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L’autre moi

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! On se retrouve pour une nouvelle traduction de creepypasta (= histoire effrayante écrite sur Internet), et après Christopher Maxim, je vous propose de découvrir le travail de Tobias Wade, un auteur qui écrit beaucoup d’histoires de maisons hantées… et comment vous dire que c’est mon péché mignon ❤ Comme toujours, je l’ai découvert via la chaîne de Madame Macabre, que j’adore plus que de raison ! Si cette histoire vous plaît et que vous vous débrouillez suffisamment en anglais, n’hésitez pas à découvrir sa chaîne et à lire/acheter les autres histoires de Tobias Wade, disponibles via son site d’auteur ^^ En attendant, voici The Other Me ou « L’autre moi », publiée en 2019 :

Il y a des murs dans ce monde que l’on ne peut escalader. Il n’existe aucune force assez grande, aucune lumière assez violente, ni aucun son assez puissant pour les abattre. Ces murs nous sont cachés et nous pouvons passer notre vie entière sans nous rendre compte quels sont ces endroits secrets où nous ne pouvons entrer.

Comment pouvons-nous trouver des murs qui ne peuvent être ni vus ni sentis ? Il y a certains endroits où les murs sont plus fins, où l’on ne peut plus discerner la frontière entre les deux côtés. Des endroits où des choses qui n’appartiennent pas à notre monde s’introduisent discrètement, des endroits où l’un d’entre nous peut disparaître sans jamais retrouver son chemin. Je le sais, car j’ai trouvé un de ces lieux il y a deux nuits.

Comme la plupart des histoires, cela commence avec une fille. J’aurais tué pour elle, et j’aurais voulu qu’elle le sache. Elle était dans ma classe pendant ma dernière année à l’université. Je ne savais pas ce qu’on était censé ressentir lorsqu’on était amoureux, mais elle a fait un tel trou dans ma conscience qu’il ne restait plus de place pour grand chose. Le plus petit de ses murmures noyait tous les autres bruits, le moindre de ses mouvements dans ma direction rendait immobile tout le reste. Je me souviens que la demi-douzaine de mots que nous échangions se rejouait en boucle dans ma tête pendant tout le reste de la journée, et au moment où je m’allongeais pour dormir, enflammé par la brûlure de mes propres pensées, je savais que j’étais perdu.

A mesure que l’on avançait dans le semestre, nous nous sommes autant rapprochés que je l’osais, mais j’étais stupide de penser que j’étais le seul à voir sa beauté. Bien sûr, elle était déjà fiancée, et j’acceptai que mon rôle soit de l’admirer de loin. Le mariage approchait à grands pas cependant, et je ne pouvais pas supporter l’idée que nous allions prendre des chemins différents dans la vie, sans qu’elle sache à quel point mon monde était meilleur lorsqu’elle y était.

Je commençai à fantasmer sur des situations où son fiancé s’humiliait dans une sorte de compétition impossible entre nous. Je rêvais de faire un grand geste romantique, geste dont je n’avais même pas le courage de murmurer tout haut. Chaque rêve devenait plus vif et plus complexe, et me distrayait de la douleur de cette compétition jalouse, que je ne pourrais jamais oublier totalement.

Enfin vint la veille du mariage. Cette nuit, elle m’embrassa sur la joue et me remercia d’être son ami. Je ne pus trouver ler sommeil après ça, ni me reposer, ni même entendre mes pensées pour couvrir le bruit de mon propre désir frustré. En sueur, misérable, angoissé sans repos, je me forçai à sortir pour m’aérer l’esprit. Des rues peu familières, des routes inconnues, je marchai si loin que je laissai les lumières de la ville derrière moi, et me retrouvai au milieu des ruines effondrées de grandes maisons abandonnées.

Cela faisait des heures que je marchais, sans parvenir à tourner la page. Je m’assis sur un vieux puits recouvert de planches pour me reposer. Je remarquai un petit trou entre les planches, assez large pour laisser passer une pièce. En farfouillant dans ma poche, je trouvai un peu de petite monnaie que je laissai tomber pour me souhaiter une vie heureuse sans elle, et souhaiter le meilleur pour elle, même si cela signifiait une vie sans moi. Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait toujours de l’eau dans le puits, mais ce n’est pas le « plouf » de mes pièces qui me surprit. Ce fut le grattement de quelque chose sous les planches, et la pièce jetée par le trou qui revint rouler vers moi.

