Magus of the Library

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ C’est le début des vacances, qu’avez-vous prévu pour les vôtres ? Je ne suis pas du genre à avoir la bougeotte en ce qui me concerne, je n’aime rien tant que d’avoir mon ordi et surtout surtout mes livres ! J’ai plein de projets créatifs (écriture, dessin, couture,…) , donc cet été sera placé sous le signe du succès ou ne sera pas, j’ai dit 😛

Nouvelle chronique littéraire ! Une chronique de manga cette fois-ci, et un coup de coeur atomique, une bombe de chez le Paradis, la Sainte Grenade des Mangas, là ici, en papier et en encre ❤ J’ai craqué sur cette série au festival de la BD d’Angoulême, et j’ai tellement continué sur mon craquage que deux jours plus tard je suis allée acheter le reste des tomes sortis en France ! Je vous présente Magus of the Library de Mitsu Izumi, sorti en France à partir de 2019. Lire la suite

Premières lignes… #123

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

disons que le patron du bar Le Crédit a voyagé m’a remis un cahier que je dois remplir, et il croit dur comme fer que moi, Verre Cassé, je peux pondre un livre parce que, en plaisantant, je lui avais raconté un jour l’histoire d’un écrivain célèbre qui buvait comme une éponge, un écrivain qu’on allait même ramasser dans la rue quand il était ivre, faut donc pas plaisanter avec le patron parce qu’il prend tout au premier degré, et lorsqu’il m’avait remis ce cahier, il avait tout de suite précisé que c’était pour lui, pour lui tout seul, que personne d’autre ne le lirait, et alors, j’ai voulu savoir pourquoi il tenait tant à ce cahier, il a répondu qu’il ne voulait pas que Le Crédit a voyagé disparaisse un jour comme ça, il a ajouté que les gens de ce pays n’avaient pas le sens de la conservation de la mémoire, que l’époque des histoires que racontait la grand-mère grabataire était finie, que l’heure était désormais à l’écrit parce que c’est ce qui reste, la parole c’est de la fumée noire, du pipi de chat sauvage, le patron du Crédit a voyagé n’aime pas les formules toutes faites du genre « en Afrique quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle« , et lorsqu’il entend ce cliché bien développé, il est plus que vexé et il lance « ça dépend de quel vieillard, arrêtez donc vos conneries, je n’ai confiance qu’en ce qui est écrit, ainsi c’est un peu pour lui faire plaisir que je griffonne de temps à autre sans vraiment être sûr de ce que je raconte ici, je ne cache pas que je commence à y prendre goût depuis un certain temps, toutefois je me garde de le lui avouer sinon il s’imaginerait des choses et il me pousserait encore plus à l’ouvrage, or je veux garder ma liberté d’écrire quand je veux, quand je peux, il n’y a rien de pire que le travail forcé, je ne suis pas son nègre, j’écris aussi pour moi-même, c’est pour cette raison que je n’aimerais pas être à sa place quand il parcourra ces pages dans lesquelles je ne tiens à ménager personne, mais quand il lira tout ça je ne serai plus un client de son bar, j’irai traîner mon corps squelettique ailleurs, je lui aurais remis le document à la dérobée en lui disant « mission terminée« 

Shikanoko #2 : La Princesse de l’Automne

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien :3 Si on met à part mes galères avec Pôle Emploi (qui n’en a pas) et le fait que je cours après ma caution d’appart tel un personnage de cartoon derrière une liasse de billets avec des pitites ailes, je me sens malgré tout dans une bonne passe : j’ai bientôt fini mon brouillon de roman, le point final approche et avec lui l’avènement, l’apothéose et les crêpes à volonté.

Nouvelle chronique littéraire bande de gens ! J’ai entamé la suite de la série Shikanoko de Lian Hearn, j’avais adoré le premier tome et il me fallait absolument la suite ! Après L’Enfant du Cerf, voici La Princesse de l’Automne, sorti en 2017 en France ^^ Lire la suite

Un peu de poésie transie : Hésitation

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien 🙂 On se retrouve pour un nouveau samedi poésie, et aujourd’hui, j’ai déniché une petite surprise ! Jules Verne est un auteur français du XIXème siècle très connu pour ses romans d’aventures, qui sont devenus l’inspiration majeure de la culture steampunk (si vous ne connaissez pas, je vous invite à la découvrir en cliquant ici !). Mais est-ce que vous saviez qu’il a aussi été poète ? 😀

Né en 1828 et mort en 1905, Jules Verne est l’auteur d’une série de romans qui appartiennent au genre du merveilleux scientifique, les Voyages Extraordinaires ; parmi les titres les plus connus, on peut citer Voyage au Centre de la TerreVingt Mille Lieues Sous les Mers, ou Le Tour du Monde en Quatre-Vingt Jours (j’avais la cassette audio quand j’étais môme ^^). Mais on lui doit aussi de nombreuses pièces de théâtre, des nouvelles, des récits autobiographiques, des poésies, des chansons et des études scientifiques, artistiques et littéraires. Autant vous dire qu’il a été productif. C’est aujourd’hui l’auteur français le plus traduit dans le monde, et le 2ème plus traduit toutes langues confondues après Agatha Christie, rien que ça 😀 Je vous épargnerai sa biographie, Wikipedia sera bien plus efficace que moi à ce jeu-là (et d’ailleurs la fiche est super agréable à lire).

