Archives de Tag: écriture

D’Encre, de Verre et d’Acier (duologie)

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ J’ai redécouvert un bon vieux jeu vidéo, un de l’époque où j’étais petite et où je tannais mes frères pour pouvoir les regarder quand ils geekaient ! « Heroes of Might and Magic III », c’est un chouette petit jeu de stratégie au tour par tour, avec de la fantasy, des monstres, des châteaux à conquérir et des cartes à nettoyer de leurs ressources jusqu’à la dernière miette 😀 

Nouvelle chronique littéraire ! Aujourd’hui je vous présente une duologie que j’avais très très hâte de lire, j’ai sauté sur l’occasion quand j’ai vu que les romans étaient à la bibliothèque 😀 Voici D’encre, de verre et d’acier de Gwendolyn Clare, paru en France en 2018. Le tome 2, De brume, de métal et de cendre est sorti l’année suivante. Amateurs de fantasy et de steampunk, passionnés et créatifs, la série est pour vous ^^

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La nuit des Yokaï // Le Pays Incroyable // Les mystères de Harris Burdick

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Encore une fois, je vais vous bassiner avec mes albums jeunesse favoris ^^ J’en ai encore trois à vous montrer, trois beaux livres, trois histoires très particulières…

La Nuit des Yokaï de Romain Tasek

Jeune habitant de Tokyo aux lunettes cerclées de vert, Tanaka n’aime pas vraiment son travail. Sa véritable passion : trouver des yōkai, des esprits farceurs dont il est convaincu de la présence parmi nous. Une légende prétend que les yōkai se montrent à ceux qui souhaitent les voir lors de la « nuit de feu » : Tanaka se met alors en tête de passer cette nuit spéciale dans un temple au sommet du mont Kentoku. La porte du sanctuaire passée, exécutant les gestes traditionnels de respect que demande ce lieu de recueillement, il prononce son vœu d’apercevoir les esprits farceurs. Son souhait sera-t-il enfin exaucé ?
Tout au long de ce très chouette album, l’enfant poursuit la lecture avec la possibilité de poser sur son nez les mêmes lunettes vertes que porte le héros. Rattaché au livre par un ruban rouge, l’accessoire « magique » a la particularité d’avoir des verres rouges, petite subtilité qui permet de faire ressortir les yōkai cachés tout au long des pages. Les verres des lunettes de Tanaka étant transparents, il passe malheureusement à côté des esprits farceurs pourtant proches de lui… mais comme ces derniers sont visibles pour le lecteur, cela apporte une touche rigolote au scénario. Le lecteur possède ainsi une clé qui manque à ce pauvre Tanaka.
En plus d’être une histoire originale, La nuit des yōkai nous plonge dans un folklore japonais peuplé de créatures étranges comme le Kasa-Obake, un yōkai cyclope en forme de parapluie. Avec une prédominance de couleurs primaires contrastées, les illustrations s’étalent sur de belles doubles-pages, l’auteur-illustrateur maîtrisant autant les ambiances de Tokyo chargées de détails que la mise en scène de décors plus minimalistes. Cette aventure nipponne est une jolie réussite qui mérite le détour !  

Fan du Japon devant l’éternel, et surtout de son folklore, j’ai sauté sur cet album dès que je l’ai vu ! L’histoire est celle d’un jeune garçon qui veut à tout prix voir des yokai, des esprits et entités fantastiques japonais ; ni bons ni mauvais, leurs apparences sont des plus farfelues et il vaut mieux les connaître et savoir comment les aborder. Dans un livre pour enfant, ce soucis transparaît moins, car Tanaka se jette à coeur joie dans ses recherches : mais où qu’il aille, il ne voit rien ! Alors que le lecteur, en revanche, muni d’une pair de lunettes rouges (fournies avec le livre), peut voir ces fameuses créatures, bien cachées dans les illustrations. Un petit lexique à la fin permet de découvrir les noms et les particularités des différents yokaï que l’on découvre dans le livre : je les connaissais déjà pour ma part, mais cet album a été une très jolie surprise. Si vous voulez faire découvrir une facette originale du Japon à votre enfant, je vous le recommande !

