Archives de Tag: japon

Premières lignes… #228

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Araki Köhei avait consacré sa vie – en tout cas sa vie professionnelle – aux dictionnaires.
Son intérêt pour les mots s’était éveillé tôt.
Une de ses premières découvertes concernaient le mot « chien ». Il avait éprouvé du ravissement en se rendant compte qu’il ne désignait pas seulement l’animal à quatre pattes?
C’était pendant un film que son père l’avait emmené voir. Couvert de sang et à l’article de la mort, un des gangsters avait gémi : « Ce chien qui s’est vendu aux flics… » Araki avait alors réalisé que « chien » signifiait ici un traître envoyé par l’ennemi.
Apprenant ce qui s’était passé, le chef de bande avait crié à ses hommes : « Bon sang de bonsoir, ne restez pas plantés là ! On ne peut pas le laisser crever comme un chien ! Allez le chercher ! »
Araki s’était aperçu que « chien » avait encore un autre sens : « Abandonné de tous. »
Que ce mot désigne un animal connu pour sa fidélité à son maître puisse aussi désigner un traître ou une personne abandonnée de tous lui avait paru étrange. Etait-ce parce que la loyauté qui le caractérisait pouvait parfois le pousser à trahir les autres pour son maître ? Et sa docilité, le conduire à être délaissé de tous ? Ces qualités canines étaient peut-être liées aux sens négatifs du mot « chien ».
Bien qu’il ait aimé réfléchir à ces mystères, Araki n’avait découvert que tardivement les dictionnaires, lorsque son oncle lui avait offert le Dictionnaire japonais Iwanami pour fêter son entrée au collège. Il s’était pris de passion pour cet ouvrage.
La quincaillerie que tenaient ses parents les occupait à plein temps. Leur objectif en matière d’éducation était que leurs enfants soient en bonne santé et ne causent de problèmes à personne. Comme la plupart des parents de cette époque, il n’auraient pas eu l’idée de les encourager à bien travailler en classe et encore moins de leur offrir un dictionnaire.
Enfant, Araki préférait bien sûr jouer dehors avec ses amis plutôt que passer du temps à étudier. Les dictionnaires ne l’intéressaient pas spécialement. A l’école, il arrivait que ses yeux s’arrêtent sur le dos de l’unique exemplaire de dictionnaire de japonais qui se trouvait dans sa salle de classe, mais ce n’était pour lui qu’un objet parmi d’autres.
Pourquoi s’était-il senti attiré par le dictionnaire, une fois qu’il l’avait ouvert ? Il avait été enchanté par sa couverture brillante, les signes qui couvraient entièrement la surface de ses pages, et la sensation de leur papier fin sous ses doigts. Mais ce qui l’avait séduit plus que tout, c’était la concision des articles expliquant le sens de chaque entrée.
Un soir qu’il jouait bruyamment avec son frère dans le séjour, leur père leur avait lancé : « Je vais faire la grosse voix, si vous n’arrêtez pas ! » Cela lui avait donné l’idée de chercher le mot koe, « voix », dans le dictionnaire.

Koe : 1. Son produit par les hommes ou les animaux grâce à un organe particulier situé dans la gorge. 2. Son qui y ressemble. 3. Ce qui indique la proximité d’une saison ou d’une époque.

L’article fournissait des exemples de ces différents sens. Il connaissait et utilisait certains d’entre eux, comme koe wo ageru, « faire la grosse voix », ou mushi no koe, « la voix des insectes », mais il n’aurait pas pensé à aki no koe, « la voix de l’automne », à savoir la proximité de l’automne, ni à yonju no koe wo kiku, « entendre la voix de la quarantaine », c’est-à-dire s’approcher de la quarantaine.