Concentrons-nous plutôt sur son oeuvre de poète, assez riche sur la période 1840-1860. Sur cette même période, il a eu plusieurs déceptions amoureuses, dont une violente passion pour Rose Herminie Arnault de La Grossetière. Rien n’indique toutefois que ses sentiments aient été partagés ; de plus, les parents de la belle préfèrent la marier à un riche propriétaire terrien. Cet épisode marque beaucoup l’auteur, et la figure de la femme mariée contre son gré se retrouve souvent dans son oeuvre. Il écrit Hésitation en 1847, avant que le mariage fatidique n’ait été décidé et annoncé ; comme d’autres poèmes de l’époque, il est dédié à Rose.

Celle que j’aime a de grands yeux

Sous de brunes prunelles ;
Celle que j’aime sous les deux

Est la belle des belles.
Elle dore, embellit mes jours,

Oh ! si j’étais à même,
Mon Dieu, je voudrais voir toujours

Celle que j’aime.

Celle que j’aime est douce à voir,

Il est doux de l’entendre ;
Sa vue au cœur fixe l’espoir

Que sa voix fait comprendre.
Son amour sera-t-il pour moi,

Pour moi seul, pour moi-même ?
Si j’aime, c’est que je la vois

Celle que j’aime.

Auprès d’elle, hélas ! je ressens

Une émotion douce ;
Absente, vers elle en mes sens

Quelque chose me pousse.
Pour moi dans le fond de son cœur

S’il en était de même ?
Aurait-elle un regard trompeur,

Celle que j’aime ?

Celle que j’aime, hélas ! hélas !

A son tour m’aime-t-elle ?
Je ne sais ; je ne lui dis pas

Que son œil étincelle.
Est-ce pour moi qu’il brille ainsi ?

Félicité suprême !…
Ailleurs l’enflamme-t-elle aussi,

Celle que j’aime ?

Si trompant ma naïveté

Par son hypocrisie,
Elle se sert de sa beauté

Pour me briser ma vie !
Son cœur peut-il être si noir ?
Oh ! non ; c’est un blasphème !
Un blasphème !… il ne faut que voir

Celle que j’aime.

Non, non, amour, amour à nous

Car en te faisant femme,
Dieu, je lui rends grâce à genoux,

Te donna de mon âme.
Accours ! je m’attache à tes pas

Dans mon ardeur extrême…
Peut-être, elle ne m’aime pas,

Celle que j’aime.

J’avoue que c’est surtout le fait d’imaginer Jules Verne en étudiant amoureux transi qui m’a fait prendre le poème, alors qu’on connaît surtout de lui l’image d’un respectable barbu au poil blanc ^^ Le titre est très bien choisi : le poème est haché, comme si les idées venaient un peu dans le désordre et que le poète doutait de chaque phrase, comme il doute des sentiments de sa belle. Ca le ronge et en même temps il ne veut même pas y penser, car elle est forcément digne de la beauté de ses sentiments. Mais il ne sera jamais totalement certain à moins de se déclarer et d’avoir une réponse en bonne et due forme, un pas immense ! Jusqu’à la fin, le doute revient le hanter, insidieux, et son coeur balance. Peut-être que oui, peut-être que non.

Pour accompagner le poème, j’ai un peu hésité, et puis finalement j’ai trouvé ce tableau qui m’a tapé dans l’oeil ! Il s’agit d’une oeuvre du peintre préraphaélite John Everett Millais, intitulée Yes or No ? et réalisée en 1871. La femme du tableau tient la photo de son soupirant à la main, et se demande si elle doit répondre à la lettre qu’il lui a écrite. Je me dis que si ça se trouve, Rose éprouvait de son côté des doutes semblables à ceux de son Jules, et que pour chaque lettre et vers qu’il lui a adressé, elle a eu au moins autant de moments de doute, que ce soit pour partager ses sentiments, ou tenter de ne pas lui briser le coeur…

L’annulaire

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Mon père est un grand fan de musique, surtout blues, jazz et rock, et il m’a fait découvrir cette petite pépite que j’écoute en boucle actuellement 😀 Si vous connaissez d’autres musiques dans le même style, je suis preneuse ^^

