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Rêveur zéro

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Figurez-vous que je viens de tomber totalement par hasard sur un roman écrit par un libraire de Wigtown, le village du livre écossais où je suis allée il y a quelques années :3 Ca avait été une de mes plus belles découvertes, je vous conseille d’aller voir la page où j’ai tout raconté, ce village est un des mes endroits préférés sur Terre et je veux absolument y revenir un jour 😀 L’auteur s’appelle Shaun Bythell, si vous voulez découvrir son univers en attendant que je fasse la chronique ❤

Nouvelle chronique littéraire ! Et un nouveau roman découvert au hasard des rayonnages, y a pas à dire c’est cool de bosser en librairie rien que pour ça 😀 Bon par contre, ma PAL augmente à une vitesse proprement effrayante. Je vais vraiment finir par mourir enterrée sous mes livres à ce rythme. Bref ! Voici Rêveur Zéro de Elisa Beiram, un roman de science-fiction sorti en 2020 aux éditions l’Atalante. C’est le premier livre de cette auteure française, et j’avais hâte de voir ce qu’il en était :3

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Un peu de poésie à dormir debout : Cancre

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Salutations nobles étrangers voyageurs et boustifailleurs de livres devant l’éternel 😀 J’espère que vous allez bien ! Au moment où j’écris ces lignes, j’en suis à plus de la moitié de la rédaction de mon mémoire (joie) et j’espère très fortement qu’au moment où vous les lirez (d’ici environ un mois), j’aurais terminé le travail ! Bon il restera encore beaucoup à faire, mais ce sera déjà un gros travail achevé.

Et pour ce samedi, on se retrouve pour une nouvelle poésie ; vous avez pu le voir, depuis quelques semaines entre William Braumann et Jean-Pierre Villebramar, j’essaie de miser sur des poèmes récents, et je suis très contente parce que finalement les bons poètes sont encore légion de nos jours ! Pour cette semaine, je vous propose de découvrir la poésie de Laetitia Sioen, une artiste aux multiples cordes à son arc. Rien ne la dirigeait a priori vers la poésie, puisqu’elle était plutôt fâchée avec les mots à l’école ; adulte, elle crée des spectacles de clowns et de souffleuse de bulles, qui l’amènent à aborder la poésie par un autre biais. Elle commence à écrire à partir de 2016, et tout devient une source d’inspiration pour elle.

Les lettres rondes courent sur le papier.
Les lettres mortes s’arrêtent de chanter.
Je me perds dans ces mots
ces lettres de petits et gros caractères.
Ces salles mots, ces gros mots
qui voguent la galère et bout-en-train
car je te le dis je suis une cancre.
Un radeau de fortune,
infortuné par tant de discours.
On m’a faite la tête de nœud,
grognon et boudeuse.
La tête en queue de tir bouchon.
La manivelle de ma cervelle
fonctionne à reculons.
J’aime mieux les histoires
que les mots à dormir debout
Car je te le dis je suis une cancre.
Amusée par mes rébellions enfantines
Je suis une équilibriste
qui griffonne du papier sur le fil.
J’aime mieux mes rêves
Explorer dans la lune
Mes nouvelles aventures
Regarder l’étincelle d’une étoile
dans la pupille de mon cœur
car je te le dis je suis une cancre.

Ma première idée, c’est que cette poésie me fait beaucoup penser à la BD L’élève Ducobu, pas vous ? Je l’adorais, et je l’adore toujours d’ailleurs, et je me rappelle les grandes envolées lyriques de Ducobu ; certes c’était presque toujours pour éviter une interrogation surprise, mais c’était à chaque fois étonnamment perspicace ou joyeusement rêveur ^^ Ici, le poème est un peu comme une autobiographie de l’auteure, mais à mon avis beaucoup d’élèves doivent penser de la même façon : les mots sont des bourreaux, plus on essaie d’en tirer quelque chose et plus on a envie de se tirer une balle. Même les élèves qui ont de bonnes notes en littérature ont dû penser ça au moins une fois ! A force d’essayer de faire vivre les mots, on a l’impression de devenir soi-même un zombie, il n’y a rien de pire pour se sentir idiot. C’est tellement plus facile d’imaginer des formes à l’intérieur du texte avec les espaces entre les mots (je faisais ça tout le temps) ; pour peu que vous ayez une fenêtre ouverte à côté, et c’est le rêve debout assuré 😛 Personnellement, j’étais douée en littérature, mais j’étais une bille en dissertations ou en commentaires de textes, ça m’a pris un temps fou pour comprendre ce qu’on me demandait ; par contre, en écriture d’invention, là je touchais ma bille ! Et pourtant, il paraît que c’est l’exercice le plus difficile, comme quoi, à trop travailler, on oublie comment rêver ^^

Pour accompagner ce poème, quoi de mieux que les peintures de Rob Gonsalves ? Je les croise de temps en temps sur Internet, mais jusqu’à maintenant je n’avais jamais cherché qui en était l’auteur ; et pourtant, j’adore ses trompe l’oeil ❤ Gonsalves est un peintre canadien né en 1959, il nous a quitté malheureusement en 2017 ; sans surprise, il s’inspire beaucoup des oeuvres de Escher, que je vous avais déjà montré pour accompagner une poésie d’Esther Granek. La première peinture que je vous propose s’appelle The Chalkboard of Universe, et elle me paraît bien appropriée au thème de la rêverie en cours ; un petit clin d’oeil à Einstein en passant, qui lui aussi était un cancre 😀 Et puis la suivante, Over the Moon, idéale pour l’exploratrice de la lune qu’est Laetitian Sioen ; vous n’avez jamais essayé de vous balancer jusqu’à faire un tour complet quand vous étiez gamins ? J’ai essayé, mais j’ai eu trop peur, je me sens très liée à la terre ferme ^^’ Enfin bref, foncez trouver les autres tableaux de Rob Gonsalves et les poèmes et les spectacles de Laetitia, et offrez-vous de beaux moments de rêverie…

26”W x 32”H