Archives de Tag: Mort

The Haunting of Hill House

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Bouh ! Vous avez eu peur ? Moi non plus, mais j’ai ici de quoi réparer tout ça ^^ Halloween c’est toute l’année quoiqu’en disent les commerciaux avides du pognon de Noël, et moi je veux des fantômes toute l’année, matin, midi et soir, à minuit éventuellement s’il reste du chocolat chaud 😛

Pour ce samedi, pas de poésie, je vous avais dit dans le dernier article que je vous parlerai de la série d’épouvante The Haunting of Hill House, sortie sur Netflix en 2018. Je suis toujours à l’affût de bons films et de bonnes séries d’épouvante (et pas d’horreur, je préfère les atmosphères viscérales aux simples jumpscares), aussi dès que je suis tombée sur cette série, j’ai voulu la découvrir… et j’ai fini par la dévorer en moins d’une semaine ! Terminée en une seule saison d’une dizaine d’épisodes, elle est assez courte. C’est une série américaine réalisée par Mike Flanagan, adaptée du roman gothique du même nom de Shirley Jackson, écrit en 1959 et considéré encore aujourd’hui comme l’un des meilleurs romans d’horreur jamais écrits. La série a également été un triomphe, et avec raison, si vous ne l’avez pas encore vue et que vous n’êtes pas trop sensible, je vous la conseille absolument. Personnellement, je l’ai regardée toute seule une première fois, et une deuxième fois avec mon frère pour avoir le bonheur d’observer ses réactions comme l’immonde petit être démoniaque que je suis 😛 Lire la suite

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Olivia Kidney et l’Etrange Maison de l’Au-Delà

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ? :3 Le travail pour mon mémoire est d’une ampleur effrayante, mais il y a une petite consolation : je dois lire tout plein de romans gothiques ^^ Je pense vous faire une petite série de chroniques gothiques vers mars, j’ai de la matière maintenant !

Et une nouvelle chronique littéraire, avec un livre assez improbable que j’ai depuis mon enfance. Encore aujourd’hui, je ne sais toujours pas d’où il sortait, comment il est arrivé sur mon étagère, ni pourquoi je me suis mise à le lire, et encore aujourd’hui je me demande ce que je lui trouve tellement ce livre est un véritable ovni. Il est peu connu, et c’est pour ça que la photo de la couverture est aussi moche, c’est que je n’ai pas pu en trouver de meilleure qualité, et je vous en demande pardon. Après Harry Potter, après Béatrix Potter, voici Ellen Potter, l’auteur du livre Olivia Kidney et l’étrange maison de l’au-delà. C’est un peu compliqué de lui définir un genre, ça pourrait être un livre pour enfants au vu de la couverture et du peu de pages, mais l’intrigue est plus complexe que celle d’un classique livre pour enfants, et la symbolique est tellement présente que j’ai tendance à penser que seul un adulte pourrait le comprendre… et pourtant j’ai lu ça quand j’avais 7 ans, donc je ne sais pas. C’est le genre de livre qu’on a l’impression de redécouvrir à chaque fois où on le lit. Alors attention, ce n’est pas un mauvais livre, au contraire ! Mais il est indéfinissable, et c’est peut-être pour ça qu’il est aussi fascinant. Apparemment il fait partie d’une série avec Olivia Kidney en personnage principal… mais je ne l’ai jamais soupçonné avant de chercher des renseignements pour faire cette chronique ! Lire la suite

Un peu de poésie funèbre : Berceuse macabre

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Nouveau samedi et nouvelle poésie, je rédige cet article au saut du lit après avoir passé une trèèèèèès mauvaise nuit. Je ne sais pas si c’est la fatigue ou la bienheureuse détente du réveil, mais j’en profite tout de suite, parce qu’à mon avis, ce soir je vais être tellement sur les nerfs qu’on pourra jouer au xylophone sur mes vertèbres. Oui, comme le personnage dans Jack et la Mécanique du Cœur. Bref !

