Archives d’Auteur: juliet595

Tara Duncan #8 : L’impératrice maléfique

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Enfer et désespoir, je suis obligée de compter mes dosettes de chocolat chaud jusqu’aux prochaines courses, il paraît que 7 par jour c’est trop ! Non, je rigole, j’en prends 3 et ce sont de petites tasses, m’enfin bon… La famille de mon copain nous a offert une cafetière qui fait aussi les chocolats chauds, et nom de Diou qu’ils sont bons ces chocolats chauds ! Je carbure littéralement à ça, mon copain a proposé de m’en faire une perfusion ^^’ Buvez du chocolat chaud les enfants, c’est bon pour le moral 😉

Nouvelle chronique littéraire ! Je n’ai toujours pas renoncé à la série des Tara Duncan comme vous le voyez 😛 C’est la première fois que je fais une série de chroniques aussi longue sur une seule série de livres, j’espère que ça vous plaît ? C’est sûr que maintenant que j’en suis au 8ème tome, seuls les initiés doivent me lire ^^’ Il s’intitule L’impératrice maléfique, Sophie Audouin-Mamikonian l’a publié en 2010. Avant d’enchaîner, voici la liste des chroniques des tomes précédents, si vous voulez vous rattraper !

Résumé : Bannie sur Terre pour avoir failli détruire AutreMonde, Tara est coupée de toute sa vie passée. Lire la suite

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Premières lignes… #50

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Cher Dieu,

Je m’appelle Oscar, j’ai dix ans, j’ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j’ai grillé les poissons rouges) et c’est la première lettre que je t’envoie parce que jusqu’ici, à cause de mes études, j’avais pas le temps.

Je te préviens tout de suite : j’ai horreur d’écrire. Faut vraiment que je sois obligé. Parce qu’écrire c’est guirlande, pompon, risette, ruban, et cetera. Écrire, c’est rien qu’un mensonge qui enjolive. Un truc d’adultes.

La preuve ? Tiens, prends le début de ma lettre : « Je m’appelle Oscar, j’ai dix ans, j’ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j’ai grillé les poissons rouges) et c’est la première lettre que je t’envoie parce que jusqu’ici, à cause de mes études, j’avais pas le temps », j’aurais pu aussi bien mettre : « On m’appelle Crâne d’Œuf, j’ai l’air d’avoir sept ans, je vis à l’hôpital à cause de mon cancer et je ne t’ai jamais adressé la parole parce que je crois même pas que tu existes. »

Seulement si j’écris ça, ça la fout mal, tu vas moins t’intéresser à moi. Or j’ai besoin que tu t’intéresses.

Ça m’arrangerait même que tu aies le temps de me rendre deux ou trois services.

Un peu de poésie sorcière : Médée

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Et nous nous retrouvons ce samedi pour une nouvelle poésie, mazel tov et piñata ! Connaissez-vous le mythe de Médée ? Cette femme est l’une des légendes les plus célèbres de la mythologie grecque, notamment pour une tragédie de Sénèque que je n’ai pas lue mais dont on dit beaucoup de bien. L’histoire est un peu longue donc je vais vous la raconter dans les grandes lignes, mais n’hésitez pas à la lire en entier sur le site du Grenier de Clio, qui est très bien foutu. Médée était une princesse, fille du roi de Colchide Aetès, et également une magicienne très puissante ; lorsque le héros Jason débarque dans son royaume avec les Argonautes pour chercher la Toison d’Or demandée par le roi Pélias, le roi refuse de lui faciliter la tâche et de le laisser emporter le trésor, en le confrontant à une série d’épreuves mortelles. Jason reçoit l’aide de Médée qui a eu le coup de foudre pour lui, et met ses pouvoirs à son service, en échange de quoi il lui promet de l’épouser. Les deux amoureux s’enfuient avec la Toison d’Or, poursuivis par la flotte d’Aetès ; mais Médée, qui avait emmené son petit frère avec elle, découpe celui-ci en morceaux et les jette dans la mer, de sorte qu’Aetès qui lui a une conscience s’arrête pour récupérer le corps de son fils et pouvoir lui donner une sépulture. Jason et Médée viennent trouver Pélias, mais celui-ci espérait que Jason ne revienne pas de sa mission, car un oracle avait prédit à Pélias qu’il mourrait de sa main. Jason souhaite se venger, et encore une fois, Médée lui offre la solution, en amenant les propres filles de Pélias à tuer celui-ci, en leur faisant croire qu’elles pourraient le rajeunir en suivant un rituel. Une femme charmante. Mais Jason, après avoir eu deux fils avec elle, la répudie pour une autre. Folle de rage, Médée punit Jason en massacrant ses deux propres enfants, et s’enfuit sur un char tiré par deux dragons ailés. La classe.

