Archives de Catégorie: Peintres et dessinateurs à découvrir

Ici vous trouverez des artistes qui me plaisent et que j’ai envie de partager avec vous : peintres, graphistes, illustrateurs en tout genre, j’espère qu’ils vous feront vibrer autant que moi <3

Un peu de poésie mélancolique : Fantômes

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Bien le samedi bande de poésies, nouveau bonjour et nouveaux gens 😀 J’espère que vous allez bien ! Ca faisait longtemps qu’on n’avait pas parlé poésie, je papillonne beaucoup sur les romans et les mangas depuis un moment, mais de temps en temps je retrouve l’envie de chercher de jolis textes ^^ J’ai trouvé un site très sympa dernièrement et j’avais envie de le partager avec vous : Oniris ! C’est un site d’écriture amateur pour des poésies et des nouvelles ; j’y ai trouvé récemment une très belle poésie : « Fantômes » de Myndie.

Je me souviens d’avoir aimé
les échos obsédants des silences d’ébène,
sommeil qui se fracasse en mille éclats de vers,
au long des nuits de laque noire ;
les matins frissonnants au teint de tourterelle,
les aiguilles du jour qui fendent les persiennes
et le café brûlant aux cirrus d’obsidienne.

Je me souviens d’avoir aimé
l’horizon capiteux des étés d’étincelles,
les spasmes de lumière en valse magnétique,
le piano de la pluie qui plaque ses sanglots
sur les portées d’asphalte
et puis se carapate en ruisseaux clapotants.

Et le goût rouge des cerises.

Je me souviens d’avoir aimé
au mitan de l’hiver le lamento du vent,
quand la table gorgée de rustiques fumets
endurait nos défis et nos insurrections,
dans la tiédeur feutrée de son cocon de brique.

Et le sourire de ma mère.

Une mélancolie à mémoire de forme,
invisible ressac, martèle son tourment
comme si cette absence avait plus de mille ans.
Et je hais cet exil.

Toi mon premier amour, je te dois cette grâce
d’avoir empli ma vie d’encriers à saigner
pour sonder les limons de marigots amers.
Ne redoute jamais les sursauts de mon âme,
les fatras de mes rêves ; ils ne sont pas l’oubli.

J’écris à mots comptés, j’ai peur de déranger
ton silence, trop grand pour moi.

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J’ai senti le déclic dès les premières lignes ❤ Les métaphores coulent et filent comme un cours d’eau, les couleurs qu’elles évoquent en particulier me font chavirer. Les sonorités sont magnifiques et on sent tellement d’émotions derrière le flot des paroles et des images. Nostalgie du temps passé, de la nuit et du réveil, de la pluie en été, des moments passés ensemble dans un cocon chaud. L’auteure explique dans un commentaire que le premier amour est en fait sa mère, et que les souvenirs se bousculent tellement qu’elle a besoin d’écrire pour y mettre de l’ordre. Derrière les mots, on voit la mélancolie, le vide, l’amour. Je trouve ce poème tellement beau, comme une musique, avec des évocations très personnelles et pourtant j’ai l’impression de m’y retrouver intimement. Myndie a écrit beaucoup d’autres textes et je vous invite à aller les découvrir sur Oniris :3

J’ai trouvé que cette image résonnait bien avec le poème et la perception que j’en avais. Elle semble elle aussi empreinte de nostalgie et de silence, tandis que le personnage se perd dans sa contemplation et ses souvenirs. On retrouve l’écriture aussi, avec les carnets, les feuilles et le stylo posé à côté. Les couleurs sont au rendez-vous et font écho au poème : l’horizon capiteux, les spasmes de lumière, le sommeil fracassé en mille éclats, la couleur rouge des cerises, la chaleur et le silence si grand. Il émane de cette image sérénité et douceur, comme pour venir apaiser la tristesse du manque. Après tout, les bons souvenirs ne sont pas que douloureux. Cette image n’a malheureusement pas de nom, mais elle est l’oeuvre de Sylar113 que vous pouvez retrouver sur DeviantArt. C’est l’un des artistes que je suis, j’adore son travail ❤ Malheureusement ça fait un moment qu’il ne poste plus rien, mais je continue d’espérer ! Voici une de ses créations que j’aime particulièrement, regardez attentivement pour le changement de perspective :3 

Un peu de poésie page blanche : A nous deux !

