Les Guerriers du silence #3 : La citadelle Hyponéros

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Bientôt finiii la rédactiooooon de mon mémoooooiiiire et pour une raison que j’ignOOOOre ça me met sur les neeeeerfs >< Au secours, je veux rentrer maison et ne plus avoir de deadline, je veux juste me mettre au lit avec un bouquin et ma couverture cocon T.T Je me sens tellement triste pour Notre-Dame, c’était l’une des rares choses qui ont fait que je n’ai pas complètement détesté Paris pendant mes 3 ans de prépa… Un grand merci aux pompiers qui ont fait un travail formidable, et une petite pensée à Victor Hugo et son adaptation Disney. La vie continue, on n’a plus Notre-Dame mais on a tout le reste et c’est ce qui compte.

Nouvelle chronique littéraire messieurs-dames et gens binaires, je propose de vous présenter ici le dernier tome d’une trilogie de Pierre Bordage, Les Guerriers du silence ; pour retrouver les chroniques des tomes précédents, je vous laisse cliquer sur les liens suivants pour le tome 1, Les Guerriers du silence, et le tome 2, Terra Mater. Alors, ce que je n’avais pas précisé dans les chroniques précédentes (décidément le travail est mal fait c’est honteux), outre le fait que Pierre Bordage est décidément un grand monsieur de la SF française, c’est qu’il a reçu le prix Julia-Verlanger et le Grand Prix de l’Imaginaire pour cette trilogie ; ou du moins pour les deux premiers tomes, puisque le dernier, La citadelle Hyponéros, est sorti un an après l’obtention des prix, soit en 1995. Ce dernier tome fut quant à lui récompensé par le prix Cosmos 2000 (décerné par les lecteurs d’une librairie parisienne, laquelle a fermé en 1996). La trilogie peut faire peur à regarder en librairie, les trois tomes font quand même près de 600 pages chacun, mais ça se lit très vite mine de rien 🙂 Lire la suite

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Premières lignes… #63

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Avant de devenir la Fille de nulle part – Celle qui vint en marchant, la Première, la Dernière et la Seule, et qui vécut mille ans -, ce n’était qu’une petite fille appelée Amy. Amy Harper Bellafonte, née dans l’Iowa.

A sa naissance, sa mère, Jeannette, avait dix-neuf ans. Jeannette lui donna le prénom de sa propre mère, Amy, morte quand elle était tout bébé, et pour deuxième prénom Harper, à cause de Harper Lee, la femme qui avait écrit Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, le livre préféré de Jeannette – à vrai dire, le seul livre qu’elle ait lu jusqu’au bout à l’école. Elle aurait pu l’appeler Scout, comme l’héroïne de l’histoire, parce qu’elle aurait voulu que sa petite fille devienne pareille en grandissant, forte et drôle et futée, tout ce qu’elle, Jeannette, n’avait jamais réussi à être. Mais Scout était un nom de garçon, et elle ne voulait pas que sa fille passe sa vie à s’expliquer là-dessus.

Le père d’Amy était un homme qui avait, un jour, poussé la porte de l’établissement où Jeannette était serveuse depuis son seizième anniversaire, un wagon transformé en restaurant que tout le monde appelait la Boîte parce que ça ressemblait vraiment à une boîte. Un carton à chaussures chromé posé un peu en retrait de la route du comté, à la limite des champs de maïs et de haricots, sans rien d’autre à des kilomètres à la ronde qu’une station de lavage automatique de voitures, du genre où on mettait des pièces dans un fente et puis on devait tout faire soi-même. L’homme – il s’appelait Bill Reynolds – vendait du matériel agricole, des moissonneuses-batteuses, des grosses machines comme ça, et c’était un beau parleur.

Un peu de poésie futuriste : Brave New World

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Bien le bonjour bande de circuits sanguins imprimés sur un squelette, dites-moi, êtes vous plutôt technophiles ou technophobes, comme ça, entre nous, là maintenant tout de suite ?

