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Chroniques du Bout du Monde #8 : Les chevaliers de l’hiver

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Dernière ligne droite avant l’oral du concours, je suis tellement le nez dans le guidon que j’oublie tout : les anniversaires de ma mère et de mon chéri, les repas du midi pour le boulot, la fenêtre ouverte alors qu’il pleut à verses, la publication urgente à faire au boulot…Nan vraiment, il est temps que que ça cesse 😅

Nouvelle chronique littéraire ! On continue sur la série des Chroniques du Bout du Monde de Paul Stewart et Chris Riddell (sans oublier la traductrice Jacqueline Odin). Que voulez-vous, je suis fan, c’est vraiment une super série de fantasy 😀 Nous en sommes maintenant au huitième tome, Les Chevaliers de l’Hiver, sorti en France en 2010 ! Pour rappel, c’est aussi le deuxième tome du troisième cycle, car la série est découpée en trilogie, chacune se concentrant sur les aventures d’un personnage. Ici, nous suivons Quintinius Verginix, le père du héros de la première trilogie : c’est donc une sorte de préquelle. N’hésitez pas à consulter mes précédentes chroniques si vous ne les avez pas lues : 

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Un peu de poésie pâtissière : La romance de la tarte aux pommes

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Bien le samedi bande de poésies, nouveau bonjour et nouveau gens ! J’espère que vous allez bien ^^ Ca faisait longtemps, je ne propose plus beaucoup de poésies en ce moment, j’ai moins de temps pour les chercher et mes envies changent au bout d’un moment ; mais ça n’empêche que de temps en temps, j’ai envie de jolis vers et de mots qui chantent ❤ Et comme c’est plus beau quand c’est le hasard qui s’en charge, je vous propose une poésie trouvée à la volée et lue du coin de l’oeil dans un recueil qui passait dans mes mains au boulot ! C’était le classique, 365 poésies de plein d’auteurs différents. Et en feuilletant vite fait, j’ai découvert ce petit poème tout mignon : « La romance de la tarte aux pommes » de Pierre Gamarra. 

Pierre Gamarra est né en 1919 et mort en 2009, c’était un romancier, un dramaturge, un poète et un critique français. On le connaît surtout pour ses oeuvres destinées aux enfants, mais aussi pour l’importance qu’a eu pour lui et son travail la région de Toulouse et du Sud-Ouest en général. Il a écrit beaucoup de fables, de comptines et de jeux de mots mnémotechniques, sans oublier les romans et les contes. Son oeuvre est très riche et généralement décrite comme vivante et colorée ; la joie de vivre y est omniprésente, même si parfois la douleur refait surface. Moi je le découvre aujourd’hui, mais il semble que son poème « Mon cartable » est très souvent appris aux enfants ; et effectivement, il est très mignon, j’ai failli changer pour celui-ci 😀 Mais la gourmandise l’a emporté et je suis restée sur « La romance de la tarte aux pommes », tirée du recueil La Tarte aux pommes de 1977 ❤ 

Fleur de farine et pommes douces,
il va neiger,
je pense aux arbres pleins de mousse
au vieux berger.
Graisse légère et sucre blanc,
des étincelles
sautent du feu rouge et tremblant
comme des lèvres de demoiselle.
La neige va couvrir ce soir
les fronts des hommes,
on entend pleurer dans le noir
la tarte aux pommes.
Elle se dore au fond du four
gonflé d’arômes.
Je pense à l’hiver, au ciel lourd
et je pense à la tarte aux pommes.

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J’adore l’atmosphère de ce poème. On a l’impression d’être bien au chaud, protégé du froid hivernal, et on sent presque l’odeur des pommes en train de cuire avec la cannelle (oui, la cannelle n’est pas dans le poème mais ma Maman met de la cannelle et la tarte aux pommes de ma Maman c’est la meilleure, point final). Il y a un vrai jeu entre le chaud et le froid sans que les termes soient directement utilisés, mais on peut très facilement distinguer :  dehors, avec les arbres, les lèvres qui tremblent, le berger, la neige, l’hiver ; et dedans avec le feu, tous les arômes, le goût, l’impatience et même les bruits de la cuisson. Et honnêtement. Sincèrement. Est-ce que c’est pas la définition du bonheur, regarder la neige tomber et sentir l’odeur de la tarte dans le four, anticiper le plaisir de la dégustation sous un bon plaid ? ❤ On a même déjà cette petite touche de sensualité avec les lèvres de la demoiselle ; un peu d’amertume aussi, pour le froid et le ciel lourd, mais heureusement, la neige ressemble au sucre et on finit sur une note gourmande ^^

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Pas de tableau ou de dessin pour accompagner ce poème, mais à la place une histoire qui a bercé mon enfance et peut-être aussi la vôtre : Les Trente-six chats de Marie Tatin, de  Sylvie Chausse et François Crozat. L’histoire est assez connue : Marie Tatin vit seule dans une petite maison tirée à quatre épingles, mais elle se sent seule dans son logis tout vide. Elle se rend alors chez une voyante qui l’aide à attirer 36 chats, ni plus ni moins ! Très vite, la maison est sans dessus dessous, mais Marie Tatin est aux anges ; il faut nourrir tout ce petit monde, alors elle décide de préparer une grande tarte aux pommes. Mais dans la précipitation, elle se trompe et met la pâte par-dessus les pommes ! Et voilà comment est née la tarte tatin ^^ Encore aujourd’hui j’adore ce conte, les illustrations sont superbes et pleines de couleurs. Entre les chats qui jouent et la tarte qui a l’air à tomber par terre, c’est un pur régal. Et surtout, l’histoire est géniale ❤ Quoi de mieux pour compléter le poème de Gamarra que le ronronnement d’un chat sur les genoux ? 😉

