Archives de Tag: guerre

Le Coeur perdu des automates

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Je suis tombée sur une petite pépite au boulot : un cahier de mutation de propriétés (un genre de registre immobilier tenu par les mairies) datant de 1819 ! Ca fait tellement bizarre de voir l’écriture manuscrite et de se dire qu’elle date de plus de 200 ans, qu’il y avait un clampin qui tenait ce cahier exactement comme moi aujourd’hui… mais en bien meilleur état parce que là les plats de couverture ont l’air d’être passés à l’éponge métallique ^^’ Bon par contre ça n’atteint pas mon copain qui m’a regardée comme une folle quand j’ai essayé de lui dire pourquoi je trouvais ça émouvant XD

Nouvelle chronique littéraire ! Voici un petit roman que j’avais hâte de lire, je le voyais passer et repasser, entre couverture qui attire l’oeil et critiques alléchantes, et comme d’habitude, j’ai fini par craquer XD Voici Le Coeur perdu des automates de Daniel H. Wilson, paru en 2018. La couverture nous le jette un peu à la figure, donc spontanément je pensais que c’était du steampunk, mais en fait c’est plus une vague esthétique de rouages qu’une vraie intrigue basée sur les codes du genre ; on pourrait dire que c’est de la science-fiction puisque il y est question d’automates fonctionnant avec une technologie mystérieuse, mais d’un autre côté, tout ça semble s’apparenter à une ancienne magie donc… j’avoue que je suis confuse sur le genre dans lequel je dois classer ce roman ^^’ Lire la suite

Déracinée

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Je commence mon stage au Village du Livre de Sablons, vous connaissez ? C’est un endroit très particulier, un mix entre un musée, un cabinet de curiosité et une librairie : surtout de vieux livres, mais il paraît que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes 😉 Ils ont rénové de vieux silos d’usine pour entreposer les livres et le bâtiment en pierre est magnifique, il y a même des expositions ^^

Nouvelle chronique littéraire ! Aujourd’hui je vous propose un livre qui m’a très longtemps fait de l’oeil, je le voyais encore et encore sur la table des nouveautés (pour sa sortie poche) de la librairie, et finalement, enfin, par un beau jour, j’ai craqué. Voici Déracinée de Naomi Novik, un roman de fantasy sorti en 2018 en France. C’est un one-shot, une qualité suffisamment rare pour être appréciée 🙂 Je ne savais absolument pas dans quoi je me lançais, mais je ne regrette absolument pas : c’est un coup de coeur ❤ Lire la suite

La Guerre du Pavot

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Je suis de nouveau en recherche d’emploi, mais je ne peux pas m’empêcher de profiter à fond de ces journées où j’ai tout mon temps pour moi. Il paraît que beaucoup de gens s’ennuient quand ils cherchent du travail, moi j’essaie surtout de rattraper tous les livres que je veux lire, les projets que je veux terminer, le concours à réviser… J’aime tellement ces journées où je peux juste rester chez moi et ignorer le reste du monde. Même ma boîte mail me terrorise en ce moment ^^’

Nouvelle chronique littéraire ! Un roman choisi totalement au hasard au rayon fantasy de ma librairie, et j’ai eu la main heureuse 😀 Voici La Guerre du Pavot de Rebecca F. Kuang, une auteure américaine d’origine chinoise. Il est sorti en juin 2020 aux éditions Actes Sud, et c’est le premier tome d’une trilogie. Et j’ai adoré grave ^^ Lire la suite

Le Chant des Fenjicks

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Ca y est, j’ai encore craqué. J’ai commencé non pas une, non pas deux, mais bien trois nouvelles séries de mangas. Mon cas est désespéré. Bon, en soi, y en avait trois que je vais bientôt terminer donc bon, voilà… Le pire c’est que j’entretiens aussi les collections de mangas de mon copain : je suis à fond sur ses séries aussi, du coup j’achète la suite avant même qu’il ne s’en rende compte qu’elle est disponible X’D Mais au moins, j’attends qu’il ait lu les nouveaux tomes avant de les lui piquer 😛

Nouvelle chronique littéraire ^^ Comme vous le savez, j’ai bien profité de mon travail en librairie pour lire des sorties récentes ! Bien entendu, le rayon de fantasy et de science-fiction a eu toutes mes préférences, sans le moindre scrupule 😀 J’ai pioché au petit bonheur la chance dans les rayons, parfois sans même lire le résumé, et voici l’une de mes trouvailles : Le Chant des Fenjicks de Luce Basseterre, publié en 2020 aux éditions Mnémos ! Il s’agit en fait d’une préquelle d’un de ses précédents romans, La Débusqueuse de Mondes, mais ça ne pose absolument aucun soucis pour la lecture… et même ça donne envie de lire la suite ! Luce Basseterre est une auteure française de romans et nouvelles de science-fiction, et je suis assez contente de découvrir plus de noms féminins dans la SF 🙂 Lire la suite

Un peu de poésie épuisée : Lettre d’un soldat

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Bien le samedi bande de poésies, nouveau bonjour et nouveaux gens ^^ J’espère que vous allez bien ? On se retrouve pour un nouveau poème qui m’a tapé dans l’oeil, je gardais celui-ci sous le coude depuis un moment en plus !

