Archives de Catégorie: Steampunk

Le steampunk est un genre artistique à part entière, qui s’inspire de l’époque victorienne. Il peut se traduire par des costumes (dans les conventions du type Animasia ou Japan Expo, on peut croiser de très beaux cosplays) ou plus généralement des œuvres littéraires et cinématographique, par exemple Wild Wild West. Pourquoi l’époque victorienne ? Tout simplement pour sa richesse : c’est le temps des grandes découvertes scientifiques, technologiques, littéraires, géographiques, des bouleversement sociaux et culturels. Ça peut donner des uchronies (réécrire l’histoire à partir d’une date précise) ou bien des œuvres qui réutilisent simplement le contexte culturel mais en créant leur propre univers.

Premières lignes… #201

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.
Cette fois, je vous ai choisi un livre qui m’a énormément marquée, je vous invite à découvrir ma chronique sur ce lien, et surtout à le découvrir !

Avant ce soir, Pue-la-Viande mangerait la terre. Il le savait d’avance, le sentait.
Il en avait une si grande envie qu’elle en était douloureuse. Comme une fièvre dans ce qui lui servait de nerfs ; dans ses tendons d’acier vrillé, ses tresses de câbles fins comme des cheveux, impossibles à casser. Ils en tremblaient presque.
Manger la terre.
Pas exactement. Pue-la-Viande la fourrerait dans sa bouche, à grandes pelletées de ses mains cassées. Ses doigts tenaient encore ; l’ossature métallique, les rouages des articulations. Mais la céramique cuite, tout autour, était fendillée, craquelée comme la coquille d’un oeuf dur tombé par terre. Ca grinçait. Des os dans une fracture ouverte.
Parfois, il ne sentait rien avant de chasser. Aucun tremblement. Aucune envie. Parfois, il n’était pas sûr. De lui, de ses coups, du résultat à venir. Mais là, aujourd’hui, il n’hésitait même pas. Il en aurait eu des vertiges s’il avait été humain.
Le golem ne pouvait pas avaler, ingérer le sable et les blocs de terre, les caillots agglomérés par les fausses pluies de dix-sept heures neuf – toujours la même heure, toujours la même pluie.
Son gosier était là en trompe-l’oeil. Il parlait, criait, grondait, mais ne pouvait rien avaler. Sauf les perles, bien entendu, et les rares souvenirs glauques qu’elles libéraient une fois mangées. Souvenirs d’autres golems, d’autres époques, d’autres maîtres. Des souvenirs douloureux, acides comme des citrons verts.

Premières lignes… #199

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Salut tout le monde ! Petite mise au point avant de passer au post habituel : je vais faire une pause sur le blog à l’occasion de Noël et du Nouvel An, je vous retrouve dans deux semaines ^^
Je vais peut-être aussi un peu ralentir le rythme et passer à trois articles par semaine au lieu de quatre. Je pense faire un article le dimanche au lieu de deux, et peut-être une ou deux autres modifications. Est-ce que ce sera définitif, est-ce que je repasserai à quatre de temps en temps (une sorte de chronique bonus ?), à voir.
N’hésitez pas d’ailleurs à me dire si vous aimeriez que je garde une rubrique ou non ! (le rdv des « premières lignes », les articles poésie, les traductions de creepypasta,…)
Actuellement, tenir le blog me prend beaucoup de temps, trop en fait 😦 J’ai du mal à jongler entre le boulot (les trajets surtout…), les corvées de la maison, mon projet de roman que je voudrais finir ENFIN, bref il ne me reste plus beaucoup de temps pour lire, tout bêtement ! Tout ça alors que ma PAL crève des sommets toujours plus effrayants. Bref ! J’espère que le blog vous plaira toujours quand même, n’hésitez pas à me dire ce que vous aimeriez y lire et vos éventuels conseils 🙂 On se retrouve dans deux semaines, passez de super fêtes ❤

Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

La porte de la cabine s’ouvrit dans un chuintement étouffé.
– Billet, s’il vous plaît.
Anton releva distraitement la tête, encore sous le coup du décollage du traversier-obus. Tout en bas, dans l’étage réservé aux passagers les plus modestes, l’odeur de poudre se révélait vite entêtante.
Le jeune homme saisit son portefeuille et en extirpa tant bien que mal le précieux bout de papier. Le contrôleur considéra avec curiosité le fatras de notes et d’articles découpés à la hâte avant de poinçonner le billet. Ses moustaches s’étirèrent dans un étrange rictus.
– Moi qui pensais que votre portefeuille était plein de roubles !
– Parlez-en à ma rédactrice en chef ! répliqua Anton.
– Gratte-papier ? fit le contrôleur en lui rendant son billet. Attiré par l’odeur du sang ?
Le jeune homme ne tiqua pas. La plupart des gens n’avaient pas une très haute opinion des journalistes, trop souvent accusés de détourner la vérité dans le seul but de vendre leurs feuilles de chou.
– Et on vous envoie à Célestopol ? renchérit le contrôleur. Vous en avez de la chance.
Instinctivement, Antonse retourna vers le hublot le plus proche. Il avait accepté de payer un peu plus cher pour se retrouver côte fenêtre, mais il était de toute façon seul dans sa cabine. Anton savait pertinemment que la Terre se trouvait derrière eux et ne chercha même pas à la voir. Quitte à se tordre le cou, le jeune homme préférait contempler les ténèbres piquetées d’étoiles, mais surtout la Lune, orbe gris criblé de cratères qui n’avait cessé de grossir, encore et encore, au point de dévorer désormais la moitié des cieux.
– Vous estimez ne pas avoir de chance à travailler sur cette ligne ? demanda Anton, sincèrement curieux.
Le contrôleur haussa les épaules.
– Ma foi, on s’habitue à tout. Je me souviens de notre premier alunissage sur le cosmodrome, j’étais déjà content d’être en vie ! Depuis, j’ai dû faire une soixantaine d’allers-retours, même si d’habitude il n’y a pas autant de monde à bord.
Anton hocha la tête sans mot dire. Tous les passagers ou presque se rendaient à Célestopol pour la même et unique raison : assister aux dernières régates de la Coup de l’Empereur. Mais la plupart des voyageurs habituels étaient des ouvriers. La cité lunaire était vorace. Elle ne demandait pas, elle exigeait. Ironiquement, les automates qui l’habitaient aussi n’avaient pas encore remplacé tout la main-d’oeuvre dont la ville avait besoin pour assurer son train de vie à nul autre pareil.

Délius : Une chanson d’été

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Soirée anniversaire qui s’est transformée en marathon Just Dance hier soir avec les copains, on a carburé jusqu’aux petites heures ! Je vous dis pas les courbatures ce matin, mais nous ne regrettons rrrrien 🤣 On a bien dormi par contre u.u

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Nouvelle chronique littéraire ! Aujourd’hui un roman qui me faisait de l’oeil depuis très longtemps et qui m’est comme tombé dans les bras quand je l’ai vu à la bibliothèque…. bon d’accord, mes bras l’ont un peu aidé, mais ça compte quand même. Délius : Une chanson d’été de Sabrina Calvo a été réédité récemment, en 2019, mais en réalité sa première parution date de 1997. Ce premier roman l’a placée avec les premiers grands noms de la fantasy française, et même les premiers auteurs de steampunk puisque, sans forcément donner la part belle aux machines et autres automates, le livre saute à pieds joints dans l’univers merveilleux d’un XIXe siècle revisité. Pré-steampunk ou proto-steampunk donc ? Et en novembre 2020 pour notre plus grand bonheur, une suite est parue, intitulée La Nuit des Labyrinthes. J’ai hâte de pouvoir la lire :3 

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Exploration & Frontières culturelles

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Est-ce que pendant vos heures de travail vous pouvez écouter de la musique ? Pour ma part, c’est le cas ; au bout d’un moment, je me suis même mis des sketches de François Perusse, le Donjon de Naheulbeuk, et actuellement ce sont des creepypastas en anglais, histoire de corser la difficulté XD Et vous, qu’écoutez-vous pendant le travail ? 🙂