Je pensai qu’elle avait dû heurter une pierre et rebondir jusqu’à moi, jusqu’à ce que j’entende l’écho d’une voix venir d’en-dessous.

« Bonjour ? Il y a quelqu’un en bas ? »
« Vous voulez dire en haut ? » répondis-je. « Etes-vous bloqué dans le puits ? »
« De quoi parlez-vous ? C’est vous qui êtes dans le puits. »

La seule chose cohérente pour moi était que quelqu’un était enfermé là-dedans. Je m’acharnai sur une des planches jusqu’à réussir à l’enlever, la jetant à côté pour avoir une meilleure vue sur en bas. Il n’y avait personne cependant, rien que l’eau sombre et mon reflet qui la regardait. Soudain, je vis mon reflet jeter une autre pièce. Le petit bout de métal heurta l’eau de son côté puis continua à tomber jusqu’à ce qu’il touche celle qui se trouvait sur les planches encore en place.

Nous étions identiques, jusqu’aux vêtements que nous portions et à la trace de rouge à lèvre sur nos joues. C’est ce qui me surprit le plus, et sur une impulsion, je lui demandai s’il était là à cause d’elle. Il me répondit que oui, et à ce moment je sus que nous vivions exactement la même vie. Simplement, nous existions dans deux mondes différents, sans savoir que l’autre existait aussi jusqu’à ce moment précis.

Il y avait un million de choses que nous aurions pu nous dire dans de telles circonstances, mais nous savions sans nous le dire qu’elle était la seule chose que nous avions en tête. Cela me fit tellement de bien d’enfin admettre mes sentiments ouvertement à la seule personne qui pouvait pleinement comprendre. Nous partagions les mêmes espoirs, les mêmes peurs et la même tristesse maussade en acceptant notre destin, mais ce fut moi qui comprit ce que nous devions faire.

« Si nous ne lui disons pas, nous nous demanderons toujours ce qui aurait pu être », dis-je. « Mais si nous le faisons, nous pourrions ruiner sa propre chance de bonheur, ou la perdre pour toujours en tant qu’amie. Le seul moyen pour nous de ne pas rester dans l’incertitude, c’est que nous fassions chacun quelque chose de différent. »
« Jetons une pièce, » dit-il, car il avait dû apprécier l’idée que j’avais formulée. « Face, tu lui dis, et moi non. »
« Pile, tu lui dis, et nous nous retrouvons demain soir pour dire à l’autre comment ça s’est passé. »

Il jeta la pièce dans l’eau, et elle continua à tourner jusqu’à arriver à moi. Je l’ai attrapée et plaquée sur mon poignet. Mon double et moi nous sommes regardés dans les yeux.
« J’ai peur », dit-il, mais il souriait.
« Face. Je vais aller lui dire », dis-je en lui montrant la pièce. Son sourire s’élargit, et je pouvais facilement imaginer à quel point il était soulagé. J’étais terrifié, il le savait, et quelque part cela m’aidait.

« Fais-le en personne », me dit-il. « Ne cache rien, fais en sorte que cela soit marquant. J’espère vraiment que ça va marcher pour toit. J’espère que ça va marche pour nous. »

Je lui ai dit que je l’aimais. Il était à peu près deux heures du matin au moment où j’étais rentré chez moi, presque trois quand j’arrivai chez elle. J’étais si occupé à tout répéter que je ne m’étais pas rendu compte à quel point elle devait être effrayée d’entendre quelqu’un toquer à sa porte à une heure pareille. J’étais à deux doigts de m’enfuir, mais je tins bon jusqu’à ce qu’elle ouvre la porte. Elle s’appuya au cadre avec curiosité, en culotte et tee-shirt. Tous les mots que j’avais préparés se dissolurent dans le brouillard. Alors avant qu’elle ne me pose une question à laquelle je n’aurais pas pu répondre, je balançai tout. Je lui dis que je l’aimais, et que c’était la volonté de l’univers si elle l’entendait de ma bouche ce soir.

Pour la seconde fois cette nuit, elle m’embrassa, et l’univers se réjouit avec moi.