Le Pays Incroyable de Norman Messenger

Résumé : Alors qu’il est en mer, l’auteur aperçoit une terre étrange, qu’il n’a jamais vue. Surpris et fasciné, il accoste pour en savoir plus…
« A peine avais-je posé le pied sur l’île que je tombai immédiatement sous son charme. Aucun endroit au monde ne ressemblait à celui-ci. Les arbres, les plantes, les créatures et les gens étranges qui la peuplaient défiaient l’entendement. Il fallait sans délai que j’explore et étudie cet endroit incroyable et que j’en consigne les particularités. »
A sa grande stupeur, Norman Messenger va croiser des habitants pas plus hauts que des poupées, des arbres à voile qui ne poussent que sur de petites barques en bois ou encore des oiseaux qui portent d’immenses cuissardes pour ne pas se mouiller les pieds.
Ce livre se compose d’une carte de l’île et de planches thématiques décrivant les habitants et les animaux qui peuplent ses contrées, ainsi que ses végétaux, ses montagnes et ses incroyables paysages. Certaines double-pages comportent des rabats et ménagent des jeux graphiques chers à Norman Messenger.

Je connaissais déjà Norman Messanger grâce à son album Imagine, que j’aimais beaucoup mais qui me faisait un peu peur aussi ^^’ J’ai découvert cet autre album avec beaucoup de plaisir : les mélanges entre les plantes, les animaux, les objets ou même le paysage sont complètement délirants ; la présentation, à base de petits textes et de rabats, fait beaucoup penser aux albums documentaires de la collection Gallimard (vous connaissez forcément, même si vous ne voyez pas tout de suite de quoi il s’agit). Bref, un documentaire très sérieux sur un pays totalement fou, à découvrir absolument ^^

Les mystères de Harris Burdick, de Chris Van Allsburg

Il y a plus de vingt ans paraissait un livre étonnant: un recueil de quatorze dessins découvert par Chris Van Allsburg chez un éditeur de livres pour enfants. L’auteur les avait publiés sans les textes correspondants. Il avait disparu. Seuls un titre et une phrase permettaient à l’imagination de reconstituer les histoires… ou d’en créer d’autres. Voici ces dessins dans une nouvelle présentation, accompagnés d’une préface inédite de Chris Van Allsburg, et surtout… augmentés d’une quinzième planche, et non la moindre, mystérieusement retrouvée…

Cet album a été un vrai coup de coeur et m’a complètement retourné le cerveau ❤ Il s’agit d’un ensemble de 14 dessins, tous destinés à illustrer une histoire… mais sans l’histoire ! De chaque récit, il n’y a que la première phrase. Les illustrations sont magnifiques, toutes représentent des scènes étranges, improbables ou fantastiques. On meurt d’envie d’inventer la suite, et c’est justement ce qu’ont fait plusieurs auteurs dans un recueil intitulé Les Chroniques de Harris Burdick : même Stephen King s’est prêté au jeu. Bien entendu, je veux absolument m’offrir l’album, le recueil, et me frotter à ces fameux dessins moi aussi :3

Ces présentations vous ont-elles plu ? Avez-vous envie de lire ces albums ? Dites-moi tout en commentaire 🙂

Découvrez mon roman sur Wattpad : In Memoriam

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Je vous en avais un peu parlé mercredi, voilà désormais la nouvelle en grand, en beau, en beaucoup d’émotions même si quelques jours ont passé pour moi : je commence à publier mon roman sur Wattpad, sous le pseudo de Manducatrix !
Il s’intitule In Memoriam, c’est un roman gothique sur ambiance de XIXe siècle, avec pour thèmes la folie, les fantômes et les lieux hantés. L’écriture est presque terminée dans les faits, mais je commence tout juste à publier, un chapitre par semaine !

