Archives de Catégorie: Historique

Les Dames de Kimoto

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! C’est fou les choses sur lesquelles je tombe au Village du Livre où je travaille : la double étiquette musée-librairie n’est pas simple à définir, mais à force de tomber sur des livres du XVIIIe siècle ou même une dédicace de Dali (oui oui, même si au début j’ai cru que c’était un vieux gribouilli), on commence à se faire une petite idée XD Bon après on a des trucs plus « normaux », rassurez-vous 😀 D’ailleurs, je suis récemment tombée sur un recueils de poèmes auto-édité pas mauvais du tout : j’ai craqué… encore ^^’

Nouvelle chronique littéraire ! J’avais envie de lire un peu plus de littérature japonaise. En ce moment, j’ai envie de lire des romans d’ailleurs, que ce soit la forme ou le fond, mais surtout la forme. J’ai pioché au hasard et j’ai découvert Les dames de Kimoto de Sawako Ariyoshi, sorti en France en 2018 et publié pour la première fois en 1959 au Japon. L’auteure est une figure majeure de la littérature nippone, et chacun de ses livres met en valeur une facette de la société japonaise. Reprenant souvent des personnages principaux féminins, elle critique notamment des valeurs patriarcales traditionnelles qui enferment les femmes dans des carcans de soumission et de docilité ; cependant, elle montre aussi les répercussions des normes sur les hommes, son œuvre n’est donc pas strictement centrée sur l’émancipation féminine. De plus, elle témoigne malgré tout d’un certain attachement aux arts traditionnels pour leur beauté et leur délicatesse. Morte en 1984, elle laisse derrière elle plus d’une centaine d’œuvres d’écriture.
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Premières lignes… #163

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Château de Rannoch
Perthshire
Ecosse
Avril 1932

Il y a deux inconvénients à être un membre mineur de la famille royale d’Angleterre.
Pour commencer, on est censé se comporter comme il sied à quelqu’un appartenant à la royauté, sans que vous soient donné les moyens de le faire. On attend de vous que vous embrassiez des bébés, fassiez acte de présence au château de Balmoral (vêtu d’un kilt, comme il convient) et portiez des traînes lors des mariages. Les moyens de subsistance ordinaires ne sont pas vus d’un bon oeil. Il n’est par exemple pas autorisé de travailler au rayon des cosmétiques d’un grand magasin londonien comme Harrods, comme je m’apprêtais à le découvrir.
Lorsque je me hasarde à faire observer l’injustice de cette situation, on me rappelle le second point de ma liste. Apparemment, le seul destin acceptable d’une jeune femme de la Maison Windsor consiste à épouser un membre d’une des autres Maisons royales qui, semble-t-il, parsèment encore l’Europe – bien qu’il ne reste de nos jours que très peu de monarques régnants. Même une Windsor aussi insignifiante que moi est une prise séduisante pour ceux qui souhaitent forger une alliance précaire avec la Grande-Bretagne en ces temps instables. On me répète sans cesse qu’il est de mon devoir de faire un bon mariage avec un membre parfaitement affreux d’une famille royale européenne – un individu à demi aliéné, aux dents de lapin, dépourvu de volonté et de courage – et ainsi de nouer des liens avec un ennemi potentiel. c’est ce qu’a fait ma cousine Alex, la pauvre. Son exemple tragique m’a servi de leçon.
Avant d’aller plus loin, je suppose qu’il faut me présenter. Je suis Victoria Georgiana Charlotte Eugénie, fille du duc de Glen Garry et Rannoch – mais tout le monde me surnomme Georgie. Ma grand-mère était la moins attirante des filles de la reine Victoria et par conséquent ne réussit jamais à prendre au piège un Romanov ou un Kaiser, ce dont je lui suis infiniment reconnaissante – et j’imagine qu’elle le fut elle aussi. On la casa alors avec un maussade baron écossais, à qui l’on offrit un titre de duc afin qu’il acceptât de débarrasser la vieille reine de ma grand-mère. Elle mit consciencieusement au monde mon père, le deuxième duc, avant de succomber à l’une de ces maladies que provoquent les alliances consanguines et un excès de grand air. Je ne l’ai jamais connue. Je n’ai jamais rencontré non plus mon terrifiant grand-père, bien que les domestiques affirment que son fantôme hante toujours le château de Rannoch et joue de la cornemuse sur les remparts (ce qui est en soit étrange, étant donné qu’il n’en avait jamais joué de son vivant). Lorsque je naquis au château de Rannoch – la demeure familliale, encore moins confortable que le manoir royal de Balmoral -, mon père, désormais duc, était fort occupé à dilapider la fortune dont il avait hérité.