Nous sommes restés à parler toute la nuit, et elle ne se maria pas le lendemain. Elle me dit qu’elle avait soupçonné la vérité, sans avoir confiance dans son jugement, jusqu’à ce que j’aie le courage de venir à sa porte. Elle me dit qu’elle était si heureuse que je lui aie avoué mes sentiments à temps. Je lui demandai ce qu’elle aurait fait si j’avais entendu qu’elle soit mariée pour lui dire. Elle secoua sa tête et ne répondit pas, mais je savais que la réponse lui faisait trop mal pour la formuler. Elle allait avoir un moment difficile pour expliquer son revirement, et je promis d’être respectueux et de ne pas la forcer dans un sens ou dans l’autre.

Nous passâmes la journée suivante ensemble, j’étais si incroyablement heureux que découvrir une dimension parallèle semblait n’être que la deuxième chose la plus magique qui me soit arrivée.

Cette nuit, je me rendis en voiture depuis la ville jusqu’au puits couvert. J’avais hâte de dire à l’autre moi la bonne nouvelle. Il commença à rire quand je lui dis, et nous nous mîmes à rire tous les deux sans savoir pourquoi. Il me fit raconter chaque détail de ce que j’avais dis et fait, et comment elle avait réagi, et je lui racontai tout, tout sauf le moment où je lui ai demandé ce qui se serait passé si j’avais attendu un jour de plus. Je voulais que l’autre moi soit aussi heureux que je l’étais, et je n’aurais pas supporté d’atténuer la joie dans nos yeux.

Nous nous fîmes la promesse de revenir la nuit suivante, et c’est ce que je fis. La nuit suivante, je regardai dans l’eau sombre mais il n’était pas encore là, et je ne vis rien là où mon reflet aurait dû se trouver. Je m’assis dos à la pierre et attendis un long moment avant de finalement entendre sa voix.

« Je l’ai embrassée », dit-il.

Je sautai sur mes pieds et regardai par-dessus le rebord du puits. J’étais sûr de l’avoir entendu, mais je ne voyais toujours aucun reflet de l’autre côté.

« Elle ne m’a pas rendu mon baiser », dit-il. « Je n’ai pas pu la rattraper jusqu’à ce qu’elle arrive à la gare. Ils allaient partir pour leur lune de miel, j’ai pu lui parler en privé et je l’ai embrassée. Elle a dit que nous allions devoir en parler à son retour. Je lui ai dis que je l’aimais, et elle m’a repoussé. »

Sa voix sonnait différemment. Il n’y avait pas beaucoup d’écho, et cela me prit plus de temps que cela n’aurait dû pour comprendre. Je ne compris que lorsqu’un coup sourd frappa l’autre côté des vieilles planches. Il avait traversé l’eau et grimpé de mon côté du puits.

« Pourquoi est-ce que tu devrais l’avoir et pas moi ? C’est injuste. », dit-il.
« Nous avons lancé une pièce. Nous avions un accord. »
« Tu as triché ! »

Des morceaux de bois se brisèrent entre ses doigts. Il se tenait avec son dos et ses jambes, laissant ainsi ses mains libres pour agrandir l’ouverture.

« Comment aurais-je pu tricher ? Je ne t’ai pas empêché de lui dire. »
« Tu as triché. J’aurais pu lui dire moi-même si tu ne m’en avais pas empêché. C’est de ta faute ! »

Il frappait encore et encore sur le bois pourrissant. Le bruit effraya un groupe d’oiseaux non loin, ils s’envolèrent tous de peur. Mon coeur s’affolait. Je ne parvenais pas à saisir ce qui se passait. Tout ce que je savais, c’était que je ne pouvait pas le laisser sortir du puits. Que si nous étions tous les deux du même côté, je n’aurais pas besoin d’être attaqué physiquement pour en souffrir. Je ne serais pas moi-même, ma vie ne serait plus la mienne, si lui et moi nous étions sur le même plan.

C’est pourquoi j’attrapai un morceau de bois et le frappai à la tête. J’ignorai ce que j’allais faire avant de le faire, et il sembla aussi surpris que je l’étais. Le coup fut assez fort pour le faire glisser et tomber dans l’eau. Il coula, mais se rattrapa de son côté. A travers la surface, il me regarda, du sang coulant depuis la plaie et sur son visage.

