Archives de Tag: Egypte

Premières lignes… #118

Par défaut

Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Le taureau sauvage, immobile, fixait le jeune Ramsès.
La bête était monstrueuse : les pattes épaisses comme des piliers, de longues oreilles pendantes, une barbe raide à la mâchoire inférieure, la robe brun et noir, elle venait de sentir la présence du jeune homme.
Ramsès était fasciné par les cornes du taureau, rapprochées et renflées à leur base avant de se recourber et renflées à leur base avant de se recourber vers l’arrière puis de se diriger vers le haut, formant une sorte de casque terminé par des pointes acérées, capable de déchirer la chair de n’importe quel adversaire.
L’adolescent n’avait jamais vu taureau si énorme.
L’animal appartenait à une race redoutable, que les meilleurs chasseurs hésitaient à défier ; paisible au milieu de son clan, secourable pour ses congénères blessés ou malades, attentif à l’éducation des jeunes, le mâle devenait un guerrier terrifiant lorsqu’on troublait sa quiétude. Rendu furieux par la moindre provocation, il chargeait à une vitesse surprenante et ne décolérait pas avant d’avoir terrassé son adversaire.
Ramsès recula d’un pas.
La queue du taureau sauvage fouetta l’air ; il lança un regard féroce à l’intrus qui avait osé s’aventurer sur ses terres, des herbages proches d’un marais où poussaient de hauts roseaux. Non loin, une vache vêlait, entourée de ses compagnes. Dans ces solitudes du bord du Nil, le grand mâle régnait sur son troupeau et ne tolérait nulle présence étrangère.
Le jeune homme avait espéré que la végétation le masquerait ; mais les yeux marrons du taureau, enfoncés dans leurs orbites, ne le quittaient plus. Ramsès sut qu’il ne lui échapperait pas.
Livide, il se tourna vers son père.

Un anglais dans mon arbre

Par défaut

Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Comment se passe le confinement de votre côté ? Marathon de films Marvel avec mon copain, qui me montre également tous les anime Dragon Ball XD Il essaye aussi de me mettre à Overwatch, avec plus ou moins de bonheur vu que je préfère les jeux plus tranquilles et que notre connexion est… est ce qu’elle est –‘ (petit conseil perso de jeu : We Happy Few c’est de la bombe !)

Nouvelle chronique, et pour une fois, c’est une BD ! C’est vrai que j’en parle très peu sur le blog, et pourtant je suis une grosse consommatrice de BD. Je me suis un peu calmée, mais quand j’étais petite, entre la pièce remplie de BD de mon oncle quand j’étais en vacances et l’étagère de BD à côté des toilettes chez mes parents, autant vous dire que j’en ai lu plus que ma part ! Celle-ci m’a été offerte par ma p’tite Maman il n’y a pas si longtemps (gros bisou à toi Maman si tu lis ceci), il s’agit de la BD Un anglais dans mon arbre, scénarisée par Olivia Burton d’après sa propre vie, et dessinée par Mahi Grand en 2019. Le sujet m’intéressait beaucoup, d’autant que je connaissais déjà un petit peu le personnage historique de Richard Francis Burton grâce à un autre livre, L’Etrange affaire de Spring Heeled Jack (un gros coup de coeur, je vous le conseille absolument !). Lire la suite

Ce pays qui te ressemble

Par défaut

Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien 🙂 En ce moment, gros projet à terminer en partenariat avec le musée des Beaux-Arts de Lyon, je vous mettrai des photos quand ce sera terminé ! Mais ça demande beaucoup de taf, et surtout ça use tellement les yeux que j’ai peur de devoir finir par mettre des lunettes… argh, moi qui étais fière d’être la seule de la famille à ne pas être binoclarde XD

Nouvelle chronique littéraire messieurs-dames, aujourd’hui et encore une fois, un livre offert par ma p’tite Maman, mon sponsor littéraire personnel et l’unique objet de mes pensées (une personne qui m’offre autant de livres mérite d’être remerciée et vénérée comme il se doit, comme les personnes qui m’offrent à manger, or elle fait les deux, CQFD). Bref, il s’agit d’un livre auquel encore une fois je ne m’attendais pas du tout car ce n’est pas le genre que je lis d’habitude : Ce pays qui te ressemble écrit par Tobie Nathan en 2015. Pour la petite info, l’auteur est psychologue et professeur à Paris VIII ; ses écrits se spécialisent dans l’ethno-psychiatrie. Alors que cela ne vous fasse pas peur, je ne suis pas en train de vous parler d’une étude comportementale romanesque, ou alors si mais c’est très subtil et beaucoup plus intéressant que ce vous pourriez vous imaginer 😉 D’ailleurs, le livre a eu le prix Goncourt des lycéens, un des seuls prix littéraires auquel je fais vraiment confiance, et le Goncourt tout court.

