Derrière la porte

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Ayé, c’est la rentrée pour moi aussi, et les profs nous ont mis une pression absolument ignoble pour commencer la seconde année de master, il ne manquait plus que la descente d’organes pour compléter le tableau qu’ils nous ont brossé… Qu’est-ce que j’ai hâte de finir les études ! Plus de devoirs à rendre ! Plus de soirées passées à bosser !

Nouvelle chronique littéraire ! Une chronique un peu spéciale ici, car c’est j’ai eu le plaisir d’être bêta-lectrice pour ce livre ^^ L’auteure, Claudia Robert, demandait des bêta-lecteurs alors je me suis proposée ; j’avais un peu peur de faire des bêtises, c’était la première fois que j’étais bêta-lectrice, mais apparemment j’ai fait un super boulot d’après elle, et pour me remercier elle m’a envoyé un exemplaire dédicacé de Derrière la porte, qu’elle a écrit au début de l’année 2019 :3 C’est un témoignage de ce qu’elle a vécu et subi, à savoir l’inceste pendant une grande partie de son enfance. Vous devinez bien à ce moment-là que ce n’est pas une lecture facile, mais elle est importante, autant pour l’auteure que pour tous ceux qui ont eu à subir le même traumatisme. Si ça vous intéresse, le livre est assez facilement trouvable sur la Fnac, et j’en ai même profité pour le faire commander par la bibliothèque où je travaille 😛

Résumé : Derrière la porte est un récit de vie sous forme de confidences, un tête à tête avec le lecteur. L’auteure y décrit le choc, le violences des gestes et l’incompréhension. À travers ses mots de l’enfance se dévoilent l’horreur et la peur. Puis la mort s’installe, lente, insidieuse et sournoise. Elle s’agrippe et s’agglutine. Un chemin vers une condamnation à perpétuité.
Dans la seconde partie l’auteure évoque le temps que d’aucuns nomment déni. Un temps en suspens, pour oublier le passé, la mise en cage des souvenirs, un processus de survie. «  »Survivre, c’est comme des soins palliatifs que l’on s’octroie en attendant la mort. » » Dans ce temps suspendu, chaque jour devient un combat pour survivre. «  »Un monde lugubre, sinistre et douloureux qui m’apostrophe sans répit. Un monde qui réclame sa rente à coups de hache. » » Drogue, alcool sont autant de palliatifs aux pensées morbides. «  »La fosse aux souvenirs » » est là, présence obsédante.
La troisième partie ouvre la porte d’une renaissance et les repères d’une enfance bafouée volent en éclat. Des vérités explosent en pleine face. L’auteure nous interpelle ainsi sur les conséquence de l’inceste pour l’enfant devenu adulte. Les déséquilibres identitaires et relationnels, les tourments liés à la sexualité, son hypersexualité par exemple. Un cheminement vers la restauration de son identité se dévoile peu à peu. Révélant sans tabou son homosexualité cette quête se poursuit malgré son manque d’estime et son absence de racines. C’est alors que commence son parcours militant contre l’inceste. Durant dix huit mois son engagement la conduit à lutter contre l’aveuglement sur les méfaits de l’inceste, chez les politiques, les acteurs sociaux, les journalistes… Ce combat la conduira au fond du gouffre, ravagée par l’assaut barbare des souvenirs sans cesse ravivés. Elle comprend alors qu’il lui faut du temps pour, à son tour, reconstruire l’édifice dévasté de son histoire. Pour renaître.

Mon avis : 

Je vais être sincère, autant le contenu du livre vaut son pesant de cacahuètes par le sujet, la façon dont il est traité et le style très particulier de l’auteure, la couverture en revanche ne vend pas franchement du rêve, on dirait un vieux montage sur fond vert mal géré ; on dirait même qu’il y a un problème de perspective entre la porte et le personnage, à moins que ce ne soit le vide derrière qui fausse le jugement :/ Je ne dis pas que la couverture doit être pleine de couleurs et déborder de joie, mais pour avoir souvent acheté des livres rien qu’à leur couverture, l’aspect visuel est important.

