Archives de Catégorie: Albums et contes

Les grands livres avec de belles images et de beaux textes, pour les petits et les grands !

La fleur qui me ressemble // Frida // Je suis Camille

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Je vous propose à nouveau un article sur les petites pépites que j’ai trouvées, parmi les albums jeunesse de la bibliothèque où je travaille ^^ Je suis toujours plus fascinée par la créativité des certains de ces ouvrages ; et du coup, je trouve d’autant plus dommage qu’on les réserve aux enfants, qu’une fois adulte on doive s’en détacher à moins de travailler dans le milieu. Bref, lisez des albums 😀

La Fleur qui me ressemble, de Thomas Scotto et Nicolas Lacombe

Résumé : Ce soir, il y aura une foule d’invités.
Il faudra encore être polie et ne pas faire la tête.
Louise préférerait rester seule, seule ou juste avec les fleurs qu’elle aime.
Mais ce soir, une autre fille est là… Mary.
Louise et Mary savent toutes les deux qu’elles devront passer la soirée ensemble. Comme tout le reste, c’est toujours décidé comme ça. Mais tombe cette question inattendue :
— Dis, Louise, tu ne trouves pas ça bizarre que les autres n’entendent pas ce que les murs chantent ?

La soirée qui s’annonçait maussade bascule dans la fête. Louise montre à Mary ses fleurs secrètes cachées derrière sa bibliothèque. Tous ses dessins de vent et d’imagination. Les deux jeunes filles s’emparent des draps du lit et leur donnent vie. Elles dansent, tournent, tournoient, font s’envoler la lumière… La danse de Loïe Fuller est née. Mary et Louise se sont trouvées.

Mon avis : Avec ce bel album j’ai découvert à la fois des illustrations magnifiques, une histoire fabuleuse, et une artiste dont j’ignorais tout. Le livre est un hommage au travail de Loïe Fuller, de son vrai nom Mary Louise Fuller. Incroyablement inventive et créative, elle fut l’une des artistes les plus importantes et les mieux payées du monde du spectacle ; on la connaît surtout pour ses danses fabuleuses, où elle fait tournoie avec des voiles et vêtements d’une amplitude démesurée, évoquant une fleur, un papillon,… Avec l’arrivée de l’éclairage électrique, la lumière joue un grand rôle dans ses représentations. Bref, un album à lire et une belle oeuvre à connaître !

Frida, de Sébastien Pérez et Benjamin Lacombe

Résumé : L’une des plus grandes figures de l’art mexicain du XXe siècle inspire Benjamin Lacombe et Sébastien Perez pour leur nouvelle collaboration. Pour lui rendre hommage, Benjamin Lacombe propose une immersion inédite dans le processus créatif de l’artiste. Une succession de pages découpées et un texte poétique nous entraînent dans les profondeurs de l’âme de Frida Kahlo. À la manière d’un recueil de pensées, le livre explore les thématiques qui sont chères à Frida : l’amour, la mort, la terre, les animaux… Sébastien Perez insère dans son texte des phrases extraites des correspondances de Frida pour restituer de la façon la plus sincère et vraie ce que l’artiste ressentait « par-devers elle et face à elle ».

Mon avis : Sébastien Pérez et Benjamin Lacombe, mes chouchous de toujours ❤ Et comme d’habitude, je me régale avec cette merveille ! Hommage à la grande artiste peintre mexicaine Frida Kahlo, l’objet-livre est tout simplement ma-gni-fique. Pages découpées, progression des illustrations inspirés des tableaux de l’artiste, des couleurs vibrantes et des scènes qui marquent l’esprit. Comment ne pas tomber amoureux ? Le texte est également inspiré des écrits de Frida ; je ne connaissais rien sur elle, ce fut l’occasion d’apprendre et de me passionner pour le personnage. Quelle femme ! Quelle vie ! Et quel livre ❤