Je vous propose cette fois une poétesse polonaise francophone, Marie Krysinska. Elle est née en 1857 et morte en 1908 ; elle arrive à Paris à l’âge de seize printemps, pour suivre des cours d’harmonie et de composition au Conservatoire, mais abandonne bientôt pour étudier la littérature. Elle publie des articles de musique, d’art et de littérature, des critiques et des poèmes dans plusieurs revues ; elle devient la seule femme membre actif des cercles littéraires des Hydropathes, des Zutistes, des « Hirsutes » et des « Jemenfoutistes » qui se réunissent au cabaret du Chat noir. J’en profite d’ailleurs pour vous conseiller L’album zutique, qui est une compilation de poèmes satiriques et rabelaisiens de plusieurs artistes comme Rimbaud ou Verlaine. Ce n’est peut-être pas de la grande poésie, mais c’est assez divertissant. Pour en revenir à notre Marie (non pas la Vierge), en 1890 elle publie son recueil Rythmes pittoresques, dont vient le poème dont je veux vous parler aujourd’hui : « Berceuse macabre ». Petite note pour comprendre la dédicace, Maurice Vaucaire était un dramaturge et chansonnier français, né en 1863 et mort en 1918.

A Maurice Vaucaire.

Qu’elles sont cruelles et lentes, les heures!
Et qu’il est lourd – l’ennui de la mort!
Les heures silencieuses et froides, qui tombent dans l’Éternité, comme des gouttes de pluie dans la mer.
Donne-moi la main, ô ma sœur, et viens sous la Lune calmante, parler de ceux que nous avons laissés seuls quand nous sommes descendues dans la tombe.

  • Un sommeil très lourd m’engourdit, et je fais un rêve qui durera toujours; – rendors-toi, ma sœur, – nos aimés nous ont oubliées,
  • J’ai mis mon cœur dans son cœur et je suis sienne à travers la Mort.
  • Ces murs sont hauts, et la terre des vivants est loin; – rendors toi, ma sœur.
  • J’ai senti des diamants humides tomber sur ma bouche desséchée, – c’est mon ami qui pleurait.
  • Rendors-toi, pauvre sœur; – c’est la pluie qui violait ton cercueil.
  • O Souvent j’entends des sanglots lointains; – c’est mon aimé qui gémit, hanté par nos chers souvenirs.
  • Non, c’est le hibou qui jette un cri dans la nuit profonde; – profonde comme nos tombeaux, et comme l’oubli de ceux qui nous avaient aimées; – rendors-toi, ma sœur.

Alors je n’avais pas une bonne version du poème au début, c’est-à-dire qu’elle n’avait pas la mise en page indiquant que c’était un dialogue. Pratique. J’ai finalement compris avec la répétition du « rendors-toi ma sœur ». C’est donc un dialogue entre deux sœurs (de sang ou dans la mort, le lecteur l’ignore), l’une qui se languit de la vie et de son amant, et l’autre qui cherche à trouver le repos dans l’oubli de la mort. Et je trouve ce dialogue vraiment très beau, entre la vision romantique de la mort et des images mélancoliques, et la désillusion encore plus mélancolique d’une fin implacable sans espoir de retrouver ce qui a été perdu. C’est presque une sorte d’humour noir, alors que la première femme se fait des films et la deuxième lui fait voir la cruelle réalité. Le poème est rythmé par les invitations au sommeil éternel, d’où le titre de berceuse, et cela donne en effet un très bel effet de ritournelle. Et encore une fois, j’adore les métaphores du poème, même si elles sont clichés : elles sont belles et touchantes, tout simplement.

Pour vous illustrer ça, j’ai hésité vraiment. Je rêvais littéralement d’utiliser un personnage de The Haunting of Hill House, une série Netflix que ceux qui l’auront vue comprendront quel personnage je voulais. Mais je ne peux pas l’utiliser, parce que ce serait un énorme spoil à ceux qui ne l’ont pas vue, et cette série est aussi géniale que celui qui la spoil mérite de brûler de l’intérieur avec des morceaux de métal chauffés à blanc dans l’estomac. Regardez cette série. Oui, ce paragraphe était uniquement pour vous en parler, et samedi prochain vous y aurez encore droit. 😛

