Premières lignes… #78

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Baie de Dunworley, ouest du comté de Cork, Irlande

La petite silhouette se tenait dangereusement au bord de la falaise. Ses longs cheveux rouxx et luxuriants se soulevaient derrière elle à chaque rafale de vent. Une robe blanche en coton fin tombait sur ses chevilles, laissant apparaître ses minuscules pieds nus. Ses bras étaient tendus, ss paumes tournées vers la masse écumeuse de la mer grise au-dessous, son visage levé vers le ciel comme si elle s’offrait en sacrifice aux éléments.
Grania Ryan l’observait, hypnotisée par cette vision spectrale. Ses sens étaient trop brouillés pour lui dire si ce qu’elle voyait était réel ou imaginaire. Elle ferma les yeux pendant une fraction de seconde puis les rouvrit et constata que la silhouette était toujours là. Ses yeux envoyèrent le message approprié à son cerveau et elle fit quelques pas hésitants vers la falaise.
En s’approchant, Grania réalisa que la silhouette était celle d’une enfant et que la robe en coton blanc était en fait une chemise de nuit. Elle vit les nuages noirs qui s’amoncelaient au-dessus de la mer et les premières gouttes d’eau salée, annonçant la pluie imminente, cinglèrent ses joues. La fragilité de cette petite créature face à cet environnement sauvage la poussa à hâter le pas pour rejoindre l’enfant.
Le vent sifflait dans ses oreilles et avait commencé à exprimer sa rage. Grania s’arrêta à une dizaine de mètres de la petite fille, toujours immobile. Elle remarqua les minuscules orteils bleus à même la roche tandis que le vent, de plus en plus violent, fouettait son corps frêle comme un jeune saule. Elle s’approcha un peu plus de l’enfant, s’arrêtant juste derrière elle, ne sachant que faire. Son premier réflexe aurait été de courir vers elle et de la saisir, mais si elle sursautait et se retournait, le moindre faux pas pourrait causer une tragédie, condamnant la fillette à une mort certaine sur les roches couvertes d’écume, près de trois cents mètres au-dessous d’elles.

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