Je suis Camille, de Jean-Loup Felicioli

Résumé : L’histoire d’une petite fille née avec un corps de garçon. Un album émouvant et nécessaire.
Cette rentrée est très importante pour Camille. Rejetée par ses anciens camarades d’école qui n’acceptaient pas sa différence, elle espère se faire de nouveaux amis. Heureusement, elle devient rapidement copine avec Zoé, une fille débordant d’énergie. Mais Camille hésite à lui confier son secret…

Mon avis : Un album idéal pour parler aux enfants d’un sujet complexe : l’identité de genre, à ne pas confondre avec l’expression de genre (= comment la personne exprime son genre), et encore moins avec l’orientation sexuelle (= le ou les genres qui nous attirent). Camille est donc une fille trans, c’est-à-dire qu’elle est née garçon, mais se sent fille et veut être désignée comme telle. L’histoire va aborder plusieurs moments délicats pour la jeune fille : son coming out auprès de son amie, les émois amoureux lorsqu’un garçon s’intéresse à elle,… Heureusement, elle est soutenue par ses parents qui comprennent et acceptent le choix de leur fille. Le dessin est très agréable et sert à merveille le récit. A découvrir !

C’est tout pour aujourd’hui, j’espère que les albums vous ont plu et inspirés 🙂 Y en a-t-il un que vous préférez ? Ou un que vous souhaiteriez recommander ? N’hésitez pas à tout me dire en commentaire !

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Les mésaventures de Frédéric // Virginia Wolf // Lotte, fille pirate // Passion et Patience

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ On se retrouve pour un nouvel article où je vous présente des albums jeunesse qui m’ont fait craquer, j’espère que vous aurez envie de les lire vous aussi 😀

Les mésaventures de Frédéric, de Ben Manley et Emma Chichester Clark

Résumé : Dans un grand manoir perdu au milieu d’une forêt, Frédéric vit reclus dans sa chambre. Allongé sur son lit, il s’ennuie. C’est alors qu’un avion en papier lui parvient : Emily, une petite fille qui n’a pas froid aux yeux, lui propose de sortir jouer ! Mais le jeune garçon est inquiet : et s’il attrapait froid ? Et s’il se cassait une jambe ? D’un avion en papier à l’autre, Emily fait tout pour le convaincre de la rejoindre…

J’ai adoré ! L’écriture de l’album m’a captivée : Frédéric et Emily vont échanger des lettres par la fenêtre, mais chacun a son style bien à lui ! Emily envoie des avions en papier avec des mots simples et joyeux, pleins de couleurs ; Frédéric lui répond par des lettres bien soignées, ampoulées, où il témoigne autant de sa bonne éducation que du fait qu’il a une enfance très (trop) protégée. La fin m’a beaucoup fait rire, et les illustrations ne sont pas en reste ! Un bel album qui nous rappelle qu’il est important (enfant ou adulte ?) d’oser s’amuser.

Virginia Wolf de Kyo Maclear et Isabelle Arsenault

Résumé : Virginia, la soeur de Vanessa, est d’humeur féroce – elle grogne, elle hurle à la lune et elle fait des choses très étranges. Elle est prise d’un cafard si intense que toute la maison semble sens dessus dessous. Vanessa fait tout ce qu’elle peut pour lui remonter le moral, mais rien n’y fait. Jusqu’à ce que Virginia parle à Vanessa d’un lieu imaginaire, un endroit merveilleux nommé Bloomsberry…

Avant de lire cet album et de me renseigner dessus, je ne connaissais l’auteure Virginia Woolf que de nom et de renommée. J’ai quelques uns de ses livres dans ma (très ingérable) PAL. Précisons donc que cet album fait implicitement référence à Virginia Woolf, une grande écrivaine féministe, qui a souffert de dépression au cours de sa vie au point de se suicide par la noyade ; elle était cependant très proche de sa soeur peintre, Vanessa.
On retrouve dans l’album, très joliment illustré, le lien complice et tendre qui unit deux soeurs, ainsi que le thème de la dépression, qui peut toucher aussi bien les adultes que les enfants. Quant à Bloomsberry, c’est une référence au Bloomsburry Group, un cercle d’artistes dont Virginia et Vanessa étaient membres. Pour moi, en même temps qu’un bel hommage, l’album nous montre que la créativité est un moyen idéal de s’exprimer, de communiquer, et même de guérir les sombres pensées…

