Archives de Catégorie: Livres

Le siècle mécanique #3 : Dreadnought

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Bien le bonjour bande de gens ! Aujourd’hui sur Paris pour consulter un livre à la BNF et voir les anciens potes ^^ Mais rien à faire par contre, je n’arriverai jamais à apprécier la capitale je crois : trop de gris, trop de gens ! Hâte de retrouver mon appart à Lyon, et encore plus de pouvoir m’installer à la campagne un jour :3

Nouvelle chronique littéraire ! Et je vais enfin finir cette trilogie que j’ai commencé il y a un moment mainten… quoi ? Maintenant il y a 6 tomes ? Et merdre Bref ! Dreadnought est le troisième tome d’une série de Cherie Priest entamée en 2010 (pour la traduction française), Le Siècle Mécanique. Il s’agit d’une uchronie du XIXème siècle qui réécrit la Guerre de Sécession comme si elle était encore en cours dans les années 1880 (pour ceux qui dormaient en cours d’histoire, elle était finie en 1865 normalement). La série a eu son petit succès puisque l’auteure a remporté le Prix Locus du meilleur roman de science-fiction pour Boneshaker (le premier tome), et le prix Endeavour pour Dreadnought. Je vous mets ici les liens vers les chroniques de Boneshaker et Clementine, j’espère qu’elles vous mettront l’eau à la bouche ! Enjoie. Lire la suite

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Les Rougon-Macquart#1 : La Fortune des Rougon

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Bientôt en partance pour 5 p’tits jours sur Paris, pas trop hâte de revoir sa grisaille, mais y aura plein de vieux potes et ça c’est cool :3 Peut-être que je passerai faire un hommage à Notre-Dame (moi je vote pour la reconstruction avec un toit végétal) !

Nouvelle chronique littéraire ! Ca faisait un petit moment que je voulais le faire, et ça y est, j’ai fait le premier pas : je vais lire la série phare de Zola, Les Rougon-Macquart, une série de 20 romans écrits entre 1870 et 1893. Emile Zola, en bon chef de file des naturaliste, a décidé d’écrire sa série comme une analyse, celle de l’hérédité des tares de la famille de Rougon-Macquart : choisissant le lieu, le milieu et l’époque, il regarde ses personnages évoluer au gré de l’histoire, des convictions et des intrigues. Un scientifique littéraire, s’il y en a un c’est bien lui ! Alors vous me direz sans doute « Mais pourquoi tu t’infliges ça ? » C’est sûr que maintenant, on ne découvre guère plus Zola qu’au collège ou au lycée, et pas forcément dans les meilleures conditions. Je m’étais décidée à faire une tentative personnelle au lycée en lisant Au Bonheur des Dames, pris totalement au hasard, et ça avait été une étonnamment bonne surprise ! Alors je me lance, et pour l’instant, le premier tome confirme ma première impression :3 Ce premier roman, La Fortune des Rougon, raconte les origines de tout ; il se déroule en 1851, au début du Second Empire français de Louis-Napoléon Bonaparte. Le cadre se situe dans la ville de Plassans qui correspond à Aix-en-Provence, où passe l’insurrection républicaine du Var après le coup d’Etat de Bonaparte à Paris. Lire la suite

Premières lignes… #67

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

« Ga-na-mos ! Ga-na-mos ! »
Pierre Niémans, doigts crispés sur l’émetteur VHF, regardait en contrebas la foule descendre les rampes de béton du parc des Princes. Des milliers de crânes en feu, de chapeaux blancs, d’écharpes criardes, formant un ruban bigarré et délirant. Une explosion de confettis. Ou une légion de démons hallucinés. Et les trois notes, toujours, lentes et lancinantes : « Ga-na-mos ! »
Le policier, debout sur le toit de l’école maternelle qui faisait face au Parc, cadra les manoeuvres des troisième et quatrième brigades des compagnies républicaines de sécurité. Les hommes en bleu sombre couraient sous leurs casques noirs, protégés par leurs boucliers de polycarbonate. La méthode classique. Deux cents hommes de part et d’autre de chaque série de portes, et des commandos « écrans », chargés d’éviter que les supporteurs des deux équipes ne se croisent, ne s’approchent, ne s’aperçoivent même…
Ce soir, pour la rencontre Saragosse-Arsenal, le seul match de l’année où deux équipes non françaises s’affrontaient à Paris, plus de mille quatre cents policiers et gendarmes avaient été mobilisés. Contrôles d’identité, fouille au corps, et encadrement des quarante mille supporteurs venus des deux pays. Le commissaire principal Pierre Niémans était responsable de ces manoeuvres. Ce type d’opérations ne correspondait pas à ses fonctions habituelles, mais le policier coiffé en brosse appréciait ces exercices. De la surveillance et de l’affrontement purs. Sans enquête ni procédure. D’une certaine façon, une telle gratuité le reposait. Et il aimait l’aspect militaire de cette armée en marche.

