ! Bizarrement, autant j’ai mis du temps à comprendre la carte, autant je n’ai pas longtemps hésité pour retourner vers mes premières amours en dessin : ambiances bizarres et peluches malaisantes 😀 Gros gros bisous à ma cousine qui m’a conseillé de diversifier un peu mes outils et d’utiliser des crayons plus gras pour les zones d’ombres : c’est beaucoup plus facile de colorier, et le rendu est beaucoup mieux… même si vu la qualité des photos ça n’apparaît pas vraiment sur l’image ^^’ Ca manque d’ombrages cependant, je vais peut-être le retravailler en ajoutant l’ombre des peluches de chien 🙂

J’avoue qu’un jardin secret façon forêt inquiétante aurait été super intéressant, mais l’idée d’un vieux grenier envahi de recoins sombres, de toiles d’araignées et de jouets cassés et oubliés, de peluches (vivantes ?) m’a tout de suite emballée. J’y vois une métaphore parfaite de la part sombre et secrète de l’inconscient, avec nos problèmes non résolus, nos peurs irrationnelles, nos coffres mystérieux et ces tâches de moisissure. Le reflet trompeur de la lune ajoute encore à l’ambiance. La lune a fait voler le mur en éclat pour éclairer ces zones d’ombre, mais elle ajoute aussi au côté angoissant de la scène.

Bref, j’espère que la carte vous plaît, n’hésitez pas à donner vos avis, vos conseils et remarques, c’est toujours intéressant de croiser les points de vue :3 Et cette fois j’ai pensé à vous mettre les photos de l’évolution ! 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Tarot divinatoire made by Juliet #17 : L’Etoile

Par défaut

Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Après un mois de retard, pour lequel je vous présente encore une fois toutes mes excuses, la nouvelle carte de mon jeu de tarot divinatoire est enfin prête ! Ca n’a pas été de tout repos, mais je suis contente d’avoir enfin pu la terminer ^^ Il me reste encore 5 cartes à dessiner, du moins pour les arcanes majeurs. On verra comment je m’en sors, peut-être que je ferai une pause à ce moment-là : ça fera bien deux ans que je suis sur ces dessins !

Aujourd’hui, je vais vous présenter l’arcane de l’Etoile, qui porte le numéro 17. J’ai mis un temps fou à savoir comment j’allais la dessiner ! Mais je suis contente, le résultat valait le coup 🙂 Vous connaissez la chanson : on verra d’abord la symbolique de l’arcane en nous basant sur le tarot de Marseille qui est le plus connu, puis on verra ensuite comment j’ai choisi d’adapter la carte et ses symboles à ma sauce. N’hésitez pas à consulter les cartes précédentes, en effet j’y ferai probablement référence et tous les arcanes sont liés entre eux.

Voici la carte de l’Etoile. C’est une très belle carte et je tenais à la faire bien comme je voulais, vous allez comprendre pourquoi. L’image du tarot de Marseille nous présente une jeune femme nue sous un ciel étoilé : plus précisément, il y a huit étoiles, dont une au centre qui brille plus fort que les autres. Il y a un peu de végétation, et un oiseau sur l’arbuste à gauche. La jeune femme est en train de verser l’eau de deux jarres : l’une se vide dans un étang, l’autre sur la terre. C’est une vision très paisible, qui invite au repos. De fait, si on suit les cartes dans l’ordre, en suivant ainsi un parcours initiatique, les deux cartes précédentes étaient plutôt perturbantes et avec d’importantes conséquences : le Diable qui vous met à l’épreuve des passions, puis la Tour où tout ce que vous avez pris pour acquis est brutalement détruit. L’arcane de l’Etoile est donc d’abord celle du repos : c’est l’oasis dans le désert.