Que pouvais-je faire ? Je ne pouvais pas quitter le puits pour trouver quelque chose pour le sceller, pas sans lui donner une chance de s’enfuir. Je ne pouvais pas rester ici indéfiniment et attendre qu’il grimpe à nouveau. Je ne pouvais pas aller dans son monde et le laisser vivre dans le mien, pas sans la perdre.

Tout ce que je savais était que je n’aurais pas dû faire ce que j’ai fait. Je n’aurais pas dû m’enfuir et courir à ma voiture. Je n’aurais pas dû lui donner une chance de venir dans mon monde, parce que je sais que c’est ce que j’aurais fait à sa place. J’aurais pu tuer pour elle, tout comme il le ferait.

Il sait où je travaille. Il sait où je dors. Il sait tout de moi. Et si je venais à disparaître, il pourrait prendre ma place sans que personne ne s’en aperçoive.

Lauren Daniels, tu dois savoir. C’est pourquoi je t’écris ceci.

Si tu lis ceci, tu sauras qu’il faut me demander à propos du puits. Je te dirai la vérité si tu le fais. Mais si tu lui demandes, et qu’il prétends ne rien savoir…
… alors aime-le autant que moi. Car il est la preuve qu’aucun de nous deux ne peut vivre dans un monde sans toi.

Ma femme continue à parler dans son sommeil…

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Hello tout le monde, on se retrouve pour une nouvelle traduction de creepypasta ! J’espère qu’elle vous plaira, moi elle m’a donné des frissons ! Comme toujours, je l’ai découverte sur la chaîne de Madame Macabre, que je vous conseille vivement si vous vous débrouillez un peu en anglais 🙂 Il s’agit d’une oeuvre de Christopher Maxim, que vous pouvez également lire dans sa version origine : My Wife Won’t Stop Sleep Talking, publiée en 2020 ! L’auteur a écrit plein d’autres histoires, qui tendent moins vers l’horreur que vers l’étrange et le surnaturel. Si ça vous intéresse et que l’anglais ne vous rebute pas, je vous encourage à découvrir ses livres et ses histoires via ce lien, moi en tout cas j’ai bien envie de le soutenir :3

Bref, bonne lecture et faites de beaux rêves 😉

Ma femme et moi avons déménagé dans notre nouvel appartement il y a de cela quelque mois. Avant, nous vivions dans une grande maison, qui donnait sur un beau lac. Pour ma femme et durant les trois ans que nous y avons passé, c’était la maison de ses rêves. Nous ne voulions pas partir, mais c’était une étape nécessaire pour nous.

Vous voyez, Jessica et moi avions l’habitude de vivre dans le Sud. Tout allait bien, mais mon cabinet juridique a décidé sans avertissement de me donner une promotion. C’était inattendu, mais je n’aurais pas pu être plus reconnaissant. Malheureusement, ce travail impliquait un transfert dans une de nos filiales, en Nouvelle-Angleterre. Nous avons discuté longtemps et en détail sur le sujet, et finalement, Jess a accepté de déménager.

Il est important de savoir que le dollar n’a pas aussi bon cours dans le Nord que dans le Sud. C’est aussi plus dur de trouver un travail. C’est pourquoi nous avons dû revoir nos exigences de logement à la baisse. Jusqu’à ce que Jess trouve un autre emploi, nous allions devoir le supporter. Du mois, c’est ainsi qu’elle le concevait.

Les premières semaines, il y avait beaucoup de tensions. Jess était irritable. Notre ancienne maison lui manquait, tout comme nos amis, et un boulot stable. Elle n’avait rien à faire pendant son temps libre, aussi elle s’ennuyait à mourir. Ca a donné lieu à de nombreuses disputes. Pendant un moment, c’était comme si nous ne pourrions jamais nous installer.

Environ un mois après le déménagement, les choses ont commencé à s’améliorer. Jess avait trouvé un emploi à temps partiel en tant qu’éditrice au sein de la chaîne TV locale. Elle adorait ce travail et les relations avec ses collègues étaient au-delà de ses espérances. Je n’aurais pas pu être plus heureux pour elle, et tout sembla bien pendant un temps. Pas parfait, mais bien.

