Archives d’Auteur: juliet595

La fabrique des coïncidences

Par défaut

Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Grosse journée hier au boulot, chargement et déchargement de cartons de livres ! Heureusement, avec mon copain on a récupéré un super canapé : confortable et blindé de coussins ❤ Bon, il est immense et maintenant on n’a plus beaucoup de place à l’appart, mais ça nous manquait tellement qu’on s’en fiche, on va enfin pouvoir croûter sur un meuble digne de ce nom et pas une pauvre banquette bricolée avec une couverture et quatre coussins XD

Nouvelle chronique littéraire ! Un livre qui était sur ma wish-list, mais ladite liste est tellement grande que je ne pensais pas me le procurer avant un moment ^^’ Et puis totalement par hasard, je suis tombée sur sa version originale, en anglais donc, abandonnée sur une cheminée et non réclamée depuis plusieurs semaines. Selon le rituel consacré : une fois, deux fois, trois fois ? C’est pour moi XD Oui, non seulement je suis un ventre sur pattes, mais en plus je suis une dalleuse littéraire. Voici La fabrique des coïncidences de Yoav Blum (en anglais, The Coincidence Makers), un livre dont je ne savais absolument rien, mais dont le titre m’attirait tout particulièrement ^^ Sorti en 2019 en France, et publié en 2018 pour sa version originale ! Je vous avais déjà montré les premières lignes sur le blog, cliquez ici pour les lire 🙂 Lire la suite

Les Dames de Kimoto

Par défaut

Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! C’est fou les choses sur lesquelles je tombe au Village du Livre où je travaille : la double étiquette musée-librairie n’est pas simple à définir, mais à force de tomber sur des livres du XVIIIe siècle ou même une dédicace de Dali (oui oui, même si au début j’ai cru que c’était un vieux gribouilli), on commence à se faire une petite idée XD Bon après on a des trucs plus « normaux », rassurez-vous 😀 D’ailleurs, je suis récemment tombée sur un recueils de poèmes auto-édité pas mauvais du tout : j’ai craqué… encore ^^’

Nouvelle chronique littéraire ! J’avais envie de lire un peu plus de littérature japonaise. En ce moment, j’ai envie de lire des romans d’ailleurs, que ce soit la forme ou le fond, mais surtout la forme. J’ai pioché au hasard et j’ai découvert Les dames de Kimoto de Sawako Ariyoshi, sorti en France en 2018 et publié pour la première fois en 1959 au Japon. L’auteure est une figure majeure de la littérature nippone, et chacun de ses livres met en valeur une facette de la société japonaise. Reprenant souvent des personnages principaux féminins, elle critique notamment des valeurs patriarcales traditionnelles qui enferment les femmes dans des carcans de soumission et de docilité ; cependant, elle montre aussi les répercussions des normes sur les hommes, son œuvre n’est donc pas strictement centrée sur l’émancipation féminine. De plus, elle témoigne malgré tout d’un certain attachement aux arts traditionnels pour leur beauté et leur délicatesse. Morte en 1984, elle laisse derrière elle plus d’une centaine d’œuvres d’écriture.
Lire la suite

Premières lignes… #166

Par défaut

Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

– Julian, regarde ! Tu as vu ce gros nuage ? Ralentis un peu, je vais le tresser ! J’en ferai un oiseau ! Non, je veux qu’il soit plus libre encore ! Qu’est-ce qui est plus libre qu’un oiseau, Julian ?
– Le vent, je pense, répondis-je hésitant, tandis que Haru s’agitait sur le porte-bagages de ma bicyclette en pointant le ciel de son long doigt blanc.
– Le vent ? répéta-t-elle, songeuse. Il ne sera pas beaucoup plus libre que maintenant…
Notre vélo fonçait à toute allure vers le lycée, dissipant dans ses pédales l’ensommeillement du matin. Les feux de circulation passaient au vert à notre approche. L’air était tiède pour un mois d’octobre. Sur notre droite, la rivière fredonnait une mélodie d’automne ; à gauche, la route déversait quelque rares voitures matinales. Notre chemin continuait ainsi tout droit au milieu de la campagne de Saitama, tout en horizontalité, parsemée de toits d’ardoise et de ponts étroits qui enjambaient distraitement la rivière. Les rizières alentour avalaient le soleil dans leurs feuilles dorées.
J’étais parti plus tôt ce matin pour me laisser le temps de faire un détour : un peu à l’écart de la route à l’abri des arbres, un tout petit cimetière vieillissait en silence. c’était un endroit où personne ne s’aventurait jamais ; masqué par l’ombre du pont, sur la pente raide de la berge, quelqu’un avait enterré ses morts. Les trois grosses pierres tombales étaient celles de Takashima Satoru et sa femme, Miyuki Saito, et la famille Koizumi accompagnée de leur chat. Les herbes folles avaient rongé les noms, la pierre s’était soulevée, effritée, fissurée par endroits, un oiseau avait fait son nid dans la branche au-dessus et des fientes coulaient le long des sotoba. Depuis que j’avais découvert ce petit sanctuaire, j’aimais y passer pour les saluer. Diligemment, j’arrachais les mauvaises herbes. Haru se moquait de moi, elle grondait : « Laisse les morts où ils sont ! Ne les embête pas ! ». Elle ne le disait jamais méchamment, je lui surprenais même l’air un peu triste dans ces moments-là.
– Koizumi-san, Saito-san, Takashima-san, aujourd’hui aussi, je m’en remets à votre bienveillance, dis-je solennellement avant de m’incliner.
Puis je remontai la pente, repris mon vélo, attendis que Haru s’installât à l’arrière et je pédalai jusqu’au lycée, un établissement humble dont les grilles restaient ouvertes à toute heure de la journée. Nous n’étions pas très nombreux, tout le monde se connaissait : le fils d’untel, la fille de monsieur, le professeur jadis professeur de maman. Pas de surprise.
– Julian, salua un jeune homme taciturne adossé à la grille, les cheveux aussi noirs que ses yeux, les épaules carrées et l’allure sportive, plus grand que la plupart des garçons de son âge.