Lotte, fille pirate de Sandrine Bonini et Audrey Spiry

Résumé : Lotte n’est pas une fille comme les autres : dès qu’elle met un pied hors de la ferme de ses parents, en pleine savane africaine, elle file dans son repaire secret retrouver son ami le toucan, Igor l’oiseau de feu – grand danseur de son état. Elle n’a peur de rien, Lotte : ni d’Achille le lion ni d’Horace l’énorme éléphant. Avec eux, elle mène une existence de pirate entre réel et imaginaire, explorations magiques et collections de trésors trouvés dans la nature.
Jusqu’au jour où la rivière, la vraie, déborde encore plus que son imagination… Un album coloré à la gloire de l’imaginaire échevelé des enfants, une belle amitié entre un toucan et une enfant sauvage de la jungle, une aventure à suspense qui culmine dans une émotion magnifique.

Gros coup de coeur pour les illustrations de cet album : colorées et sauvages, elles vous bondissent littéralement aux yeux. J’ai été captivée et encore aujourd’hui je le re-feuillette quand je peux, tellement les images sont vives. Lotte, la petite fille de l’histoire, est le reflet de cette vie qui jaillit, danse et tournoie.

Passion et Patience de Rémi Courgeon

Résumé : Gustave est un ingénieur, il passe son temps à dessiner, crayonner, façonner des structures. Il commence dès le plus jeune âge, en construisant un pont reliant sa maison à celle de ses deux voisines jumelles : Passion et Patience. Tout au long de sa vie et de ses créations, c’est à elles qu’il se confie. Mais si l’une, Passion, n’est qu’emballement et tourbillon, et pousse Gustave à créer toujours plus, la seconde, Patience, est posée, et calme les affres du créateur en lui apportant de la sérénité…

On retourne dans les références historiques avec ici un album en hommage à Gustave Eiffel… même si au début de la lecture on ne s’en doute pas ! L’album se concentrera surtout sur deux héroïnes, et pas des moindres. Passion et Patience sont deux soeurs aussi liées que différentes ; elles sont également l’allégorie des deux sentiments contradictoires qui guideront et présideront à la réalisation de la célèbre tour. L’histoire et les illustrations sont très jolies, et les jumelles captivent très vite 🙂

Voilà pour ce nouveau petit tour d’horizon de mes coups de coeur jeunesse, j’espère qu’ils vous ont plu ^^ N’hésitez pas à m’en conseiller d’autre, je développe une vraie passion pour les albums 😀

La colère de Banshee – La malédiction de l’anneau d’or – Le rêve du poisson

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Depuis quelques semaines, je vous présente des illustrateurs d’albums jeunesse que j’ai découverts en bibliothèque et que j’adore ^^ Le moment est venu de vous présenter tous les titres isolés, trouvés au hasard des emprunts et des lectures, qui m’ont fait chavirer 😀 J’espère que vous aimerez, sachez que j’en ai plein en stock et que j’ai hâte de tous vous les montrer !

La Colère de Banshee, écrit par Jean-François Chabas et illustré par David Sala, publié en 2010

Résumé : Sortie de son palais de cristal, la blonde Banshee est en colère. Et quand Banshee déploie ainsi sa fureur, des éclairs de soleil et d’étoiles dans ses grands yeux d’ambre, alors c’est tout l’univers, ou presque, qui tremble sur ses fondements ! L’herbe sèche s’enflamme à son passage, le sol mouillé grésille sous ses petits pieds. Sous son ire, les rochers des géants s’envolent, les flots et les cieux se teintent d’ouragan. Il se dit même qu’un bébé baleine, là-bas très loin dans une crique de l’autre bord du monde, s’est effrayé de son hurlement cosmique. Ce n’est que plus tard qu’on apprendra, dans un demi-sourire, quelle était la véritable raison de cette colère mémorable…
« En Irlande, pays des enchantements, écrit Jean-François Chabas en conclusion de ce beau livre, la banshee est la plus puissante des fées. La reine des magies, des malédictions, de toutes les merveilles. Aucun homme, pas même un druide, ne peut lutter contre ses pouvoirs. » Dans un grand format qui rend bien justice à la démesure de cette histoire inspirée, les luxuriantes images de David Sala lui donnent la réplique avec un talent consommé.

