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Derrière la porte

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Ayé, c’est la rentrée pour moi aussi, et les profs nous ont mis une pression absolument ignoble pour commencer la seconde année de master, il ne manquait plus que la descente d’organes pour compléter le tableau qu’ils nous ont brossé… Qu’est-ce que j’ai hâte de finir les études ! Plus de devoirs à rendre ! Plus de soirées passées à bosser !

Nouvelle chronique littéraire ! Une chronique un peu spéciale ici, car c’est j’ai eu le plaisir d’être bêta-lectrice pour ce livre ^^ L’auteure, Claudia Robert, demandait des bêta-lecteurs alors je me suis proposée ; j’avais un peu peur de faire des bêtises, c’était la première fois que j’étais bêta-lectrice, mais apparemment j’ai fait un super boulot d’après elle, et pour me remercier elle m’a envoyé un exemplaire dédicacé de Derrière la porte, qu’elle a écrit au début de l’année 2019 :3 C’est un témoignage de ce qu’elle a vécu et subi, à savoir l’inceste pendant une grande partie de son enfance. Vous devinez bien à ce moment-là que ce n’est pas une lecture facile, mais elle est importante, autant pour l’auteure que pour tous ceux qui ont eu à subir le même traumatisme. Si ça vous intéresse, le livre est assez facilement trouvable sur la Fnac, et j’en ai même profité pour le faire commander par la bibliothèque où je travaille 😛 Lire la suite

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L’herbe bleue

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Re ! Je ne pensais pas faire de nouvel article ce weekend, à part bien sûr travailler sur la série, mais je viens à peine de finir un bouquin et il faut absolument que je fasse la chronique maintenant ou je sens que je vais oublier tout ce que je voulais écrire.

l'herbe bleueIl s’agit de L’herbe bleue. Le livre est paru en 1971 aux Etats-Unis et en 1972 en France. Au départ publié anonymement, avec le sous-titre « Journal intime d’une jeune droguée », il a ensuite été attribué plusieurs années plus tard à la psychologue Béatrice Sparks : elle a déclaré que le livre était bien composé du journal intime d’une de ses patientes, mais également d’éléments fictifs inspirés de son travail avec d’autres patients.

Le livre en lui-même est le journal intime d’une jeune adolescente de 15 ans, complexée et mal dans sa peau. Elle se pose beaucoup de questions dans lesquelles je me suis reconnue, notamment les questions rapport aux garçons et tout ce qui va avec. Elle pense que sa famille ne la comprend pas et n’arrive pas à communiquer avec eux. En somme une ado normale qui essaye de trouver sa place et qui se cherche. Seulement, tout dérape le jour où elle se rend à une fête entre amis et qu’ils jouent au jeu « Il court le furet » : il s’agit de faire passer des verres où dans certains on a mis de la LSD, mais ils sont mélangés donc on ne sait pas qui va tomber dessus. C’est sa première prise de drogue à son insu, et très vite, alors qu’elle s’était promis de ne plus recommencer, tout dérape et elle devient une droguée. Elle commence par dealer de la drogue, puis elle s’enfuit et ne pense plus qu’à obtenir sa dose en se prostituant.

Je vous jure que ce livre m’a fait encore plus flipper que Stephen King. La différence de comportement est visible lorsqu’elle prend de la drogue et c’est quelque chose qui la fascine véritablement. Même lorsqu’elle récidive et qu’elle sait qu’elle va retomber dedans, elle dit qu’elle est heureuse ! J’avais vraiment peur pour elle, et je n’ose même pas imaginer ce qu’elle serait devenue si sa famille n’avait pas pu la tirer de là. Elle avait la chance de pouvoir compter sur quelqu’un alors que pour d’autres, c’était le caniveau ou pire encore.

Même lorsqu’elle essaye d’arrêter, elle se fait persécuter par tout le monde : les drogués parce qu’elle essaye justement d’arrêter, ce qui lui vaut le surnom de « Sainte-Nitouche » et « Marie la Pure », mais aussi les autres qui ne se droguent pas, à cause de son passé. Mais je crois bien que la chose qui m’a encore plus révoltée, c’est vers la fin, quand on l’a fait retomber malgré elle en lui donnant des bonbecs fourrés à la drogue : personne ne la croit quand elle dit qu’elle ne voulait pas retomber, et elle se retrouve à l’asile. Heureusement elle en sort, mais ça m’a vraiment écœurée, le comportement des gens autour d’elle. Après sa première récidive, elle a réussi à décrocher et est retournée au lycée. Autant les autres élèves l’ont persécutée, autant dès le premier jour, le proviseur la fait venir et lui dit qu’elle est un véritable rebut de l’humanité. Je vous jure que j’avais vraiment envie de l’avoir en face de moi pour lui cracher à la gueule.