Commencez à lire en cliquant ici

Résumé : Alice et Calie Collins sont jumelles, soeurs jusque dans leurs âmes et inséparables. Mais deux filles, quelle calamité : la dot (d’ailleurs il faudra bientôt songer à les marier, presque 17 ans tout de même), les bonnes manières, alors qu’on a besoin d’un héritier ! Heureusement, leur mère attend enfin un autre enfant. Pour qu’elle se repose jusqu’à l’accouchement, toute la famille prend calèche et bagages pour se rendre dans un vieux manoir, un héritage étrangement découvert au moment propice. L’endroit est isolé, mais on s’en contentera…
Le séjour vire au cauchemar dès la première nuit. Des voix, des tableaux glaçants, des visions et des rêves sanglants laissent les jumelles terrifiées et au bord de la folie. Si elles en parlent, on les enfermera à l’asile et on jettera la clé. A elles de découvrir quel secret cache le manoir… et qui s’en prend à leur famille.

Vos avis 😉

Car oui, c’est de vos avis dont je vais avoir besoin 🙂 Si j’ai commencé à publier sur Wattpad, c’est que je veux essayer d’avoir un maximum de retours tant que je suis encore dans le processus d’écriture et de peaufinage, avant de passer aux illustrations. J’ai déjà eu un retour plus que favorable de Pepparshoes du compte Bookstagram Sorbet-Kiwi, et j’espère que ça vous plaira à vous aussi !

N’hésitez donc pas à mettre votre grain de sel et à commenter tout ce qui vous chiffonne ! Que ce soit des questions, des remarques pointues ou plus générales, un personnage qui fait n’importe quoi, une situation complètement incohérente ou un truc qui casse l’ambiance, je prends tout ce qui vous vient à l’esprit.
Et surtout, il arrive, comme n’importe qui, que je parle de choses que je n’ai pas expérimenté personnellement, par exemple le fait d’avoir une soeur jumelle ou la gemellité de manière générale : donc si quelque chose vous semble mal à propos voire blessant, surtout faites-le moi savoir et croyez bien que c’était tout sauf volontaire.

Bien entendu, si vous aimez, je vous serai plus que reconnaissante si vous me le disiez aussi, si vous mettiez des étoiles sur Wattpad et si vous parliez du roman autour de vous 🙂 Je suis bien consciente que même si mon roman est bon, ça ne le rendra pas automatiquement visible, or j’aimerais beaucoup pouvoir passer par une maison d’édition un jour. J’ai donc doublement besoin de vous !

Sur ce, je vous fait plein de bises et j’espère que le roman vous fait envie et que vous l’aimerez si vous le lisez ❤

Le fauteuil

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! On se retrouve pour une nouvelle traduction de creepypasta, c’est-à-dire une histoire effrayante ❤ Celle que je vous ai choisi aujourd’hui m’a beaucoup marquée, le sujet est très original et elle m’a scotchée jusqu’à la toute fin ^^ Il s’agit de The Chair (ou « Le fauteuil ») de Collicun Redeia, publiée sur le site creepypasta.com.

Comme toujours, je l’ai découverte grâce à la chaîne de Madame Macabre, que je vous recommande si vous avez quelques bases pour comprendre l’anglais (même pour le réviser ça marche très bien !). Madame Macabre lit et met en scène des creepypastas avec sa voix et des ambiances sonores travaillées, c’est un régal, on s’y croirait ! Elle sait à la perfection faire les intonations des personnages et leur donner vie, je n’ai pour l’instant trouvé aucune autre chaîne où le conteur ou la conteuse est aussi doué(e).

Je n’ai jamais été le moins du monde superstitieux. Aussi loin que je puisse me souvenir, j’ai toujours considéré la vie avec un oeil pratique. J’étais toujours dans le présent, j’appréciais mon pragmatisme et mon sens des réalités, c’était ce que je préférais chez moi.