Tout ça pour vous dire que le poème d’aujourd’hui va parler de Médée. Il a été écrit par Théodore de Banville, un poète, critique et dramaturge français. Le bonhomme est né en 1823 et mort en 1891, il est assez bien connu pour ses Odes funambulesques et Les Exilés, et est surnommé le poète du bonheur. Oui, moi aussi je me demande pourquoi avoir choisi Médée, mais son poème est assez beau ^^ Il est d’ailleurs considéré comme l’un des poètes les plus éminents de son époque, et sachant qu’il vivait à l’époque de Victor Hugo ce n’est pas un mince compliment ; ajoutons enfin qu’il a découvert le talent de Rimbaud. Notre homme pèse. En tant que l’un des chefs de file du mouvement du Parnasse, il méprisait la poésie officielle et commerciale, fut l’adversaire résolu de la nouvelle poésie réaliste et l’ennemi de la dérive larmoyante du romantisme. Voilà pour le pedigree du personnage, et maintenant voici le poème dont je voulais vous parler : « Médée », du recueil Les princesses (note avant de lire : le Phase est un fleuve de l’ancienne Colchide, un royaume antique dans la région de la Géorgie, pas loin de la Mer Noire et du Caucase).

Tandis qu’elle coupait cette racine, la terre mugit et trembla sous ses pas ; Prométhée lui-même ressentit une vive douleur au fond de ses entrailles, et remplit l’air de ses gémissements.

Apollonios, L’Expédition des Argonautes, chant III. Trad. J.-J.-A. Caussin.

Médée au grand cœur plein d’un amour indompté
Chante avec l’onde obscure, et le fleuve en délire
Où ses longs regards voient les étoiles sourire
Reflète vaguement sa blanche nudité.

Pâle et charmante, près du Phase épouvanté
Elle chante, et la brise errante qu’elle attire,
S’unissant à ses vers avec un bruit de lyre,
Emporte ses cheveux comme un flot de clarté.

Ses yeux brûlants fixés sur le ciel sombre, où flambe
Une lueur sanglante, elle chante. Sa jambe
A des éclairs de neige à travers les gazons.

Elle cueille à l’entour sur la montagne brune
Les plantes dont les sucs formeront des poisons,
Et son jeune sein luit sous les rayons de lune.

C’est une image de Médée à laquelle on ne s’attend pas de prime abord, surtout quand on connaît un peu son histoire pour le moins sanglante. Mais moi, je trouve qu’elle donne sa vraie profondeur au personnage, et on la voit dans toute sa dimension sublime : elle est sensuelle, démente, sorcière et en pleine symbiose avec la nature. Ca me rappelle un peu l’image des Wicca américaines, les fameuses sorcières de Salem (même si pour Salem je penche plus pour une psychose générale que pour de véritables sorcières), ou encore les sabbats de sorcières dénoncés par l’Eglise lors de l’Inquisition au XVe et XVIe siècles. L’image de la femme-sorcière a très longtemps été reliée à la nature, et vu que je suis en train d’étudier ça, je pense que c’est ce qui en fait un « monstre » pour l’époque du poème : au XIXe siècle, c’est le poète, un homme, qui est en relation avec la nature, selon des codes approuvés par la société. La femme, elle, est censée s’épanouir à la maison et pas ailleurs. C’est pour ça que la figure de la sorcière fascine comme le ferait une Muse : elle est un symbole, et en aucun cas la représentation d’une femme véritable. C’est une digression que je n’avais pas prévu, mais ça m’est venu sur le coup et je voulais partager cette réflexion ^^

Bref, Médée est absolument incroyable dans ce poème, c’est une véritable Muse des ténèbres, un fantôme dansant dans la nature, elle est splendide. Le lecteur est un peu perdu : certes elle ressemble à une sorcière, elle est maléfique alors qu’elle cueille des poisons, mais elle est aussi une jeune fille, une belle jeune fille à la peau pâle comme le voulait les canons de l’époque, et surtout, elle est amoureuse et éprise de liberté. Médée fascine car elle est entre deux images, et elle correspond parfaitement aux deux, et la scène rayonne d’harmonie sombre. Pour accompagner le poème, j’ai beaucoup hésité entre deux tableaux : celui très célèbre de Delacroix (au début de l’article), et celui de Victor Mottez, fait à peu près à la même période que le premier. Les deux montrent Médée au moment du meurtre de ses enfants, parce que c’est ce qui ressort surtout de son mythe, la matricide. Le premier est très beau, c’est un chef d’œuvre, on voit toute la fureur de Médée, et la folie dans son regard, et il illustre magistralement le mythe. Mais je préfère de loin celui de Victor Mottez, parce qu’on voit une Médée beaucoup plus humaine : elle n’a pas encore tué ses enfants, elle est en plein dilemme tragique et pleure à chaudes larmes, prise entre son amour trahi de femme et son amour de mère. Et ce tableau pour moi est encore plus intéressant que celui de Delacroix, au même titre que le poème de Banville : parce que Médée ne peut se résumer à une matricide psychopathe, c’est une femme complexe, à la fois humaine et sorcière, jeune fille et dépositaire d’une incroyable puissance.