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Bien le samedi bande de poésies, nouveau bonjour et nouveaux gens ! Aujourd’hui je vous propose un poème que pour une fois je n’ai pas trouvé sur Internet : il vient d’un recueil que ma p’tite Maman m’a offert 🙂 Il s’agit d’un ouvrage de Etienne Paulin, écrit en 2019 et intitulé . Et je vous avoue que j’ai énormément ri en découvrant le titre du recueil, on dirait tellement un passage de dessin animé où le personnage s’énerve et hurle « MAIS C’EST LAAAAA ! » Bref, revenons à la poésie ^^

Né en 1977, Etienne Paulin est un poète et un enseignant angevin, ses passions sont la musique et la poésie. Il a publié ses textes dans plusieurs revues, et est son troisième recueil. Ses poèmes sont assez particuliers et éloignés de ceux que je lis d’habitude. Ici le texte est plus haché, plus déroutant, et en même temps on sent que le poète essaie de retranscrire son vécu. Il y a notamment toute une série de poèmes qui tournent autour d’un même accident de voiture, sans doute un évènement qui a marqué profondément Etienne Paulin, assez pour qu’il ait besoin d’en parler dans plusieurs textes. Pourtant, j’avoue que j’ai eu du mal à trouver un poème qui me plaise dans le recueil, et finalement celui dont je vais vous parler est le seul qui m’ait sauté aux yeux, j’ai accroché d’une manière spéciale et très différente de mes autres coups de cœur poétiques ! Voici « A nous deux ! »

ce poème
il te regarde d’un drôle d’air et dans le blanc des yeux

fais ce que tu veux
en attendant il te regarde

et t’aura regardé

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce poème a l’art de vous impliquer ! Ici, ce n’est pas une poésie qui parle à nos sentiments ou qui exprime ce que nous ressentons, c’est une poésie sous forme de face à face, presque comme une menace. Presque seulement, en réalité je le perçoit moins comme une menace que comme une confrontation avec soi-même : le but de la poésie ou de l’art en général est souvent de nous remettre face à nous-même, nous montrer ce que nous ressentons ou ce que nous refoulons. Et ça vaut autant pour le lecteur que pour l’auteur. Ce poème me fait autant penser au lecteur qui s’efforce de comprendre un poème et ce qu’il fait résonner en lui, qu’à l’auteur qui essaye de transcrire sur le papier les mots et les émotions qu’il a en lui. le « blanc des yeux » me fait beaucoup penser au syndrome de la page blanche, la confrontation et la bataille de regard ressemble à la lutte de l’écrivain qui essaye tant bien que mal d’écrire. Le poème finit sur une idée angoissante, le fait que l’oeuvre devient indépendante de l’auteur ou du lecteur, presque comme une intelligence artificielle qui devient autonome. Face à face avec les mots, avec soi-même, et finalement on ressort changé, même imperceptiblement. Qui a dit que l’écriture ou la lecture n’étaient pas éprouvantes ?

Pour illustrer le poème, j’ai dû chercher un moment. J’aurais aimé trouver une peinture qui illustre le syndrome de la page blanche, ou une Muse à l’aspect effrayant, inspiratrice mais aussi révélatrice de ce que l’auteur garde caché en lui. Mais je suis assez contente de ce que j’ai pu trouver ^^ La première illustration est de l’artiste Picolo que j’aime beaucoup, même si j’ai l’impression qu’il ne poste plus beaucoup depuis un ou deux an :/ N’hésitez pas à aller voir sa page Facebook ou sa page DeviantArt quand même ! Cette illustration s’intitule Tip of the Tongue, et j’aime beaucoup la manière dont l’artiste a représenté la difficulté de l’écriture, les mots qui s’envolent, s’enfuient, et ressemblent presque à une vague menaçante et embrouillée. La deuxième illustration s’intitule Mirror et est l’œuvre de 25kartinok sur DeviantArt (non je ne suis absolument pas accro à cette plateforme). Il n’y a pas de lien direct avec l’écriture, mais j’aime beaucoup l’atmosphère déroutante et angoissante de l’image. Les multiples miroirs peuvent renvoyer à nos différentes facettes, y compris celles qui sont cachées ou inconscientes comme la silhouette sur le miroir de droite, et à la difficulté se tout concilier dans une seule personne.

