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Un peu de poésie endormie : Insomnie (partie n°2)

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Bien le samedi bande de poésies, nouveau bonjour et nouveaux gens ! Aujourd’hui je vous présente une nouvelle poétesse, Marina Tsvétaïéva (1892-1941). D’origine russe, elle a eu une vie assez difficile, en particulier à partir de 1917 et de la Révolution Russe : les années qui ont suivi ce grand bouleversement ont été des années de misère et de famine ; Marina a même accepté d’envoyer une de ses filles à l’orphelinat en espérant qu’elle y serait mieux nourrie – en vain, car la petite y mourra justement de faim… Son mari luttait alors contre le nouveau régime, mais il disparaît. Lorsque Marina le retrouve, elle doit quitter la Russie et le rejoindre dans son exil à Prague. En 1925, la famille s’installe à Paris, mais malheureusement, la poétesse ne parvient pas à trouver sa place dans les cercles constitués par les écrivains russes émigrés. En 1939, elle revient finalement en Russie… au pire moment. Staline et son mouvement se méfient de ceux qui ont vécu longtemps à l’étranger. A partir de là, c’est la descente aux Enfers : son mari est fusillé pour espionnage en 1941, et elle-même se pend peu de temps après, car seule et sans le moindre soutien.

Marina a écrit énormément d’oeuvre, en poésie mais aussi en prose car cette dernière se vendait mieux. Sa poésie, étouffée par le régime de Staline, n’a été redécouverte que dans les années 60. Son oeuvre la plus connue est le cycle Insomnie, et le poème que j’ai choisi est le deuxième de ce cycle ! J’espère qu’il vous plaira, moi j’ai beaucoup aimé ^^

J’aime embrasser
les mains, et j’aime
distribuer des noms,
et aussi ouvrir grand
les portes,
– toutes grandes – sur la nuit sombre !

La tête entre les mains,
écouter un pas lourd
quelque part diminuer,
et le vent balancer
la forêt
en sommeil, sans sommeil.

Ah, nuit !
Quelque part des sources courent,
je glisse vers le sommeil.
Je dors presque.
Quelque part dans la nuit
un homme se noie.

J’adore comme ce poème reprend la routine du soir au moment d’aller se coucher : serrer les mains, les embrasser quand on aime beaucoup la personne, souhaiter la bonne nuit à tout le monde et se plonger dans le noir jusqu’à la chambre. Se mettre au lit, écouter les bruits de la maison et les bruits de dehors, et se sentir lentement glisser dans le sommeil, presque comme une noyade. Le terme peut sembler angoissant c’est vrai, mais le sommeil peut aussi avoir cette dimension angoissante justement : on perd pied, et pendant que nous dormons tout peut arriver dehors. Et pourtant, le poème n’est pas effrayant ni mortellement inquiétant. Le rythme court et entêtant, comme une sorte de va et vient entre un vers et le suivant, pour moi ça reproduit à merveille ce lent effet de torpeur quand on tombe de sommeil ❤

Pour accompagner ce poème, je vous ai choisi deux tableaux parmi les plus connus du peintre Van Gogh ^^ Un peintre que j’aime énormément, et en particulier depuis que j’ai vu l’épisode qui lui était consacré dans la série Doctor Who (incroyablement touchant, je vous le conseille ❤ ). Le premier s’intitule La Nuit étoilée sur le Rhône, et le deuxième plus simplement La Nuit Etoilée. Peints en 1888 et 1889, les deux tableaux sont souvent opposés car ils représentent deux visions très différentes de la nuit, et correspondent à deux périodes de la vie du peintre : lorsqu’il a peint le deuxième, il était interné dans un asile. Le premier est plus tranquille, avec un fleuve qui nous ramène à l’idée de « noyade » du poème, mais les étoiles sont plus faibles à cause des lumières de la ville. Le deuxième oppose la campagne statique (sauf les arbres qui ressemblent presque à des flammes) et le ciel parcouru de nébuleuses lumineuses. C’est celui que je préfère, on le qualifie de « violent » mais pour moi, c’est un mouvement lent comme une berceuse, je n’ai qu’une envie, c’est de me laisser porter 😀

J’espère que le poème et les tableaux vous plaisent, n’hésitez pas à me dire ce qu’ils vous évoquent en commentaire 🙂 Et si la réflexion sur les tableaux de Van Gogh vous intéresse, n’hésitez pas à aller faire un tour sur le blog Impressionnisme et Voyage, il m’a beaucoup aidée 😀

La Dame de pique

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Les beaux jours reviennent, d’habitude pour moi ça signifie la période des vide-greniers mais cette année ça risque de rendre un autre son de cloche… Est-ce que vous aussi ça vous manque ? Avec ma soeur c’est presque une tradition, on revient toujours avec des sacs entiers de livres et de vêtements 😀 J’espère que quelques uns seront quand même organisés !

