Premières lignes… #85

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Si vous êtes un jour amené à tenir un hôtel dans une ville de trafiquants, mieux vaut savoir qu’il y a la bonne manière de s’y prendre, et la mauvaise.
Pour commencer, perdez l’habitude de poser trop de questions. Et n’espérez pas vous enrichir. Les trafiquants jurent toujours qu’ils auront des billets plein les poches demain, dès qu’ils auront trouvé un acheteur pour leurs huit cartons de cartouches d’encre verte, mais ils n’en ont jamais le jour même. Achetez-vous un gros registre et partez du principe que, quoi que vous puissiez écrire dedans, vous serez payé en cartouches d’encre verte. Si vous avez de la chance. Parce qu’ils peuvent aussi vous régler avec une monnaie d’échange encore moins exploitable.
Milo Wood ne tenait pas d’hôtel pour les trafiquants, mais ses parents si. Il s’agissait plus exactement d’un grand manoir délabré, qui semblait avoir été bricolé à partir des rebuts de dix autres manoirs aux styles les plus hétéroclites. La Villa de Verre, comme on l’appelait, se dressait à flanc de colline au-dessus d’une baie parsemée de petits ports, bâtis moitié sur la côte, moitié sur les jetées qui s’avançaient sur le fleuve Skidwrack comme les dents d’un peigne. A pied, la montée était longue. Et le funiculaire qui gravissait la pente escarpée depuis le dock privé de la maison jusqu’au sommet de Secrets’Hill n’était pas beaucoup plus rapide. Bien entendu, l’Hôtel de Secrets’Hill n’était pas réservé aux trafiquants. Mais comme c’était eux qui s’y présentaient le plus souvent, c’était ainsi que Milo le voyait.
Il vivant à l’hôtel depuis qu’il avait été adopté tout bébé par Nora et Ben Wood. C’était chez lui depuis toujours. Il était habitué à y voir défiler toutes sortes d’étranges individus. Certains revenaient tous les ans, comme des oncles qui passent vous pincer les joues pendant les vacances avant de disparaître jusqu’à l’année suivante. Au bout de douze ans, Milo était même assez doué pour prédire qui allait arriver quand. Les trafiquants avaient leur saison, un peu comme les insectes ou les légumes. C’est pourquoi il fut si ébahi quand la grosse cloche du perron, qui était reliée au treuil qui actionnait le câble qui hissait le funiculaire sur ses rails, se mit à sonner.

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