J’avais une passion pour le design intérieur et les meubles, j’aimais me considérer comme un artiste. Quand je ne travaillais pas, j’étais souvent sur Internet, j’avais mon propre blog. Je postais des photos de ma maison et sa décoration, et quelques unes des travaux et des intérieurs réalisés par mes amis ; nous collaborions souvent sur des projets de maisons, nous étions obsédés par ça.

Un jour, je suis allé au IKEA du coin, pour trouver l’inspiration sur un projet. J’allais souvent à IKEA pour farfouiller, j’aimais me perdre dans les salles et les couloirs sans fin, tous aménagés différemment pour stimuler mon imagination. J’imaginais souvent comment un meuble pourrait rendre chez moi, bien que je n’aie pas assez d’argent et qu’il serait plus économique d’en fabriquer un.
Je suis tombé sur quelque chose de très bizarre durant ma dernière visite à IKEA. Ce n’était rien de très clinquant, un fauteuil vintage à haut dossier, avec un cadre en bois et des coussins blancs et moelleux pour l’assise et le dos. C’était étrange, car IKEA ne vendait pas ce type de fauteuils ; et pour ma part j’avais des goûts plus modernes, je n’aurais jamais acheté ou construit de meuble comme ça. J’étais curieux et j’ai décidé d’y regarder de plus près. Il y avait un label, mais rien de très spécifique : on pouvait lire « Le Fauteuil ». Ni logo, ni marque, ni prix, rien à part « Le Fauteuil ».

Ca n’avait pas l’air très confortable, mais j’étais intrigué et j’ai décidé de m’y asseoir tout de même. C’était le fauteuil le plus confortable sur lequel il m’ait été donné de m’asseoir. Je me suis senti m’enfoncer dans le fauteuil, bien que ce soit improbable puisque c’était seulement un simple fauteuil en bois avec des broderies sur les coussins. Je pouvais sentir mon corps être de plus en plus fatigué.
Je ne voulais pas m’endormir en plein milieu du magasin, alors j’essayai de me lever. Mon corps ne me laissa pas faire. Mes paupières commençaient à se fermer, je les forçai à rester ouvertes mais en vain. J’appelai à l’aide, mais personne ne répondit. En fait, personne ne semblait me remarquer. Je fis une autre tentative pour extraire mon corps épuisé du fauteuil, mes bras tremblèrent alors que je poussai sur les accoudoirs ; je parvins à soulever mon corps de quelques centimètres, mais la fatigue reprit le dessus et je m’écroulai sur le fauteuil, à bout de souffle.

J’essayai tout ce qu’il était possible pour me tenir éveillé, mais mes yeux commencèrent à se fermer sans même que je le remarque. Je me repris juste à temps, mes yeux se fermèrent pendant une milliseconde, mais quand je les ouvris de nouveau, je vis que les seules personnes dans le magasin étaient les vigiles et les concierges, qui ne me voyaient toujours pas. Je me tournai pour regarder par la fenêtre, et je vis la lune et le parking vide. C’était la nuit, le magasin était fermé.

J’essayai à nouveau de me tirer du fauteuil, mais je ne pus bouger. Je hurlai à plein poumons, mais tout ce qui sortit fut un faible cri. Le concierge qui balayait le sol près de moi aurait dû m’entendre, mais il n’avait aucune conscience de mon existence. Plus je criai, plus je m’épuisai. Et je pouvais sentir mes yeux se refermer, sans que je puisse rien y faire.