Premières lignes… #161

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Montréal, automne 1942

Je vais partir.
Je dois partir.
Tout laisser derrière, tout quitter, faire le vide autour de moi pour retrouver ma dignité et tout recommencer.
Je vais fuir comme si j’étais coupable. Je suis peut-être coupable d’avoir trop aimé.
On me dit forte et c’est comme si j’entendais le reproche dans la voix. Je n’ai besoin ni de sollicitude, ni de soins, ni de présence inquiète, alors que je ne suis d’aucun intérêt. Par contre, on attendait de moi que je sois efficace alors qu’on attendait des autres qu’ils soient malades. Et n’est-ce pas que j’ai été efficace tout au long de ces années ? Malgré cela, j’ai l’impression que c’est un crime que d’être forte et en santé. J’ai l’impression qu’on me montre du doigt. Je suis celle qui dérange le cours établi des choses. Je suis différente. Mais je crois bien que ma force, cette pulsation que je sens battre en moi et qui accompagne celle du coeur, elle me vient justement de cette différence.
Peut-être…
Pourtant, je vais partir comme on quitte le bateau qui fait naufrage. Sentiment d’urgence pour sauver ma peau.
J’essaie de me souvenir, de rattacher ce pitoyable présent à quelques doux moments de l’enfance qui pourraient expliquer, atténuer la souffrance. Pour l’instant, il n’y a rien de précis. Une espèce de grisaille envahit ma tête, telle la brume opiniâtre qui gomme les côtes du nord de l’Atlantique alors qu’on avait prédit le soleil. J’essaie encore. Il doit bien y avoir quelque chose, un instant magique, un main qui s’égare sur mes cheveux, un lever du jour partagé en chuchotant…
Un souvenir s’impose, remonte en moi comme un haut-le-coeur souhaité afin de soulager l’inconfort.
Pourquoi est-ce l’image de ma soeur Emilie qui s’imprime sur l’écran de mes souvenirs ? Je veux me rappeler de mon enfance et c’est elle qui prend la place, qui envahit l’espace de mes émotions. Emilie bébé, Emilie enfant… D’aussi loin que je me souvienne, il y a Emilie dans l’ombre. Ma soeur, celle qui aurait pu être mon amie, ma complice.
Une étrangère…
J’aurais tant voulu réussir à la protéger, mais je n’ai pas su. D’être des étrangères l’une pour l’autre était peut-être une réalité que seul le temps pouvait me faire comprendre petit à petit… Emilie était si différente de moi. Elle était une passive alors que déjà je trépignais devant la vie. Elle était si petite ! J’avais l’impression que sa fragilité rejoignait sa vulnérabilité.
Et voilà que les souvenirs qui se refusaient à moi il y a quelques instants refluent brusquement en un torrent impétueux.

L’homme qui mit fin à l’Histoire

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Je suis en train de découvrir une nouvelle série avec une histoire de maison hantée, vous savez comme je les adore 😀 Elle s’appelle Typewriter, c’est une série indienne diffusée sur Netflix, vous connaissez ? J’en ferai une chronique bien sûr, mais si vous connaissez d’autres séries sur des histoires de fantômes ou de maisons hantées, je suis preneuse ❤ Et d’ailleurs, j’ai un petit projet pour une nouvelle catégorie sur le blog, vous me direz d’ici quelques mois ce que vous en pensez 😉

Nouvelle chronique littéraire ! Aujourd’hui je vous retrouve pour une nouvelle novella de la collection Une Heure Lumière des éditions le Bélial’ ^^ Si vous ne l’avez pas encore découverte, je vous la conseille absolument : le principe est de regrouper des textes courts de science-fiction, souvent primés par des récompenses littéraire comme le prix Hugo ou le prix Nebula par exemple. La novella que je vais vous présenter ici s’intitule L’Homme qui mit fin à l’histoire, elle a été écrite par Ken Liu en 2011 et traduite en français en 2016. D’ailleurs, l’auteur a publié l’année suivante dans la même collection une autre novella intitulée Le Regard, et en 2015 il a sorti un recueil de nouvelles qui a fait pas mal de bruit, La Ménagerie de papier. Si j’ai choisi de vous parler de cette novella en particulier, c’est parce que le thème abordé est très particulier, et met en valeur un évènement méconnu de l’Histoire, en particulier par les Occidentaux. Lire la suite

Là où les esprits ne dorment jamais

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Je sais que parmi les gros lecteurs, certains prévoient à l’avance leurs lectures du mois ou de la semaine. Moi j’en suis incapable, je n’aime pas m’imposer tel ou tel livre si mon humeur ne correspond pas… ce qui fais que je me retrouve régulièrement devant mon étagère à tourner sur moi-même comme une girouette, en quête de ma prochaine lecture ^^’ Et comme ma PAL est énorme, j’en suis à un point où quand je choisis un livre j’entends les soupirs de déception de tous les autres… Sisi, j’ai pris mes cachets, je vous jure !

Nouvelle chronique littéraire ! Aujourd’hui un roman qui m’a longtemps fait de l’oeil, j’avais hâte de pouvoir mettre la main dessus 🙂 Il y a tout pour me plaire, entre le spiritisme, l’illusionnisme et l’enquête historique menée en pleine époque victorienne. Je vous présente aujourd’hui Là où les esprits ne dorment jamais de Jonathan Werber, publié en France en 2020. Si le nom de l’auteur vous dit quelque chose, c’est parce qu’il s’agit du fils de Bernard Werber, un auteur très connu pour ses romans intrigants et angoissants, notamment la Trilogie des Fourmis ou celle de la Troisième Humanité. Alors comment le fils va-t-il prendre son envol littéraire ? :3
Ce premier roman réunit plusieurs figures majeures de la fin du XIXème siècle : d’une part les soeurs Fox qui ont initié la mode du spiritisme : les tables tournantes et les esprits qui frappent trois fois, ce sont elles ! Elles ont influencé le monde entier, notamment Victor Hugo et même Arthur Conan Doyle 😛 Et d’autre part les détectives Pinkerton, qui ont marqué l’histoire et se sont distingués en utilisant des techniques d’infiltration pour parvenir à leurs fins ; parmi leurs succès ils eurent cependant une sinistre réputation en se mettant au service du patronat pour briser plusieurs mouvements de grève. Et avec tout ça, une petite touche de magie et d’illusion qui n’est pas sans rappeler Le Prestige (je parle du film avec Christian Bale, je n’ai malheureusement pas encore eu l’occasion de lire le livre). Avec tout ça, ça ne pouvait être qu’un bon roman ❤ Lire la suite