Archives de Catégorie: Steampunk

Le steampunk est un genre artistique à part entière, qui s’inspire de l’époque victorienne. Il peut se traduire par des costumes (dans les conventions du type Animasia ou Japan Expo, on peut croiser de très beaux cosplays) ou plus généralement des œuvres littéraires et cinématographique, par exemple Wild Wild West. Pourquoi l’époque victorienne ? Tout simplement pour sa richesse : c’est le temps des grandes découvertes scientifiques, technologiques, littéraires, géographiques, des bouleversement sociaux et culturels. Ça peut donner des uchronies (réécrire l’histoire à partir d’une date précise) ou bien des œuvres qui réutilisent simplement le contexte culturel mais en créant leur propre univers.

Premières lignes… #167

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Tout commença, toute cette terrible histoire qui s’ensuivit, le jour où la poignée de porte de Tante Rosamund disparut. C’était la poignée de porte de ma tante, une poignée en cuivre. Et cela n’arrangeait rien qu’elle ait déambulé la veille avec sa poignée dans tout le manoir, cherchant des raisons de se plaindre comme d’habitude : elle avait monté et descendu tous les escaliers, parcouru tous les étages, raide comme la justice, ouvert les portes sous n’importe quel prétexte, inspectant, trouvant à redire à tout.
Elle insistait sur le fait que, durant tout le temps de son inspection, elle avait bien sa poignée sur elle, et que maintenant, elle ne l’avait plus. Quelqu’un, hurlait-elle, l’avait prise.
Il n’y avait jamais eu un tel remue-ménage depuis le jour où mon grand-oncle avait perdu son épingle à nourrice. Lors de cet évènement, on avait fouillé tous les étages pour découvrir en fin de compte que le pauvre vieil oncle l’avait toujours sur lui ; elle avait glissé dans la doublure de la poche de son veston.
C’est moi qui l’avais trouvée.
Ils m’ont tous regardé ensuite d’une façon étrange, ma famille, je veux dire, je dirais même encore plus bizarrement que d’habitude, car on ne m’avait jamais fait confiance, et on me chassait souvent d’un endroit à un autre. Ma découverte de l’épingle à nourrice sembla confirmer, pour certains membres de ma famille, qu’il y avait chez moi quelque chose d’anormal, et certaines de mes tantes et certains de mes cousins me fuyaient, ils évitaient de me parler, tandis que d’autres, mon cousin Moorcus par exemple, me cherchaient. Cousin Moorcus était persuadé que j’avais mis moi-même l’épingle de sûreté dans sa veste et, dans l’obscurité d’un couloir, il m’attrapa et me frappa la tête contre le mur en comptant jusqu’à douze (c’était mon âge à l’époque), puis me souleva et m’accrocha à une patère. J’y restai suspendu deux heures, jusqu’à ce qu’une servante me découvre.
Grand-Oncle Pitter se confondit en excuses après que son épingle à nourrice eut été retrouvée, et jamais, je pense, il ne se remit vraiment de ce drame. Tout ce branle-bas, tant de gens accusés. Il mourut au printemps suivant, dans son sommeil, son épingle de sûreté accrochée à son pyjama.
– Mais comment pouvais-tu savoir, Clod ? s’étonna ma famille. Comment pouvais-tu savoir que l’épingle était là ?
– Je l’ai entendue appeler, dis-je.
J’entendais des bruits.
Ces bouts de chair de chaque côté de ma tête étaient trop actifs, ces deux trous où pénétraient les sons étaient sursollicités. J’entendais des choses que je ne devrais pas entendre.
Je mis un certain temps à comprendre la nature de mes facultés auditives.
Il paraît que, bébé, je me mettais à pleurer sans raison. J’étais couché dans mon berceau, rien ne se passait du tout, quand soudain je me mettais à hurler comme si quelqu’un m’arrachait les cheveux, ma maigre chevelure, ou comme si on m’ébouillantait, ou encore comme si quelqu’un me tronçonnait avec un couteau. C’était toujours ainsi. J’étais un enfant bizarre, disaient-ils, intraitable et inquiet, difficile à calmer. Coliques. Coliques chroniques. Les nurses ne restaient jamais longtemps.