Résumé : C’est dans le ghetto juif du Caire que naît, contre toute attente, d’une jeune mère flamboyante et d’un père aveugle, Zohar l’insoumis. Et voici que sa sœur de lait, Masreya, issue de la fange du Delta, danseuse aux ruses d’enchanteresse, le conduit aux portes du pouvoir. Voici aussi les mendiants et les orgueilleux, les filous et les commères de la ruelle, les pauvres et les nantis, petit peuple qui va roulant, criant, se révoltant, espérant et souffrant.
Cette saga aux couleurs du soleil millénaire dit tout de l’Égypte : grandeur et décadence du roi Farouk, dernier pharaon, despote à l’apparence de prince charmant, adoré de son peuple et paralysé de névroses. Arrivé au pouvoir de Gamal Abdel Nasser en 1952 et expulsion des Juifs. Islamisation de l’Égypte sous la poussée des Frères Musulmans, première éruption d’un volcan qui n’en finit pas de rugir… C’est la chute du monde ancien, qui enveloppait magies et sortilèges sous les habits d’Hollywood. La naissance d’un monde moderne, pris entre dieux et diables.

Mon avis : 

Quelle lecture ! Peut-être pas un coup de coeur, mais sans hésiter elle fait partie des plus particulières et étranges que j’ai pu faire. La couverture ressemble un peu à celle d’un documentaire Arte, en tout cas c’est ce que je me suis dit la première fois que je l’aie vue, du coup ça m’avait un peu refroidie ^^’ Ceci dit, cela met bien en valeur l’atmosphère des années 30-40, qu’on ne connaît plus que par des images en noir et blanc aujourd’hui. D’un autre côté, la femme de la couverture suggère à la fois une histoire au sein du peuple et de son folklore par ses vêtements, et un je-ne-sais quoi de poésie et de délicatesse avec la façon qu’elle de tenir sa tasse de thé et d’y perdre son regard. Je ne sais pas encore si dans cette femme il faut voir le personnage d’Esther, la mère de Masreya ou Masreya elle-même. Peut-être les trois à la fois. Il faut dire que les femmes ont une importance primordiale dans ce livre ; même si elles ne président pas aux évènements politiques, ce sont elles qui font rêver les hommes et qui occupent toutes leurs pensées, elles incarnent l’Egypte entière.

J’ai beaucoup aimé lire ce livre, l’écriture est toute en délicatesse et en poésie, et on sent le respect de son sujet chez l’auteur. L’histoire se laisse couleur dans les pages, il n’y a pas vraiment de frénésie du suspense, mais ça reste prenant, je n’avais pas envie de lâcher le livre. Les évènements socio-politiques sont surtout décrits à l’échelle de la ville du Caire, où on peut voir se croiser les ethnies religieuses, les riches et les pauvres de tous bords ; mais tout cela sert surtout de cadre pour l’évolution des personnages principaux, qui se laissent guider par leur destin, leurs fantaisies, et surtout leur amour. Dans le quartier pauvre juif, on découvre Esther, la folle et la sorcière, amoureuse de tout son être de son mari Motty, qui sait si bien chanter les Cantiques ; c’est dans ce quartier que Zohar, leur fils, grandit, lui qui est le fruit de ses parents mais aussi de la sorcière qui a aidé sa mère à tomber enceinte. L’enfant grandit et rejoint la grande ville où il monte son commerce ; Masreya, sa soeur de lait, a fait de même en envoûtant les hommes par son chant et sa danse, des talents hérités de sa mère. Ce ne sont ni des personnages conventionnels, ni des histoires d’amour conventionnelles, et la puissance des sentiments et des attirances contraste avec la nonchalance des personnages qui se laissent vivre au gré des jours ; c’en devient presque une leçon de vie qu’on pourrait résumer par « Ne te prends donc pas la tête ». Ceci dit, les troubles politiques frapperont tout un chacun, et surtout la radicalisation religieuse.

J’ai particulièrement aimé le début du livre (non pas que la fin soit horrible, au contraire), et j’ai adoré suivre le personnage d’Esther, que tout le monde craint un peu. Il y a la façon de vivre du quartier pauvre juif, très familiale et superstitieuse aussi ; ceci dit, la superstition n’empêche pas de parfois frayer avec la magie ou les superstitions étrangères, ainsi fait Esther lorsqu’elle va suivre les conseils d’une sorcière musulmane, et rejoindre les rituels de danse où les femmes entrent en transe afin de guérir ses maux physiques, mentaux, et donner naissance à son fils. Vous l’aurez compris, il y a toute une dimension érotique à l’histoire. J’ai beaucoup aimé cette partie du livre, le mystère autour du personnage d’Esther qui tient presque du récit mythologique ; surtout que magie et réalité sont très imbriqués, à aucun moment le narrateur n’intervient pour tirer un trait entre les deux, mais c’est fait de manière si subtile qu’on réagit comme les personnages : on le prend tel que ça vient, vaguement à la limite on se demande « Mais du coup, c’était vraiment de la magie ou une coïncidence ? ». Masreya a la même aura qu’Esther, la soif de liberté en plus, et tout en vivant la grande vie dans la grande ville ; là où elle est fascinante, c’est dans sa relation avec Zohar : il est plus qu’un frère, plus qu’un amant, il est littéralement une partie d’elle-même tout comme elle est une partie de lui-même.

