Archives de Tag: société

Les Rougon Macquart #9 : Nana

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Les illustrations pour le roman avancent bien, j’espère pouvoir les terminer avant la fin de l’année mais ça va être serré ! Et après… tome 2 ! Mais ptet aussi une ptite pause, parce que ca fait un moment que mes weekend ne m’ont plus servi à me reposer 😅

Nouvelle chronique littéraire ! Ca faisait longtemps les enfants que je n’avais pas repris la saga des Rougon-Macquart de Zola. Pour mémoire, chaque tome peut se lire indépendamment ; mais le but avec cette série de romans était pour Emile Zola de montrer, comme un scientifique le ferait avec des cobayes, à quel point l’hérédité des défauts peut jouer sur les différentes génération d’une même famille. Aujourd’hui, je vous présente le neuvième volume de la série, Nana : publié en 1880, le roman se veut à la fois une description fidèle du milieu de la prostitution, ainsi qu’une critique féroce de la bourgeoise et de la noblesse du Second Empire, vautrées dans le luxe et le vice. N’hésitez pas à jeter un oeil aux précédents romans de la série : comme je l’ai dit, ils ne sont pas indispensables, mais ça permet de comprendre la famille dans sa totalité.

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Un peu de poésie rageuse : Pilori

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Bien le samedi bande de poésies, nouveau bonjour et nouveaux gens ! J’espère que vous allez bien ^^ On découvre aujourd’hui une nouvelle poétesse, découverte complètement par hasard et adorée dès la première lecture 🙂 Je vous présente Renée Vivien, femme de lettres britannique de langue française, née en 1877 et morte en 1909. Son vrai nom était Pauline Mary Tarn. Aujourd’hui encore, elle est considérée comme une des grandes icônes du génie féminin et il existe même un prix littéraire à son nom ! Son style s’inspire de plusieurs mouvements littéraires, mais pas uniquement. Elle a beaucoup voyagé, notamment au Japon, à Constantinople ou en Grèce sur l’île de Lesbos.

Cette dernière destination n’est pas anecdotique, car l’autre aspect de la vie de Renée qui l’a rendu célèbre, c’est le fait qu’elle soit lesbienne. Sa célébrité, son grand talent et ses relations amoureuses lui ont même valu le surnom de Sapho 1900, du nom de la poétesse la plus connue de la Grèce antique (lesbienne également). Malheureusement, pas besoin de vous faire un dessin sur la façon dont on considérait l’homosexualité à cette époque… En 1908, deux femmes avec qui elle entretenait des liens très forts la quittent successivement. Minée par ces pertes, Renée sombre dans l’alcool et la drogue. Sa vision très romantique de la mort la conduit à une tentative de suicide ; si ce fut un échec, elle décède néanmoins peu après, car elle était de plus en plus malade et fragile psychologiquement.

Malgré une vie tumultueuse, Renée était une femme brillante et très productive : elle nous a laissé de très nombreuses oeuvres qui sont encore étudiées aujourd’hui ! J’ai très envie d’en découvrir plus sur elle, surtout depuis que je sais qu’en 2018, un recueil de ses contes gothiques a été traduit en français :3 De plus, en 2020, un recueil de sa correspondance avec son ami Jean-Charles Brun a été publié, éclairant sa vie sous un nouveau jour.
Le poème que je vous propose aujourd’hui s’intitule « Pilori » et fait partie du recueil intitulé A l’heure des mains jointes. Si vous voulez en lire plus, n’hésitez pas à suivre ce lien wikisource, ils ont énormément de ses écrits à disposition ❤

Pendant longtemps, je fus clouée au pilori,
Et des femmes, voyant que je souffrais, ont ri.

Puis, des hommes ont pris dans leurs mains une boue
Qui vint éclabousser mes tempes et ma joue.

Les pleurs montaient en moi, houleux comme des flots,
Mais mon orgueil me fit refouler mes sanglots.

