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L’annulaire

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Mon père est un grand fan de musique, surtout blues, jazz et rock, et il m’a fait découvrir cette petite pépite que j’écoute en boucle actuellement 😀 Si vous connaissez d’autres musiques dans le même style, je suis preneuse ^^

Nouvelle chronique littéraire ! J’interromps la longue litanie de romans steampunk cette semaine pour un roman très court, moins d’une petite centaine de pages. J’ai dû le lire pour un cours sur les collectionneurs, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est très particulier. Il s’agit de L’Annulaire de Yoko Ogawa, publié en 1994 et adapté en film en 2005. Je n’ai pas vu le film donc je vous parlerai surtout du livre, mais si vous avez de quoi compléter la chronique, n’hésitez pas 🙂

Résumé : Dans un ancien foyer de jeunes filles transformé en laboratoire, M. Deshimaru, taxidermiste du souvenir, prépare et surveille des « spécimens », tandis que la narratrice de ce récit, assistante et réceptionniste, accueille les clients venus confier au mystérieux spécialiste d’insolites bribes de leur histoire: des ossements d’oiseau, quelques champignons microscopiques, une mélodie, une cicatrice…
Amputée d’une infime partie d’elle-même depuis un accident du travail, la jeune assistante tombe peu à peu sous le charme du maître de ce lieu de mémoire malsain et fascinant.

Mon avis : 

La couverture est assez intrigante, et j’avoue qu’elle ne m’inspire pas beaucoup ^^’ En fait, je sais d’emblée que si je n’avais eu connaissance que du film, dont est tirée la couverture, je n’aurais pas eu envie de le regarder. Trop particulier, pas mon genre. Le roman est déjà assez complexe en terme de psychologie, et on se perd en conjectures à essayer de comprendre qui est cette femme, et ce qu’elle représente.

Je ne lis pas beaucoup de romans japonais en temps normal, moins par désintérêt (au contraire) que par manque d’occasions ; ceci dit, j’ai bon espoir de combler ça avec l’ouverture de la boutique en ligne d’une librairie que j’aime beaucoup et que je vous conseille, Le Renard Doré 😉 Mais revenons à nos moutons. La plume de Yoko Ogawa est plutôt douce, et ça contraste de manière très particulière avec l’angoisse sous-jacente du texte. L’histoire est prenante car très particulière, je vous mets sincèrement au défi d’en trouver une du même genre ! L’idée d’un musée constitué d’objets hétéroclites, uniques car porteurs de sentiments et de souvenirs propres à une seule personne, me plaisait beaucoup. Le principe est intéressant, surtout du point de vue d’une littéraire qui adore connaître de nouvelles histoires et anecdotes ; après, nous sommes servis en matières d’histoires hétéroclites, mais ce n’est pas non plus de la manière dont on aurait pu se le figurer à première vue. Le but du musée est de supprimer et d’enfermer les sentiments douloureux des propriétaires de ces objets, qui ne reviennent plus jamais les voir après en avoir fait des « spécimens » : ce peut être n’importe quoi, un oiseau mort, l’air d’une chanson,…

En fait, l’ambiance générale du livre est glauque, je n’ai pas d’autres mots. Elle fascine mais en même temps elle est assez malaisante. Que les gens soient assez renfermés en dehors du moment où il doivent livrer l’histoire de l’objet, ça ce n’est rien, c’est même assez normal, et on se transforme en confident muet l’espace d’un instant. Même le fait que des parties de corps, comme le suggère le titre, peuvent devenir des spécimens, ça ne me perturbe pas des masses, c’est même un prolongement logique selon moi. Non, le truc le plus perturbant, ça va être la relation entre l’héroïne, qui devient la secrétaire du musée, et le conservateur, Deshimaru. On ne connait pas le nom de cette nouvelle assistante, mais c’est elle qu’on va suivre pendant tout le long de l’histoire, en découvrant son histoire et sa vie au musée. Et elle va très rapidement devenir le jouet de son patron dans une relation fétichiste et surtout malsaine et dominatrice ; jusqu’à devenir sa chose et ne plus pouvoir s’éloigner de lui. Et tout ça transparaît au travers de scènes qui sont pesantes émotionnellement, et affreusement calmes. Le personnage de Deshimaru est réellement angoissant, mais le fait que l’héroïne ait l’air aussi calme et placide ajoute encore au malaise.