Mais le truc qui m’a vraiment foutu la boule au ventre, c’est l’épilogue. A la fin, elle avait décroché complètement, elle s’était trouvé un petit copain super sympa, elle s’entendait bien avec toute sa famille, et elle avait décidé de ne plus tenir de journal et d’aller de l’avant. A ce moment-là, on se dit que tout finit bien pour elle, que finalement, elle va avoir la vie rangée qu’elle souhaite. Honnêtement, j’étais contente pour elle. Et pourtant à la fin :

« L’auteur de ce journal est morte trois semaines après avoir pris la décision de ne plus en tenir un. Ses parents sont rentrés un soir du cinéma et l’ont trouvée morte. Ils ont appelé la police , une ambulance, mais il n’y avait plus rien à faire. Etait-ce une dose trop forte ? Accidentelle ? Préméditée ? Personne ne le sait et cela n’a que peu d’importance , dans le fond. Ce qui importe , c’est que cette enfant est morte.
Et qu’elle n’est qu’une des cinquante mille victimes de la drogue qui succombèrent cette année-là.
 »

Bam. Je vous jure que j’avais envie d’engueuler le monde entier quand j’ai lu ça.

D’apprendre que le bouquin n’était pas un vrai journal, ça m’a quand même assez déçue. Même si c’est inspiré de faits réels, la fille qui tenait le journal n’a plus la même importance maintenant. Mais par contre, un truc m’a dérangée quand j’ai lu la biographie de la psychologue. J’ai vu qu’elle était de confession mormone, une religion catholique qui existe surtout aux Etats-Unis je crois, et qui prône en gros une vie avec le moins de technologie possible, sans compter le retour aux bonnes vieilles valeurs familiales, telles que le mariage, maman qui fait les gosses et papa qui commande. Bon, ça encore ça me dérange pas, qu’ils pensent ce qu’ils veulent du moment qu’ils ne m’incluent pas dedans. Je veux bien comprendre leurs motivations, mais je n’y adhère pas. Non, en fait, ça m’a dérangé par rapport à ce que j’avais lu dans le bouquin : à la fin, la fille voulait à tout prix être une épouse modèle, elle faisait l’éloge du mariage, et que le vrai bon parcours c’était : copain, mariage, première fois. Du coup, maintenant j’ai l’impression que la psychologue voulait en même temps faire passer ses idées religieuses dans un bouquin sur la drogue… Je vois peut-être trop de sous-entendus, m’enfin bon…

Retour au thème principal. Quand j’ai essayé de me mettre à la place de la fille, je me suis rendue compte d’une chose, c’est qu’à sa place, j’en aurais parlé direct avec mes parents, j’en suis sûre, et personne ne me fera changer d’avis. Je reste souvent dans ma bulle, c’est vrai, et mon père me dit parfois qu’il aimerait que je montre un peu plus que je vais bien. Autant je n’aime pas m’épancher sur ce que je ressens avec eux, autant pour un problème comme celui-là, je ne me poserais pas la question, j’irais directement les voir après coup tellement je serais pétée de trouille ! J’ai déjà une sainte horreur de la cigarette (plus ou moins à cause des odeurs de clope de papa que je détestais, surtout en bagnole), et je n’ai jamais pris d’alcool, même pas une goutte de vin ou de champagne, parce que je ne supporte pas l’idée de ne pas contrôler ce que je fais. Je ne veux pas déprendre de quelque chose. Vous me direz de toute façon on est tous dépendants de quelque chose, mais vous avez compris l’idée : je veux faire ma vie et être heureuse sans substituts.

Rien que de voir les stats de la drogue dans le monde ça me rend malade. Je vous conseille ce livre, parce que même si ce sont plutôt des récits assemblés par une psychologue, le fond est poignant, et parce que je voulais vraiment croire que cette fille allait s’en sortir.