Nouveau samedi et nouvelle poésie, et comme la semaine dernière, j’ai envie de vous proposer de la poésie plus récente, pour prouver qu’aujourd’hui comme il y a plusieurs siècles, la poésie peut toujours être aussi émouvante, aussi dérangeante, en deux mots aussi belle. Et j’ai déniché une pépite qui parvient à mélanger science-fiction et poésie, de Jean-Pierre Villebramar, né en 1939. Sa production poétique est toute récente, elle ne date que de 2014, et compte actuellement 4 ou 5 recueils de poèmes, dont un qui est une réédition remaniée et illustrée. Le poème dont je vous parle est tiré du recueil Poèmes pour un autre temps, publié en 2016, et s’intitule « Brave New World ». Si la phrase vous parle, c’est normal, on la connaît beaucoup car elle est le titre original de la célèbre oeuvre dystopique d’Aldous Huxley, Le Meilleur des Mondes. Mais en réalité, c’est à Shakespeare qu’on doit cette parole dans sa pièce La Tempête ; Huxley l’a popularisé, et maintenant on la retrouve dans tout un tas de série, films, et surtout titres d’albums, notamment d’Iron Maiden ; personnellement, je la connais surtout dans le single This is War de 30 Seconds to Mars (que je vous conseille). Ne connaissant que le résumé de The Tempest et quelques bribes de l’histoire d’Aldous Huxley, j’aurais tout de même tendance à dire que le poème est surtout inspiré du roman de ce dernier. Je laisse juger ceux qui ont lu et ceux qui liront, place à « Brave New World » :

Dis-moi le Monde de demain

un monde où les robots aimeront d’amour,
pendant que murmure la ville de ses rues ensoleillées
de néons
de néants.

Les robots aimeront.
Et nous ?

Dis-moi
les amours de demain entre hommes et machines femelles,
les paradis artificiels pour oublier le Temps où l’Amour se faisait à deux.

Cependant murmure et resplendit la ville de ses rues ensoleillées
de ses néons.
De ses néants.

Dis-moi les levers matinaux quand le métro se réveille,
s’endorment les premiers voyageurs à la station de Clichy-sous-Bois
et la ville murmure encore,
murmure encore et resplendit de ses néons
de ses néants.

Quel monde me prépares-tu ce matin, quel monde, quels jours quelles nuits à venir
pour les amants d’un soir, les aventures sans retour
dis-moi

Brave New World !

Si demain aimerons encore et si la ville qui ce soir murmure
toujours resplendira de ses néons, de ses néants,
jour après jour.

Dis-moi, qui es-tu Brave New World, j’ai cherché dans google bilingue et j’ai su
l’ordinateur m’ayant répondu d’un sourire :

brave new world, le meilleur des mondes

cependant,
cependant, toutes les rues de ma ville murmurent et resplendissent de leurs néons
de leurs néants

Brave New World, Le Meilleur des Mondes

Le poème nous représente l’avènement d’un monde sans sentiment, régit par une instance robotique pour qui il s’agit du meilleur des monde, calculé avec les meilleures probabilités et les meilleures statistiques, où tout est à sa place. Et c’est là que je me demande si l’ordinateur sourit vraiment, ou s’il est ironique, à moins que ce ne soit le narrateur qui est ironique face à la machine. En fait, le sourire de l’ordinateur me fait vraiment penser à quelque chose de mécanique du type « Ne vous inquiétez pas, nous faisons ça pour votre bien ». La pire excuse du monde soit dit en passant. Dans Le Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley, les humains ne naissent plus par l’accouplement d’un homme et d’une femme, toute allusion au sexe est taboue et les enfants viennent au monde par l’intermédiaire d’une machine ; d’où à mon avis l’allusion dans le poème au couple homme et machine. Le soleil semble resplendir sur une ville peuplée de robots, sans souffle vital, rien que des machines silencieuses qui murmurent ; quand vient la nuit, on n’entend et on ne voit que les néons qui bourdonnent. Le Temps et l’Amour sont devenues des notions obsolètes et vidées de sens, puisque les robots ne peuvent percevoir ni l’un ni l’autre ; mais sans le temps et l’amour, est-ce que l’homme lui-même ne deviendrait pas un robot ? Imaginons un instant que le poète se considère comme le dernier homme véritable sur Terre, car le reste du monde lui apparaît comme une vaste masse de robots. Je ne pense pas que ce soit un poème technophobe, mais je l’aime beaucoup pour cette vision qu’il propose, celle d’un monde privé de l’homme qui serait probablement, et ironiquement, le meilleur des mondes.