Alors là, c’est mon chouchou du moment et probablement pour très longtemps ❤ L’histoire est assez simple, mais le texte est très beau, avec une description magnifique de la colère de la jeune Banshee. Et surtout, ce qui m’a conquise dès le début, c’était les illustrations, clairement inspirées de l’oeuvre du peintre Klimt. Belles, poétiques, avec des dorures parce qu’on aime aussi quand ça brille, je n’ai pas assez de mots pour vous dire à quel point je pourrais me perdre dans cet album !

La Malédiction de l’anneau d’or, écrit par Fred Bernard et illustré par François Roca, publié en 2017

Résumé : Cornélia, une jeune fille aveugle, grandit dans un orphelinat aux côtés de Jack, son corbeau, et de son amie Virginia. Un jour, dans une sombre forêt où se dressent des ruines mystérieuses, Cornélia parvient à retirer de son socle de pierre un anneau d’or pourtant inamovible. Elle développe alors d’inquiétants pouvoirs… Sous prétexte de la désensorceler, le mystérieux Génius l’emmène avec lui au loin, l’arrachant à ses amis chers.
Quand Virginia peut quitter l’orphelinat, elle chevauche à travers le monde avec Jack pour retrouver Cornélia… et découvrir son terrible destin.

Un conte magnifique, porté par des illustrations que j’ai adoré du début à la fin ! C’est exactement le genre d’histoire que j’aime, avec des personnages intrigants et attachants, de la magie, du mystère, une touche de sombre, bref que du bon ^^ Les images dégagent beaucoup de douceur, mais elles fascinent aussi :3

Le Rêve du Poisson, de Anne Brouillard, publié en 2009

Résumé : Colin et sa soeur Orphie ont une passion : vernir les cailloux qu’ils ramassent derrière la maison. Un jour, Colin en brise un, libérant ainsi le rêve d’un poisson conservé là depuis des millénaires. La maison se transforme alors en sous-marin et Colin y croise d’étranges visiteurs…

Un album un peu inquiétant, j’avoue que les dessins étaient aussi intrigants que parfois malaisants ; mais le jeu des silhouettes de poissons cachées un peu partout m’a beaucoup plu, ça m’a un peu rappelé les dessins d’Escher ^^ L’histoire est très originale et j’ai beaucoup aimé le principe : le rêve d’un animal depuis longtemps disparu, qui se propage petit à petit et « contamine » la réalité. C’est un peu effrayant, mais d’un autre côté on aimerait que le rêve se prolonge un peu, juste pour voir ^^

J’espère que ces trois présentations vous ont plu, et qu’elles vous ont donné envie de lire les albums ! Est-ce que vous les connaissiez déjà ?

Lud-En-Brume

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Après ce samedi, je suis en congés pour une semaine, je vous dis pas comme je compte les jours ! J’ai hâte de me poser enfin, de réussir à ne plus penser boulot sur plus de 24h (ça c’est pas dit, mais on va essayer) !

Nouvelle chronique littéraire ! Aujourd’hui je vous propose de découvrir un roman un peu particulier : ni plus ni moins qu’un précurseur de la fantasy, et écrit par une femme en plus ❤ Je l’ai découvert totalement par hasard en bibliothèque, ça fait partie de ces petites pépites dont je me souviendrai longtemps ^^ Il s’agit de Lud-en-Brume, paru pour la première fois en 1926. C’est le roman le plus connu de l’autrice anglaise Hope Mireless (1887-1978). Cerise sur le gâteau, le livre a bénéficié d’une belle réédition en 2015, avec des illustrations de Hugo de Faucompret (dont vous pouvez retrouver le travail sur sa page Instagram).

