L’Impératrice des mensonges : Le secret du juge Ti

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Comme chaque année, c’est parti pour le traditionnel petit rhume d’avril, je me fais avoir ! Et chaque année, c’est parti pour les insomnies, les coups de chaud-froid… Nan vraiment un pur bonheur, je recommande. Et vous, comment a commencé votre mois d’avril ? ^^

Nouvelle chronique littéraire ! Un livre que j’ai trouvé totalement par hasard d’occasion, je ne connaissais pas du tout les auteurs ni n’avait entendu parler du titre, mais le résumé m’avait bien plus, alors let’s go 😀 Voici L’impératrice des mensonges, Le secret du juge Ti, co-écrit par Daniel Alteri et Eleanor Cooney en 1998 ! Les deux auteurs ne sont pas très connus, mais il existe une suite à ce roman, écrite dix ans plus tard.

Résumé : Des piles de cadavres aux quatre coins des villes, des têtes se balançant au bout de piques, des sectes qui partout fleurissent, des temples somptueux à la gloire du bouddhisme…
Telle est la Chine du VIIe siècle, la Chine de Wu Tse-tien, une femme fantasque, mégalomane, exaltée. Une courtisane qui a ensorcelé l’Empereur, a pris les rênes du pouvoir et est devenue l’unique Impératrice de Chine. Une femme qui, à l’apogée de son règne dépravé, s’acoquine avec le chef d’une secte redoutable qui sème la terreur dans tout le pays…
Cette situation révolte le juge Ti, Sherlock Holmes du Moyen Age, qui décide de tout mettre en œuvre pour sauver l’Empire. La tâche est gigantesque mais elle n’effraie Pas cet ennemi de la corruption, du crime et du charlatanisme religieux.

Mon avis :

Un beau livre épais, relié, avec une jaquette pleine de couleurs et un joli titre doré : c’est pas compliqué de faire un livre qui me donne envie 😀 La couverture annonce tout de suite la couleur, avec une intrigue dans la Chine médiévale ! Je n’y connais absolument rien, et c’était d’autant plus intrigant pour moi ^^

On se glisse sans problème dans le cadre du récit, en quelques lignes les auteurs parviennent à nous mettre à l’aise ; ça ne va pas sans longueurs malheureusement, mais ces descriptions sont nécessaires pour qu’on puisse comprendre les tenants et les aboutissants de l’histoire, et surtout les mentalités. On comprend qu’à cette époque, la Chine et son administration sont très influencées par la doctrine de Confucius. Il n’est pas nécessaire de comprendre exactement en quoi cette philosophie consiste, mais sachez que l’un des principes essentiels est l’instauration d’un ordre hiérarchique jusque dans le cercle familial, avec le père de famille à la place la plus élevée ; une logique qui se réplique ensuite à l’échelle du pays dirigé par l’Empereur.
Aujourd’hui encore le confucianisme est trèèès important en Chine, Confucius a presque l’équivalence d’un Jésus pour les Occidentaux, même s’il n’a pas fondé de religion. Dans le roman, le confucianisme va s’opposer au bouddhisme qui lui est clairement une religion ; outre cette différence, l’autre point de conflit est que si le confucianisme vise à réformer la société où nous vivons, le bouddhisme prône le détachement pour accéder à un autre plan d’existence et à la béatitude. Ajoutons enfin que le bouddhisme a un courant tibétain et que les relations Chine-Tibet étaient visiblement déjà bien atteintes au VIIe siècle !

L’intrigue est très particulière car elle présente de nombreuses ellipses : le récit court en fait sur plusieurs décennies ! Entre deux chapitres il y aura souvent un écart de quelques années, c’est assez déroutant les premières fois, surtout sachant qu’il s’agit d’un polar historique ; on a plutôt l’habitude des polars où l’affaire doit être résolue très rapidement. Ici, les choses seront différentes. L’ascension jonchée de cadavres de celle qui va devenir l’Impératrice nous sert de fil rouge ; en parallèle, Ti se retrouve confronté à plusieurs crimes au fil de sa carrière de juge, en particulier des affaires impliquant de faux dévots et des crimes religieux. Or la nouvelle Impératrice s’appuie sur le bouddhisme et le favorise pour glorifier son propre nom. Pour résoudre les crimes, il va devoir peu à peu se rapprocher du pouvoir, mais peut-il s’attaquer à l’Impératrice sans craindre une sanction rapide et définitive ? Les affaires macabres et les détails sanglants s’accumulent, l’escalade montre bien que l’Impératrice ne laissera rien ni personne entraver sa route. Ni l’Empereur, ni l’Etat, ni sa propre famille.

On s’attache rapidement au juge Ti : c’est un homme cultivé et plutôt tolérant, qui ne s’arrête pas à la caste sociale pour juger une affaire. C’est aussi ce point qui va lui attirer des problèmes, étonnement XD Très réfléchi, il aspire aussi bien au calme qu’à la justice, raison pour laquelle ses deux fils l’accablent par leur tendance à le défier et à accumuler les délits. Autour de lui, peu d’alliés, mais à chaque fois des personnages hors du commun.
Et que dire de l’Impératrice ? La progression du récit à son sujet est machiavélique, tant elle semble repousser à chaque fois les limites de la cruauté et de la folie meurtrière. Elle ne se limite pourtant pas à cela, c’est un personnage complexe qui sacrifie tout à l’ambition sans hésiter, tout en éprouvant du chagrin et des remords.

Bref ! Un roman assez dense, avec pas mal de longueurs mais une intrigue également très riche ! Je vous conseille d’avoir du temps à consacrer à cette lecture, ça vaut vraiment le coup car c’est un total dépaysement en même temps qu’une leçon de philosophie. Sur ce, bonne lecture, n’hésitez pas à me dire en commentaire si vous l’avez déjà lu ou s’il vous intéresse 🙂

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