Ce pays qui te ressemble

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien 🙂 En ce moment, gros projet à terminer en partenariat avec le musée des Beaux-Arts de Lyon, je vous mettrai des photos quand ce sera terminé ! Mais ça demande beaucoup de taf, et surtout ça use tellement les yeux que j’ai peur de devoir finir par mettre des lunettes… argh, moi qui étais fière d’être la seule de la famille à ne pas être binoclarde XD

Nouvelle chronique littéraire messieurs-dames, aujourd’hui et encore une fois, un livre offert par ma p’tite Maman, mon sponsor littéraire personnel et l’unique objet de mes pensées (une personne qui m’offre autant de livres mérite d’être remerciée et vénérée comme il se doit, comme les personnes qui m’offrent à manger, or elle fait les deux, CQFD). Bref, il s’agit d’un livre auquel encore une fois je ne m’attendais pas du tout car ce n’est pas le genre que je lis d’habitude : Ce pays qui te ressemble écrit par Tobie Nathan en 2015. Pour la petite info, l’auteur est psychologue et professeur à Paris VIII ; ses écrits se spécialisent dans l’ethno-psychiatrie. Alors que cela ne vous fasse pas peur, je ne suis pas en train de vous parler d’une étude comportementale romanesque, ou alors si mais c’est très subtil et beaucoup plus intéressant que ce vous pourriez vous imaginer 😉 D’ailleurs, le livre a eu le prix Goncourt des lycéens, un des seuls prix littéraires auquel je fais vraiment confiance, et le Goncourt tout court.

Résumé : C’est dans le ghetto juif du Caire que naît, contre toute attente, d’une jeune mère flamboyante et d’un père aveugle, Zohar l’insoumis. Et voici que sa sœur de lait, Masreya, issue de la fange du Delta, danseuse aux ruses d’enchanteresse, le conduit aux portes du pouvoir. Voici aussi les mendiants et les orgueilleux, les filous et les commères de la ruelle, les pauvres et les nantis, petit peuple qui va roulant, criant, se révoltant, espérant et souffrant.
Cette saga aux couleurs du soleil millénaire dit tout de l’Égypte : grandeur et décadence du roi Farouk, dernier pharaon, despote à l’apparence de prince charmant, adoré de son peuple et paralysé de névroses. Arrivé au pouvoir de Gamal Abdel Nasser en 1952 et expulsion des Juifs. Islamisation de l’Égypte sous la poussée des Frères Musulmans, première éruption d’un volcan qui n’en finit pas de rugir… C’est la chute du monde ancien, qui enveloppait magies et sortilèges sous les habits d’Hollywood. La naissance d’un monde moderne, pris entre dieux et diables.

Mon avis : 

Quelle lecture ! Peut-être pas un coup de coeur, mais sans hésiter elle fait partie des plus particulières et étranges que j’ai pu faire. La couverture ressemble un peu à celle d’un documentaire Arte, en tout cas c’est ce que je me suis dit la première fois que je l’aie vue, du coup ça m’avait un peu refroidie ^^’ Ceci dit, cela met bien en valeur l’atmosphère des années 30-40, qu’on ne connaît plus que par des images en noir et blanc aujourd’hui. D’un autre côté, la femme de la couverture suggère à la fois une histoire au sein du peuple et de son folklore par ses vêtements, et un je-ne-sais quoi de poésie et de délicatesse avec la façon qu’elle de tenir sa tasse de thé et d’y perdre son regard. Je ne sais pas encore si dans cette femme il faut voir le personnage d’Esther, la mère de Masreya ou Masreya elle-même. Peut-être les trois à la fois. Il faut dire que les femmes ont une importance primordiale dans ce livre ; même si elles ne président pas aux évènements politiques, ce sont elles qui font rêver les hommes et qui occupent toutes leurs pensées, elles incarnent l’Egypte entière.

