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Un peu de poésie navigatrice : Kayak de nuit

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! On se retrouve pour une nouvelle poésie, que j’ai trouvée sur Internet, grâce à un nouveau site, Poemes.co 🙂 Je l’aime bien car j’ai pu y trouver pas mal de poètes récents, des poètes bien vivants du XXIème siècle, et qui n’ont pas besoin de figurer dans un manuel de classe pour avoir une belle plume. Par contre, pour trouver des infos sur eux, c’est un peu plus compliqué, il faut savoir lire leur poésie brute de décoffrage 🙂

En effet, je ne pourrai pas vous dire grand chose sur le poète du jour, sinon qu’il est breton, et a une chevelure au moins aussi broussailleuse que sa barbe 😀 Il s’agit de Pierre Lamy, qui à l’occasion aime écrire des poèmes comme celui-ci, « Kayak de Nuit ». Avant que vous ne commenciez, parce que ça peut être utile, je précise deux petits points de vocabulaire : pour ceux qui ne le savent pas, Penmarc’h est une ville du Finistère, et voisine du Grand Bleu ; et l’estran correspond à une zone bien précise entre les limites des marées les plus hautes et les plus basses.

Au large de Penmarc’h, dans la lumière grise,
Le jour était déjà parti comme un voleur.
Sur la mer anthracite, une légère brise
Sentait bon l’algue fauve et les ajoncs en fleur.

Que faisaient dans la nuit ma nacelle de toile
Et moi, faux inuit, insoucieux des lois ?
J’avais mis simplement le cap sur une étoile,
Ainsi s’orientaient les marins d’autrefois.

En rupture d’estran depuis le crépuscule,
Je n’avais pour dessein qu’un peu me dérouiller.
A servir nuitamment mon vaisseau minuscule,
Je me sentais éclore un cœur d’aventurier.

Chaque coup de pagaie ouvrait des étincelles
Dans les flots ténébreux mais riches de plancton.
Le nez de mon esquif s’ornant autant d’icelles,
Dans ma tête chantaient trois vers de mirliton.

Quatre quatrains d’alexandrins en rimes croisées, une forme toute simple de poésie, très classique même, mais qui a toujours fait son effet : je pense que, comme beaucoup de gens aujourd’hui, je préfère les poésies courtes. Celle-ci me plaît beaucoup, elle arrive en quelques vers à créer une atmosphère très belle, celle d’une balade nocturne en mer. Pas de tempête ni de vent froid, juste l’envie de naviguer et de suivre ses envies de liberté. L’idée du jour qui passe et s’enfuit comme un voleur m’a tout de suite plue, et bien que je n’aie pas la moindre idée de ce que peuvent sentir les algues et les ajoncs en fleur, j’ai l’impression que les mots me bercent comme les vagues de l’océan. On se sent tout petit dans la barque au milieu de l’immensité sombre, et pourtant, tout est si calme et tranquille, si beau avec le contraste de l’écume brillante au clair de lune sur la mer anthracite, c’est comme si on se trouvait dans un lieu hors du temps, rien qu’en lisant quelques lignes.

Pour accompagner le poème, j’ai cherché et suis tombée sur plein de tableau de mer nocturne. Je n’avais que l’embarras du choix ! J’ai fini par trouver mon bonheur, sans hésiter, avec cette peinture d’un artiste russe : A Moonlit Night at Sea, de Ivan Konstantinovich Aivazovsky, datée de 1885. J’y retrouve la même sérénité que dans le poème, avec un magnifique clair de lune : elle n’est pas visible car bien cachée derrière les nuages ou à l’extérieur du tableau, mais je trouve que ça permet d’harmoniser le tableau en évitant un trop violent contraste de lumière. J’adore le jeu entre l’obscurité et les reflets lumineux ❤ La petite barque sur le rivage est prête à vous emmener vers le large, la mer est belle et vaste, et on devine le bruit des vagues et l’odeur de l’écume salée :3 C’est fou, rien de regarder cette peinture avec le poème, ça me détend automatiquement, comme si j’étais vraiment au bord de la mer en pleine nuit !

Mil cent onze

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Oui, cette intro est enfin rédigée après 4 jours, il faut dire que pendant la semaine de Noël je n’ai pas touché une seule fois à mon ordinateur, vive la programmation automatique des articles ^^ J’espère que vous avez passé de super fêtes ❤

Nouvelle chronique littéraire ! Une nouvelle fois, c’est un livre que ma p’tite Maman m’a offert il y a maintenant un moment. J’avoue que j’avais du mal avec la couverture un peu austère (et maintenant que j’ai lu le livre, je comprends encore moins la fascination des personnages pour cette statue), et il m’a fallu un moment pour me décider à le lire. Mais au final, je n’ai pas regretté, et par moment il m’a rappelé un livre dont je vous avais déjà parlé, Les Aventures de Jean Jambecreuse (et j’avais même interviewé l’auteur pour un devoir). Mil Cent Onze est un roman écrit par André Cabaret ; c’est une histoire médiévale jusque dans sa forme, puisque pour se démarquer des autres récits, Cabaret a choisi la solution de difficulté : retrouver le vocabulaire du XIIème siècle ! Lire la suite