Archives de Catégorie: Tag, rendez-vous et évènements !

Ici je partage avec vous les rendez-vous comme les Premières Lignes, les tags que je fais, et quelques posts plus occasionnels sur des festivals et autres excursions en tout genre :D

Premières lignes… #244

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Elle voulait juste changer d’air. Et quand son patron avait prononcé les mots « appartement », « neuvième arrondissement » et « tout un bric-à-brac du dix-neuvième siècle », April avait pensé « vacances ». Elle aurait beaucoup de travail, certes, mais qu’importe, elle partait à Paris. Comme tout peintre, tout poète, tout écrivain et tout expert en objets d’art le savait, c’était l’endroit idéal pour s’évader.
L’équipe parisienne se trouvait déjà sur place avec, à sa tête, Olivier. April le voyait déjà sillonnant l’appartement, son calepin à la main, griffonnant des notes de ses doigts osseux et crochus. Il avait demandé des renforts à New York, car ils avaient besoin d’un autre expert, et plus précisément d’un spécialiste en mobilier ancien pour compenser leur manque de compétence dans ce domaine. D’après le patron d’April, l’appartement de cinq pièces contenait « de quoi meubler une douzaine de lupanars de luxe ». Si Peter ne se faisait pas beaucoup d’illusions sur ce qu’ils allaient trouver, April en attendait beaucoup, quoique pour des raisons différentes.
L’avenir allait prouver qu’ils se trompaient tous les deux.

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Premières lignes… #243

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Code de conduite des membres d’Upsilon Scorpi

Article 1 : Nous ne tuons jamais sans rétribution.
Article 2 : Nous ne tuons ni femme ni enfant.
Article 3 : Nous ne tuons pas nos commanditaires tant que la mission en cours n’est pas achevée, même en cas d’offre supérieure de la part de la cible.
Article 4 : En cas de menace sur notre famille, aucun des articles ci-dessus ne s’applique.

Premières lignes… #241

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Je volais.
Des bourrasques d’air froid s’engouffraient sous mes ailes en vagues puissants. Elles me portaient, toujours plus haut, et je cabriolais sur leur dos d’azur, laissant le vent piquer mes yeux. Je dansais dans le ciel d’été au-dessus des nuages. Un plaisir sauvage coulait dans mes veines. Un plongeon à pic m’arracha des cris de joie tandis que mon estomac remontait jusque dans ma gorge. Tout en bas, très loin en dessous, une forêt dense s’étirait à perte de vue au pied des montagnes, bordée par un large ruban d’un bleu presque noir. Aucune trace humaine, ni ville, ni route, ni construction d’aucune sorte. Le monde m’appartenait, gigantesque terrain de jeu aux couleurs vibrantes. A mes côtés, quelqu’un éclata de rire devant mon bonheur. Ses ailes frôlèrent les miennes en une caresse tendre. Mon coeur se gonfla d’amour chaud et rassurant. Je m’envolai plus haut encore.
Puis tout s’obscurcit.
Je jouais avec le soleil et un instant plus tard, la nuit m’enveloppait. Les ténèbres se déployèrent autour de moi. Grondantes, menaçantes. Elles s’assemblèrent en une brume grouillante de corps emmêlés et brusquement, d’immenses créatures aux ailes membraneuses sortirent des nuées. Elles fondirent sur moi. Leur souffle brûlant m’effleura, ma peau grésilla en se couvrant de cloques noirâtres. La souffrance me cingla, intense, insupportable. Me rendit muette. J’allais mourir ! J’étais pourtant incapable de me défendre, tétanisée par l’épouvante qui tordait mes entrailles. Les prunelles d’ambre des créatures brillaient de l’excitation du prédateur devant sa proie. Des crocs et des griffes acérées s’enfoncèrent dans ma chair. Ils déchiquetèrent mes ailes, déchirèrent mes membres tendres, fouillèrent mes entrailles. Je hurlai enfin, folle de douleur et de terreur. Puis les monstres s’écartèrent et les nuées se dispersèrent.
Je tombai dans un unique cri glacé. Chute vertigineuse.
Ténèbres.