Bref, je me suis beaucoup emballée, mais j’espère que ça vous a plu quand même ^^ Que pensez-vous des images et du poème ? Est-ce qu’ils vous évoquent d’autres choses ? Dites-moi tout en commentaire :3

Un peu de peinture dansante : Javanese Dancer

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Bien le bonjour bande de gens ! Pas de poésie ce samedi, mais une découverte en peinture ^^ C’est parti de pas grand chose, un marque-page que ma p’tite Maman m’avait offert, et finalement j’ai tellement aimé la reproduction que j’ai voulu me renseigner davantage sur le tableau original ^^ 

John Singer Sargent (1856-1925) était un peintre américain qui a essentiellement vécu en Europe. Artiste extrêmement actif, il composa environ neuf cents toiles et plus de deux mille aquarelles, ainsi que de très nombreux croquis et dessins ! Son œuvre s’inspire de ses voyages à travers le monde, de Venise au Tyrol, de Corfou au Moyen-Orient, ou encore du Montana à la Floride. Loin de se limiter à un seul genre, il a travaillé sur plusieurs types d’oeuvres : compositions à personnages, compositions religieuses, scènes de genre, figures, portraits, intérieurs, paysages, marines, des compositions murales, à la gouache, à l’aquarelle. Enfin, il fut proche du courant de l’impressionnisme américain, qui s’inspire directement de l’impressionnisme français. 

J’ai eu le coup de coeur pour ses peintures de danseuses javanaises, ou Javanese Dancer. Il a donné ce nom à plusieurs toiles, mais les trois que je vous montre ici sont mes préférées ^^ L’origine de ces peintures vient de l’Exposition Universelle de 1889, tenue à Paris, où parmi les stands exotiques et les zoos humains (faut dire ce qui est quand même), il y avait notamment une reproduction d’un village javanais, animé par des danses traditionnelles. Sargent a été fasciné par les costumes des danseuses, ainsi que par leur danse très symbolique. Les peintures sont en fait une série d’étude, sans doute réalisées pour une composition plus grande, mais qui n’a jamais vu le jour. 

Les danseuses me font beaucoup penser au 22ème tome de la série de BD Yoko Tsuno (dont je suis une très grande fan), qui s’appelle Le Matin du Monde et où on retrouve une danseuse balinaise dont la parure me fait beaucoup penser à ces peintures de Sargent. Et si, je ne me trompe pas, les cultures javanaises et balinaises partagent des racines communes et sont issues de la région indonésienne. Ce sont en particulier les couleurs vibrantes et chaudes des tableaux qui me fascinent, ainsi que la gestuelle des danseuses. C’est très beau, tout est fluide et gracieux, le jeu des tissus épousant le mouvement des corps ❤ Je pourrai les regarder pendant des heures et ne pas m’en lasser, j’y vois autant de douceur que de solennité et le mélange est très intrigant ! J’adorerais pouvoir voir ces danses en vrai et comprendre l’origine des gestes et des pas :3 

Et vous, que pensez-vous de ces tableaux ? Est-ce qu’ils vous plaisent ? En connaissez-vous d’autres du même style ou qui traitent du même sujet ? Dites-moi tout ^^ 

Un peu de poésie épuisée : Lettre d’un soldat

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Bien le samedi bande de poésies, nouveau bonjour et nouveaux gens ^^ J’espère que vous allez bien ? On se retrouve pour un nouveau poème qui m’a tapé dans l’oeil, je gardais celui-ci sous le coude depuis un moment en plus !