Est-ce que le poème vous plaît ? Connaissiez-vous déjà l’auteur ou l’histoire de Marie Tatin ? N’hésitez pas à me dire tout ça en commentaire, et aussi si vous aimeriez que je reprenne plus souvent les articles de poésie : je me suis aperçue que je suis plus régulière si on me pousse au cul X’D Je vous fais beaucoup de bises et je vous souhaite plein de tartes aux pommes ❤

Un peu de poésie d’évasion : Des livres ? Soit…

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Bien le samedi bande de poésies, nouveau bonjour et nouveaux gens !… Et bizarrement je trouve cette formulation beaucoup plus intéressante que la classique, pas vous ? Enfin bref ! Laissons aux siècles suivants le soin de décider si j’ai eu un trait de génie ou une parole qui sera oubliée à jamais. On se retrouve pour un nouveau rendez-vous poétique, j’ai enfin trouvé de la matière, et je vous propose une poétesse française qui s’appelle Sabine Sicaud. La connaissiez-vous déjà ? Moi pas du tout ! Elle est née en 1913 et morte en 1928 d’une ostéomyélite (une sorte de gangrène des os). 15 ans à peine, et pourtant un talent à couper le souffle : à déjà 11 ans elle avait remporté de nombreux prix littéraires, ses premiers recueils respirent la joie de vivre. En 1958 paraissent ses derniers poèmes à titre posthume, et ceux-là racontent toute la souffrance et la volonté désespérée de vivre encore un peu. Pour moi, s’il faut rajouter une injustice à celle de voir quelqu’un d’aussi jeune et aussi talentueux mourir à petit feu, c’est bien que personne ou presque ne se souvienne assez d’elle pour la faire vivre dans la mémoire collective. Au diable Victor Hugo, de toute façon celui-là même quand on l’oublie il nous revient en pleine figure. Essayons de réparer ça avec un très beau poème intitulé « Des livres ? Soit… », dans son recueil Poèmes d’enfant.

Des livres? Soit. Mais en hiver.
Que le jardin soit gris, la vitre grise!
Que la brise, dehors, soit de la bise
Et la chaleur, dedans, celle de tisons clairs.

Des livres… Mais un ciel de Londres
Et des larmes, sur les carreaux, en train de fondre…

Manteaux sentant le vétiver –
Chats en boule, manchons, marrons, l’hiver!

Alors, si vous voulez, un livre -pas des livres –
Un seul, mais beau comme le printemps vert,
L’été doré, le rouge automne grand ouvert,
Plein d’oisillons bavards et de papillons ivres!

Lequel m’offrirez-vous, lequel
M’apportera cela, demain, père Noël?

Des images, bien sûr… C’est le temps des images.
Saluons-nous, Bergers, Rois Mages!
Et des contes… Bonjour, prince Charmant!
Et de l’histoire… -que vois-je, mais autrement –
Et des voyages… que me gâtent les naufrages!
Père Noël, père Noël, ne cachez-vous
Dans votre hotte, un brin de houx,
Dans votre barbe, un grain de givre?

Ne remplaceraient-ils ce gros livre, entre nous?
Mon livre à moi n’est pas un livre
Comme ceux qu’on imprime, et, jusqu’au bout,
Vos feuillets bien coupés, je ne pourrais les suivre.

On ne lit pas un conte… On s’en souvient.
Je l’écoute, brodé par les flammes dansantes,
Ceux qu’on ne me dit pas, je les invente!

L’Histoire? Un conte aussi. Pour les voyages, rien,
Rien, sachez-le, ne me retient
Si quelque oiseau bleu me fait signe.

Quant aux poèmes… soit. Nous attendrons l’été.
L’été n’a pas besoin de rimes qui s’alignent.
Attendons seulement le pourpre velouté
De cette rose que je sais, près de la vigne…

Ce poème est vraiment très riche, léger, et surtout magnifique ! On dirait presque une berceuse qui invite à faire de beaux rêves, et en même temps pour une fois, on a envie de poser ces fameux livres pour aller voir dans le jardin s’il fait beau et s’il y a des papillons à suivre. La vie et l’énergie de l’enfance débordent de chaque vers du poème ; ni les vers ni les strophes ne s’accordent en nombre, le poème est aussi libre que s’il avait des ailes ! En quelques mots, la jeune Sabine recrée tout un paysage hivernal : cette saison où l’on lit les livres bien au chaud à l’intérieur au coin du feu, derrière la fenêtre froide et les arbres nus ; on se souvient encore du printemps coloré et vivant, que l’on retrouve dans les livres parfois ; mais en même temps, on est happé par la magie de Noël, l’imagination qui explose à l’approche des fêtes ou tout simplement en regardant les nuages, et la neige bien lisse qui n’attend que d’être façonnée. L’image du conte brodé par les flammes particulièrement me met des paillettes dans les yeux et dans la tête. Finalement, les livres apparaissent bien ternes face à l’imagination pure et à la nature, quelle que soit la saison. Même les poèmes qu’elle écrit si bien lui semblent peu de chose à côté des couleurs d’une fleur. En fait, elle me fait beaucoup penser à Alice au Pays des Merveilles ! Rappelez-vous, au début de l’histoire, la sœur d’Alice tente de lui lire un livre d’histoire, mais la petite Alice n’écoute rien, son oiseau bleu à elle se révèle être un lapin blanc qui l’entraîne au Pays des Merveilles. Et pour illustrer le poème de Sabine-Alice, partie trop tôt vers ses propres histoires merveilleuses, je vous propose une illustration de Thomas Kinkade, qui fait un travail fabuleux et fourmillant de couleurs avec l’univers des films Disney, allez tout de suite voir ses peintures si vous ne les connaissez pas ❤