Premières lignes… #61

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Assise dans le coin, elle essaie de respirer, laborieusement, un air qui semble s’être brusquement raréfié dans la pièce. Paraissant venir de très loin, lui parvient un faible woup-woup : elle sait que c’est de l’air qui descend et remonte dans sa gorge en une série de petits hoquets fiévreux, mais cela ne change rien, fondamentalement, à ce qu’elle ressent, à cette impression de se noyer dans un angle de la pièce avec sous les yeux les restes déchiquetés du livre de poche qu’elle lisait à l’arrivée de son mari.

Non pas qu’elle y attache beaucoup d’importance. La douleur est trop forte pour qu’elle se soucie de problèmes mineurs comme respirer, ou du fait qu’il n’y ait plus d’air, dirait-on, à respirer. La douleur l’a engloutie comme une baleine aurait englouti Jonas, le saint déserteur, d’après ce qu’on raconte. Elle pulse comme un soleil empoisonné qui brûlerait au plus profond d’elle-même, en un point de son corps d’où, jusqu’à ce soir, ne montait que la satisfaction paisible d’une victoire chèrement acquise.

Elle ne se souvient pas d’avoir jamais autant souffert, pas même lorsque, à treize ans, voulant éviter un nid-de-poule, elle était tombée de bicyclette au milieu de la rue : son crâne avait violemment heurté la chaussée et la blessure nécessité la pose de pas moins de onze points de suture. Elle se rappelle seulement une décharge aveuglante de douleur suivie d’une impression surprenante de nuit étoilée – un bref évanouissement, en réalité, mais pas ce supplice. Ce supplice atroce. La main qu’elle pose sur son ventre enregistre la présence d’une chair qui n’est plus du tout une chair ; c’est comme si on lui avait décousu l’abdomen pour remplacer le bébé par un caillou.

Oh mon Dieu, je vous en prie, pense-t-elle. Je vous en prie, faites que le bébé aille bien !

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Nous réflectiônnons : Face au réchauffement climatique

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Bien le bonjour bande de gens, et on est repartis pour une petite réflection ! C’est fou ce que ça travaille là-dedans, faudrait que je fasse gaffe, deux fois en trois mois, c’est trop pour mon ciboulot. Mais honnêtement, ça faisait longtemps que je voulais instaurer une petite catégorie comme ça sur le blog, pour la réflexion ou une éventuelle gueulante sur les sujets qui m’énervent ; d’ailleurs, Punky aussi voulait faire quelque chose comme ça, et comme ça fait longtemps que vous ne l’avez pas vu, je pense lui proposer de venir gueuler avec moi ^^

Punky : Et c’est avec plaisir que je viens gueuler 😀 De toute façon quand il s’agit de gueuler…

Punky : Bref x) Déjà une petite mise au point. Je n’ai pas publié depuis… Depuis… Longtemps ?… J’avais plus de jeux finis, et vie personnelle ce n’est pas trop ça, enfin bref… Je suis de retour, pour vous jouer un mauvais tour ! Ha-ha lol ! Sur ce, débat, La Roussette je t’en prie, ouvre le bal !

Merci cher collègue, je savais que je pouvais compter sur toi ! Il y a quelques semaines maintenant, on a eu droit à un nouveau cours de note de synthèse avec un nouveau dossier d’articles, un peu comme au sujet de la littérature jeunesse. Alors, il n’y a pas vraiment d’articles qui m’ait marqué, mais plutôt une tendance générale ; la plupart des articles tournaient autour d’un débat entre ceux qui défendaient la thèse d’un réchauffement climatique causé par l’homme (Sylvain Huet principalement), et ceux qui pensaient que l’homme n’était pas la cause principale et que cela tournait autour d’une évolution générale planétaire dans l’ordre des évolutions précédentes du climat (un monsieur Claude Allègre). Personnellement, ma conviction est vite arrêtée : une évolution qui se fait sur 50 ans au lieu de plusieurs siècles, et qui commence avec la révolution industrielle, sans parler des très nombreux problèmes depuis (pollution de l’air dans les villes, marées noires et autres délicieusetés), oui, l’homme est responsable, arrêtons d’agir comme des gamins pris en faute. Etre adulte, ça sert aussi à assumer. Les arguments de Claude Allègre sont en outre franchement bidons, même pour moi qui ne suis pas une experte (le plus drôle, c’est que lui non plus, puisque malgré le fait qu’il soit scientifique, le climat n’est pas son domaine de recherche).

