Archives de Tag: écologie

La baleine bibliothèque

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Et j’espère aussi que vous avez survécu sans trop de dégâts à la canicule de ce weekend ? Pensez à bien boire les enfants, et n’oubliez pas : on ferme tout en journée et on ouvre la nuit seulement 😋

Nouvelle chronique littéraire ! On repart du côté de la BD, encore et toujours, et on retrouve Zidrou qui est un auteur que j’aime beaucoup ! Comme la plupart d’entre vous, je l’ai découvert avec la BD L’élève Ducobu. Plus tard, j’ai lu la BD Lydie que je ne peux que vous recommander, et ça a été le coup de foudre. Voici donc un autre de ses albums, La baleine bibliothèque, illustré par Judith Vanistendael et publié en 2021. J’avoue, au départ, c’est le titre qui m’avait attirée 😀

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Sanctuary : The artbook of Yuumei

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Aujourd’hui, ni poésie, ni creepypasta, j’ai envie de vous parler d’une artiste que j’adore ❤ Il faut savoir que depuis que j’ai découvert les financements participatifs, j’adore en profiter pour découvrir de nouveaux artistes, soutenir ceux que j’aime bien, et surtout, je me suis découvert une passion débordante pour les artbooks et autres beaux livres. Bon, ce n’est pas donné donc j’essaie de ne pas craquer trop souvent (après est-ce que j’y arrive vraiment, c’est un autre débat).

L’une de mes dernières trouvaille, c’est l’artbook de Yuumei, une artiste sino-américaine que j’avais découvert un peu par hasard sur DeviantArt avant de poursuivre sur son site d’artiste. Très vite, je suis tombée amoureuse de ses dessins, et je vous en ai déjà montré plusieurs 😉 Son univers est bercé par la magie et une incroyable beauté ; ses dessins invitent souvent à se laisser emporter par les émotions, la musique, la nature qui nous entoure ; certains témoignent aussi de la souffrance que l’on peut ressentir à l’intérieur de soi. Elle illustre également quelques webcomics que je vous invite à découvrir sur son site ! Yuumei a un univers riche et au fur et à mesure de son évolution, elle a abordé de nombreux thèmes : la liberté, l’éclatement d’une famille à la suite d’un divorce, la musique,… L’écologie en particulier est un de ses thèmes de prédilection, la nature est très souvent présente, tout comme la ville.

Son artbook Sanctuary est le tout premier qu’elle a publié, alors forcément, j’ai foncé dessus et après de longs mois d’attente et une galère sans nom pour récupérer le colis, le bébé était dans mes bras et j’en étais encore plus gaga ❤ Mieux que des mots, je vous propose quelques exemples de ses dessins, en espérant que ça vous donne envie de découvrir par vous-même son univers ! Il y a des séries thématiques, des illustrations accompagnées de petits textes… N’hésitez pas à regarder son compte Insta pour voir ses derniers dessins, son style évolue encore et j’ai tellement hâte de voir comment son travail va changer !

Quand je regarde ses illustrations, j’ai l’impression de me sentir à la fois transportée et apaisée. Je retrouve même parfois un peu de confiance en moi, et croyez-moi c’est pas une mince affaire 😀 J’ai l’impression que je peux faire ce qui me tient à coeur, j’en ressors motivée et heureuse malgré moi ! Je meurs d’envie de partager ces sentiments avec vous ^^ En particulier sa série « Terrarium Life », je suis sous le charme ❤