Résumé : Aux frontières de la Faërie, Lud-en-Brume est une cité prospère et paisible. Mais les secrets hérités du royaume voisin ne sauraient rester indéfiniment dans l’ombre. Les fruits féeriques, drogue nocive et bannie de la société luddite, circulent dans la région. Ranulph semble en être victime, et son père, le Maire Nathaniel Chantecler, qui faisait jusqu’à maintenant régner la Loi d’une poigne molle et tranquille, se doit bientôt de faire l’impensable pour sauver son fils et sa cité. Mais heureusement pour Lud-en-Brume, Nathaniel est doté d’un esprit des plus pragmatiques… et d’une tête dans la lune.

Mon avis :

Un bon roman de fantasy, c’est bien. Un bon roman illustré de fantasy, c’est mieux ! Et j’ai été totalement charmée par les illustrations de Hugo de Faucompret : il y en a peu, mais chacune nous dépayse un peu plus. En effet, on s’attend à un récit plutôt victorien, étant donné la description qui est faite de la bonne société de Lud-en-Brume ; et pourtant, les illustrations nous montrent des personnages plus proches d’une espèce de medieval fantasy asiatique ou orientale. Bref, j’adore ! A l’instar des protagonistes, nos certitudes sont bousculées pour mieux nous entraîner dans un monde onirique ^^

L’écriture de Hope Mireless est très agréable, complexe mais aussi entraînante, elle convient parfaitement à ce genre de récit où la féérie se devine et joue avec nos perceptions, plutôt que de se dévoiler crument. L’histoire est celle de la ville de Lud-en-Brume, gouvernée par une élite hypocrite et rationnelle jusqu’au ridicule ; sans surprise, il y a une critique sociale en sous-texte. De l’autre côté des montagnes qui forment une frontière naturelle à la région, il y a la Faërie, avec laquelle Lud-en-Brume partageait autrefois des liens très forts ; la Faërie, un pays étrange, aussi farfelu et bizarre que ses voisins se veulent sérieux et bourgeois. Les fruits féériques provoquent des hallucinations, déconnectent complètement de la réalité et des conventions : autant dire que c’est le mal à l’état brut pour les luddites, qui vont jusqu’à nier l’existence de ces fruits, comme pour mieux les cacher sous le tapis. Aussi, lorsque le trafic de ces fruits prend de plus en plus d’ampleur, les respectables notables de la ville sont complètement désemparés… encore plus lorsque leurs propres enfants y goûtent et apportent la honte sur leur famille.

J’adore ce genre de récit qui oppose les conventions, la société, et la nécessaire part de folie, de chaos qui peut et doit exister en chacun de nous. Les personnages peuvent paraître cliché pour certains, mais ça me fascine de voir leurs réactions face à la révolution qui s’annonce, leurs machinations, leurs prises de consciences,… Ceci dit, Nathaniel Hawthorne est à part dans cette ménagerie : sous le vernis bien pensant, c’est un homme tourmenté par un son étrange, un rêveur et un esprit espiègle. C’est aussi un père aimant, quoiqu’on voit vite qu’il tient plus à son fils, son héritier, qu’à sa fille. Mais je suppose qu’ici, ce sont le contexte du récit et le contexte d’écriture qui jouent.
L’intrigue a quelque chose de machiavélique, on voit moins la propagation des fruits féériques que leurs effets surprenants et un peu inquiétants sur ceux qui les mangent ; c’est aussi une enquête pour trouver qui est responsable, et empêcher qu’il ne fasse disparaître plus de victimes. La folie progresse dans Lud-en-Brume de façon inexorable ; Nathaniel lutte au départ, pourtant cette folie trouve un certain écho en lui. C’est aussi son courage et sa ténacité qui se révèlent, longtemps endormis sous la couche des convenances. A son contact ou poussés par la situation, les autres personnages aussi révèlent des facettes inattendues d’eux-mêmes.