C’est à ce moment qu’elle a commencé à parler dans son sommeil. Je m’y attendais un peu, et honnêtement, j’étais surpris que cela n’ait pas commencé plus tôt. En fait, ma femme dort très mal quand il y a un bouleversement dans sa vie, en bien ou en mal. La même chose s’était produite quand nous nous étions mariés, quand nous avions déménagé dans notre premier maison, et quand elle avait fait une fausse couche (je reviendrai là-dessus plus tard). Jess savait qu’elle parlait dans son sommeil car je lui parlais de temps en temps. Je riais tous les matins en répétant les choses bizarres qu’elle avait dites pendant la nuit. Cela la mettait toujours mal à l’aise, elle semblait embarrassée par ça. C’est pourquoi, après la première nuit dans notre appartement où elle a parlé dans son sommeil, je n’ai rien dit.

Cela continua pendant quelques semaines. A ce moment, le job de Jess à la chaîne de TV se termina. Sans un travail pour concentrer son esprit, ses débordements nocturnes empirèrent. Elle commença à crier à plusieurs reprises pendant la nuit, et je fus obligé de la calmer.

Une nuit, ses cris se tansformèrent en pleurs. Et alors qu’elle sanglotait, elle dit quelque chose que je ne pourrais jamais oublier :
« Je voudrais que tu sois mort. »
Je savais que ma femme était endormie, mais comme j’étais à ses côtés, essayant de la calmer du mieux que je pouvais, j’eus besoin de demander :
« Tu voudrais que qui soit mort, ma chérie ? »
A ma grande surprise, elle répondit :
« Toi. »
Cela m’a pris au dépourvu. C’était une chose étrange de vouloir la mort de son mari, encore plus en plein sommeil.
« Pourquoi ? », demandai-je.
« Tu es en train de ruiner ma vie. »
Ces quelques mots firent très mal. Qu’ils soient voulus ou qu’ils soient le résultat de sa fatigue, c’était le genre de mots qui demandaient un minimum de réflexion. Je me demandais pendant un moment si j’était vraiment en train de ruiner sa vie. Ou en tout cas, si j’étais à blâmer pour ses terreurs nocturnes.

Ma femme resta silencieuse pour le reste de la nuit. Je le savais, car j’étais resté éveillé. L’inquiétude et la contemplation m’empêchèrent de dormir. Je ne croyais pas une seule seconde que ma femme veuille vraiment ma mort, mais ses éclats nocturnes n’étaient pas à négliger. Entre les cris et le dialogue morbide, c’était pire que tous les précédents épisodes.

Le matin, je fus à deux doigts de lui dire ce qui s’était passé, mais je continuais à imaginer comment elle réagirait et ce qu’elle dirait. C’était trop. Je ne voulais pas lui infliger plus de choses que je ne l’avais déjà fait, surtout juste après qu’elle ait perdu son emploi. Je ne voulais pas non plus d’une autre dispute. Je gardai mes lèvres closes.

La nuit suivante, pas de cris. C’était un soulagement, mais de courte durée. Soudain, alors que j’allais fermer les yeux et m’endormir pour de bon, elle recommença à parler dans son sommeil.
« Quelque fois, je réfléchis à comment je m’y prendrais… »
J’attribuai la phrase à un rêve à moitié éveillé, mais elle continua.
« Quand tu t’endormirais, je me lèverais et j’irais dans la cuisine… »
Je ne savais pas de quoi elle parlait, mais alors qu’elle continuait, je réalisai. Certains mots étaient à peine articulés, mais d’après les morceaux audibles, je pouvais me faire une assez bonne idée de ce qu’elle décrivait.
« … ouvrir et dedans… prendre le couteau… encore et encore… du sang coulerait du lit… peux pas ruiner ma vie plus longtemps… »

Ma femme était en train de décrire son plan pour me tuer. Aussi dérangeant que ce soit, je ne pus m’empêcher de rire dans ma tête. C’était juste un rêve après tout, rien de plus. Je ne pouvais pas prétendre que je n’avais rien fait de bizarre dans mes propres rêves, des choses que je n’aurais jamais fait dans la vraie vie. Jess était en colère après moi au sujet du déménagement, et elle évacuait sa frustration dans son sommeil. En tout cas, c’était ce que je me disais.

Elle continua à parler dans son sommeil pendant quelques semaines. J’espérais que ces moments de libération lui ferait du bien, mais sans diplôme de psychologie, je ne pouvais pas en être sûr. Tout ce que je pouvais faire était écouter son marmonnement parlant de me tuer chaque nuit, et attendre que les choses se calment d’elles-mêmes. Sa dernière crise la plus longue avait duré un mois, alors je me dis que c’était bientôt fini.