Premières lignes… #193

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Tobie mesurait un millimètre et demi, ce qui n’était pas grand pour son âge. Seul le bout de ses pieds dépassait du trou d’écorce. Il ne bougeait pas. La nuit l’avait recouvert comme un seau d’eau.
Tobie regardait le ciel percé d’étoiles. Pas de nuit plus noire ou plus éclatante que celle qui s’étalait par flaques entre les énormes feuilles rousses.
Quand la lune n’est pas là, les étoiles dansent. Voilà ce qu’il se disait. Il se répétait aussi : « S’il y a un ciel au paradis, il est moins profond, moins émouvant, oui, moins émouvant… »
Tobie se laissait apaiser par tout cela. Allongé, il avait la tête posée sur la mousse. Il sentait le froid des larmes sur ses cheveux, près des oreilles.
Tobie était dans un trou d’écorce noire, une jambe abîmée, des coupures à chaque épaule et les cheveux trempés de sang. Il avait les mains bouillis par le feu des épines, et ne sentait plus le reste de son petit corps endormi de douleur et de fatigue.
Sa vie s’était arrêtée quelques heures plus tôt, et il se demandait ce qu’il faisait encore là. Il se rappelait qu’on lui disait toujours cela quand il fourrait son nez partout : « Encore là, Tobie ! » Et aujourd’hui, il se répétait à lui-même, tout bas : « Encore là ? »
Mais il était bien vivant, conscient de son malheur plus grand que le ciel.
Il fixait ce ciel comme on tient la main de ses parents dans la foule, à la fête des fleurs. Il se disait : « Si je ferme les yeux, je meurs. » Mais ses yeux restaient écarquillés au fond de deux lacs de larmes boueuses.
Il les entendit à ce moment-là. Et la peur lui retomba dessus, d’un coup. Ils étaient quatre. Trois adultes et un enfant. L’enfant tenait la torche qui les éclairait.
– Il est pas loin, je sais qu’il est pas loin.
– Il faut l’attraper. Il doit payer aussi. Comme ses parents.
Les yeux du troisième homme brillaient d’un éclat jaune dans la nuit. Il cracha et dit :
– On va l’avoir, tu vas voir qu’il va payer.
Tobie aurait voulu pouvoir se réveiller, sortir de ce cauchemar, courir vers le lit de ses parents, et pleurer, pleurer… Tobie aurait aimé qu’on l’accompagne en pyjama dans une cuisine illuminée, qu’on lui prépare une eau de miel bien chaude, avec des petits gâteaux, en lui disant : « C’est fini, mon Tobie, c’est fini. »
Mais Tobie était tout tremblant, au fond de son trou, cherchant à rentrer ses jambes trop longes, pour les cacher. Tobie, treize ans, poursuivi par tout un peuple, par son peuple.

Premières lignes… #192

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

J’avais huit ans la première fois que mon papai m’a emmenée au jardin public pour regarder mourir un Roi.
Je n’ai d’abord vu que des adultes vêtus de bleus, de verts et de rouges éclatants, plumes et sequins sur des étoffes chatoyantes brodées d’or et de pierreries. Des adultes costumés pour le carnaval, qui avaient jeté des manteaux et des châles plus sombres sur leurs épaules afin de se protéger de la fraîcheur matinale. J’ai levé les yeux sur cette foule de grandes comme si on venait de m’abandonner au milieu d’une assemblée d’orixas. Je ne distinguais pas leurs visages, mais j’apercevais leurs mains s’enrouler l’une autour de l’autre ou égrener des chapelets. Certains portaient des bougies, d’autres des fleurs. Ils avaient revêtu leurs habits de fête, mais demeuraient plus silencieux que dans mes souvenirs des années précédentes. Ils se frayaient un chemin en jouant des coudes, pourtant, personne ne dansait. Quelques hommes pleuraient. Pour la première fois de ma vie, je découvrais le carnaval sans la musique.
Je tenais la main de mon papai. Il ne me regardais pas. Soudain un étrange soupir a parcouru la foule, semblable au hurlement du vent sur les falaises pendant une tempête d’hiver. Une voix de femme s’est élevée sur le jardin public, mais j’étais trop petite, trop près du sol pour comprendre.
– Je ne vois rien ! me suis-je plainte en tirant sur la main de mon papai.
En se contorsionnant – nos voisins nous serraient de si près, entraînés par le mouvement de la foule, qu’il avait à peine la place de se retourner -, il s’est accroupi à ma hauteur.
– Ce sont les rouages du monde, June…, m’a-t-il dit. Tu es vraiment sûre de vouloir les connaître ?
Je ne comprenais pas sa mine grave, ni les pleurs ni la triste fatalité de la voix féminine dans les hauts-parleurs de notre ville. La période du carnaval était pour moi synonyme de fête et de beauté. Je savais pourtant que je devais peser ma réponse avec soin, parce que mon papai ne me posait jamais une question à la légère. Si je répondais « non », il me laisserait par terre, où je ne verrais rien de ce que je ne comprenais pas, et ne comprendrais rien de ce que j’entendrais. Si je répondais « oui », ma vie en serait changée.
J’ai fait « oui » de la tête. Il m’a alors soulevée, bien que je sois lourde pour mon âge, et installée sur ses épaules. Si je bloquais la vue à quelqu’un, nul n’a protesté.
Il y avait un holo dans le ciel. Les images étaient projetées à quelques mètres au-dessus de la tête des gens rassemblés dans le parc, près de la cascade où je venais jouer avec mamae en été. La Reine Serafina se tenait debout dans une austère pièce de bois et de pierre – le Haut Sanctuaire. Je l’aimais beaucoup à cause de sa peau noire et satinée, de ses cheveux aussi doux que la soie. On m’avait même offert une poupée Serafina pour mon anniversaire en juin dernier. Mais aujourd’hui, son visage farouche semblait de marbre et elle tenait un poignard à la main.