Cette fois-ci, il me sembla qu’il s’était écoulé plus longtemps qu’une milliseconde, peut-être une minute ou deux, mais quand je m’éveillai il n’y avait personne. Je regardai autour de moi, tous les meubles avaient disparu à part le fauteuil où je me trouvais, ce n’était plus qu’un grand entrepôt vide. Je regardai par la fenêtre : la lune, le ciel et le parking avaient disparu, c’était le noir complet, comme si les fenêtres avaient été obscurcies. Désormais, je ne pouvais plus crier, je pouvais à peine bouger mes lèvres. Je commençai à sentir une pointe dans le bas de mon dos, mais je ne pouvais rien faire sinon rester assis inconfortablement. Je ne voulais pas fermer les yeux à nouveau.

L’inconfort devint de pire en pire, je sentais la douleur sous mes bras et le long de mon dos, j’avais l’impression que mon tee-shirt était attaché à ma peau. Mes yeux ne voulaient plus se fermer à présent, et la situation devenait de plus en plus insoutenable. Jusqu’à ce que finalement, je glisse à nouveau dans le sommeil.

Je me réveillai pour me rendre compte que tous les lumières s’étaient éteintes, j’avais l’impression d’être observé et je ne pouvais plus tourner la tête. Un frisson courut le long de mon échine et dans tout mon corps. Mon esprit commença à s’affoler, je ne pouvais pas penser de façon rationnelle, la pure terreur était la seule chose qui occupait mon esprit. J’entendis de petits grattements, je vis dans les ténèbres ce qui ressemblait à un homme debout qui me regardait. Qu’est-ce qui m’arrivait ?

La dernière fois que je m’endormis, je ne me rendais même pas compte que je sombrais dans l’inconscience. Mais que je me réveillai, je vis que la structure du IKEA était en train de s’écrouler, les murs et les sols avaient jauni, il y avait de nombreux trous et fissures dans le bâtiment, et à l’extérieur il y avait le soleil qui brillait trois fois plus que la normale ; aucun objet n’était à vendre, mais il y avait quelques caddies renversés et accumulant de la poussière.

Je restai assis dans le fauteuil pendant ce qui sembla des semaines, il n’y avait aucune douleur mais je savais qu’on me torturait, il existe de nombreux types de tourments après tout. Je ne pouvais pas bouger, je ne pouvais pas tourner la tête, j’étais complètement paralysé. La seule chose que je pouvais sentir, c’était les tremblements et la pression qui augmentait. Je voulais m’endormir mais je ne le pouvais pas, je voulais sortir du fauteuil mais je ne le pouvais pas.

Je restai assis, mon esprit tournait à plein régime mais mon corps était immobile, le simple manque de mouvement était déjà une torture en soi, toujours plus d’inconfort et de raideur. Enfin, après ce qui parut des mois, je parvins à tourner légèrement la tête, et me mis à trembler. Je pouvais sentir mon corps devenir encore plus lourd, les pieds en bois de la chaise tremblèrent, commencèrent à se brise, et après trois heures de tressaillements incontrôlables, le fauteuil se brisa.

Mes yeux se fermèrent pendant un instant, et quand je les rouvris, je m’aperçus que j’étais de retour dans le magasin au moment même où je m’étais assis sur le fauteuil. Tout le monde me regardait. Le fauteuil gisait au sol, ses quatre pieds brisés et le dos fendu. Je pouvais bouger de nouveau. Et je pus voir un jeune employé en colère qui s’approchait :
« Excusez-moi Monsieur, vous allez devoir payer pour ça », dit-il.
« O-oui, bien sûr », bégayai-je. Je regardai de nouveau le panneau, cette fois on pouvait lire « Fauteuil blanc Art Nouveau, fin XXe siècle, 2250 dollars ».

J’allai au comptoir et payai avec ma carte de crédit ; je demandai s’ils pouvaient jeter le fauteuil pour moi, puisqu’il était cassé je n’en avais pas l’usage.

Je m’enfuis du magasin sans me retourner.