La jeune femme est nue car elle n’a plus rien à cacher : elle est en harmonie avec ce qui l’entoure, un peu comme dans un jardin d’Eden, et pour cela, on peut l’identifier dans un premier temps à Eve. En vidant les deux jarres, elle semble accomplir un acte de dévotion, avec beaucoup de soin. Ces deux jarres ne vous rappellent rien ? Si vous vous souvenez bien, on retrouve aussi deux jarres dans la carte de la Tempérance. Dans cet arcane, les deux jarres étaient deux vases communiquant où l’eau s’écoulait de l’un à l’autre. Ici, les deux jarres sont versées, leur contenu, purifié, est rendu à la nature. Une jarre pour l’eau et une jarre pour la terre, ce qui permet de réunir deux principes complémentaires et opposés, à savoir le spirituel et le matériel. Il y a donc une idée de communication avec ce qui vous entoure, l’idée de recevoir et de rendre : la carte de l’Etoile est celle de l’altruisme et du don désintéressé. En bref, c’est l’arcane de la spontanéité.

De fait, l’étoile qui brille dans le ciel peut faire référence à votre intuition comme une sorte de guide : un peu comme l’étoile polaire qui indique le Nord, ou celle que les Rois Mages ont suivi pour arriver jusqu’à l’enfant Jésus. Il y a huit étoiles, pour faire référence à l’arcane de la Justice, où l’on retrouve une idée d’équilibre. Mais si la Justice maintient l’équilibre par la raison, l’Etoile permet d’atteindre l’harmonie grâce à votre intuition, votre compréhension instinctive de ce qui vous entoure. C’est aussi un symbole d’espoir : même au milieu des ténèbres, la lumière de l’étoile est là pour vous guider. Puisque cette étoile est votre intuition, on peut clarifier le message en disant que l’arcane vous invite à avoir confiance en vous. On peut rappeler ici des expressions clés comme « croire à son étoile » ou « avoir une bonne étoile ». Partant de là, l’étoile peut aussi être un symbole d’inspiration, de création, un peu comme une Muse.

L’oiseau quant à lui est un symbole assez riche : messager céleste, il est aussi un symbole d’imagination et d’illusion. En effet, la carte de l’Etoile étant très liée à l’inconscient, c’est aussi la carte des rêves. Mais le plus souvent, l’oiseau est une allégorie de l’âme et de son élévation spirituelle. Tout concorde dans cette carte pour en faire quelque chose de positif. Tirée à l’endroit, c’est une carte qui vous annonce de la chance, du bonheur, du succès, du réconfort ; elle vous invite autant à avoir confiance en vous qu’à chercher des appuis dans ceux qui vous entourent. En revanche, tirée à l’envers, la carte annonce malchance et désillusions : vous êtes trop renfermé, la situation n’est pas en votre faveur et des obstacles se dressent entre vous et vos projets. Mais encore une fois, il y a toujours une lueur d’espoir, donc la situation n’est pas complètement désespérée.

Et voici ma carte ! La qualité de la photo n’est pas terrible, c’est le mieux que je puisse faire pour l’instant. Comme vous pouvez le constater, j’ai pris quelques libertés avec le sujet de base XD Plus sérieusement : j’essaie d’adapter chaque carte à ma sauce, avec un univers particulier. Ici, je n’avais absolument aucune idée de ce que j’allais pouvoir faire. Il m’a fallu un long moment, jusqu’à finalement me rendre compte que pour moi, l’harmonie, c’est de pouvoir être au milieu des livres. De pouvoir lire, dessiner ou écrire en paix. J’ai donc imaginé une nature revisitée façon « livres » pour cette carte, avec des arbres-bibliothèques dont les feuilles sont des pages blanches, et des lampes-tournesols qui emmagasinent la lumière du soleil.

J’ai conservé autant d’éléments que possible de la carte originelle : les huit étoiles avec la plus grande qui illumine le coin gauche, et l’arrosoir pour remplacer les deux jarres XD Pour reprendre cette idée de générosité, fondamentale dans l’arcane de l’Etoile, j’ai également dessiné un petit renard blessé à la patte : il a été soigné, et dort maintenant dans le creux de l’arbre-bibliothèque pour reprendre des forces. Il y a même un oiseau, mon petit hibou à lunettes, qui lit par-dessus la tête de la jeune fille.