Nouvelle chronique littéraire ! Je vous ai déjà parlé de la maison d’éditions Oneiroi, mais si jamais vous êtes un nouveau venu sur le blog… bienvenue dans un premier temps, mettez-vous à l’aise ^^ Et ensuite, Oneiroi est une maison d’édition née en 2019 avec pour but de promouvoir le steampunk, un genre littéraire et artistique qui revisite le XIXe siècle. Si vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à consulter la page dédiée de ce blog, « Steampunk : qu’est-ce donc ? ». Oneiroi publie, outre de très bons romans, des recueils de nouvelles steampunk thématiques pour aider à découvrir le genre : le premier concernait l’écologie, le deuxième les luttes entre classes sociales. Le troisième volume que je vous présente aujourd’hui explore les frontières culturelles et les différences entre différents peuples. En effet, le XIXe siècle est aussi l’époque des grands voyages d’explorations (menés par des hommes mais aussi des femmes, je vous conseille l’excellent album Elles ont conquis le monde si vous voulez en savoir plus 😉 ), des découvertes de civilisations, et malheureusement aussi des zoos humains des Expositions Universelles. Bref, il y a matière à réinventer tout cela, sous la plume de 4 auteurs : Tepthida Hay (qui nous a déjà régalés dans la précédente anthologie), Caroline Léger, Benjamin Lupu et Ostramus.

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Premières lignes… #167

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Tout commença, toute cette terrible histoire qui s’ensuivit, le jour où la poignée de porte de Tante Rosamund disparut. C’était la poignée de porte de ma tante, une poignée en cuivre. Et cela n’arrangeait rien qu’elle ait déambulé la veille avec sa poignée dans tout le manoir, cherchant des raisons de se plaindre comme d’habitude : elle avait monté et descendu tous les escaliers, parcouru tous les étages, raide comme la justice, ouvert les portes sous n’importe quel prétexte, inspectant, trouvant à redire à tout.
Elle insistait sur le fait que, durant tout le temps de son inspection, elle avait bien sa poignée sur elle, et que maintenant, elle ne l’avait plus. Quelqu’un, hurlait-elle, l’avait prise.
Il n’y avait jamais eu un tel remue-ménage depuis le jour où mon grand-oncle avait perdu son épingle à nourrice. Lors de cet évènement, on avait fouillé tous les étages pour découvrir en fin de compte que le pauvre vieil oncle l’avait toujours sur lui ; elle avait glissé dans la doublure de la poche de son veston.
C’est moi qui l’avais trouvée.
Ils m’ont tous regardé ensuite d’une façon étrange, ma famille, je veux dire, je dirais même encore plus bizarrement que d’habitude, car on ne m’avait jamais fait confiance, et on me chassait souvent d’un endroit à un autre. Ma découverte de l’épingle à nourrice sembla confirmer, pour certains membres de ma famille, qu’il y avait chez moi quelque chose d’anormal, et certaines de mes tantes et certains de mes cousins me fuyaient, ils évitaient de me parler, tandis que d’autres, mon cousin Moorcus par exemple, me cherchaient. Cousin Moorcus était persuadé que j’avais mis moi-même l’épingle de sûreté dans sa veste et, dans l’obscurité d’un couloir, il m’attrapa et me frappa la tête contre le mur en comptant jusqu’à douze (c’était mon âge à l’époque), puis me souleva et m’accrocha à une patère. J’y restai suspendu deux heures, jusqu’à ce qu’une servante me découvre.
Grand-Oncle Pitter se confondit en excuses après que son épingle à nourrice eut été retrouvée, et jamais, je pense, il ne se remit vraiment de ce drame. Tout ce branle-bas, tant de gens accusés. Il mourut au printemps suivant, dans son sommeil, son épingle de sûreté accrochée à son pyjama.
– Mais comment pouvais-tu savoir, Clod ? s’étonna ma famille. Comment pouvais-tu savoir que l’épingle était là ?
– Je l’ai entendue appeler, dis-je.
J’entendais des bruits.
Ces bouts de chair de chaque côté de ma tête étaient trop actifs, ces deux trous où pénétraient les sons étaient sursollicités. J’entendais des choses que je ne devrais pas entendre.
Je mis un certain temps à comprendre la nature de mes facultés auditives.
Il paraît que, bébé, je me mettais à pleurer sans raison. J’étais couché dans mon berceau, rien ne se passait du tout, quand soudain je me mettais à hurler comme si quelqu’un m’arrachait les cheveux, ma maigre chevelure, ou comme si on m’ébouillantait, ou encore comme si quelqu’un me tronçonnait avec un couteau. C’était toujours ainsi. J’étais un enfant bizarre, disaient-ils, intraitable et inquiet, difficile à calmer. Coliques. Coliques chroniques. Les nurses ne restaient jamais longtemps.