Un mois passa, puis deux. Jess n’en finissait pas. Chaque nuit, c’était la même chose. Soit des balbutiements incohérents, soit des murmures sur la façon dont elle aimerait me blesser. Ca devenait une habitude, mais une nuit, tout changea. Alors que ma femme dormait, elle murmura quelques mots qui me déchirèrent le coeur.
« J’ai perdu mon bébé à cause de toi. »
Mes émotions firent un looping complet et laissèrent un mélange amer dans le fond de mon estomac. Cette fois, je devais savoir ce que ça signifiait.
« Qu’est-ce que tu veux dire, chérie ? »
Il y eut un petit silence, puis, enfin, Jess répondit. Il y avait des grognements mélangés au reste, mais elle parvint à se faire comprendre.
« … tu m’as fait vouloir des enfants… tu as mis la vie en moi… maintenant je suis toute seule… »
Le coup était terrible et quelques larmes roulèrent sur mes joues. C’était mon idée d’avoir un bébé. Jess n’avais jamais voulu d’enfants, mais elle s’était mise à en vouloir pour moi. C’est pourquoi, après la fausse couche, j’étais surpris de la voir complètement dévastée. Je ne soupçonnais pas combien elle avait autant changé d’avis sur le fait d’avoir un bébé.

Mes larmes furent interrompues par de nouvelles paroles, encore pires.
« Je te tuerai. Je le jure. »
Ce fut la dernière chose qu’elle prononça de toute la nuit.

Cela fait environ une semaine que ma femme a fait cette promesse. Aussi perturbante que soit cette menace, j’aurais pu facilement la mettre avec tout le reste, et dire que c’était le produit du stress, qu’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. Malheureusement, je ne peux pas arrêter de m’inquiéter. Jess me fait froid dans le dos. Je fais maintenant de courtes siestes et je ne dors que d’une oreille, tout ça à cause d’une chose…

Maintenant, elle marche en dormant.

Une douzaine de choses à ne pas oublier à la foire

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous fêtez Halloween dignement ! J’écris cet article en avance, alors j’espère que ce sera mon cas également, je rêve d’un Halloween en costume avec les potes, avec des histoires effrayantes à raconter, une orgie de bonbons et de chocolat chaud, des films d’épouvante et un concours de costume avec un trophée-squelette, que je gagnerai bien sûr 😀 Oui, je suis une gamine et j’en suis fière, prenez-en de la graine les vieux ronchons !

Halloween est la seule fête pour laquelle je tiens à faire une publication thématique, et ici, la solution était toute trouvée 😀 C’est pourquoi, après Candle Cove et Distorted Signals, je vous propose une nouvelle traduction de creepypasta aujourd’hui, j’espère qu’elle vous plaira :3 Elle s’intitule A Dozen Things to Remember at the Carnival, et a été écrite sur Reddit par lukkynumber en 2017 !

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Pourquoi tu ne peux pas parler aux morts

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Il y a quelques mois, je vous avais présenté deux traductions de creepypastas que j’aimais beaucoup, et ça avait eu l’air de vous plaire aussi donc je remets le couvert 😀 Pour rappel, les creepypasta désignent des histoires effrayantes ou des légendes urbaines diffusées sur Internet. J’aime énormément ce format d’histoires, et j’en lis aussi beaucoup en anglais : deux langues, deux fois plus d’histoires ❤ Je voulais vous faire partager mes coups de coeur, donc je vous traduis mes préférées écrites en anglais ^^

J’ai découvert la creepypasta d’aujourd’hui via la chaîne Youtube de Madame Macabre que je vous conseille vraiment : elle lit des creepypasta anglais avec un accent très facile à comprendre, idéal si vous avez besoin de perfectionner votre écoute ^^ Elle s’intitule Why you can’t talk to the dead, littéralement « Pourquoi tu ne peux pas parler aux morts » C’est à la base une création de Daydalia (je n’ai que le pseudo) sur le réseau social Reddit 🙂 Je vous laisse le lien pour la lire dans la version originale et la vidéo de Madame Macabre :3

Ma tante était une escroqueuse qui avait appris du plus grand – son père. Grand-père n’avait jamais fait les choses en grand mais il vivait pour le jeu. Rester en-dessous des radars était probablement la raison pour laquelle il ne s’était jamais fait prendre. Pas une seule fois. Il en était très fier.
Maman n’a jamais repris l’affaire familiale. Elle s’est tournée vers la religion à la place et a épousé un inspecteur des impôts. C’est tellement ironique qu’on dirait une blague mais c’est la stricte vérité. Papa était le meilleur pour ce qui était d’aider à faire les devoirs de math. Les parents plus spéciaux de ma mère ont été tenus à distance pendant toute mon enfance, pour éviter qu’ils ne m’incitent à suivre des choix de vie plus intéressants.