Premières lignes,… #190

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Prologue.
Des troncs calcinés témoignent d’une forêt autrefois dense. De rares branches lisses, nues, tordues comme par une souffrance, pointent vers le sol et observent avec regret les broussailles devenues légion. La terre est craquelée, aride, trop éloignées du Rio Grande pour bénéficier de ses bienfaits. Seul le bourdonnement de milliers d’insectes annonce que la vie est là. Un concert d’âmes à six pattes stridule depuis le lever du soleil. Ce 15 octobre 1990, un homme approche, un bâton fourchu à la main, un gros sac de toile accroché à la ceinture. Le terrain caillouteux situé à cinquante kilomètres d’Hidalgo, un petit village texan, abrite de nombreuses espèces de serpents, des crotales en particulier. Jim Loyer est pharmacien, il se passionne pour les reptiles. Tous les dimanches, il parcourt la région et rapporte dans son vivarium de nouveaux spécimens. Il se dirige vers un monticule de grosses pierres grises, là où les sueurs végétales et matinales ont quelque chance d’être conservées, là où les serpents aiment à se cacher.
En grimpant par l’une des pierres, l’homme s’enfonce dans le gravier. Déséquilibré, il tente de se retenir en agrippant le sommet du monticule. Au moment où sa main accroche une protubérance de la roche, il entend pour la première fois un vrombissement gagner en intensité, un débordement de vie. Il n’a pas le temps de lever les yeux qu’un nuage grouillant se précipite sur lui. Un essaim de milliers d’abeilles le prend pour cible. Le Texan court, titube, hurle de détresse. Il est seul. Il n’a aucun endroit où se cacher de cette furie bourdonnante. A la quinzième piqûre, Jim Loyer sait qu’il va mourir. Le choeur de ces abeilles fredonne bel et bien un requiem. Dans une même énergie mortifère, plusieurs centaines d’insectes plantent leur dard. Elles visent le contour des yeux, les narines, la bouche et le coup de Jim, qui s’écroule. Il semble se débattre contre un fantôme. Le sable s’envole autour de lui. Le venin se répand dans les tissus. Des dizaines d’abdomens d’abeilles se déchirent en laissant leur harpon accroché à l’épiderme de l’homme. Les donneuses de mort vont s’éteindre, elles aussi. C’est le prix à payer pour défendre la reine. Jim sait parer la morsure des serpents, il ignore l’existence de ces abeilles criminelles. Ses mains tentent désespérément de protéger son visage et sont comme dévorées par la frénésie des hyménoptères. L’homme cesse de vivre. L’essaim continue de s’activer autour de lui. Huit cent soixante-quatorze dards seront prélevés de son corps. Personne ne sait que cette attaque est l’une des toutes premières manifestations agressives de l’abeille aux Etats-Unis.

1.
Ceci n’est pas un livre, mais un testament. Celui des abeilles. Elles ne savent pas s’exprimer, alors il faut bien que quelqu’un écrive à leur place. Leur mortalité est d’une certaine manière à l’origine de l’enquête la plus difficile qu’il m’ait été donné de mener.