Connaissez-vous Sandrine Davin ? C’est une poétesse française née en 1975, et qui a déjà publié 7 recueils ; le dernier, sorti en 2017 porte le titre très intrigant Chut… Sa poésie est très inspirée des tankas, des poèmes japonais qu’on pourrait qualifier d’ancêtres des haïkus, et qui se caractérises par cinq vers où 31 syllabes ou sons sont répartis de cette façon : 5 – 7 – 5 -7 – 7. Je vous recommande ce lien où vous avez plusieurs exemples de ses tankas, et une petite interview qui vous permettra de découvrir un peu mieux le personnage 🙂 Ses poèmes sont étudiés dans les écoles primaires, et elle est diplômée de la Société des Poètes Français pour le poème que je vous présente aujourd’hui ^^ Ce n’est pas un tanka, mais je suis sûre qu’il vous plaira quand même ! Il s’agit d’un poème en vers libres qui date de 2010 et qui s’intitule « Lettre d’un soldat ».

Sur un sol nauséabond
Je t’écris ces quelques mots
Je vais bien, ne t’en fais pas
Il me tarde, le repos.
Le soleil toujours se lève
Mais jamais je ne le vois
Le noir habite mes rêves
Mais je vais bien, ne t’en fais pas…

Les étoiles ne brillent plus
Elles ont filé au coin d’une rue,
Le vent qui était mon ami
Aujourd’hui, je le maudis.

Mais je vais bien, ne t’en fais pas…

Le sang coule sur ma joue
Une larme de nous
Il fait si froid sur ce sol
Je suis seul, je décolle.

Mais je vais bien, ne t’en fais pas…

Mes paupières se font lourdes
Le marchand de sable va passer
Et mes oreilles sont sourdes
Je tire un trait sur le passé.

Mais je vais bien, ne t’en fais pas…

Sur un sol nauséabond
J’ai écrit ces quelques mots
Je sais qu’ils te parviendront
Pour t’annoncer mon repos.

Je suis bien, ne t’en fais pas…

Ce poème m’a beaucoup plu, j’y retrouve les thèmes qui me séduisent dans la poésie. Sandrine Davin indique dans son interview qu’elle s’inspire notamment de Baudelaire et Prévert, et sans être une experte j’ai l’impression que ça se voit dans ces quelques lignes. Pour mon plus grand bonheur, car je suis une grande fan de Baudelaire ❤ Le poème est chantant, à la fois par le jeu des sonorités qui reviennent et la ritournelle du soldat « je vais bien, ne t’en fais pas ». Comme s’il cherchait encore et encore à rassurer la personne aimée, alors que lui-même glisse doucement vers son dernier sommeil. La scène est incroyablement calme et paisible, pas effrayante mais très triste pourtant. Le soldat est déjà loin de la réalité : il ne voit ni n’entend ce qui l’entoure, tout juste peut-il encore sentir l’odeur du sol (il paraît que l’odorat est un des sens les plus forts) et le vent qui sans doute est douloureux sur ses blessures. Ses mots se font de plus en plus rêveurs et lointains : les étoiles, puis lui qui s’envole, et enfin le marchand de sable, pourtant il est toujours allongé sur le sol, son corps est une prison dont il se libère peu à peu. Pour lui, tout est déjà fini, alors ses pensées se tournent vers la seule personne qui compte, et dont on ignore tout, le sang versé devenant les larmes de leur séparation.

Quelle casse-tête pour illustrer ce poème ! J’ai longtemps cherché, et j’ai fini par trouver satisfaction avec ce tableau d’Emile Betsellère, peint en 1873 et appelé L’Oublié. Le titre fait référence à l’histoire du modèle, Théodore Larran. Larran avait été un soldat de la guerre de 1870 : blessé sur le champ de bataille, les ambulances l’oublient et il ne doit son salut qu’à une infirmière qui le sauve in extremis, et qu’il épousera par la suite. Betsellère avait été marqué par cette histoire, lui-même ayant participé à cette guerre et y ayant laissé sa santé au passage. Le tableau m’a frappé pour l’expression du soldat. Il a l’air endormi ou au seuil de la mort, allongé sur le champ de bataille ; pourtant il se redresse comme s’il apercevait une lueur au loin. Est-ce l’infirmière, l’être aimé du poème qu’il aperçoit dans une dernière hallucination ? Ou plus simplement le repos bienvenu de la mort ?