Et c’est vraiment dommage que la couverture soit si peu travaillée quand le style littéraire l’est autant : l’auteure a une plume bien à elle, assez particulière et travaillée sans pour autant être trop soutenue ou ampoulée. Elle décrit son vécu, ses émotions et ses sensations sans prendre de gants et sans nous épargner les détails. C’est vraiment bouleversant de lire ce témoignage, le récit d’une enfant à la merci de son prédateur sans que sa famille ne puisse ni ne veule la croire ; le récit d’une adolescente hantée par son traumatisme ; le récit d’une adulte qui peine à se reconstruire en accord avec elle-même. L’inceste a littéralement fagocité et détruit son estime de soi, sa confiance en elle-même et ses rapports avec les autres : pas seulement pendant son enfance, mais jusque pendant sa vie d’adulte. C’est vraiment horrible de se dire que non seulement une personne doit subir une telle souffrance, mais qu’il y ait aussi des gens pour l’infliger, ou même pour l’ignorer ! J’ai été très touchée par ce récit, et encore plus de voir qu’elle prenait peu à peu conscience de ce que tout cela avait eu comme conséquences dans sa vie, des conséquences inattendues ou latentes, mais qui dans tous les cas sont profondément néfastes.

J’ai vraiment beaucoup aimé cette lecture, autant pour le style littéraire qui est original et agréable, que pour l’importance du témoignage et la nécessité pour tout le monde de comprendre ce que c’est que de vivre avec un tel poids. Je vous la recommande absolument !

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  1. J’aime bien ta chronique, elle dit juste ce qu’il faut. D’autant que ces œuvres littéraires sont toujours compliquées à commenter. Je rejoins ton point de vue pour la couverture ; c’est une catastrophe visuelle, et c’est dommage (surtout quand on sait que c’est le premier contact qu’à le lecteur potentiel avec le livre en question !). Je suis allée sur Amazon pour lire l’extrait qui est proposé, et j’ai aimé. Il y a une vraie présence dans la prose de cet auteur. Sinon, bonne rentrée à toi 😉

  2. Je suis comme toi, je trouve dommage cette couverture qui ne donne pas franchement envie d’ouvrir le livre. Pourtant les messages que transporte ce dernier m’ont l’air très intéressant.

  3. Je te rejoins sur l’avis de la couverture, j’achète beaucoup à cause de ça aussi, et si une couverture n’est pas belle, ça ne me donne pas envie d’avoir le roman dans ma Billy… Dommage ! Par contre, ce que tu dis du contenu donne envie de le découvrir !

  4. Un récit qui semble vraiment très poignant! C’est le genre de témoignage dont on besoin les personnes qui le vivent ou l’on vécu, pour celles et ceux qui pensent être concernés…Je ne suis pas sûre de le lire un jour mais je suis ravie de voir que ce livre t’a plu mais que c’est surtout la plume qui t’a charmée. Je te rejoins aussi sur la couverture, je n’en suis pas vraiment fan /:

    Bon courage pour les cours!

  5. Merci pour cette chronique! Ce genre d’histoires est toujours très difficile à lire mais c’est nécessaire d’avoir de tels témoignages qui peuvent aider d’autres victimes.

  6. La couverture est clairement horrible. Jamais je ne me serais penchée dessus.
    Pour ce qui du livre, c’est bien que de tels livres existent, c’est important! Néanmoins, je ne pense pas le lire.

  7. Bonjour ! Pour avoir accompagné Claudia lors de la réécriture de ‘Derrière la porte’ en tant que Directrice littéraire, je suis heureuse de lire ces commentaires élogieux qui viennent récompenser les jours et le nuits d’un travail acharné. J’espère que la couverture du 2e opus dont j’attends la parution avec impatience sera plus réussie que celle incriminée,
    d’une esthétique en effet bien ringarde !

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