Bien que la phrase évoque quelque chose d’ironique, c’est aussi un symbole d’espoir, l’espoir de voir émerger un meilleur monde sur les ruines de l’ancien ravagé par la folie humaine sous toutes ses formes. De ce point de vue là, ça me fait beaucoup penser au film Nausicäa de Miyasaki, qui a également réalisé un manga en 7 tomes qui raconte la même histoire mais plus détaillée et plus complexe : je vous conseille les deux, ce sont de vrais chef d’oeuvres. L’image que je vous propose au-dessus est tirée de la plateforme DeviantArt, et a été réalisée par allthenightlong. Je trouve qu’elle colle bien au poème dans l’idée d’une construction sans vie, à la fois méchanique et organique, plongée dans le silence et les tons de gris. J’aime beaucoup aussi l’image suivante, mais je n’ai pas pu vous retrouver la source, qui je l’espère se nommera pour que je puisse lui dire à quel point j’aime beaucoup ce qu’elle a fait. Je l’associe au poème pour l’opposition homme (enfin ici femme) et ville, bien que le silence semble plutôt du côté de la femme ; elle a l’air mélancolique en regardant la frénésie de couleurs et de sons du dehors, comme rien de tout ça n’avait plus aucun sens. Tout resplendit comme dans le poème, tout a l’apparence de la chaleur et de la couleur, mais la vie, elle, est en train de se flétrir sur la table devant le seul personnage vivant de l’image, comme un amour sans lendemain.

13 à table ! (édition 2019)

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Bien le bonjour bande de gens ! J’espère que vous allez bien :3 Vous savez, ma fenêtre est orientée vers le soleil le matin, et je suis au 7ème étage ; du coup, quand je me lève tôt, j’ai parfois droit à quelques courtes minutes avec un magnifique soleil levant sur la ville, et c’est toujours différent ! Il faudrait que je vous montre les photos un jour 🙂

Nouvelle chronique littéraire messieurs-dames, et cette fois-ci un petit recueil de nouvelles que je vous engage à acheter s’il est encore disponible en librairie, vous ferez une bonne action ! Pour ceux qui l’ont deviné comme pour ceux qui se demandent que vient faire la choucroute dans le schmilblik, il s’agit bien de la nouvelle édition des 13 à table !. Les Restos du Coeur publient chaque année depuis 2015 un recueil de nouvelles écrites par de grands écrivains français comme Maxime Chattam ou Gilles Legardinier, autour d’un thème qui change chaque année ; le recueil coûte 5 euros, et si vous l’achetez, vous financez 4 repas pour les sans-abris. Comme ça vous faites d’une pierre deux coups : vous lisez de la bonne littérature, et vous faites une bonne action 🙂 En plus entre nous, 5 euros, c’est vraiment pas cher par rapport à d’autres livres u.u Bref ! Depuis 2015 j’achète chaque nouvelle édition de 13 à table !, je n’ai chroniqué actuellement que la version 2018, et je m’apprête à vous dire mon avis sur la version 2019, sur le thème de la fête, samba !

Les nouvelles : 

L’apparition – Philippe Besson

Une atmosphère bariolée qui me plaît beaucoup, mais la nouvelle est peut-être justement un poil trop courte pour traiter d’un sujet qui n’est finalement pas si facile que ça. La résolution est donc un peu facile, mais sinon ça se lit très bien 🙂

Laissée-pour-Compte – Françoise Bourdin

Encore plus courte que la précédente, mais moins « incohérente » on va dire ; après, ça se lit très vite et c’est pas plus transcendant que ça, j’avoue que je suis restée sur ma faim.

Le point d’émergence – Maxime Chattam

Chattam mon chouchou, toujours là pour relever le niveau ! Une petite nouvelle bien cool, au ton sombre mais en même temps c’est normal, c’est Chattam ; je ne m’attendais pas du tout au dénouement, ça a été une excellente surprise !

Big Real park, que la fête commence – François d’Epenoux

Une petite nouvelle très sympa, qui exploite encore une autre version de la fête ; pas beaucoup de surprise cette fois, je m’attendais un peu à la fin, mais c’était tout de même très agréable à lire ^^

Nuit d’Ivresse – Eric Giacometti et Jacques Ravenne

Eh ben… moui. Il y a du gros potentiel, mais j’ai été laissée sur ma faim, je pense qu’il y aurait eu moyen que ce soit un peu plus exploité pour laisser plus de place au personnage mystérieux qui apparaît au fil du récit.

Dans les bras des étoiles – Karine Giebel

Une petite nouvelle très touchante, façon Petite fille aux allumettes (qui m’avait déjà fait pleurer tout ce que je savais la première fois que je l’ai lue), un conte revisité et actualisé, j’ai beaucoup aimé !