J’ai beaucoup aimé lire ce livre, l’écriture est toute en délicatesse et en poésie, et on sent le respect de son sujet chez l’auteur. L’histoire se laisse couleur dans les pages, il n’y a pas vraiment de frénésie du suspense, mais ça reste prenant, je n’avais pas envie de lâcher le livre. Les évènements socio-politiques sont surtout décrits à l’échelle de la ville du Caire, où on peut voir se croiser les ethnies religieuses, les riches et les pauvres de tous bords ; mais tout cela sert surtout de cadre pour l’évolution des personnages principaux, qui se laissent guider par leur destin, leurs fantaisies, et surtout leur amour. Dans le quartier pauvre juif, on découvre Esther, la folle et la sorcière, amoureuse de tout son être de son mari Motty, qui sait si bien chanter les Cantiques ; c’est dans ce quartier que Zohar, leur fils, grandit, lui qui est le fruit de ses parents mais aussi de la sorcière qui a aidé sa mère à tomber enceinte. L’enfant grandit et rejoint la grande ville où il monte son commerce ; Masreya, sa soeur de lait, a fait de même en envoûtant les hommes par son chant et sa danse, des talents hérités de sa mère. Ce ne sont ni des personnages conventionnels, ni des histoires d’amour conventionnelles, et la puissance des sentiments et des attirances contraste avec la nonchalance des personnages qui se laissent vivre au gré des jours ; c’en devient presque une leçon de vie qu’on pourrait résumer par « Ne te prends donc pas la tête ». Ceci dit, les troubles politiques frapperont tout un chacun, et surtout la radicalisation religieuse.

J’ai particulièrement aimé le début du livre (non pas que la fin soit horrible, au contraire), et j’ai adoré suivre le personnage d’Esther, que tout le monde craint un peu. Il y a la façon de vivre du quartier pauvre juif, très familiale et superstitieuse aussi ; ceci dit, la superstition n’empêche pas de parfois frayer avec la magie ou les superstitions étrangères, ainsi fait Esther lorsqu’elle va suivre les conseils d’une sorcière musulmane, et rejoindre les rituels de danse où les femmes entrent en transe afin de guérir ses maux physiques, mentaux, et donner naissance à son fils. Vous l’aurez compris, il y a toute une dimension érotique à l’histoire. J’ai beaucoup aimé cette partie du livre, le mystère autour du personnage d’Esther qui tient presque du récit mythologique ; surtout que magie et réalité sont très imbriqués, à aucun moment le narrateur n’intervient pour tirer un trait entre les deux, mais c’est fait de manière si subtile qu’on réagit comme les personnages : on le prend tel que ça vient, vaguement à la limite on se demande « Mais du coup, c’était vraiment de la magie ou une coïncidence ? ». Masreya a la même aura qu’Esther, la soif de liberté en plus, et tout en vivant la grande vie dans la grande ville ; là où elle est fascinante, c’est dans sa relation avec Zohar : il est plus qu’un frère, plus qu’un amant, il est littéralement une partie d’elle-même tout comme elle est une partie de lui-même.

Ce ne sont pas les seuls personnages, et ceux qui m’ont le plus marquée, outre les deux couples Esther-Motty et Masreya-Zohar, ce sont Farouk et Nino. D’un côté le roi qui veut vivre dans un rêve et qui apparaît complètement perdu face à la guerre et à la politique étrangère qui fait de l’Egypte un terrain à conquérir (encore), et de l’autre le fou qui a décidé de réaliser coûte que coûte son utopie, en la transformant en enfer au passage. Autant Farouk m’a intéressée pour le côté monarque un peu à côté de la plaque, presque pitoyable et pourtant sublime, autant Nino, c’est encore autre chose ; le personnage fait ressentir un mélange de pitié, de peur et de révulsion, c’est l’utopiste qui se transforme en despote.

Enfin bref, je pourrais vous en parler encore longtemps et vous montrer encore et encore tel ou tel aspect, mais le mieux c’est encore que vous le lisiez. Ce livre a été une très belle découverte à laquelle je ne m’attendais absolument pas, et je vous le recommande chaudement !