Tante Cassie était la seule à pouvoir s’insérer dans ma vie. C’était une psychologue diplômée, ce qui la rendait un peu plus respectable. Mais Tante Cassie utilisait sa capacité à lire dans l’esprit des gens d’une toute autre façon, probablement pas celle prévue par l’université où elle avait suivi ses cours.

Tante Cassie était une véritable médium.

Elle avait une boutique et tout ce qui allait avec. Des cristaux, des herbes, des bougies. Tout ce dont vous aviez besoin pour combler le vide mystique dans votre vie pouvait être acheté pour un prix raisonnable dans sa petite échoppe. Il y avait même une salle privée à l’arrière qui était utilisée pour la divination et les séances de médium.

Comme mes deux parents travaillaient, on me déposait souvent à la boutique où j’aidais Tante Cassie lors de ses performances. Tout y passait, depuis les jeux de lumière jusqu’aux coups sur les murs. Jouer avec le thermostat était mon idée et elle était plutôt bonne. Les clients venaient pour avoir des frissons, pas vrai ? Pourquoi ne pas les satisfaire ?
Cassie m’a aidée à devenir la sceptique que je suis aujourd’hui. Elle m’a montré ce qui se passait en coulisses. Nous regardions tous les jours des talk shows avec des magiciens et des médiums, et Cassie expliquait chaque étape, de la lecture la plus basique au point culminant qui captive l’audience (j’ai eu du mal à traduire ce passage, j’ai dû improviser)

Après un épisode particulièrement, j’ai posé naturellement posé la question. N’y avait-il vraiment rien de réal ? La réponse de ma tante a été sans appel :
« Les morts ne parlent pas, gamine. Tous ceux qui affirment le contraire pètent plus haut que leur cul. »
C’était son assurance, plus que tout le reste, qui m’avait convaincue.

Je n’ai vu qu’une seule fois ma tante refuser un client. Il était vieux, chauve et recroquevillé sur lui-même. Il avait enlevé son chapeau quand il était entré et trituré ses mains en parlant. Cassie s’était aussitôt tendue en le voyant.
L’homme affirmait avoir travaillé dans le milieu pénitentiaire. Le couloir de la mort. Il avait été chargé des exécutions des pires criminels que la Terre ait porté. Cela le tourmentait avec l’âge, il était rongé de l’intérieur. Il voulait que Cassie contacte les âmes de ceux qu’il avait tués pour leur présenter ses excuses et implorer leur pardon avant qu’il ne les rejoigne.
Ma tante est entrée dans une colère incroyable. Je ne l’avais jamais vue aussi furieuse ! Elle mugissait et jetait des objets. Lui hurlait de fermer sa gueule et de dégager.
Je me suis cachée sous le comptoir avec mes mains sur mes oreilles jusqu’à ce qu’il s’en aille. Plus tard, j’ai pensé qu’elle avait réagi ainsi parce qu’elle avait peur du travail de cet homme. Un bourreau devait être la plus grande peur d’un arnaqueur.

Un jour, je me suis fait pincer. Je voulais organiser un spectacle de magie pour mes amis and stupidement j’ai pensé que je pourrais jouer les médiums, en prétendant parler à Grand-Père pour Maman, puisqu’il lui manquait tant. Enorme erreur. Maman a complètement paniqué et m’a interdit de revoir sa soeur.