Ce poème va peut-être en évoquer un autre à certain d’entre vous, un poème qu’on étudie encore et encore à l’école : Le Dormeur du Val d’Arthur Rimbaud. J’avoue que j’ai souvent du mal avec la poésie de Rimbaud, mais ce poème est particulièrement beau ❤ Je vous le reprend ci-dessous, avec une illustration d’un auteur qui s’appelle GregM (je vous laisse le lien de son site, même si j’ai l’impression qu’il n’est plus actif maintenant) :

C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Un peu de poésie passionnée : Dans les jardins de mon roi

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Bien le samedi bande de poésies, nouveau bonjour et nouveaux gens ^^ J’espère que vous allez bien, je vous propose un nouveau poème qui a fait vibrer mon coeur ^^ Je l’ai trouvé sur le site Poetica et ça a fait tilt. Les hommes écrivent des poèmes depuis des siècles pour célébrer leur amour pour une femme, mais les poétesses c’est plus rare on dirait ! Au départ c’était sans doute jugé indécent, qu’une femme s’épanche sur ses sentiments amoureux, après tout le simple fait qu’elle écrive et publie suffisait à ce qu’on la regarde de travers. Aujourd’hui, ce n’est plus la même rengaine, mais on voit toujours peu de poétesses, et encore moins qui écrivent des poèmes d’amour. Et j’aime d’autant plus celui-là :3

Je vous propose donc « Dans les jardins de mon roi » de Rhita Benjelloun. Née en 1990, c’est une poétesse marocaine dont le premier recueil date de 2017, il s’intitule Spectatrice de la vie. J’ai trouvé d’autres de ses poèmes sur ce que je suppose être un site d’un admirateur ? N’hésitez pas à y jeter un oeil en cliquant ici ^^

Es-tu le mirage qui tracerait le sourire sur mon visage ?
Le lustre étincelant, l’éclaireur de mon obscur paysage ?
Envahirais-tu mon cœur ? Le prendrais-tu en otage ?
Graverais-tu ton nom sur le sable de son rivage…
Sombre est mon destin si tu n’y appartiens point
L’empire de mon âme sera en déclin
Invente-nous une histoire, écris-la avec ardeur
Sèmes y des germes d’amour et de bonheur
Cultivons-les, faisons les fleurir
Qui sème l’amour récolte le désir
Le respect, la gaieté et le plaisir
Au milieu de tous ces hommes, à mes yeux tu es le roi
Ultime joyau couvert de soie
Dans les jardins de votre majesté je vivrai
Inondée d’amour et de tendresse, fidèle je serai

J’adore ce poème, plus je le lis et plus je l’aime ! J’ai l’impression de lire ce que je ressens pour mon compagnon, et si je trouve le bon moment peut-être que je le lui ferai lire, ou que je tenterai d’y aller de ma plume, mais comme il n’aime pas beaucoup la poésie, il sera un juge très sévère ^^’ Tout me plaît, les mots, leur musique et les images qu’ils font naître. L’amoureuse place son homme au centre de sa vie et de ses espoirs, mais il n’est pas non plus question de soumission : elle aspire à l’amour, la tendresse, mais aussi au respect et au partage. Il y a tellement de douceur dans ce poème, j’ai juste envie de me laisser porter par les sensations en le lisant ❤

Pour aller avec le poème, je vous propose à nouveau une illustration de Wlop, une artiste que j’adore ! Je vous en avais déjà parlé pour le poème « Berceuse d’automne » de Laforgue, un petit bijou qui fond dans les yeux ❤ Je vais très souvent sur son compte DeviantArt, et c’est là que j’ai trouvé cette peinture, Moon and Night. Elle m’a sauvé la mise, j’ai eu un mal fou à trouver une peinture pour aller avec le poème ! Mais j’ai fini par trouver mon bonheur : le couple et l’intimité de la scène sont profondément touchants. Je n’aurais aucun mal à me dire que la femme vient de prononcer les mots du poèmes, parce que ce sont ses yeux que l’on voit, et son sourire. On peut voir qu’elle est toute à lui et que, l’espace d’une seconde, il est l’univers entier pour elle. Et j’ai envie de rajouter cette dernière image, Nap : qui sait, si elle ne le lui a pas dit, peut-être qu’elle l’a écrit dans une lettre avant de le retrouver ? ❤