The Graveyard Book

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Bien le bonjour bande de gens ! Je suis une boulette, je retrouve mes boucles d’oreilles en marchant dessus, oui messieurs-dames : je ne savais plus où elles étaient sinon que je les avais enlevées au lit avant de dormir, et mon copain m’entendant soudain crier de douleur déclare : « Bon ben tu les as retrouvées ! ». Il est venu m’aider après, heureusement. Bandage jusqu’à ce que ça guérisse ><

C’est mercredi mes chéris, et comme toujours c’est une nouvelle chronique littéraire J Après 4 mois je rattrape finalement la chronologie : je vous parle des livres que j’ai lu au fur et à mesure, mais j’ai tendance à les lire plus vite que je ne les chronique. Résultat des courses, c’est seulement maintenant que je peux vous parler de ce livre que j’ai lu à la rentrée, soit début septembre ! C’est fou ce que le temps passe comme on dit. Pour la rentrée, je voulais une valeur sûre, quelque chose qui me fasse passer un bon moment à tous les coups : c’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers un petit livre que j’avais acheté sur Paris, dans l’excellente librairie de Shakespeare & Co (que je vous recommande). Il s’agit d’une sorte de conte, The Graveyard Book, en français L’étrange vie de Nobody Owens : il est écrit par Neil Gaiman, un super auteur à qui on doit notamment Stardust, Coraline, ou encore Odd and the Frost Giants, un autre excellent conte. Mon livre était en anglais (version originale), mais je ne regrette absolument pas : ça ne me pose pas trop de soucis de lire en anglais, et surtout c’était une édition illustrée par Chris Riddell, qui est un illustrateur que j’aime énormément, notamment pour son travail sur Les Chroniques du Bout du Monde. Lire la suite

Premières lignes… #49

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Derrière le hameau indien, sur un rivage délaissé, je découvris une piste d’empreintes encore fraîches. Passé le varech en décomposition, les noix de coco de mer et les bambous, ces traces me conduisirent à leur auteur, un Blanc, pantalon et queue-de-pie retroussés, chapka démesurée et barbe bien taillée, tant affairé à creuser et fouiller le sable cendreux à la petite cuillère qu’il remarqua ma présence seulement lorsque, arrivé à vingt pas de lui, je l’eus hélé. Ainsi fis-je la connaissance du Dr Henry Goose, chirurgien de l’aristocratie londonienne. Sa nationalité ne me surprit guère. S’il est un nid d’aigle à l’abandon ou un îlot lointain exempt d’Anglais, il ne figure sur aucune carte qu’il m’ait été permis de consulter.

Le docteur avait-il égaré quelque chose sur ce sinistre rivage? Pouvais-je lui offrir mon aide? Le Dr Goose hocha la tête, dénoua son mouchoir et m’en présenta fièrement le contenu. « Les dents, monsieur, sont le Graal émaillé de ma quête. Autrefois cette grève d’Arcadie accueillait des festins cannibales, ripailles durant lesquelles les forts se gorgeaient des faibles. Les dents, ils les recrachaient, comme vous et moi nous débarrasserions de noyaux de cerises. Mais sachez, monsieur, que ces molaires seront changées en or, et comment ? Il est un artisan à Piccadilly qui confectionne des dentiers destinés à la noblesse et qui rachète ces bruxomanes humaines à bon prix. Savez-vous ce qu’en vaut un quart de livre, monsieur ?»

Non, avouai-je.

« Souffrez que je n’éclaire point votre lanterne, monsieur, car il s’agit là d’un secret professionnel! » Il se tapota le nez. « Monsieur Ewing, connaissez-vous la marquise Grace de Mayfair? Non? Dieu vous préserve de ce cadavre en jupons. Cinq années se sont écoulées depuis le jour où cette harpie a souillé mon nom d’imputations me valant le bannissement de la bonne société. » Le Dr Goose scrutait l’horizon marin. « Mes pérégrinations ont débuté en ces sombres heures.»

Je compatis tout haut à son désarroi.

« Merci, monsieur, vraiment, mais ces morceaux d’ivoire » – il secoua son mouchoir – « seront mes rédempteurs. Permettez-moi de m’expliquer. La marquise porte quelque dentier façonné par le docteur susdit. Lors des prochaines festivités de Noël, tandis que cette guenon parfumée se pavanera aux réceptions de ses ambassadeurs, moi, le Dr Henry Goose, je me lèverai et annoncerai à tout un chacun que notre hôtesse mastique grâce à des dents de cannibale ! Sir Hubert, bien entendu, relèvera l’affront : “Fournissez vos preuves, grognera le vieil ours, ou bien j’exige d’obtenir réparation !” Je répondrai alors: “Des preuves, sir Hubert ? Apprenez que j’ai moi-même rapporté des crachoirs du Pacifique Sud les dents de votre mère ! Tenez, monsieur, en voici quelques cousines!” Et je jetterai ces mêmes dents dans la soupière en écaille de tortue : voici, monsieur, comment moi, j’obtiendrai réparation. Les gazetiers à la langue bien pendue ne manqueront pas d’échauder la glaciale marquise et, dès l’année suivante, elle s’estimera heureuse si on l’invite à un bal pour indigents! »

En hâte, je pris congé de Henry Goose. Un pensionnaire du Bedlam, sans doute.