Je les voyais ainsi, comme à travers un songe
Affreux et dont l’horreur s’irrite et se prolonge.

La place était publique et tous étaient venus,
Et les femmes jetaient des rires ingénus.

Ils se lançaient des fruits avec des chansons folles,
Et le vent m’apportait le bruit de leurs paroles.

J’ai senti la colère et l’horreur m’envahir.
Silencieusement, j’appris à les haïr.

Les insultes cinglaient, comme des fouets d’ortie.
Lorsqu’ils m’ont détachée enfin, je suis partie.

Je suis partie au gré des vents. Et depuis lors
Mon visage est pareil à la face des morts.

Le poème est très court, avec des rimes embrassées et une succession de distiques, mais il est incroyablement puissant et évocateur. Sa violence est ce qui nous marque avant tout. On s’imagine sans peine la scène et surtout la rancoeur qui traverse la narratrice. L’oeuvre de Renée Vivien a une certaine portée autobiographique, donc on peut supposer sans trop de risques que le poème fait référence à son homosexualité et à la façon dont elle est perçue par la société. Elle semble aux prises avec une véritable tempête, entre ses sentiments qui l’étouffent, le pilori auquel elle est clouée, et le bruit que font les gens autour d’elle. Moqueries, humiliations, insultes auxquelles la poétesse répond par une colère muette mais grandissante. Et comment ne pas la comprendre ? Elle n’est coupable que d’être elle-même. Mais c’est aussi un cercle vicieux, car le mépris ne fait qu’engendrer la haine. Quand enfin elle n’est plus dans l’oeil du cyclone, elle est morte à l’intérieur.

Pour aller avec le poème, j’ai beaucoup hésité ! Au début, je pensais au roman La Lettre Ecarlate de Nathaniel Hawthorne. Même si quand je l’avais lu je l’avais trouvé un peu barbant, il m’avait quand même beaucoup marquée ; et surtout, l’humiliation publique est un thème central car l’héroïne a eu un enfant hors mariage. Cette liaison adultère lui vaut d’avoir une lettre rouge brodée sur elle en permanence pour marquer son « crime ». Ce n’est toutefois pas elle qui subira le pilori, mais ça ce sera à vous de la découvrir ^^

Mais finalement, ce poème me fait énormément penser aux chansons du groupe de métal gothique Blackbriar, que j’aime beaucoup ! La chanteuse, Zora Cock, a une voix magnifique en plus d’être très belle, elle arrive à monter dans les aigus avec une facilité qui me fascine à chaque fois ^^ Ma préférée est sans hésiter Until Eternity, mais ici, je trouve que le poème fait particulièrement écho à deux autres chansons :
– d’une part Snow White and Rose Red pour le côté amour interdit (potentiellement relation lesbienne) et jugement ignorant de la société. Le titre de celle-ci vient d’ailleurs d’un conte de Grimm, à ne pas confondre avec l’autre Blanche-Neige !
– et d’autre part I’d Rather Burn pour la fin du poème, pleine de colère. Si l’idée de la mort est présente, la chanson annonce la promesse d’une vengeance qui n’est pas pour me déplaire 😛
Les paroles des deux chansons sont plutôt répétitives, mais on n’en apprécie que plus la mélodie :3

J’espère que vous avez aimé le poème et les chansons ! Vous font-ils penser à autre chose ? Avez-vous envie d’en savoir plus ? N’hésitez pas à partager vos découvertes et à me donner votre avis en commentaire ❤

Mécanique et lutte des classes

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Je poursuis mon stage au Village du Livre, c’est pas de tout repos ! En fait, on a quelques millions (sans rire) de livres qui attendent d’être indexés sur le site internet, le but c’est de leur créer une petite fiche pour chacun ; le quota qu’on me demande pour l’instant, c’est une centaine de fiches par jour. Je ne sais pas si ça vous paraît peu ou non, mais pour les atteindre ça demande une mécanique bien huilée et une concentration à toute épreuve 😛 