Là où le débat m’a bien fait rire (jaune), c’était que même si les deux points de vue étaient diamétralement opposés, les constatations étaient les mêmes, à savoir qu’il fallait impérativement modifier nos modes de vie. Déjà, ça discrédite pas mal ceux qui parlent d’une non-responsabilité de l’homme : si ça ne change pas à cause de nous, pourquoi changer nos modes de vie, CQFD. J’ai déjà dit mon opinion, mais sur le principe en lui-même, j’ai une petite question, vous me direz c’est trois fois rien, mais quand même ça me turlupine : Lire la suite

Roman gothique #1 : The Wanderer, or Female Difficulties : La Femme errante, ou les Embarras des Femmes

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! J’ai encore les yeux tout bouffis à cause du sommeil, j’ai joué un peu tard à un Sherlock Holmes (Devil’s Daughter), mais je voulais tellement finir l’enquête en cours ! Et je ne regrette rien en plus 😀 Ce jeu est super, je vous le recommande (mais prenez garde aux temples Mayas) !

Nouvelle chronique littéraire, un peu particulière celle-ci. Pour mon master, je suis en train de travailler sur les romans gothiques anglais et français, écrits et lus par de femmes entre 1760 et 1830 (oui c’est précis). Pour ceux qui se poseraient la question, les soeurs Brontë publient dans les deux décennies d’après, donc je ne les étudie pas (ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose, beaucoup a déjà été dit). Mais ce sujet m’amène à découvrir tout plein d’auteures anglaises et françaises, et surtout quelques excellents titres qui sont malheureusement inconnus du grand public aujourd’hui. Comme je ne lis plus que ça en ce moment, j’ai envie de vous faire découvrir quelques romans qui valent vraiment le coup d’être ré-édité, voire re-traduits. On commence cette semaine avec un qui m’a vraiment marquée, The Wanderer de Fanny Burney, publié en 1814. Il n’y a malheureusement pas de traduction française à part une qui date de la même époque, et qui est pratiquement introuvable aujourd’hui. Si vous souhaitez lire le roman, je vous conseille d’utiliser le site du sudoc, qui référence les catalogues de bibliothèques universitaires ; oui, c’est compliqué, mais prenez le temps si vous pouvez, ce livre vaut vraiment la peine ! Lire la suite

Premières lignes… #60

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Le prochain best-seller canadien 
(titre à venir)
D’Arthur Fayot

Il était une fois
Une fois, il y avait
Il y a très longtemps
Hier
Aujourd’hui
L’Amérique, c’est formidable ! Parce que
Les Etats-Unis n’ont rien à vois avec le Canada
Un garçon et sa licorne s’assirent dans l’herbe et la licorne pouvait parler et elle dit
Un crime ! Un crime horrible venait d’avoir eu lieu !

*****

Chère Mme Whitehead, 

Comme vous le savez, j’ai manqué la rentrée, mais Nicole, ma voisine de palier, m’a suggéré de vous écrire une lettre puisque je vais bientôt venir en classe. Je ne sais pas trop quoi vous raconter. Peut-être que je vais vous en dire un peu sur moi, comme ça vous aurez l’impression que j’ai commencé les cours en même temps que les autres.