La fin est ouverte, mais je pense qu’on devine assez bien ce qui s’y passe. Le livre est très court mais représente quand même une grosse claque, et il faut un petit moment pour tout assimiler une fois qu’on l’a refermé. Aussi bizarre que ça puisse paraître, je ne déconseille pas la lecture du livre ; juste il vaudrait mieux que ce soit pour un public averti et pas trop sensible. Mais en dehors de ça, ben c’est un livre particulier qui peut valoir le coup d’oeil, juste pour découvrir. Pour ce qui est du film, je n’en ai aucune idée, mais j’ai cru comprendre qu’ils avaient beaucoup insisté sur la partie érotique, alors que ça ne me semblait pas très prégnant dans le livre. Bref ! Dur de faire un bilan, vous l’aurez compris ^^’

La Demeure du Chaos

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Bien le bonjour bande de gens, vous allez bien ? Aujourd’hui, pas de poésie ni de peinture, ou plutôt si mais à plus grande échelle 😛 D’habitude je ne suis pas très fan de l’art « content-pour-rien », mais il y a un musée qui m’a fait changer d’avis. Ca fait un moment que je suis allée là-bas, mais j’en ai gardé un très bon souvenir, et je voulais vraiment vous parler de cet endroit très spécial 🙂 Il se situe juste au nord de Lyon à environ 10 minutes de la ville, et comble de bonheur, l’entrée est gratuite, et on aime ce mot : il s’agit de la Demeure du Chaos !

Au départ, le bâtiment était un relais de poste du XVIIème siècle, qui au fil des années a subi de nombreuses destructions et reconstructions partielles. Son actuel propriétaire, Thierry Ehrmann, en a fait un lieu de création perpétuelle, où des artistes contemporains viennent ajouter des oeuvres, des témoignages ou des protestations ; beaucoup de ces oeuvres sont en lien avec des éléments d’actualité ou des problématiques récentes comme le 11 septembre 2001, les guerres au Moyen-Orient, etc. Il y a énormément de citations écrites un peu partout sur le site ; on voit aussi très souvent le nom du site Wikileaks, qui d’après ce que j’ai compris est un site qui met en lumières toutes les dérives politiques ou sociétales en publiant des documents censés être confidentiels. La démarche toute entière s’inspire beaucoup du Facteur Cheval auquel elle rend hommage : c’était un facteur du XIXème siècle qui pendant des années et des années ramassait des pierres étranges sur son chemin pour construire son Palais idéal, et son tombeau. Je sais pas vous, mais moi c’est ma prochaine visite, c’est dit !

La Demeure du Chaos est devenue assez connue il y a quelques années à la suite d’une controverse judiciaire : pas du tout pour ce qu’elle dénonçait (ou alors de façon officieuse), mais au départ parce que les modifications profondes du bâtiments ont choqué les riverains et surtout la mairie qui a fini par porter plainte en 2004. Ehrmann avait reçu l’ordre de remettre au moins les murs extérieurs en état, mais celui-ci refusa et fit plusieurs fois appel, allant jusqu’à prendre à témoin la Cour européenne des droits de l’homme en 2011, puis en 2013 malgré un premier refus, en insistant sur le statut d’oeuvre d’art de la Demeure : à ce titre, elle ne pouvait être ni modifiée ni détruite. Finalement, et heureusement à mon sens, il a eu gain de cause 🙂 Bref, mieux que des mots, je vous laisse apprécier les photos que j’ai pu prendre (et excusez le ciel gris, elles datent de janvier je crois ^^’)

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J’ai vraiment adoré cette visite, je ne comprenais pas forcément chaque oeuvre vu que ma culture politique est à peu près aussi étendue que l’épaisseur d’un cheveu, mais c’était sacrément impressionnant ! L’esprit de rébellion est bien présent, et chaque citation et chaque oeuvre font clairement réfléchir sur les directions que prend la société actuelle. Je vais pas vous mentir, c’est clairement d’inspiration anarchiste, et même si je ne partage pas forcément l’avis des artistes sur la doctrine, ce qu’il essaient de faire est d’abord et avant tout de remettre un peu de bon sens dans tout ce merdier ! N’hésitez pas à y faire un tour, ça vaut cent fois le détour 🙂