Une vie, des fêtes – Philippe Jaenada

Une bonne surprise cette nouvelle, je ne m’y attendais pas du tout ! Un petite biographie romancée d’un personnage historique méconnu, qui prend des allures d’enquête sur la fin, et avec quelques interventions savoureuses et ironiques de l’auteur : un régal 😛

Bulles amères – Alexandra Lapierre

Une nouvelle à laquelle je ne m’attendais pas, et si elle n’est pas ma préférée, je l’ai trouvée intéressante pour son aperçu sur la nature humaine et les rivalités ; elle m’a beaucoup fait penser à l’histoire de Le Diable s’habille en prada.

La crémaillère – Agnès Martin-Lugand

L’auteure nous livre une nouvelle qui fait suite à celles des éditions précédentes de 13 à table qu’elle a écrites (mais pas besoin de les avoir lu, je vous rassure) ; je crois que sur la série, c’est celle-ci qui m’a le plus plu, je n’ai eu aucun problème à m’identifier au personnage principal et le dénouement faisait vraiment plaisir 🙂

Je suis longtemps restée une clématite – Véronique Ovaldé

Une nouvelle touchante, mais qui m’a fait me poser beaucoup de questions sur la relation père-fille des protagonistes. Bilan mitigé pour celle-ci, je ne sais pas trop quoi en penser, mais la fin a ce petit quelque chose de satisfaisant.

Les cochons de Karl Lagerfeld – Romain Puértolas

Je me demande encore si ce genre de fête existe vraiment. Probablement. Enfin bref, le sujet est intéressant là aussi au niveau humain, mais pas plus transcendant que ça.

Trouble-Fête – Tatiana de Rosnay

Celle-là était géniale, ni plus ni moins. Les informations et la description du personnage qui évolue sont dosées à la goutte près, et le twist de fin est excellent ! Rien à redire, à part que j’espère que cette auteure participera à la version suivante ; et que je n’en attendais pas moins de l’auteure de La clé de Sarah (le film adapté me fait pleurer à chaque visionage).

La fête des voisins – Leïla Slimani

Sombre, très sombre. Un petit aperçu du quotidien des femmes battues par leur conjoint, on a un peu l’impression d’être des voyeurs, à la fois en lisant la nouvelle, et en s’identifiant à l’héroïne qui observe ses voisins par la fenêtre. J’avoue que j’aurais aimé avoir en même temps un aperçu de ce que pensait son psychopathe de mari ; mais en tout cas, le récit prend aux tripes.

Le goût des fraises sauvages – Alice Zeniter

Une grosse déception, d’autant plus dommage que c’est tombé à la fin du recueil. Je n’ai tout simplement pas compris ce que l’auteur cherchait à exprimer, et je suis vraiment perplexe : est-ce que c’était une critique de la bourgeoisie qui veut toujours paraître heureuse et ne se pose pas les questions essentielles (j’avoue qu’on insiste tellement sur leur bonheur que je ne pense pas me tromper ici) ? Mais ce qui me perturbe vraiment, c’est le personnage raciste, je n’ai toujours pas décidé comment me sentir par rapport à lui : condamnation, compréhension ? Faut-il le voir juste comme un raciste, ou comme quelqu’un qui a peur de voir effacer ses racines ?

Premières lignes… #62

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Il était une fois, et un jour il sera. Voici le début de chaque histoire.

Il était une fois un monde appelé Kelanna, un terrible et merveilleux monde d’eau, de bateaux et de magie. Les gens de Kelanna étaient comme vous par bien des aspects : ils marchaient, ils travaillaient, ils aimaient, et ils mouraient. Mais ils étaient différents sur un point crucial : ils ne savaient pas lire. Ils n’avaient jamais développé d’alphabet, ou de règles d’orthographe, jamais gravé leurs histoires dans la pierre. Au lieu de ça, ils se les rappelaient avec leurs voix et avec leurs corps, et les répétaient jusqu’à ce que les histoire fassent partie d’eau, et que les légendes deviennent aussi réelles que leurs langues, leurs poumons et leurs coeurs.

Certaines histoires, reprises et passées de bouche en bouche, traversaient les royaumes et les océans, tandis que d’autres s’éteignaient après seulement quelques répétitions, et n’étaient plus jamais entendues. Toutes les légendes n’étaient pas populaires. Nombre d’entre elles menaient une vie secrète au sein d’une famille ou d’une petite communauté de croyants qui les chuchotaient entre eux afin qu’elles ne soient pas oubliées.