J’abandonnai ma voiture, je refusai à tout prix de m’asseoir. Je fis de mon mieux pour trouver une explication à ce que j’avais vécu, c’était trop réaliste pour un rêve, mais une fois que le fauteuil s’était brisé, c’était comme si rien de tout cela n’était arrivé. Je me mis à trembler, et décidai de m’arrêter pour prendre une camomille pour calmer mes nerfs. Je voulais appeler mes amis pour tout leur raconter, mais je savais qu’il ne me croiraient pas. Je connaissais la paralysie du sommeil, j’en recherchai les symptômes et ils correspondaient à ce que j’avais ressenti dans le fauteuil. Mais il n’y avait rien sur Internet pour expliquer les yeux ni les changements du paysage entre les périodes de sommeil.

Je fis remorquer ma voiture, je vivais dans un endroit assez éloigné et j’avais une longue route pour rentrer chez moi. Je commençai à fatiguer. Au moment où j’atteignis mon quartier, il faisait sombre. Je voulais croire que ce n’était pas vrai. Je voulais être logique, mais ce n’était plus possible. Je passai devant la maison de mon ami Simon et décidai de lui rendre visite.

Simon me laissa dormir chez lui pour la nuit ; je lui racontai seulement que ma voiture avait glissé dans un fossé et avait dû être remorquée, et que j’étais trop épuisé pour marcher davantage. Simon me conseilla de m’asseoir, mais je refusai. Il dit qu’il devait faire une course rapide, acheter du bois pour un projet. Je ne voulais pas rester seul, mais je me dis que tout se passerait bien. Je ne m’assis pas une seule fois. Je sortis mon ordinateur et décidai de consulter mon blog, je ne savais pas à quoi je m’attendais mais j’aimais bien vérifier régulièrement.

Je vis un post que je n’avais jamais fait ; c’était une photo du fauteuil, vous savez très bien lequel. Il y avait une légende : « Cet ancien fauteuil français est si confortable que vous ne voudrez jamais le quitter ! Vous y serez si bien que vous en perdrez la notion du temps ! ».

Je me figeai. Je fermai mon ordinateur et décidai d’aller dormir à l’étage dans la chambre des invités. J’étais toujours paranoïaque et terrorisé à l’idée de me reposer, mais je me sentais de plus en plus fatigué, et peut-être qu’un peu de sommeil me ferait du bien.
La chambre d’invité n’avait pas de lit, tout ce qu’il y avait c’était un fauteuil vintage à haut dossier, avec une armature en bois et des coussins blancs moelleux sur l’assise et le dos. J’étais trop épuisé pour résister.

Voilà où je suis à présent. Cela fait maintenant 3 jours, bien que le temps soit dur à évaluer. Simon a dû penser que j’étais parti et que j’avais regagné ma maison, puisqu’il est venu dans la chambre plusieurs fois et ne m’a pas remarqué. Je sais que je vais bientôt m’endormir, je sens que je fatigue toujours plus à chaque fois que je presse une touche de mon clavier, mais je dois faire passer mon message.
Vous ignorez ce qui peut vous arriver dans la vie, vous ne savez jamais en quoi avoir confiance. Si vous prenez un siège, vous pouvez très bien ne jamais vous relever.

Un peu de poésie autrice : « L’Ecriturière »

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Bien le samedi bande de poésies, nouveau bonjour et nouveaux gens ! J’ai découvert un nouveau recueil de poèmes et je voulais le partager avec vous ^^ Il s’agit de Cris d’amour perdus de Clotilde Astruc, paru aux éditions Subervie ! Cela doit faire un moment car j’ai l’impression que le recueil n’est plus édité, et il est plutôt dur à trouver ; par contre, il est plus facile d’en avoir une version numérique, avis aux intéressé(e)s 🙂
Sur Clotilde Astruc non plus je n’ai pas pu trouver grand chose, sinon un autre livre intitulé Appels de l’ailleurs ; le résumé donne quelques petites informations sur l’auteure mais je ne sais pas trop quoi en penser, donc je vous laisse juges !