Roman gothique #4 : Le Monstre

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Le mémoire de master est officieusement bouclé, je l’ai envoyé en crash-test à mon directeur de recherches et je croise doigts, orteils, cheveux et tout le reste en espérant qu’il ne me demande pas de tout réécrire >< Rien que les annexes font au moins 50 pages, au moins je pourrai dire que je n’ai pas chômé 😛

Nouvelle chronique littéraire messieurs-dames, et je continue de vous parler de romans gothiques féminins (j’espère que vous n’en avez pas marre, j’en ai encore plein en stock !) 😛 Celui-ci est un vrai casse-tête pour moi : déjà, l’auteure. Camille Bodin est en fait un pseudonyme qui peut être attribué à deux auteurs, Eugène de Lamerlière et Jenny Bastide. Comme c’est cette dernière qui revient le plus souvent, je vais considérer que c’est effectivement un roman féminin. La date de publication aussi m’a posé problème : la plupart de ses occurrences le disent publié pour la première fois en 1864, et il m’a fallu plusieurs heures de recherches avant de trouver totalement au hasard qu’en fait il datait de 1824 ; ce qui me permettait de l’utiliser dans mes recherches puisque ma date limite est 1830. Et ça m’a fait très plaisir, parce que ce petit roman est le seul roman gothique féminin que je connaisse qui s’est fait pratiquement censuré à sa sortie, dans le sens où un éditeur conseillait de le retirer des cabinets de lecture (l’équivalent d’un vidéo-club mais pour les livres), car il était jugé trop cru et trop sanglant. Alors vous pensez bien que ma principale question quand je me suis lancée dedans, c’était bel et bien « mais à quel point est-ce sanglant ? »

Résumé : Albert Maurice est au désespoir : sa jeune cousine, qu’il connaît et chérit depuis qu’elle est au berceau, et avec qui il a grandi, en a épousé un autre. La faute en revient à son père, l’oncle de la jeune et belle Marie, car il s’enorgueillissait de voir sa nièce épouser un duc. Mais un autre chagrin se profile : les jours passent, et pas une nouvelle de Marie, pas une lettre, rien. Albert part à sa recherche à travers monts et vallées, sans succès, jusqu’à rencontrer une jeune femme mourante, Louisa, qui lui révèle que Marie, sa chère Marie, est entre les mains d’un véritable monstre débauché et sanguinaire, dont la haine de l’humanité n’a d’égale que son penchant pour la souffrance des autres…

Mon avis : 

Le roman est assez court par rapport aux autres romans gothiques de l’époque qui font deux ou trois volumes (en vrai, c’était surtout une technique pour vendre plusieurs livres au lieu d’un seul). Honnêtement, ça se lit très facilement, l’écriture comme le récit sont assez prenants et j’ai passé un très bon moment de lecture ! Entre les rebondissements et un suspense assez bien maintenu, on a l’indispensable pour un bon roman, et les éléments gothiques sont au rendez-vous : enlèvement d’une demoiselle en détresse, château gothique, méchant sanguinaire, etc.

Alors en ce qui concerne la censure du livre et son potentiel horrifique, si pour nous ça reste assez léger, pour l’époque, je peux vous assurer que c’est du très lourd, avec une évocation assez claire de pratiques sadiques sexuelles (inutile de vous dire que c’est surtout pour ça qu’il a été censuré, le sang ça passait encore) et d’inceste. On est encore loin des détails de Sade, qui vous donnent l’impression d’être à la fois dans une encyclopédie et une blague de gamin, mais il y a suffisamment pour vous laisser imaginer plein de choses. Ca vous change des autres romans de la période, où l’héroïne clame à qui veut l’entendre que sa vertu la protègera de tout ce que le méchant lui fera subir… mouais. Paradoxalement, le roman est donc exagéré et assez réaliste de ce point de vue. Mais même en oubliant le côté cru et en réfléchissant simplement à l’aspect psychologique des personnages, le méchant vaut son pesant de cacahuètes tant il a des raffinements de cruauté.

Par contre, il risque d’heurter plus d’une féministe ! Pratiquement à chaque fois qu’Albert mentionne Marie, c’est pour parler d’elle comme de quelque chose qui lui est dû, puisqu’il a grandi avec elle et qu’il comptait bien l’épouse ; l’idée peut semble mignonne, d’autant que Marie partage ses sentiments amoureux ; mais dans les faits, il parle de Marie en disant « mon bien » ou « ma récompense ». Aouch. De manière générale, on voit bien à quel point les femmes sont au pouvoir des hommes, que ce soit son mari ou son oncle qui l’a mariée en espérant retirer un avantage social.

