Un peu de poésie reléguée : Solitude

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Bien le samedi bande de poésie, nouveau bonjour et nouveaux gens ! J’espère que vous allez bien, je vous propose une nouvelle poésie pour ce weekend, et j’espère qu’elle saura vous parler autant qu’à moi ! Cette fois-ci, je l’ai trouvée sur le site Poemes.co, mais je n’ai malheureusement pu trouver aucune information sur l’auteur, ou plutôt l’autrice. Je ne peux que vous dire qu’elle s’appelle Yendami Isadora, et qu’elle a écrit vers 2014. Son poème m’a beaucoup touchée, et j’aimerais le partager avec vous : il s’appelle « Solitude »

La vieille dame s’ennuie
Seule derrière ses rideaux,
Elle regarde la pluie,
Dans la rue, les badauds.

Personne à qui parler,
Elle écoute sans le voir,
Ce film à la télé,
A la tombée du soir.

Elle a perdu celui
Qui durant des années
A partagé sa vie
Et qu’elle a tant aimé.

Les enfants sont bien loin,
Ne viennent plus la voir,
Ils suivent leur destin,
Construisent leur propre histoire.

Elle fixe la pendule,
Les heures qui s’égrènent
Ponctuent sa solitude,
Alourdissent sa peine.

Parfois un vague espoir
S’en vient la ranimer.
Là au long du trottoir…
Une voiture s’est garée…

Hélas toujours déçue,
Ce n’était qu’un voisin.
Pour elle ne restent plus
Que tristes lendemains.

Navrée si ce poème vient vous déprimer en pleine journée, ou même le soir avant d’aller dormir. Si ce n’est pas le cas, tant mieux ; je peux vous dire qu’il a sacrément tourné dans ma tête pour ma part ! Rien ne dit bien sûr que toutes les grands-mères sont malheureuses (et j’espère que ce n’est pas le cas sinon ma fin de vie va être infernale), elles sont toutes différentes et je suis sûre que certaines s’en sortent à merveille et se fichent comme d’une guigne de tout ce sentimentalisme ^^’ C’est aussi pour ça que je n’ai pas trouvé d’image qui me convienne vraiment pour illustrer le poème, aussi je suis allée chercher sur DeviantArt et j’ai fini par trouver cet hommage d’un artiste à sa grand-mère décédée, toujours studieuse malgré son grand âge : il s’intitule Grandma Aaliyah

La vérité, c’est que ce poème me trouble beaucoup parce qu’il me rappelle ma propre grand-mère. Je n’ai que des souvenirs de petite enfance pour me rappeler l’époque où elle était encore alerte, et encore. On est assez égoïste à cet âge-là d’ailleurs. Mais je me souviens qu’on jouait au jeu de l’oie, au Scrabble, aux sept familles (je passais mon temps à lui réclamer des « faveurs » pour qu’elle me laisse gagner ^^’), et c’est elle qui m’a appris à tricoter. Malgré ça, malgré tout ce que je lui dois (je tricote toujours !), je n’avais pas l’impression de la connaître réellement, et je n’ai jamais su comment combler ça. Je sais uniquement qu’elle a été prof de philo. J’ai grandi, elle a vieilli. Et il a fallu la mettre en EHPAD. Je ne sais pas si elle y était heureuse ou malheureuse. La vérité, c’est que déjà à cette époque elle n’était plus la grand-mère dont je me rappelais, et le fait qu’elle soit dans un endroit aussi… aseptisé, impersonnel, avec plein d’autres étrangers, ça n’aidait pas. Je n’aimais pas aller là-bas, parce que je ne reconnaissais rien, ni l’endroit, ni ma grand-mère. Avec le recul, je m’en veux, parce que je sais qu’elle était tout de même heureuse de recevoir mes (trop rares) lettres. Finalement, elle est morte, et c’était un soulagement, car elle déclinait depuis si longtemps que je ne savais même plus à quoi elle devait ressembler : chaque fois que je demandais comment elle allait à ma mère qui revenait de là-bas, c’était « elle décline ». Comment peut-on « décliner » pendant si longtemps, je me demande encore. Je me dis que je suis passée à côté de beaucoup de choses que j’aurais pu dire, que j’aurais dû faire. Je m’en veux, et pourtant, je me retrouve toujours aussi mal à l’aise quand j’arrive devant la dalle funéraire, pour voir que ma grand-mère est devenue une petite plaque à côté d’un grand-père et d’autres gens que je n’ai jamais connus. Je regrette sans même savoir ce que j’aurais dû faire, c’est-y pas bête ? D’autant plus bête que c’est trop tard.

Tout ça pour dire… Ne négligez pas vos grands-parents, en espérant que vous ne soyez pas fâchés contre eux bien sûr. Y a fort à parier qu’eux, ils sont contents de savoir que vous allez bien, et que vous pensez un peu à eux. Et un visage familier et souriant qui apparaît dans votre champ de vision, qui échange quelques mots, ça peut faire beaucoup, même si on « décline ».

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