Les Abysses

Par défaut

Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Pour briller en société ou juste parce qu’on est bizarre, on aime bien retenir le nom de certaines phobies : coulrophobie pour les clowns, trypophobie pour les trous, hippopotomonstrosesquippedaliophobie pour les mots trop longs (et le mec qui a inventé le mot a loupé une carrière de bourreau visiblement),… Aujourd’hui, j’ai appris le mot taphéphobie, ou la peur d’être enterré vivant : elle a connu un petit boum à la fin du XIXème siècle avec l’essor du roman gothique et notamment La Chute de la Maison Usher d’Egard Allan Poe. Voilà, c’était la minute « j’ai appris un truc et j’en suis fière allez savoir pourquoi » XD

Nouvelle chronique littéraire ! J’avais entendu plusieurs fois parler de Rivers Solomon via le blog Les Chroniques du Chroniqueur (que je vous conseille beaucoup), et j’avais très envie de la découvrir ! Auteure non-binaire américaine (elle tolère cependant le féminin en français parce qu’on galère avec le neutre), elle est associée à la science-fiction et à l’afrofuturisme, c’est-à-dire une redéfinition de la communauté noire à travers la science-fiction ou le réalisme magique. C’est un courant dont j’ai hâte de découvrir plus de livres ! J’ai sauté sur l’occasion de lire le dernier roman de Rivers Solomon, Les Abysses, paru en 2020 aux éditions Les Forges de Vulcain.

Lire la suite

Premières lignes… #165

Par défaut

Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Il pleuvait. C’est-à-dire que, comme de coutume, des gouttes froides tombaient de la voûte, donnant l’illusion que les pierres du château transpiraient. En fait, l’averse n’avait rien d’étrange, puisqu’elle était produite par l’humidité accumulée dans les hauteurs et grossie par des ruisselets d’infiltration. Cela amenait certains à penser que le manoir gisait au plus profond d’un océan, que son étanchéité se trouvait de plus en plus menacée et, qu’un beau jour, les murailles cèderaient dans un grand fracas pour déverser des eaux dévastatrices qui ne laisseraient rien debout. Il y avait de cela quelques années, juché sur un grêle échafaudage, un nigaud s’était employé à badigeonner une partie de l’immense plafond, mais le piteux trompe-l’œil n’avait guère tenu et on avait eu à subir des chutes de confettis bleus durant des mois et des mois.
La pluie ne tombait pas que du ciel de pierre. Elle se logeait aussi dans le cœur d’Aurjance, plus glaciale encore, gommant tout ce qui faisait que la jeune fille se levait d’ordinaire au petit matin en se réjouissant des occupations qui seraient les siennes au cours de la journée. Elle venait de l’apprendre de la bouche de Nordin, l’éleveur de gonches : Dulvan, son jeune frère, avait loué deux montures pour entreprendre un long voyage au-delà de Viridis, cette vaste salle-royaume où il n’était pourtant pas si désagréable de vivre. Deux de ces animaux mangeurs de viande, moitié cheval, moitié dragon, car, bien entendu, Dulvan n’avait pas laissé derrière lui son compère Garicorne, pour lequel il paraissait parfois éprouver plus que de l’amitié…
Mais quant à sa soeur, il ne l’avait même pas avertie. N’hésitant pas à arracher Nordin à son sommeil, il s’était esbigné au coeur de la nuit, redoutant sans doute la ferme opposition que n’aurait pas manqué de lui manifester Aurjance.
« Sortir de Viridis où nous bénéficions d’un éternel printemps, c’est folie, lui aurait-elle assené. Et que comptes-tu découvrir au-delà de chez nous ? Ceux qui vivent loin dans les profondeurs de notre salle, là où ils côtoient la frontière, affirment que c’est l’été qui pèse sur le royaume suivant, qu’une chaleur difficilement supportable y règne et qu’ils en reçoivent parfois quelques bouffées aptes à brûler la peau et à tuer les plantes. Aspires-tu à devenir cuit comme un gigot ? »
Dulvan n’était pas du genre à écouter les remontrances et à dévier de son obstination. Il s’en serait probablement sorti en partant d’un grand rire, aurait soulevé sa soeur dans ses bras et l’aurait tourneboulée de baisers avant qu’elle ait pu ajouter un mot. Il aurait franchi le seuil de la chaumière de la même manière, n’ayant seulement qu’à s’épargner de marcher sur la pointe des pieds comme il l’avait fait alors qu’elle était endormie.