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Chroniques de l’érable et du cerisier #1 : Le masque de nô

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Je sors tout juste d’une angine qui m’a mise bien KO, sans parler de la réaction allergique au traitement : en une nuit je me suis retrouvée couverte de plaques rouges et de boutons, un vrai crumble aux fruits rouges >< De quoi me rappeler les délicieux souvenirs de la varicelle pour mes 17 ans, un vrai bonheur…

Nouvelle chronique littéraire ! Un petit livre qui a attiré l’oeil de plus d’une personne à cause de ses très jolies tranches colorées en bleu et illustrées de fleurs blanches 😉 Voici le premier tome des Chroniques de l’Erable et du Cerisier, une série commencée par Camille Monceaux en 2020 : Le Masque de Nô. La série est prévue en 4 tomes (et non en deux, je ne sais pas pourquoi j’étais persuadée de ça ?). Amateurs de Japon historique et du Clan des Otori, voici une nouvelle découverte qui devrait vous plaire ^^

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Résumé : Enfant abandonné, Ichirô est élévé comme un fils par un mystérieux samouraï qui lui enseigne la voie du sabre. Vivant reclus dans les montagnes, au cœur d’une nature sauvage, il grandit au rythme des saisons, entre une insouciance bienheureuse et un apprentissage qui exige persévérance et courage. Mais par une nuit terrible, Ichirô voit sa vie basculer. Il doit tourner le dos à son enfance pour affronter le monde et son destin.

Mon avis :

Je l’ai déjà dit, je le redis, mais l’objet livre est très beau et c’est impossible de le louper en librairie 😀 Une couverture très agréable au toucher (ceci dit j’ai lu un exemplaire emprunté en bibliothèque donc je fais appel à mes souvenirs), très joliment illustrée par Oliviez Balez (avouez que ça claque comme nom, je vous conseille son site internet) et avec des tranches qu’on aimerait en voir plus comme ça ^^

La plume de Camille Monceaux est vraiment très agréable, on comprend vite l’engouement autour du livre quand on commence à le lire ! C’est fluide, c’est prenant, bref on aime 🙂 Le livre nous plonge dans le Japon du XVIIe siècle qui n’est pas sans faire penser à celui de la série Le Clan des Otori, que je vous recommande si vous ne l’avez pas encore lue. On va retrouver différents thèmes : les samouraïs et leur mode de vie, les castes sociales, les persécutions des kirishitan (les chrétiens), les premiers étrangers occidentaux, mais également le théâtre japonais ! C’est la petite touche d’originalité, même si j’ai un peu peur qu’elle ne concerne en fait que le premier tome ; j’espère que je me trompe, parce que j’ai beaucoup aimé cette partie ^^ Enfin, c’est aussi un roman historique qui fait allusion à des évènements importants de l’histoire du Japon : notamment le conflit opposant les clans Toyotomi et Tokugawa et dont le point culminant, la bataille de Sekigahara, marque le début de l’ère Edo.

Ichirô est donc un jeune garçon qui a été recueilli tout bébé par un vieux samouraï au passé mystérieux, qui a choisi de vivre en ermite dans la montagne. Il reçoit une éducation bien au-dessus de sa condition d’orphelin trouvé, mais vit aussi largement à l’écart des hommes pendant toute son enfance. Cependant, vous le devinez, ce monde va finir par le rattraper de manière brutale. Ichirô se retrouve seul dans un monde dont il ignore absolument tout, malgré les enseignements de son maître. Les imprévus et les galères s’enchaînent les uns après les autres, mais notre héros va faire preuve d’une grande résilience et va petit à petit gagner en maturité.

On s’attache très vite au personnage d’Ichirô. Entouré de mystère par sa naissance et son enfance hors normes, il est touchant aussi dans sa maladresse en société. Et ce que j’ai beaucoup aimé, c’est le fait que la voie du sabre ne s’impose pas d’emblée dans son parcours de vie : bien sûr, on dirait qu’il est né avec un sabre dans les mains, c’est sa nature profonde, mais le premier tome va bien plus tourner autour du théâtre. En effet, c’est par ce moyen qu’Ichirô va s’affirmer, rencontrer amis et ennemis, et découvrir un peu plus le monde ; sans oublier l’intrigante Hinahime, toujours masquée et prisonnière de sa propre maison depuis son enfance.

Bref, un premier tome qui nous plante le décor et les premiers pas d’un héros, dont on sent bien que son aventure ne fait que commencer. On ignore encore tout de la naissance d’Ichirô, il y a beaucoup de questions qui restent en suspens et je suis très curieuse quant à la suite !