Plus sérieusement, pour illustrer et accompagner ce poème, je vous ai mis une musique d’un de mes dessins animés favoris, Les Noces Funèbres de Tim Burton : Tears to shed, ou en français, Une larme à verser. Pour ceux qui ne l’auraient pas vu, ce dessin animé est une merveille de technique, de poésie, d’humour et de beauté. Normal c’est Tim Burton. La chanson est chantée par Emily, une mariée morte qui a juré de ne pas trouver le repos avant qu’un époux ne vienne l’accompagner dans le trépas ; par accident, le sort désigne Victor, le héros du film, mais qui doit bientôt se marier avec Victoria qui elle est bien vivante. Emily chante donc son désespoir et sa jalousie, avec une tristesse et une sincérité absolument poignantes, et c’est pour ça que j’ai voulu vous le montrer : c’est plein de mélancolie, et pourtant la ritournelle est incroyablement apaisante, comme pour rassurer un enfant qui a fait un cauchemar pour qu’il se rendorme.

The Graveyard Book

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Bien le bonjour bande de gens ! Je suis une boulette, je retrouve mes boucles d’oreilles en marchant dessus, oui messieurs-dames : je ne savais plus où elles étaient sinon que je les avais enlevées au lit avant de dormir, et mon copain m’entendant soudain crier de douleur déclare : « Bon ben tu les as retrouvées ! ». Il est venu m’aider après, heureusement. Bandage jusqu’à ce que ça guérisse ><

C’est mercredi mes chéris, et comme toujours c’est une nouvelle chronique littéraire J Après 4 mois je rattrape finalement la chronologie : je vous parle des livres que j’ai lu au fur et à mesure, mais j’ai tendance à les lire plus vite que je ne les chronique. Résultat des courses, c’est seulement maintenant que je peux vous parler de ce livre que j’ai lu à la rentrée, soit début septembre ! C’est fou ce que le temps passe comme on dit. Pour la rentrée, je voulais une valeur sûre, quelque chose qui me fasse passer un bon moment à tous les coups : c’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers un petit livre que j’avais acheté sur Paris, dans l’excellente librairie de Shakespeare & Co (que je vous recommande). Il s’agit d’une sorte de conte, The Graveyard Book, en français L’étrange vie de Nobody Owens : il est écrit par Neil Gaiman, un super auteur à qui on doit notamment Stardust, Coraline, ou encore Odd and the Frost Giants, un autre excellent conte. Mon livre était en anglais (version originale), mais je ne regrette absolument pas : ça ne me pose pas trop de soucis de lire en anglais, et surtout c’était une édition illustrée par Chris Riddell, qui est un illustrateur que j’aime énormément, notamment pour son travail sur Les Chroniques du Bout du Monde. Lire la suite

La 25ème heure (duologie)

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Bananier et pommes sautées ! (je connais la sortie). Plus sérieusement, je vous souhaite à tous une merveilleuse année 2019, j’espère qu’elle vous réserve plein de belles choses ❤ Plusieurs blogs ont fait un bilan de 2018, je n’ai pas vraiment eu le temps de faire le mien donc tant pis, sachez seulement que je suis très contente car le blog a fait une grosse remontée alors qu’il avait la tête sous l’eau depuis 2 ans ^^’ Je suis loin d’avoir le niveau de certains, mais je n’ai vraiment pas envie de me prendre la tête avec un compte Instagram, donc tant pis 😛 Sur ce, on reprend et on enchaîne !

Nouvelle chronique littéraire, je vous propose un auteur FRAN-ÇAIS, et je ne sais pas du tout pourquoi j’écris ce mot comme ça, c’est pas la première fois que je vous parle d’un auteur français, enfin si je sais pourquoi, c’est juste pour donner un effet de style. Cocorico. Bref, il s’agit d’un auteur que j’avais croisé lors d’une Japan Expo, Feldrik Rivat. Mon frère avait acheté son livre, mais moi j’avais déjà claqué tout mon argent parce que je suis une acheteuse compulsive, et j’ai dû attendre de pouvoir trouver le livre d’occasion dans une librairie, après avoir acheté le tome 2 neuf par erreur ^^’ Quand je vous dis que je suis une acheteuse compulsive ! Pour redevenir sérieux, Feldrik Rivat a donc écrit entre autres une duologie policière et steampunk composée des tomes La 25ème heure et Le Chrysanthème Noir, respectivement publiés en 2015 et 2016. Je vais vous parler ici de la série en général, parce que ça fait maintenant quelques mois que je l’ai lue, mais je tenais quand même à vous en parler. Et par ailleurs, je vous encourage à aller voir ses autres livres qui ont l’air bien cool et bien steampunk, plusieurs sont dans ma wish-list ! Lire la suite

Tara Duncan #7 : L’invasion fantôme

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien 😛  En plein rush des cadeaux de Noël pour ma part, c’est la première fois que je ne les ai pas préparés à l’avance : d’habitude en octobre j’ai tout fini et je suis tranquille, mais là… Alerte générale >< On dirait qu’ils se sont tous ligués pour me donner leurs listes de souhaits la veille de Noël !