Mécanique et lutte des classes

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Je poursuis mon stage au Village du Livre, c’est pas de tout repos ! En fait, on a quelques millions (sans rire) de livres qui attendent d’être indexés sur le site internet, le but c’est de leur créer une petite fiche pour chacun ; le quota qu’on me demande pour l’instant, c’est une centaine de fiches par jour. Je ne sais pas si ça vous paraît peu ou non, mais pour les atteindre ça demande une mécanique bien huilée et une concentration à toute épreuve 😛 

Nouvelle chronique littéraire ! Je vous avais déjà parlé des recueils de nouvelles de la maison d’édition steampunk Oneiroi : le premier volume, Ecologie & folie technologique, avait été un petit coup de coeur ❤ Je ne peux d’ailleurs que vous conseiller les autres livres de la maison d’édition, et le steampunk de manière générale ; si vous ne connaissez pas ce genre, je vous invite à aller regarder la page de ce blog qui lui est dédiée 🙂 Aujourd’hui, on va aborder la deuxième anthologie de nouvelles steampunk de Oneiroi, qui aborde une thématique ô combien présente dans le steampunk : les différences sociales. Voici Mécanique & lutte des classes, un ensemble de quatre nouvelles de Tepthida Hay, Noëmie Lemos, Catherine Loiseau et Johanna Marines ! Lire la suite

La trilogie Morgenstern

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien 🙂 Ca y est, mon copain m’a contaminée en me faisant jouer à Genshin Impact XD Bon, il a pas eu à faire grand chose pour être honnête, il a juste lancé le jeu pour lui et j’ai bavé derrière son épaule. Et vu tout ce qu’il y a à faire, je risque probablement d’en avoir pour un moment. Une pensée émue pour ma partie de Skyrim avortée… Et pour Rayman 3 que je finirai un jour, ça ne fait que huit ans que je me le répète et que je recommence mes parties sans jamais les finir donc ça devrait aller.

Nouvelle chronique littéraire ! Aujourd’hui je vous propose une belle édition steampunk de chez Bragelonne, à dévorer pour ses dorures avant même de commencer à lire le roman ❤ C’est un cadeau de mon copain qui me l’a offert en même temps que Le Prieuré de l’Oranger (une lecture de fantasy exceptionnelle !). Mesdames et messieurs, voici La Trilogie Morgenstern de Hervé Jubert, publiée dans cette édition intégrale  en 2018 mais dont le premier tome, Le Quadrille des Assassins, date en réalité de 2002. Hervé Jubert est un auteur reconnu du fantastique et de la SF, en particulier du steampunk, et j’ai pas mal d’autres livres de lui. Celui-ci est le premier que je lis :3 Lire la suite

Ecologie et folie technologique

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Je suis un peu en retard pour faire cette petite intro ^^’ J’ai hâte de pouvoir vous parler du livre que je suis en train de lire en ce moment, c’est sur les premières femmes exploratrices du XIXème siècle, c’est passionnant :3 Si le sujet vous intéresse, je peux déjà vous conseiller le site Le Roman des Voyageuses, découvert totalement au hasard et adoré au premier regard !

Nouvelle chronique littéraire ! Je vous propose aujourd’hui de vous parler d’un nouveau recueil de nouvelles, spécial steampunk ^^ Pour ceux qui ne connaissent pas le genre, je vous invite à consulter la page dédiée sur le blog 🙂 Ecologie & folie technologique est une anthologie de nouvelles publiée par la toute jeune maison Oneiroi, que j’ai découverte en faisant mon mémoire sur le steampunk (d’ailleurs j’en profite pour remercier encore la fondatrice qui a répondu de façon très complète à mes questions !). Le but de cette maison d’édition est de promouvoir le steampunk, leur catalogue est encore peu étoffé mais j’ai confiance et j’ai hâte de voir les prochaines parutions ! Si ce premier recueil a pour thème l’écologie, il y en a un deuxième centré sur la lutte des classes, et un troisième est prévu pour 2021 sur les frontières culturelles. Un appel à texte avait d’ailleurs été lancé, j’aurais adoré participer mais j’ai malheureusement manqué de temps avec les révisions pour le concours. Partie remise, j’attendrai le quatrième recueil 😀 Lire la suite