Shikanoko #4 : L’Héritier de l’Arc-en-Ciel

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Pouvons-nous nous arrêter un moment et profiter du fait que nous soyons dimanche pour célébrer une chose : le bonheur qu’on peut avoir lorsqu’on glande de façon éhontée dans un bon canapé 😀 A force de toujours vouloir ou devoir être productif, on en oublie à quel point c’est bon de s’autoriser un moment où on ne fait rien : on pose le cerveau, on débranche le téléphone, on glande devant une série, devant la fenêtre ou en pleine contemplation de nos orteils (une partie de notre corps qui mérite toute notre considération) ^^

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Bref, nouvelle chronique littéraire ! C’est avec un grand plaisir que je vous présente la chronique du quatrième et dernier tome de la série Shikanoko de Lian Hearn 😀 C’est fou ce que j’ai envie de lire sa première série maintenant, Le Clan des Otori, je me suis offert les tomes qui me manquaient en terminant L’Héritier de l’Arc-en-Ciel et j’ai hâte ! Plus que jamais je vous recommande la série, et n’hésitez pas à lire les chroniques des tomes précédents : L’Enfant du Cerf, La Princesse de l’Automne et L’Empereur Invisible.

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Shikanoko #3 : L’Empereur Invisible

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! J’espère aussi que, pas comme moi, vous arrivez à dormir malgré la chaleur et les moustiques ^^’ Mon chéri tente la tactique de la couette-cocon, avec un juste un bras dehors pour capter un peu de fraîcheur. Résultat : un joli réseau de piqûres sur l’épaule, façon constellation de la Grande Ourse. Du coup maintenant il se prend pour Ken le Survivant XD Heureusement, d’ici quelques jours, nous aurons la sacro-sainte Moustiquaire (faut imaginer des choeurs d’anges en lisant le mot, on en est à ce degré de fatigue).

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Nouvelle chronique littéraire ! J’ai repris une série dont je vous avais déjà présenté les deux premiers tomes : Shikanoko de Lian Hearn, qui a également écrit Le Clan de Otori. J’avais hâte, mais depuis le temps, j’avais besoin de relire les premiers tomes : c’est avec bonheur que je me suis replongée dans cet univers médiéval japonais fantastique ❤ Pour rappel, la série est sortie à partir de 2017, et en mars de cette année Gallimard a réédité la série en poche et en deux volumes pour quatre tomes. L’occasion de foncer vous l’offrir, même si ça n’aura pas le charme des versions grand format avec leur dessin sur le dos ^^ Si vous ne les avez pas lues, je vous mets les liens vers les chroniques des deux premiers tomes : L’Enfant du Cerf et La Princesse de l’Automne.

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Les Dames de Kimoto

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! C’est fou les choses sur lesquelles je tombe au Village du Livre où je travaille : la double étiquette musée-librairie n’est pas simple à définir, mais à force de tomber sur des livres du XVIIIe siècle ou même une dédicace de Dali (oui oui, même si au début j’ai cru que c’était un vieux gribouilli), on commence à se faire une petite idée XD Bon après on a des trucs plus « normaux », rassurez-vous 😀 D’ailleurs, je suis récemment tombée sur un recueils de poèmes auto-édité pas mauvais du tout : j’ai craqué… encore ^^’

Nouvelle chronique littéraire ! J’avais envie de lire un peu plus de littérature japonaise. En ce moment, j’ai envie de lire des romans d’ailleurs, que ce soit la forme ou le fond, mais surtout la forme. J’ai pioché au hasard et j’ai découvert Les dames de Kimoto de Sawako Ariyoshi, sorti en France en 2018 et publié pour la première fois en 1959 au Japon. L’auteure est une figure majeure de la littérature nippone, et chacun de ses livres met en valeur une facette de la société japonaise. Reprenant souvent des personnages principaux féminins, elle critique notamment des valeurs patriarcales traditionnelles qui enferment les femmes dans des carcans de soumission et de docilité ; cependant, elle montre aussi les répercussions des normes sur les hommes, son œuvre n’est donc pas strictement centrée sur l’émancipation féminine. De plus, elle témoigne malgré tout d’un certain attachement aux arts traditionnels pour leur beauté et leur délicatesse. Morte en 1984, elle laisse derrière elle plus d’une centaine d’œuvres d’écriture.
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