Ce ne sont pas les seuls personnages, et ceux qui m’ont le plus marquée, outre les deux couples Esther-Motty et Masreya-Zohar, ce sont Farouk et Nino. D’un côté le roi qui veut vivre dans un rêve et qui apparaît complètement perdu face à la guerre et à la politique étrangère qui fait de l’Egypte un terrain à conquérir (encore), et de l’autre le fou qui a décidé de réaliser coûte que coûte son utopie, en la transformant en enfer au passage. Autant Farouk m’a intéressée pour le côté monarque un peu à côté de la plaque, presque pitoyable et pourtant sublime, autant Nino, c’est encore autre chose ; le personnage fait ressentir un mélange de pitié, de peur et de révulsion, c’est l’utopiste qui se transforme en despote.

Enfin bref, je pourrais vous en parler encore longtemps et vous montrer encore et encore tel ou tel aspect, mais le mieux c’est encore que vous le lisiez. Ce livre a été une très belle découverte à laquelle je ne m’attendais absolument pas, et je vous le recommande chaudement !

La couleur pourpre

Par défaut

Bien le bonjour bande de jeunes ribauds et ribaudes ! J’espère que vous allez bien, de mon côté les cours sont finis, donc je vais en profiter au max pour poster sur le blog. Le blog a fêté ses 3 ans en mai, je prévois un petit truc, pas super original mais je vais p’têt doubler avec un concours, je sais pas encore 🙂

la couleur pourpreDonc il y a quelques temps, je me suis pris quelques livres perso, et j’ai réussi à me dégoter La couleur pourpre de Alice Walker. Ca faisait un moment que je me le cherchais après avoir vu l’excellente adaptation en film de Steven Spielberg avec Whoopi Goldberg (prix Pulitzer, merci Wikipédia). Le livre a été publié en 1982, et arrive en France en 1984, il a obtenu les prix Pulitzer de la fiction et le National Book Award.

Résumé : Celie et Nettie sont deux jeunes soeurs Noires. Après une enfance sous le joug d’un père abusif, Celie se retrouve mariée de force à Albert, un homme qu’elle n’aime pas, et qui la bat régulièrement. Nettie quant à elle s’est enfuie. Les deux soeurs se sont promis de s’écrire mutuellement, mais Celie ne reçoit jamais aucune lettre de Nettie. Alors elle écrit au bon Dieu, dans ses lettres elle lui confie ses rares joies et ses très nombreuses peines, et décrit son quotidien dans la Géorgie des années 30. Lire la suite

La triste histoire des frères Grossbart

Par défaut

Salut bande de thermos à queue de castor ! (non, je vous jure que je n’ai pris que mon petit-déjeuner habituel). Qu’est-ce qu’on est BIEN en vacances, nom de Zeus. Je suis allée voir Deadpool avec mon frangin, il était génial 😛 J’ai réussi à me dégager du temps pour écrire et dessiner de nouveau malgré la prépa, après pratiquement 2 ans de pratique irrégulière, je suis au septième ciel :3

Aujourd’hui, je vous propose une chronique sur La triste histoire des frères Grossbart, de Jesse Bullington, aux éditions Ellipse. J’avais déjà lu deux livres du même genre, dont un du même auteur : Danse macabre, et Johannes Kabal le nécromancien. Je ne vous ai pas fait de chroniques dessus, mais qui sait ? 🙂 Ce sont des livres qu’on ne s’attend pas à trouver tous les jours, et comme ils sont rares, on ne les apprécie que davantage.

La_triste_histoire_des_freres_GrossbartRésumé : Des créatures affamées rôdent dans les sombres forêts de l’Europe du Moyen Age, et ciel comme mer grouillent d’horreurs indicibles. Il n’y a aucune perversion, aucune sorcière ni démon qui rivalise avec les frères jumeaux pilleurs de tombes Hegel et Manfried Grossbart. Ceci est leur histoire, triste et véritable, écrite dans le style des Grimm : les frères Grossbart s’embarquent dans une quête vers la lointaine Egypte et ses tombes emplies de richesses. Pieux, mais horriblement cruels, les frères meurtriers entament un «road trip» assassins sur les routes médiévales de l’Europe. En chemin, ils vont croiser brigands, sorciers et prêtres défroqués, volant et tuant selon leurs besoins. Point d’antihéros poignant chez nos Grossbart, mais des meurtriers sans âmes. Lire la suite