Premières lignes… #240

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Une silhouette se laissa glisser le long du mur, telle une ombre mouvante parmi les ténèbres de la nuit. Ses pas couraient sur les pavés, à peine plus audibles qu’un souffle. Les sens en alerte, l’inconnu se dissimula dans le renfoncement d’une porte et tendit l’oreille. Il régnait un silence oppressant, presque une menace… Nul ne pouvait échapper à la milice. Quelques part dans la capitale, des pantins en uniforme gris arpentaient les ruelles, leurs bottes cirées frappant le sol en un rythme incessant. Violer le couvre-feu était passible de mort et pourtant, une poignée d’audacieux n’hésitait pas à défier le régime.
Avec précaution, l’être au manteau noir se risqua hors de sa cachette et escalada la devanture d’une maison de couture. Ses mains trouvaient naturellement leurs prises, usant du moindre rebord et des anfractuosités de la pierre pour se hisser jusqu’au toit. Sur la pancarte soigneusement astiquée, ses chaussures laissèrent l’empreinte d’une semelle sale, mais être suspecté de vandalisme n’était peut-être que la dernière accusation d’une très longue liste.
Reprenant son souffle, la silhouette rejeta en arrière son capuchon. Ses cheveux courts tombaient sur son front en mèches rebelles. La moitié de son visage disparaissait sous un masque où, à travers deux fentes, des yeux bleu azur contemplaient l’immensité du ciel. En l’examinant de plus près, un détail aurait frappé un observateur extérieur : l’étonnant contraste entre la douceur de ses traits et son apparence masculine. Sous ces vêtements d’homme se dissimulait en réalité une jeune fille à peine sortie de l’adolescence.
– Désolée, Frédérion, murmura Plume, mais vote boutique était la plus facile à escalader.
C’était l’envie de vivre sans contraintes qui lui avait inspiré son surnom. Elle se remémorait souvent ce soir d’hiver où, blottie contre sa fenêtre, elle avait aperçu une plume minuscule virevolter dans le vent. Elle paraissait si légère, flottant dans les airs comme si elle ne voulait jamais redescendre. Plume savait que ces folles excursions ne dureraient pas éternellement. La milice avait ses espions aux quatre coins de la ville. Chaque nuit où elle regagnait la sécurité de sa chambre ne faisait que reculer l’inéluctable. Quotidiennement, des hommes et des femmes étaient traînés de force dans les prisons du palais. Tôt ou tard, elle finirait par les rejoindre, eux, les oubliés de la société, à moins que cela ne soit une exécution pure et simple. Dans les ruelles, il n’était pas rare d’apercevoir des tâches rougeâtres ; du sang qui, même des semaines plus tard, continuait de marquer le sol par son souvenir.

Premières lignes… #239

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Hérus Tork avait toujours attendu la mort de Mérot l’Ancien.
Cela datait du jour même de son arrivée à la Haute-Ecole. Le directeur était venu jeter un coup d’oeil aux nouveaux, envoyés par leurs parents à peine célébré leur sixième anniversaire. Levé à l’aube, il s’était lavé à l’eau froide et avait avalé un petit-déjeuner loin d’être succulent, mais copieux. Puis il s’était mis en rang avec une douzaine de nouvelles recrues dans une des innombrables cours des multiples bâtiments qui jouxtaient le château. Ses futurs compagnons étaient des fils d’apothicaires et de maçons, de bouchers et de cultivateurs. Pas de filles. Les filles fréquentaient une autre école, celle de Sopok, sur les rives de la mer d’Avole, dans le Premier Quadrant.
Mérot était un homme de haute taille, aussi musclé et large d’épaules que certains Chasseurs. Ayant effectué plusieurs allers-retours devant les gamins, il s’arrêta devant Hérus Tork et demanda au Chasseur qui s’occupait d’eux depuis leur arrivée où il avait trouvé cet avorton.
Le Chasseur consulta sa liste.
– Son nom est Hérus Tork. Fils d’un marchand de drap de la ville. Il semble qu’il ait de bonnes aptitudes.
Le directeur fronça ses épais sourcils.
– Aptitudes ? Vous avez vu ses jambes ? On dirait un lapin écorché !
Les nouvelles recrues éclatèrent de rire. Le directeur sourit avec elles.
– Il est jeune, dit le Chasseur. Il a le temps de se développer.
– Bah. Ne me prenez pas pour un idiot, Chasseur. Un freluquet reste un freluquet, et nos nobles clients n’aiment pas qu’on leur fournisse des avortons. Ca dépare leurs châteaux. Enfin… S’il a des « aptitudes », comme vous dites, peut-être trouvera-t-il une place chez nous.

– Maître ? Nous sommes arrivés.
Hérus Tork ne sursauta pas – il ne sursautait jamais. Même plongé dans ses souvenirs, il demeurait conscient du pas de son cheval sur la route boueuse et de la présence des Chasseurs à ses côtés, tandis qu’ils approchaient d’une auberge dont la pluie battante lessivait les volets clos.
– Allez-y, Gaskar. Nous vous attendons.
Le Chasseur descendit de cheval et alla frapper à la porte de l’auberge, une bâtisse de pierre au toit d’ardoises aussi grises que les nuages qui déversaient sur elles leur eau glacée. La pluie ne tombait ni sur la lourde cape que portait Hérus Tork, ni sur le pelage de son cheval. Les innombrables gouttes étaient interceptées par une barrière invisible, à quelques millimètres du tissu et du poil. Mais, même au sec, Tork en avait assez de la campagne alentour, de son immensité plane et de sa grisaille. Son esprit se tourna à nouveau vers le passé.