Nouvelle chronique littéraire ! J’interromps la longue litanie de romans steampunk cette semaine pour un roman très court, moins d’une petite centaine de pages. J’ai dû le lire pour un cours sur les collectionneurs, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est très particulier. Il s’agit de L’Annulaire de Yoko Ogawa, publié en 1994 et adapté en film en 2005. Je n’ai pas vu le film donc je vous parlerai surtout du livre, mais si vous avez de quoi compléter la chronique, n’hésitez pas 🙂

Résumé : Dans un ancien foyer de jeunes filles transformé en laboratoire, M. Deshimaru, taxidermiste du souvenir, prépare et surveille des « spécimens », tandis que la narratrice de ce récit, assistante et réceptionniste, accueille les clients venus confier au mystérieux spécialiste d’insolites bribes de leur histoire: des ossements d’oiseau, quelques champignons microscopiques, une mélodie, une cicatrice…
Amputée d’une infime partie d’elle-même depuis un accident du travail, la jeune assistante tombe peu à peu sous le charme du maître de ce lieu de mémoire malsain et fascinant.

Mon avis : 

La couverture est assez intrigante, et j’avoue qu’elle ne m’inspire pas beaucoup ^^’ En fait, je sais d’emblée que si je n’avais eu connaissance que du film, dont est tirée la couverture, je n’aurais pas eu envie de le regarder. Trop particulier, pas mon genre. Le roman est déjà assez complexe en terme de psychologie, et on se perd en conjectures à essayer de comprendre qui est cette femme, et ce qu’elle représente.

Je ne lis pas beaucoup de romans japonais en temps normal, moins par désintérêt (au contraire) que par manque d’occasions ; ceci dit, j’ai bon espoir de combler ça avec l’ouverture de la boutique en ligne d’une librairie que j’aime beaucoup et que je vous conseille, Le Renard Doré 😉 Mais revenons à nos moutons. La plume de Yoko Ogawa est plutôt douce, et ça contraste de manière très particulière avec l’angoisse sous-jacente du texte. L’histoire est prenante car très particulière, je vous mets sincèrement au défi d’en trouver une du même genre ! L’idée d’un musée constitué d’objets hétéroclites, uniques car porteurs de sentiments et de souvenirs propres à une seule personne, me plaisait beaucoup. Le principe est intéressant, surtout du point de vue d’une littéraire qui adore connaître de nouvelles histoires et anecdotes ; après, nous sommes servis en matières d’histoires hétéroclites, mais ce n’est pas non plus de la manière dont on aurait pu se le figurer à première vue. Le but du musée est de supprimer et d’enfermer les sentiments douloureux des propriétaires de ces objets, qui ne reviennent plus jamais les voir après en avoir fait des « spécimens » : ce peut être n’importe quoi, un oiseau mort, l’air d’une chanson,…

En fait, l’ambiance générale du livre est glauque, je n’ai pas d’autres mots. Elle fascine mais en même temps elle est assez malaisante. Que les gens soient assez renfermés en dehors du moment où il doivent livrer l’histoire de l’objet, ça ce n’est rien, c’est même assez normal, et on se transforme en confident muet l’espace d’un instant. Même le fait que des parties de corps, comme le suggère le titre, peuvent devenir des spécimens, ça ne me perturbe pas des masses, c’est même un prolongement logique selon moi. Non, le truc le plus perturbant, ça va être la relation entre l’héroïne, qui devient la secrétaire du musée, et le conservateur, Deshimaru. On ne connait pas le nom de cette nouvelle assistante, mais c’est elle qu’on va suivre pendant tout le long de l’histoire, en découvrant son histoire et sa vie au musée. Et elle va très rapidement devenir le jouet de son patron dans une relation fétichiste et surtout malsaine et dominatrice ; jusqu’à devenir sa chose et ne plus pouvoir s’éloigner de lui. Et tout ça transparaît au travers de scènes qui sont pesantes émotionnellement, et affreusement calmes. Le personnage de Deshimaru est réellement angoissant, mais le fait que l’héroïne ait l’air aussi calme et placide ajoute encore au malaise.

La fin est ouverte, mais je pense qu’on devine assez bien ce qui s’y passe. Le livre est très court mais représente quand même une grosse claque, et il faut un petit moment pour tout assimiler une fois qu’on l’a refermé. Aussi bizarre que ça puisse paraître, je ne déconseille pas la lecture du livre ; juste il vaudrait mieux que ce soit pour un public averti et pas trop sensible. Mais en dehors de ça, ben c’est un livre particulier qui peut valoir le coup d’oeil, juste pour découvrir. Pour ce qui est du film, je n’en ai aucune idée, mais j’ai cru comprendre qu’ils avaient beaucoup insisté sur la partie érotique, alors que ça ne me semblait pas très prégnant dans le livre. Bref ! Dur de faire un bilan, vous l’aurez compris ^^’