J’ai évoqué les principaux points, mais le mieux c’est encore que vous alliez le lire, franchement c’est une lecture intéressante et pas ennuyeuse pour un sou ! N’hésitez pas et foncez, le livre est disponible sur Gallica (le site d’archives de la BNF), mais il y a peut-être moyen de le trouver en librairie, à voir 😀

Roman gothique #3 : The Yellow Wallpaper – Le Papier Peint Jaune

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! En ce moment, je dois aider mon patron à préparer une exposition à la bibliothèque sur la chick-lit ; voulant bien faire, je me suis dit que j’allais chercher de la romance hétéro mais aussi de la romance gay et lesbienne. Et j’ai vite déchanté. On peut trouver un peu de romance gay, mais c’est dur d’en trouver de bonne qualité qu’on puisse commander en version papier sur les sites habituels type la fnac. Mais le pire, ce sont les romances lesbiennes : inexistantes ou se résumant à de simples porno, ou très rarement disponibles sur la fnac mais uniquement en version numérique. J’ai été obligée de commander sur le site de l’éditeur directement, et je n’étais même pas sûre d’y trouver une version papier… C’est dingue, ça montre bien les tabous : romance gay OK, ça fait plaisir aux nanas (ce que je trouve déjà bizarre en soi), mais romance lesbienne non, ça passe pas !?

Nouvelle chronique littéraire ! Un classique cette fois-ci, en tout cas depuis que je travaille sur les romans gothique féminins, c’en est devenu un pour moi tellement j’ai vu et revu son nom dans les livres que je potasse sur le sujet. Bien qu’il ne soit pas dans ma période, c’était visiblement une référence incontournable, notamment du féminisme en Angleterre : en effet, il illustre comment les femmes étaient traitées à l’époque, surtout quant à leur santé mentale et physique. Alors je l’ai lu, et je n’ai pas regretté ! C’est un petit récit très court, et déjà un chef d’oeuvre à mes yeux ^^ Vous le connaissez peut-être, il s’agit de la nouvelle de Charlotte Perkins Gilman, écrite en 1892 et intitulée The Yellow Wallpaper ; en français, elle a été traduite sous deux titres, Le papier peint jaune ou La Séquestrée, mais je trouve que ce deuxième titre appuie beaucoup trop sur ce que le récit définit avec bien plus de subtilité. Cette oeuvre, en critiquant la société victorienne patriarcale, a ouvert la voie à plein d’autres auteures, notamment Alice Walker qui a écrit La Couleur Pourpre (que je vous recommande). Si ça vous intéresse, j’ai trouvé le texte anglais intégral sur Internet : il fait à peine 10 pages, voilà le lien 🙂 Lire la suite

Premières lignes… #64

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Il était neuf heures et demie en ce réveillon de Noël. En quittant la salle à manger où nous venions de partager un premier repas de fête, et avant de rejoindre les miens désormais rassemblés au salon autour d’une belle flambée, je m’arrêtai dans le long vestibule de La Moinerie, puis, comme souvent le soir, me dirigeai vers la porte, l’ouvris et sortis.

J’ai toujours aimer respirer l’air de la nuit et en humer les senteurs, qu’il soit imprégné du parfum doux et sucré des fleurs d’été, chargé de l’odeur âcre de l’humus et des feux de feuilles mortes à l’automne, ou encore d’une pureté cristalline quand il gèle à pierre fendre. J’aime aussi regarder le ciel, qu’il soit d’un noir d’encre ou éclairé par la lune et les étoiles, et scruter les ténèbres devant moi. J’aime tout autant écouter les cris des créatures nocturne, les modulations plaintives du vent ou le crépitement de la pluie sur les arbres fruitiers, et savourer la caresse de la brise montée des pâturages au fond de la vallée.

Ce soir-là, à mon grand soulagement, je perçus d’emblée un changement d’atmosphère. La semaine précédente, nous avions eu de la pluie – une pluie glacée, accompagnée de brumes qui formaient une chape autour de la maison et sur la campagne environnante. Des fenêtres, on ne voyait pas à plus d’un mètre ou deux dans le jardin. C’était un temps affreux, comme si le jour ne se levait jamais vraiment, et le froid était pénétrant.