Connaissez-vous Sandrine Davin ? C’est une poétesse française née en 1975, et qui a déjà publié 7 recueils ; le dernier, sorti en 2017 porte le titre très intrigant Chut… Sa poésie est très inspirée des tankas, des poèmes japonais qu’on pourrait qualifier d’ancêtres des haïkus, et qui se caractérises par cinq vers où 31 syllabes ou sons sont répartis de cette façon : 5 – 7 – 5 -7 – 7. Je vous recommande ce lien où vous avez plusieurs exemples de ses tankas, et une petite interview qui vous permettra de découvrir un peu mieux le personnage 🙂 Ses poèmes sont étudiés dans les écoles primaires, et elle est diplômée de la Société des Poètes Français pour le poème que je vous présente aujourd’hui ^^ Ce n’est pas un tanka, mais je suis sûre qu’il vous plaira quand même ! Il s’agit d’un poème en vers libres qui date de 2010 et qui s’intitule « Lettre d’un soldat ».

Sur un sol nauséabond
Je t’écris ces quelques mots
Je vais bien, ne t’en fais pas
Il me tarde, le repos.
Le soleil toujours se lève
Mais jamais je ne le vois
Le noir habite mes rêves
Mais je vais bien, ne t’en fais pas…

Les étoiles ne brillent plus
Elles ont filé au coin d’une rue,
Le vent qui était mon ami
Aujourd’hui, je le maudis.

Mais je vais bien, ne t’en fais pas…

Le sang coule sur ma joue
Une larme de nous
Il fait si froid sur ce sol
Je suis seul, je décolle.

Mais je vais bien, ne t’en fais pas…

Mes paupières se font lourdes
Le marchand de sable va passer
Et mes oreilles sont sourdes
Je tire un trait sur le passé.

Mais je vais bien, ne t’en fais pas…

Sur un sol nauséabond
J’ai écrit ces quelques mots
Je sais qu’ils te parviendront
Pour t’annoncer mon repos.

Je suis bien, ne t’en fais pas…

Ce poème m’a beaucoup plu, j’y retrouve les thèmes qui me séduisent dans la poésie. Sandrine Davin indique dans son interview qu’elle s’inspire notamment de Baudelaire et Prévert, et sans être une experte j’ai l’impression que ça se voit dans ces quelques lignes. Pour mon plus grand bonheur, car je suis une grande fan de Baudelaire ❤ Le poème est chantant, à la fois par le jeu des sonorités qui reviennent et la ritournelle du soldat « je vais bien, ne t’en fais pas ». Comme s’il cherchait encore et encore à rassurer la personne aimée, alors que lui-même glisse doucement vers son dernier sommeil. La scène est incroyablement calme et paisible, pas effrayante mais très triste pourtant. Le soldat est déjà loin de la réalité : il ne voit ni n’entend ce qui l’entoure, tout juste peut-il encore sentir l’odeur du sol (il paraît que l’odorat est un des sens les plus forts) et le vent qui sans doute est douloureux sur ses blessures. Ses mots se font de plus en plus rêveurs et lointains : les étoiles, puis lui qui s’envole, et enfin le marchand de sable, pourtant il est toujours allongé sur le sol, son corps est une prison dont il se libère peu à peu. Pour lui, tout est déjà fini, alors ses pensées se tournent vers la seule personne qui compte, et dont on ignore tout, le sang versé devenant les larmes de leur séparation.

Quelle casse-tête pour illustrer ce poème ! J’ai longtemps cherché, et j’ai fini par trouver satisfaction avec ce tableau d’Emile Betsellère, peint en 1873 et appelé L’Oublié. Le titre fait référence à l’histoire du modèle, Théodore Larran. Larran avait été un soldat de la guerre de 1870 : blessé sur le champ de bataille, les ambulances l’oublient et il ne doit son salut qu’à une infirmière qui le sauve in extremis, et qu’il épousera par la suite. Betsellère avait été marqué par cette histoire, lui-même ayant participé à cette guerre et y ayant laissé sa santé au passage. Le tableau m’a frappé pour l’expression du soldat. Il a l’air endormi ou au seuil de la mort, allongé sur le champ de bataille ; pourtant il se redresse comme s’il apercevait une lueur au loin. Est-ce l’infirmière, l’être aimé du poème qu’il aperçoit dans une dernière hallucination ? Ou plus simplement le repos bienvenu de la mort ?

Ce poème va peut-être en évoquer un autre à certain d’entre vous, un poème qu’on étudie encore et encore à l’école : Le Dormeur du Val d’Arthur Rimbaud. J’avoue que j’ai souvent du mal avec la poésie de Rimbaud, mais ce poème est particulièrement beau ❤ Je vous le reprend ci-dessous, avec une illustration d’un auteur qui s’appelle GregM (je vous laisse le lien de son site, même si j’ai l’impression qu’il n’est plus actif maintenant) :

C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.