L’un de ces contes relataient l’histoire du Livre, un mystérieux objet contenant la clé de la magie la plus puissante que Kelanna ait jamais connue. Certaines personnes disaient qu’il donnait accès à des sorts permettant de transformer le sel en or et les hommes en rats. D’autres prétendaient qu’avec de longues heures et un peu de persévérance, on pouvait apprendre à contrôler les phénomènes naturels… ou même créer une armée. Les récits différaient sur les détails, mais il y avait un point sur lequel ils se rejoignaient tous : rares étaient ceux capables d’accéder à son pouvoir.

Un peu de poésie gourmande : Chez Gaston, le nôtre

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Salutations bande de petits êtres sucrés, on se retrouve pour une nouvelle poésie, et je suis prête à parier qu’elle plaira à beaucoup de monde, mention spéciale aux grands enfants et aux p’tits gamins, et à tous ceux qui ont le palais sucré de manière générale 😛 Je dédie l’article à ma frangine Charlotte, amatrice de niveau universel de sucreries et autres bonbons en tout genre, ne cherchez pas à la défier vous allez perdre ! Je n’ai pas beaucoup de renseignements sur l’auteur du poème d’aujourd’hui, sinon qu’il s’appelle William Braumann, et qu’il est encore vivant ! Je trouve ça important de le préciser, on accorde tellement d’importance à la poésie des anciens qu’on en oublie celle de maintenant, ou qu’on la jette direct aux oubliettes parce que, justement, on est habitués à la poésie des anciens… ce qui est tout de même un fichu paradoxe. Sans transitions donc, je vous propose « Chez Gaston, le nôtre », un poème de 2016 juste adorable ❤ (à ne pas lire si vous avez déjà faim).

Ce que j’ai envie de dire
Tient en quelques mots enrobés de chocolat menthe,
Dans la vitrine sucre glace de la boulangerie d’en face
Où très souvent je me délasse,
Dans un jacuzzi d’îles flottantes
Et de millefeuilles au café

Dans son grand four
Gaston, le pâtissier
En prépare des petits,
Que l’on mange en une seule bouchée
Et ses mignardises bourgeonnantes et costumées,
Fondent sur le palais des rois et des reines
Comme sur ceux des énergumènes

Notre homme, aussi doué que Le Nôtre,
Mais c’est le notre,
Fait valser la chantilly en chantant la traviata
Tandis que sa dame aux camélias,
Accueille ceux qui ont un petit creux sous les côtes

Les croissants, confiseries
Éclats d’amandes, meringues et fruits confits
Dansent car, confidence,
Pendant leurs vacances
Ils ont un peu trempés dans l’alcool
D’un ciel d’étoiles Espagnol

Je plains les vaches dans leurs enclos
Condamner à regarder passer les Paris-Brest,
Que leur vie semble indigeste
À les voir filer sans cesse, j’en deviendrais marteau

Madame, s’il vous plait, je voudrais ce gâteau !
– Ce sera tout ? Me répond-elle,
Sa question est bien embarrassante,
Je tire nerveusement sur mes bretelles

J’ai peu d’argent sur moi,
J’achèterai bien toute la boutique
Me fera t’elle crédit, ou pas ?

Osez me dire que vous n’avez pas souri à la lecture de ces lignes, ou que votre estomac n’a pas gargouillé. Le mien si, surtout que c’est bientôt l’heure de manger, et que j’ai découvert le poème en cours, alors que nous étions encore enfermés pour une heure… argh ! J’ai eu le coup de foudre pour ce poème dès les deux premières lignes, les images et les métaphores se succédaient et j’en fondais de plaisir 😛 Combien de fois je n’ai pas bavé devant la vitrine d’une pâtisserie, autant vous dire qu’il n’y faut pas 3 secondes pour s’identifier avec le narrateur et vouloir dévaliser la boutique. Je me représente tellement bien les lacs de chocolat fondu, et les gâteaux de toutes les formes possibles, avec le pâtissier bon vivant et bonne panse, et la boulangère aux bonnes joues 😀 Un rien cliché, mais à celui-là on peut pardonner. Et le coup de tirer sur ses bretelles m’a bien fait rire en plus de tout ça, c’est trop mignon comme geste ^^ On a l’impression que le poète vous chuchote un secret, comme pour vous confier une bonne adresse dont la connaissance se mérite à la finesse du palais et à la capacité de l’estomac.

