Premières lignes… #119

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Une avenue de tilleuls, bordée de prairies, menait à la partie reculée d’une cuvette plantée d’arbres séculaires et couverte de luxuriants pâturages. Surmontant les hautes haies, les troupeaux de boeufs semblaient vous regarder passer avec curiosité, s’étonnant peut-être de votre présence en cet endroit dénué de tout chemin, à moins de vouloir aller au château.
A l’extrémité de l’avenue s’élevait une arche ancienne et un clocher avec une lourde horloge détraquée, dont l’unique aiguille sautait brusquement d’une heure à l’autre, sans parcourir les divisions intermédiaires. Passé ce portique, on entrait dans les jardins du château d’Audley.
Devant vous s’étendait une pelouse unie, parsemée de massifs de rhododendrons, qui poussaient en cet endroit plus magnifiques qu’en tout autre lieu du comté. A droite se trouvaient le potager, l’étang, un verger entouré par un fossé sans eau et un mur en ruine, par endroits plus épais qu’élevé, et entièrement couvert de lierre rampant, d’orpin à fleurs jaunes, et de mousse noirâtre. A gauche s’étendait une large allée de graviers qui, longtemps avant, lorsque la résidence était un couvent, avait servi de promenade à de paisibles nonnes ; et un mur garni d’espaliers, ombragé d’un côté par de gros chênes qui masquaient le fond du paysage sans relief et enveloppaient bâtiments et jardins de leurs épais ombrages.
Le manoir faisait face à l’arche et occupait les trois côtés d’un quadrilatère ; c’était une vieille construction, irrégulière et sans la moindre symétrie. Les fenêtres étaient inégales : les unes avec de lourds meneaux en pierre enrichis de vitraux colorés, d’autres munies de frêles châssis qui remuaient avec fracas à la moindre brise, d’autres plus modernes semblaient avoir été construites la veille. De grandes cheminées surgissaient çà et là sur la crête du toit, si ruinées par le temps et l’usage qu’elles eussent paru prêtes à crouler si elles n’avaient été soutenues par l’enchevêtrement du lierre qui envahissait le mur et la toiture et venait les enlacer. Dans un coin d’une tourelle située dans un angle du bâtiment, une porte étroite avant l’air de se dérober à l’oeil des curieux, comme désireuse de garder un secret, une magnifique porte pourtant, en vieux chêne garnie de gros clous de fer à tête carrée, si épaisse que le marteau en retombant lui faisait rendre un bruit sourd et que les visiteurs agitaient une sonnette perdue dans les feuilles de lierre, de crainte que le bruit du marteau ne pût jamais se faire entendre dans la demeure.

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