Premières lignes… #146

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Lorsque Sullivan, le chef de la sécurité, entra dans le bureau du Grand Homme au siège social de son empire, ce fut pour le trouver debout devant son immense baie vitrée, la silhouette auréolée par les lumières de la ville au-dehors. L’endroit n’était éclairé qu’à l’autre bout de la pièce par une lampe aux reflets verts posée sur la vaste table de travail en verre, si bien que le Grand Homme disparaissait presque entièrement dans la pénombre : les mais dans les poches d’un veston de costume sur mesure impeccable, il scrutait d’un regard maussade la ligne des toits new-yorkais.
Il était 20 heures et le chef Sullivan – un homme d’âge moyen au costume détrempé par la pluie – n’aspirait plus qu’à rentrer chez lui, envoyer valser ses chaussures et écouter le match de boxe diffusé à la radio. Pour son malheur, le Grand Homme travaillait souvent tard, et il attendant avec impatience ses deux comptes-rendus. Pour autant, Sullivan avait tout de même hâte de tirer un trait sur l’un d’entre eux : celui sur le Japon. Rien que d’y penser, il lui prenait une envie irrépressible de s’envoyer dans la seconde un petit remontant. Malheureusement, le Grand Homme ne lui en offrirait pas, c’était certain.
« Le Grand Homme », c’était le surnom que Sullivan avait donné à son patron, l’un des entrepreneurs les plus riches et les plus puissants de la planète. Ce sobriquet, aussi sarcastique que réaliste, Sullivan prenait garde à ne pas l’utiliser en présence de l’intéressé, tant il savait ce dernier vaniteux et prompt à s’offusquer à la moindre marque d’irrespect. Nonobstant, le magnat semblait parfois en quête d’un bon ami qui pourrait un jour devenir cher à son coeur… Cela étant, ce ne serait probablement pas Sullivan : d’ordinaire, on l’appréciait peu. La faute à son passé de policier, sûrement.
– Alors, Sullivan ? lui demanda la Grand Homme sans prendre la peine de se détourner de la fenêtre. Les avez-vous ?
– Tous les deux, monsieur.
– Voyons d’abord le premier, celui sur les grêves. J’aimerais m’en débarrasser au plus vite. Le second, voyez-vous… (Il secoua la tête.) Vouloir s’y soustraire serait pire, si j’ose la comparaison, qu’espérer s’abriter d’un typhon en se terrant dans une cave que l’on n’a pas encore creusée.
Si Sullivan tenta quelques secondes d’interpréter la parabole, il abandonna bien vite.
– Les grèves… persistent dans les mines du Kentucky et la raffinerie du Mississippi.
Le Grand Homme grimaça, et ses épaules – rembourrées à la mode de l’époque – s’affaissèrent discrètement.
– Nous allons devoir faire montre de fermeté, Sullivan. Pour le bien du pays autant que pour le nôtre.
– Monsieur, j’ai justement ordonné l’intervention de briseurs de grêve. J’ai envoyé des agents de Pinkerton dénicher les noms des meneurs, histoire… d’en apprendre un peu plus sur eux. Le fait est, monsieur, que nous avons affaire à des obstinés… De foutus cabochards même.
– Vous êtes-vous rendu en personne sur les lieux ? Etes-vous allé, Sullivan, dans le Kentucky ou le Mississippi ? Hmm ? N’attendez pas ma permission pour entreprendre Sullivan. Pour agir. Pas dans un cas comme celui-ci ? Les syndicats… En Russie, ils disposaient de leur propre petite armée : les Bataillons ouvriers, c’est ainsi qu’ils s’étaient baptisés. Savez-vous seulement qui sont ces grévistes ? Les agents des rouges, Sullivan ! Les affidés des Soviétiques ! Et que réclament-ils ? De meilleures paies et des conditions de travail plus justes, bien sûr ! N’est-ce pas là la marque du socialisme, Sullivan ? Sangsues… Je n’ai nul besoin des syndicats ! Je me suis construit sans eux… sans personne.