Nouvelle chronique littéraire ! Je vous avais déjà parlé des recueils de nouvelles de la maison d’édition steampunk Oneiroi : le premier volume, Ecologie & folie technologique, avait été un petit coup de coeur ❤ Je ne peux d’ailleurs que vous conseiller les autres livres de la maison d’édition, et le steampunk de manière générale ; si vous ne connaissez pas ce genre, je vous invite à aller regarder la page de ce blog qui lui est dédiée 🙂 Aujourd’hui, on va aborder la deuxième anthologie de nouvelles steampunk de Oneiroi, qui aborde une thématique ô combien présente dans le steampunk : les différences sociales. Voici Mécanique & lutte des classes, un ensemble de quatre nouvelles de Tepthida Hay, Noëmie Lemos, Catherine Loiseau et Johanna Marines ! Lire la suite

Green Book : Sur les routes du Sud

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Vous savez, j’hésite beaucoup à vous communiquer ma PAL. Je sais que d’autres bloggeurs et bloggeuses le font, mais la mienne a atteint de tels sommets que je vous jure que j’ai honte du chiffre. Cherchez pas, vous arriverez pas à le deviner (en gros y a 3 chiffres au compteur… et le premier n’est pas un 1 ><). C’est le petit soucis quand on est une acheteuse compulsive alors qu’on a beaucoup moins de temps pour lire, et qu’on bosse en librairie ^^’ Et pourtant, je ne demande pas mieux que de m’enfermer chez moi pendant un mois pour ne faire que bouquiner… Le rêve que ce serait ❤

Nouvelle chronique, cette fois-ci on cause d’un film :3 Grâce à mon frangin qui suit bieeeennn mieux que moi l’actualité cinématographique, je peux voir des films que je n’aurais normalement pas vu avant un long moment vu que je ne vais pas souvent au cinéma. Non que je n’aime pas ça, au contraire, mais je n’en ai pas souvent l’occasion et quand j’ai dix euros, je vais plus facilement en librairie ^^’ Bref ! Un de ces films que mon frangin m’a fait découvrir, c’est Green Book de Peter Farrelly, sorti en janvier 2019. Je ne connaissais aucun des acteurs, sauf Viggo Mortensen aka Aragorn dans le Seigneur des Anneaux… mais Aragorn qu’a bien changé quand même XD Le film a reçu plusieurs prix dont trois Oscars et d’excellentes critiques, tant des journalistes que des spectateurs ! Et surtout, c’est un film biographique. Lire la suite

Ecotopia

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Reconnaissons un avantage au confinement : la matinée au lit avec un bon bouquin, c’est le pied 😀 Alors que faites-vous de votre côté ? Je vais essayer de mettre les bouchées doubles sur les révisions en ce qui me concerne, ça sera toujours ça de fait pour le concours ; et si j’arrive à avancer sur mon tapuscrit, la vie sera belle ^^

Nouvelle chronique littéraire ^^ Grâce à mon travail en librairie, j’ai pu emprunter quelques livres, et pour une fois, lire des sorties récentes ! D’habitude, comme j’achète essentiellement d’occasion, je lis après tout le monde les nouveaux titres ^^’ Bon, ici ce n’en est pas un, mais il m’avait tapé dans l’oeil et je ne regrette pas de l’avoir lu ! Voici Ecotopia  : Les Carnets de notes et de Rapports de William Westonécrit par Ernest Callenbach en 1975. Il s’agit d’une des premières utopies écologiques (même si la société décrite n’est pas non plus parfaite), et à ce titre elle a eu un impact majeur sur le mouvement écologique. Ernest Callenbach est d’ailleurs partisan de la simplicité volontaire, un mode de vie où l’on réduit volontairement sa consommation, et donc les impacts de celle-ci : les motivations peuvent être multiples et pas seulement écologiques (philosophiques, sociales, économiques, juste pour la frime,…), et on le voit tout au long du livre ! Lire la suite