Un conte merveilleux pour adulte, une enquête aux accents de fantasy, il y a tout pour me plaire ❤ Quelque part ce roman me rappelle beaucoup Délius : Une chanson d’été de Sabrina Calvo, que je vous conseille tout autant ! Je suis heureuse d’avoir découvert ce titre, encore plus de l’avoir trouvé totalement par hasard ^^

Deux beaux albums de Frédéric Clément

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Aujourd’hui un petit article court, mais j’espère qu’il vous plaira quand même ^^ En effet, je vous présente un nouvel auteur d’albums jeunesse qui a fait chavirer mon coeur, mais je n’ai lu que deux de ses merveilles ! Deux histoires, et pourtant rien qu’avec l’une ou l’autre j’étais déjà amoureuse 🙂 Je meurs d’envie de découvrir les autres albums de l’auteur ^^

Artiste multiforme, Frédéric Clément (né en 1949) explore et conjugue depuis des années écriture poétique, illustration et photographie. Est admirée la qualité esthétique de son univers singulier et raffiné, loin des modes. Parmi ses nombreux livres on trouve : Magasin Zinzin (1995), Auriez-vous Ça (2015), Métamorphoses (2015). Le petit dernier, sorti en 2018, s’intitule Boutique Tic Tic. Il a également de nombreux romans à son actif, par exemple le très intrigant Grains de beautés et autres minuties d’un collectionneur de mouches, paru en 2007.

Chapellerie pour dames de coeur, chats bottés et enfants songes, de Frédéric Clément, paru en 2010

Résumé : Le vent du Nord est le plus grand voleur de chapeaux de tous les temps. Collectionneur, le matin de ce lundi-là, il se retrouve prisonnier dans le chapeau melon de M Magritte. En échange de sa liberté, il est prêt à donner sa collection de couvre-chefs rocambolesques : le chapeau transatlantique, le Mamamouchi, le chapeau turc et fou, le feutre de d’Artagnan et même le précieux Lacrima Bibi à voilette ! Une chapellerie poétique et farfelue, superbement conçue par Frédéric Clément, créateur du déjà célèbre « Magasin zinzin ».

Comment vous dire à quel point c’est un coup de coeur ? J’adore les albums de ce style qui énumèrent et détournent des histoires et mythes déjà connus, avec humour et poésie. De quoi défouler l’imagination avec des chapeaux en tout genre et pour tous les goûts, même les plus impossible ! Et surtout, de superbes illustrations à base de tissus et collages, dont il émane une douce fantaisie. A lire absolument, et à re-lire encore ❤

Petite Touche : Histoire du bout des doigts, de Frédéric Clément et Vincent Tessier, paru en 2016

Résumé : Petite Touche est une enfant qui ne voit pas mais qui a des doigts aussi sensibles que des moustaches de souris. Impatiente et joueuse, prête à tout imaginer, elle s’ennuie.
Un jour, un corbeau vient la voir et une complicité s’installe entre eux. À chaque visite, l’oiseau lui offre des bricoles, des bidules, des petits riens qu’elle touche et « lit » du bout des doigts… Ainsi, elle traduit l’histoire fantastique racontée par le corbeau par l’intermédiaire des objets apportés : il y est question d’un marabout voleur de chants d’oiseaux, d’un sortilège cruel, et d’une fillette chapeautée d’un oiseau qui part libérer toutes les voix emprisonnées… 
Un conte baroque dans lequel Frédéric Clément provoque la rencontre de deux personnages forts et attachants : une petite fille aveugle et un oiseau sans voix.

Un coup de coeur encore une fois, une histoire aussi belle que riche ! Et surtout, elle est magnifiquement illustrée par des les illustrations oniriques du récit et les photos des objets que le corbeau rapporte à l’héroïne. Des coquillages, des fleurs, des insectes, des pierres, des morceaux de bois, qui sous les doigts de la jeune fille racontent un conte fabuleux. Rien que de vous en parler, j’ai envie de m’y replonger ❤

Bref, pour tout vous dire je ne m’étais même pas aperçue que les deux albums étaient du même auteur, je les avais piochés l’un et l’autre totalement au hasard, à plusieurs semaines d’intervalle. Mais ça m’a menée à d’autres découvertes, des albums et des romans, un univers de collectionneur rêveur que je meurs d’envie de lire ! Et vous, qu’en pensez-vous ? ❤