Cette dernière a un carnet ouvert devant elle, composé avec les feuilles des arbres autour d’elle. Elle est en train d’écrire, en train de créer donc, mais le geste est suspendu et elle semble écouter attentivement, les yeux clos, comme si sa Muse l’Etoile était en train de lui chuchoter une idée. Elle est parfaitement calme et à l’aise dans cet univers, où elle accomplit avec soin et dévouement sa tâche créatrice. Un pied dans l’eau et un autre sur la terre ferme, elle est en lien et en harmonie avec les deux principes complémentaires que l’on a évoqué plus haut : l’esprit et la matière.

Pas de photos de la progression cette fois, j’ai complètement oublié d’en faire ^^’ J’espère que la carte vous plaît, n’hésitez pas à commenter pour me donner vos avis et vos conseils 🙂

Un peu de peinture dansante : Javanese Dancer

Par défaut

Bien le bonjour bande de gens ! Pas de poésie ce samedi, mais une découverte en peinture ^^ C’est parti de pas grand chose, un marque-page que ma p’tite Maman m’avait offert, et finalement j’ai tellement aimé la reproduction que j’ai voulu me renseigner davantage sur le tableau original ^^ 

John Singer Sargent (1856-1925) était un peintre américain qui a essentiellement vécu en Europe. Artiste extrêmement actif, il composa environ neuf cents toiles et plus de deux mille aquarelles, ainsi que de très nombreux croquis et dessins ! Son œuvre s’inspire de ses voyages à travers le monde, de Venise au Tyrol, de Corfou au Moyen-Orient, ou encore du Montana à la Floride. Loin de se limiter à un seul genre, il a travaillé sur plusieurs types d’oeuvres : compositions à personnages, compositions religieuses, scènes de genre, figures, portraits, intérieurs, paysages, marines, des compositions murales, à la gouache, à l’aquarelle. Enfin, il fut proche du courant de l’impressionnisme américain, qui s’inspire directement de l’impressionnisme français. 

J’ai eu le coup de coeur pour ses peintures de danseuses javanaises, ou Javanese Dancer. Il a donné ce nom à plusieurs toiles, mais les trois que je vous montre ici sont mes préférées ^^ L’origine de ces peintures vient de l’Exposition Universelle de 1889, tenue à Paris, où parmi les stands exotiques et les zoos humains (faut dire ce qui est quand même), il y avait notamment une reproduction d’un village javanais, animé par des danses traditionnelles. Sargent a été fasciné par les costumes des danseuses, ainsi que par leur danse très symbolique. Les peintures sont en fait une série d’étude, sans doute réalisées pour une composition plus grande, mais qui n’a jamais vu le jour. 

Les danseuses me font beaucoup penser au 22ème tome de la série de BD Yoko Tsuno (dont je suis une très grande fan), qui s’appelle Le Matin du Monde et où on retrouve une danseuse balinaise dont la parure me fait beaucoup penser à ces peintures de Sargent. Et si, je ne me trompe pas, les cultures javanaises et balinaises partagent des racines communes et sont issues de la région indonésienne. Ce sont en particulier les couleurs vibrantes et chaudes des tableaux qui me fascinent, ainsi que la gestuelle des danseuses. C’est très beau, tout est fluide et gracieux, le jeu des tissus épousant le mouvement des corps ❤ Je pourrai les regarder pendant des heures et ne pas m’en lasser, j’y vois autant de douceur que de solennité et le mélange est très intrigant ! J’adorerais pouvoir voir ces danses en vrai et comprendre l’origine des gestes et des pas :3 

Et vous, que pensez-vous de ces tableaux ? Est-ce qu’ils vous plaisent ? En connaissez-vous d’autres du même style ou qui traitent du même sujet ? Dites-moi tout ^^