Clotilde Astruc a toujours cherché à évoluer. Dans sa première vie elle fut infirmière ; dans la seconde elle fonctionna en travailleur social au service de diverses administrations. Dans une vie parallèle elle s’exprima en poésie dans plusieurs recueils, primés et épuisés depuis. Dans la vie suivante elle entra en faculté de Lettres Modernes, à côté de jeunes étudiants sortant du lycée, et mena à bien, à son rythme, son cursus universitaire jusqu’à l’obtention d’une maîtrise avec mention » bien « ! Une autre vie parallèle lui permit de déchiffrer certaines écritures ésotériques, telles que l’astrologie, les tarots et autres mancies et de retrouver des applications de la radiesthésie et du magnétisme.
Dans sa vie actuelle elle s’exprime en peinture en recherchant, à tâtons, l’au-delà des apparences. Enfin elle vient d’ordonner en livre ces récits de faits ou d’événements étranges vécus dans sa famille par elle et ses anciens, ou en lien avec eux, par ses proches dans sa parentèle et son entourage. Mais d’abord, toutes ses vies se tissent sur la trame de sa vie de femme partageant un couple, ayant des enfants, des amis choisis et entre autres précieux pour son avancée. Avant tout ayant besoin d’ouvrir des fenêtres sur le monde contemporain, attentive à observer depuis sa lucarne les ombres des mondes disparus et de leur civilisation ou les murmures de ceux en formation, aperçus à travers quelques voyages et bien des livres.

Pour ma part, je me fie aux poèmes que j’ai lu dans son recueil, et il y en a beaucoup que j’apprécie ! En particulier celui-ci, intitulé « Ecriturière » :3

« Ecriturière »
Je recouds le temps,
regard devant, regard derrière,
à l’écoute des coeurs peinants.

« Ecriturière »
Je raccommode le temps,
accroc devant, accroc derrière,
je tire les fils entre ce jour et antan.

« Ecriturière »
Je recoupe le temps,
mot devant, mot derrière,
je réécris les caresses des amants.

« Ecriturière »
Je reprise le temps,
sourire devant, sourire derrière,
Je rebrode le matin de fête et le soir triomphant.

« Ecriturière »
Je file le temps,
larme devant, larme derrière,
le tissu du silence résonne éloquent.

C’est peut-être prétentieux, mais je suis tellement motivée pour mon roman que tout ce qui parle d’écriture me donne des ailes ^^ Ce poème ne correspond peut-être pas tout à fait à l’idée que je me fais du métier d’écrivain, mais j’aime cette idée d’un travail inlassable et minutieux, à la fois silencieux et à l’écoute, plein d’émotions et de patience. La métaphore de la couturière est très bien trouvée et amenée d’une manière très agréable : j’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour les personnes qui cousent, c’est un travail qui demande une précision de fou et qui peut donner des résultats magnifiques. Au final, le poème est en tout points vrai pour une chose : le temps. Le temps qui revient sans cesse et inlassablement, car écriture et couture demandent un temps monstrueux et de nombreuses reprises, ça je le sais XD Pourtant, il n’en ressort rien de déplaisant, c’est un simple travail de patience : une maille à l’endroit, une maille à l’envers, c’est comme une berceuse !

Pour aller avec, j’ai hésité un peu et j’ai fini par trouver ce joli tableau de Sally Rosenbaum, Woman Writing. J’aime beaucoup sa luminosité, ses couleurs et surtout son calme. Je ne saurais trop dire si la femme est vieille ou si ses cheveux sont clairs et ternis parce que à l’ombre, mais j’aime bien la première solution : je pense qu’on est vraiment apte à parler du temps qui passe qu’une fois qu’on a effectivement passé un bout de temps sur Terre ^^ J’adorerais pouvoir vivre de ma plume et passer mon temps à écrire comme cette femme sur le tableau… Croisez les doigts pour moi ❤