Nouvelle chronique littéraire, et on est repartis dans le monde fantastique et fabuleux des sortceliers ! Je reprends la série des chroniques des tomes de Tara Duncan, écrite par Sophie Audouin-Mamikonian, pour vous parler du septième tome : L’invasion fantôme, sorti en 2009. Mine de rien, ça fait même pas 10 ans qu’il est sorti, ça me fait tout drôle : j’ai l’impression que c’était il y a à peine quelques mois ! Je l’ai déjà dit et je le redis, pour moi c’est avant tout une lecture détente, en tout cas au début ; après ça devient vite stressant parce que je suis scotchée au livre et que j’en suis presque à sauter des lignes pour mieux arriver au dénouement 😛 Je vous mets ici la liste des tomes précédents, avec les liens des chroniques ^^ :

Résumé : Le monde de Tara risque sa perte ! Une brèche s’est ouverte entre OutreMonde et AutreMonde. Des fantômes s’en échappent, avides de se réincarner. Lire la suite

Un peu de poésie tourmentée : Cauchemar

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Je vous écris après avoir vainement tenté de réviser pour mes derniers oraux d’histoire, 3 ans de cours à savoir par coeur… Motivée, motivée… Ou pas du tout ? ^^’ Je viens de passer l’oral d’histoire médiévale et… meh. A moitié hors-sujet… mais à moitié dans le sujet, donc la moyenne, on croise les doigts ? ^^’

Relevons un peu le niveau ! Nouveau samedi et nouvelle poésie, en cherchant pour vous je suis allée voir du côté d’un auteur dont j’avais beaucoup entendu parler en cours, mais que je n’avais pratiquement lu : les grands noms me font souvent peur :/ Mais je ne regrette pas d’avoir testé ici : il s’agit de Théophile Gautier 🙂 Né en 1811 et mort en 1872, il fut un poète, romancier et critique d’art français. On le connaît surtout pour sa théorie de « l’art pour l’art », et pour être le maître du mouvement poétique du Parnasse. Il s’agit en fait de faire de la poésie pour le respect de l’art, le culte de la beauté et l’amour du métier de poète ; ce mouvement s’oppose aux épanchements sentimentaux du romantisme. Et en fait, c’est d’abord pour cette raison que j’hésitais à découvrir Théophile Gautier, ma sensibilité penche plutôt du côté des romantiques. Mais la première partie de sa carrière littéraire s’est beaucoup attachée aux romantiques comme Victor Hugo, et aux récits fantastiques ! Comme quoi, rien ne vaut une recherche personnelle ! Et surtout, je reprends ici un passage de l’encyclopédie Larousse sur Internet qui m’a donné envie de découvrir le poète :

« Les deux Muses de Gautier sont la Volupté et la Mort », écrit Baudelaire. Pour échapper à ces deux tentations qui le hantent, le poète se tournera jusqu’à sa mort vers un rêve de beauté : « l’art pour l’art » sera pour lui un effort de tous les instants pour donner un sens à sa vie, la recherche inquiète du parfait trahissant son désir de rendre éternel ce qui n’est qu’éphémère et provisoire. Aux yeux de Gautier, l’art restera ainsi la seule source de salut dans la morosité des jours. 

Le recueil de Gautier le plus connu est Emaux et Camées, un modèle de préciosité et de précision poétique, mais le poème que j’ai découvert ici vient de son premier recueil, Premières poésies, publié en 1830 : il s’agit de Cauchemar.