Je pourrais vous montrer toutes les images de gâteaux du monde pour illustrer ce poème, jusqu’à ce que vos yeux en aient le diabète, mais ça a fait shboum là dedans, et je veux absolument vous partager un p’tit souvenir d’enfance. Si j’ai dédié cet article à ma grande soeur, ce n’est pas uniquement pour le poème, c’est aussi parce qu’elle me chantait très souvent une comptine qui s’appelle « Il était une Dame Tartine ». Vous connaissez ? ^^ Elle l’adorait parce que ça ne parle que de bonnes choses sucrées, et que la princesse de la comptine s’appelle aussi Charlotte ; autant vous dire qu’on aurait cru que la chanson avait été écrite pour elle ! Du coup, c’est devenu ma chanson d’enfant préférée à moi aussi, et je ne résiste pas à l’envie de vous la partager. Parents en mal d’inspiration, je pense fort à vous, à chanter sur un ton guilleret et pas trop lent s’il vous plaît 😉

Il était un’ dame Tartine
Dans un beau palais de beurr’ frais
La muraille était de farine
Le parquet était de croquets ;
La chambre à coucher
De crème de lait,
Le lit de biscuits,
Les rideaux d’anis.

Quand elle s’en allait à la ville
Elle avait un petit bonnet
Les rubans étaient de pastilles
Et le fond de bon raisiné;
Sa petit’ carriole
Était d’croquignoles,
Ses petits chevaux
Étaient d’pâtés chauds

Elle épousa monsieur Gimblette
Coiffé d’un beau fromage blanc
Son chapeau était de galette
Son habit était d’vol-au-vent
Culotte en nougat
Gilet d’chocolat,
Bas de caramel
Et souliers de miel.

Leur fille, la belle Charlotte
Avait un nez de massepain,
De très belles dents de compote,
Des oreilles de craquelin
Je la vois garnir
Sa rob’ de plaisirs
Avec un rouleau
De pâte d’abricots

Le joli prince Limonade
Bien frisé, vient faire sa cour
Ses longs cheveux de marmelade
Ornés de pomm’ cuites au four
Son royal bandeau
De petits gâteaux
Et de raisins secs
Portait au respect.

On frémit en voyant sa garde
De câpres et de cornichons
Armés de fusils de moutarde
Et de sabr’s en pelur’s d’oignons
Sur l’trône de brioche,
Charlott’ vient s’asseoir ;
Les bonbons d’ses poches
Sortent jusqu’au soir

Voici que la fée Carabosse
Jalouse et de mauvaise humeur
Renversa d’un coup de sa bosse
Le palais sucré du bonheur
Pour le rebâtir
Donnez à loisir,
Donnez, bons parents
Du sucre aux enfants !

 

Roman gothique #2 : Les prisonnières de la Montagne, ou La chapelle abandonnée

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ? De mon côté, un gros rhume et environ deux semaines que je vais probablement passer à me moucher. Une pensée pour mon copain dont le sommeil est mis à mal avec moi qui me mouche (et qui ronfle du coup), qui tousse et qui éternue ^^’

Nouvelle chronique littéraire ! Je continue le cycle entamé lors de la précédente chronique littéraire sur The Wanderer, à savoir vous présenter des oeuvres gothiques féminines anglaises et françaises de la fin du XVIIIème et du début du XIXème siècle, période qui correspond à la naissance du genre gothique littéraire. Ce sont des oeuvres que j’ai dû lire dans le cadre de mon mémoire de master sur les auteures et les lectrices de romans gothiques féminins, je ne lis plus que ça depuis quelques mois, ça devient pesant et j’ai besoin de me défouler ^^’ Je vous propose cette semaine une série de 4 volumes que vous pouvez facilement trouver sur Gallica (le site d’archives publiques de la BNF), Les Prisonnières de la Montagne, ou La chapelle abandonnée, de Désirée de Castéra (ou Castellerat comme j’ai pu trouver). Cette Désirée n’est pas du tout connue, pourtant elle est une des rares auteures françaises de la période, pour ce que j’ai pu juger, à n’avoir pratiquement que des romans gothiques à son palmarès, c’est dire ! Je ne saurais pas vraiment vous dire pourquoi elle est si peu connue aujourd’hui, mais mon petit doigt me dit que c’était parce que c’était une femme, et parce qu’elle écrivait des romans gothiques (c’était pas vraiment considéré comme de la littérature au sens académique et noble du terme). Bref, moi j’ai trouvé que c’était pas le plus nul de ceux que j’ai lu, et c’est une belle redécouverte d’un patrimoine littéraire méconnu, alors enjoie 😛 Lire la suite