J’avais laissé quelques cahiers à la boutique, alors j’ai dû y courir et les attraper pendant que ma mère fumait dans la voiture. Tante Cassie n’a même pas eu à demander ce qui se passait. Elle pouvait lire sur mon visage après tout. Je lui ai donné un câlin et lui ai dit aurevoir en pleurnichant. Toutefois, elle m’a dit un dernier secret.
« Gamine, il y a une malédiction dans cette famille qui se transmet comme un flambeau. Je prie tous les dieux, si tant est qu’il y en ait, pour qu’elle ne te soit pas transmise quand je m’en irai. »

Nous ne nous somme plus reparlé pendant plus de neuf ans. Jusqu’à ce que facebook devienne populaire et qu’aucun verrou parental ne puisse m’empêcher de me connecter. C’était malaisant. Sa vie avait pris un tour difficile ; on lui avait diagnostiqué un trouble schyzophrène, ce qui a fini par couler son magasin. Pour payer les factures, elle avait dû se ranger et avait perdu, avec son affaire, toute sa force et sa joie de vivre.

Un jour, en rentrant à la maison, j’ai trouvé un message qui m’a donné l’impression que mon estomac venait de se remplir de plomb.
« Je t’aime, gamine. Souviens-toi de ce que je t’ai dit. »
J’ai composé son numéro, déjà en pleurs. Pas de réponse. Mais j’ai continué à appeler encore et encore et encore et encore…
C’était trop compliqué de le dire à ma mère. La police s’en est chargé le lendemain. Accident de voiture. Alcool au volant.

Les funérailles étaient comme floues. Des parents que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam s’était rassemblés dans l’église. Je m’assis entre mes parents au premier rang et fouillai ma mémoire pour me rappeler ce que ma tante voulait me dire.
Nous avons suivi le corbillard jusqu’au cimetière en silence. Le prêtre fit ses dernières prières et je me retrouvai seule près de sa tombe, essayant toujours de me souvenir. Des bouts de la conversation de mes parents arrivaient à mes oreilles sans que j’y prête attention. Si seulement Cassie n’avait pas été aussi énigmatique.
« – m’attendais à un enterrement aussi vide. Quel dommage. »
Un enterrement aussi vide ? Ca m’a fait tiquer. Pendant le service l’église était pourtant pleine à craquer. Je me suis retournée pour dire quelque chose et j’ai enfin compris.

Derrière mes parents il y avait une foule de gens, debout et fixant le vide devant eux. Mes parents ne leur prêtaient pas la moindre attention. Le prêtre murmurait quelques condoléances apaisantes et présentait ses excuses, marchant en plein milieu du groupe sans déranger la moindre personne.
A la tête du groupe, avec la même apparence que le jour où je l’avais quittée, il y avait Cassie. Tous les « repose en paix » du monde ne lui auraient fait ni chaud ni froid. Sa bouche était grande, grande, largement ouverte, et juste alors, j’ai su.

Je sais quelle est la malédiction familiale. Je sais pourquoi les morts ne parlent pas.

Ils sont trop occupés à hurler.

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Bien le bonjour tout le monde ! Aujourd’hui je vous propose un type d’article un peu différent, j’espère que ça vous plaira 🙂 Connaissez-vous les creepypastas ? Ce sont des histoires courtes d’horreur ou d’épouvante écrites sur Internet, je suis une très grande fan ! Certaines sont de vrais petits chefs d’oeuvre, avec des intrigues et des twists scénaristiques absolument délicieux :3 A ne pas lire quand il fait nuit les enfants ! Sinon vous allez faire comme moi et hurler en voyant votre peignoir bouger dans le miroir, alors que c’est juste votre maman qui veut ouvrir la porte.

Bref ! J’adore les creepypastas mais je les lis surtout en anglais, et depuis quelques années maintenant, je les écoute avec délectation sur la chaîne Youtube de Madame Macabre. Elle a une très belle voix et met en scène de supers ambiances ❤ J’aime beaucoup l’écouter pendant que je dessine, j’en profite aussi pour améliorer mon niveau en anglais 😛 Et comme je vais bientôt devoir passer un concours avec une épreuve de version en anglais, et que j’ai trop envie de partager mes creepypastas favorites, combinons les deux ! Je vous propose une traduction perso des histoires que je préfère 🙂

Celle que je vais vous traduire aujourd’hui a pour titre Distorted Warning Signals, littéralement « Signaux d’alarme déformés ». Parue sur Reddit, son auteur a pour pseudo TheThingThatWill, je vous laisse ici le lien pour la lire dans sa version originale 🙂 Je vous laisse également la vidéo de Madame Macabre qui lit et met en scène cette histoire avec un talent qui m’a fait délicieusement frissonner ! :3

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