Nouvelle chronique littéraire ! Comme le dernier article de chronique, je vous présente un album tiré de la collection des Grands Classiques Illustrés, aux éditions Sarbacane. Si les textes ne sont pas forcément très accessibles aux enfants, ils sont néanmoins présentés dans une édition abondamment illustrée et dans un très grand format pour mieux profiter des dessins. Avis aux amateurs de beaux livres donc ! Ici, je vous propose de découvrir la nouvelle La Dame de Pique, illustrée par le français Hugo Bogo, et écrite par le poète et dramaturge Alexandre Pouchkine en 1833. Né en 1799 et mort en 1837, cet auteur a permis d’imposer la langue russe à l’écrit telle qu’elle était parlée (plutôt que celle des textes administratifs et religieux), et d’avoir permis la littérature russe de s’émanciper des influences étrangères, notamment européennes. On le connaît peu à l’étranger car son oeuvre est surtout poétique, donc assez délicate à traduire ; en revanche, il a inspiré des auteurs russes très célèbres comme Tolstoï et Dostoïevski. Lire la suite

Célestopol

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Salutations bande de gens, j’espère que vous allez bien ! J’avance peu à peu dans mon mémoire, vu qu’avec le confinement j’ai du temps libre et plus aucune excuse XD J’essaie aussi de lire des livres pour préparer le concours B de bibliothécaire mais… est-ce que c’est moi ou est-ce que ces livres ne sont en fait que de vastes listes de normes et de sigles incompréhensibles ? Quand j’en finis un, ce que j’en comprends et retiens pourrait tenir sur une feuille A5…

Nouvelle chronique littéraire du dimanche ! Un nouveau roman steampunk, plus exactement un recueil de nouvelles qui se passent toutes dans un univers lunaire, fourmillant de vie, de complots et de merveilles. Roulement de tambour pour Célestopol d’Emmanuel Chastellière, publié en 2019 ! J’ai même pu prendre contact avec l’auteur pour lui poser des questions dans le cadre de mon mémoire, il est très sympa ^^ Et comme toujours, si vous ne savez pas ce qu’est le steampunk, n’hésitez pas à regarder la page consacrée sur le blog 🙂 Lire la suite

Anna Karénine

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Bien le bonjour les gens ! J’espère que vous allez bien, de mon côté je m’accroche tant bien que mal à la prépa, mais même à ce stade de l’année je n’arrive pas à m’imposer des révisions régulières :/ Je crois que le pire, c’est pour me réveiller le matin : on m’a conseillé d’installer mon réveil loin du lit pour me forcer à me lever. Ca marche pas. Je me suis levée, j’ai éteint le réveil et je suis retournée me coucher. Mon cas est désespéré.

15791888697Enfin bref, aujourd’hui je vous propose une chronique d’Anna Karénine de Tolstoï. C’est le genre d’auteur dont on entend toujours parler, mais dont on ne connaît jamais l’oeuvre ^^ Outre Guerre et paixAnna Karénine, publié en 1877, est considéré comme un chef d’oeuvre de littérature, et si j’en crois Wikipédia, il marque l’entrée de la littérature russe dans la postérité européenne. Si j’ai sauté le pas pour lire le livre, c’est tout bêtement parce que je l’ai trouvé dans une jolie édition (et j’ai réussi à vous trouver l’image sur Internet, mais je précise que ne parlant pas allemand, je ne sais pas ce qui signifie l’étiquette, tout ce que Google Trad a pu me dire, c’est qu’à priori ce n’était pas une insulte) dans une petite boutique, et comme il n’était pas trop cher, j’ai craqué 🙂 Lire la suite