Avec ses nerfs rompus, nue main écorchée,
Qui marche sans le corps dont elle est arrachée,
Crispe ses doigts crochus armés d’ongles de fer
Pour me saisir ; des feux pareils aux feux d’enfer
Se croisent devant moi ; dans l’ombre, des yeux fauves
Rayonnent ; des vautours, à cous rouges et chauves,
Battent mon front de l’aile en poussant des cris sourds ;
En vain pour me sauver je lève mes pieds lourds,
Des flots de plomb fondu subitement les baignent,
A des pointes d’acier ils se heurtent et saignent,
Meurtris et disloqués ; et mon dos cependant,
Ruisselant de sueur, frissonne au souffle ardent
De naseaux enflammés, de gueules haletantes :
Les voilà, les voilà ! dans mes chairs palpitantes
Je sens des becs d’oiseaux avides se plonger.
Fouiller profondément, jusqu’aux os me ronger.
Et puis des dents de loups et de serpents qui mordent
Comme une scie aiguë, et des pinces qui tordent ;
Ensuite le sol manque à mes pas chancelants :
Un gouffre me reçoit ; sur des rochers brûlants,
Sur des pics anguleux que la lune reflète.
Tremblant, je roule, roule, et j’arrive squelette
Dans un marais de sang ; bientôt, spectres hideux,
Des morts au teint bleuâtre en sortent deux à deux,
Et, se penchant vers moi, m’apprennent les mystères
Que le trépas révèle aux pâles feudataires
De son empire ; alors, étrange enchantement.
Ce qui fut moi s’envole, et passe lentement
A travers un brouillard couvrant les flèches grêles
D’une église gothique aux moresques dentelles.
Déchirant une proie enlevée au tombeau,
En me voyant venir, tout joyeux, un corbeau
Croasse, et, s’envolant aux steppes de l’Ukraine,
Par un pouvoir magique à sa suite m’entraîne,
Et j’aperçois bientôt, non loin d’un vieux manoir,
A l’angle d’un taillis, surgir un gibet noir
Soutenant un pendu ; d’effroyables sorcières
Dansent autour, et moi, de fureurs carnassières
Agité, je ressens un immense désir
De broyer sous mes dents sa chair, et de saisir.
Avec quelque lambeau de sa peau bleue et verte,
Son cœur demi-pourri dans sa poitrine ouverte.

Rooh je l’adore ❤ Cette description de cauchemar enchaîne les images toutes plus terribles les unes que les autres, mais pour un peu ça me donnerait presque envie tellement c’est bien écrit ^^ Gautier entraîne son lecteur dans une fantasmagorie morbide, avec une progression dans le cauchemar qui donne un vrai suspense, et de l’angoisse à foison, jusqu’à ce que le cauchemar se propage dans l’esprit même du rêveur et le possède tout entier : il fait partie désormais de l’univers macabre restitué par Gautier. Ce poème me fait beaucoup penser à un autre d’Aloysius Bertrand, Un rêve, et dont je vous ai déjà parlé : il part sur le même principe de description d’un cauchemar, et il est tout simplement magnifique ! Il y a aussi Les Chants de Maldoror de Lautréamont, tout un roman de poésie macabre et glauque à souhait ! Et pour illustrer, j’aurais pu prendre les tableaux de Fussli, Le Cauchemar :3 Mais je tiens à vous proposer de nouvelles choses, et je suis tombé sur une pépite !! Connaissez-vous les tableaux de Zdzisław Beksinski ? Oui, je me demande aussi comment ça se prononce. Il a été particulièrement apprécié des année 70 à 90, sa création aux dimensions mythiques, empreinte d’une intuition plus intime et plus obscure que la rationalité, mettait en scène des squelettes jonchant des déserts post-apocalyptiques, des zombies et d’autres morts-vivants hagards renvoyant aux notions de sacrilège et de profanation. Y étaient délibérément bafoués le « bon goût » trop convenu, la décence et la sérénité ; Beksiński impose une vibration qui fait corps avec la mort, la décomposition, la dégradation. Autant de stridences qui suffoquent le spectateur – le tout peint avec force détails et une précision stupéfiante. De vraies images de cauchemar, j’ai hâte d’en découvrir plus sur lui ❤

Vous savez quoi ? Tout ça m’a donné envie de me constituer mon propre recueil de poèmes récupérés, et d’en faire des illustrations pour chacun ❤ Si j’ai assez d’inspiration, je pourrai même écrire mes propres poèmes ^^