Je m’appelle Arthur Aaron Fayot, mais tout le monde m’appelle Arthur. J’ai passé l’été chez mes grands-parents à Balzac. C’était un été très long. En fait, j’habite dans l’un des immeubles juste à côté du collège. J’aime tricoter et regarder des films, parfois les deux en même temps. Je suis très doué pour faire plusieurs choses à la fois. J’adore les ateliers d’écriture, alors j’espère qu’il y en a de prévus au programme et que je ne les ai pas déjà ratés. J’étais sans doute le meilleur écrivain dans mon école primaire. Que je serai grand, j’ai l’intention de devenir riche grâce à mes romans. Je suis fils unique, mais Luke, mon cousin, est un peu comme un frère jumeau pour moi. 

Mon texte le plus fort à ce jour est une histoire émouvante intitulée « Le Pays de la Chaussette ». Dans cette nouvelle, un petit garçon grimpe dans un sèche-linge en jouant à cache-cache avec ses frères aînés. Il est accidentellement rétréci et rampe à travers le tuyau de ventilation du sèche-linge jusqu’au Pays de la Chaussette. Le Pays de la Chaussette est un endroit où les chaussettes prennent vie. 

Le petit garçon s’amuse un moment mais très vite, il trouve que les chaussettes dépareillées sont ennuyeuses et il cherche à rentrer chez lui. Il réussit alors à convaincre les chaussettes de l’aider en leur promettant de leur renvoyer leur moitié par le tunnel, puis il retourne dans le sèche-linge pour rejoindre le pays des humains. D’après Mme Lewis, c’était très original et, pour elle, j’ai de grandes chances de devenir aussi célèbre que J.K. Rowling.

Un peu de poésie douce-amère : Vous m’avez dit, tel soir…

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Et on se retrouve pour une nouvelle poésie en ce nouveau samedi ! Il ne me reste plus qu’un poème dans ma boîte à malices, c’est la catastrophe et il va falloir que je reparte à la chasse aux jolis mots. C’est étonnant de voir à quel point la poésie cartonne à l’étranger, comme quoi les Français aiment moins leur propre langue que ceux qui ne la parlent pas, c’est triste.

Émile Adolphe Gustave Verhaeren est né en 1855 et mort en 1916, c’était un poète belge flamand, d’expression française. Il est issu d’une famille aisée, et alors qu’il est au lycée, il fait connaissance avec les écrivains de la revue d’art La Jeune Belgique ; il se met alors à écrire des articles et des critiques pour cette revue et pour d’autres. En 1883, il publia son premier recueil de poèmes réalistes-naturalistes, Les Flamandes, consacré à son pays natal. Accueilli avec enthousiasme par l’avant-garde, l’ouvrage fit scandale au pays natal à tel point que les parents d’Emile ont tenté de racheter les copies pour les détruire… un scandale en fait voulu par le poète qui voulait faire plus de ventes ! Dans les années 1890, Verhaeren s’intéressa aux questions sociales et aux théories socialistes et travailla à rendre dans ses poèmes l’atmosphère de la grande ville et son opposé, la vie à la campagne. Son œuvre fut traduite et commentée dans le monde entier. Quand la Belgique est occupée lors de la Première Guerre Mondiale, il se réfugie en Angleterre, mais sa foi en un avenir meilleur se teinta pendant le conflit d’une résignation croissante. Il n’en publia pas moins dans des revues de propagande anti-allemandes et tenta dans ses conférences de renforcer l’amitié entre la France, la Belgique et le Royaume-Uni. Le pauvre homme meurt en revenant d’une conférence : pressé par la foule sur les quais de la gare, il tombe sur les rails au moment où un train passait. Je n’ose pas imaginer quelle terreur il a dû ressentir… Je propose de lui rendre hommage avec ce poème, extrait de son recueil Les Heures d’après-midi publié en 1905 : « Vous m’avez dit, tel soir… »

Vous m’avez dit, tel soir, des paroles si belles
Que sans doute les fleurs, qui se penchaient vers nous,
Soudain nous ont aimés et que l’une d’entre elles,
Pour nous toucher tous deux, tomba sur nos genoux.

Vous me parliez des temps prochains où nos années,
Comme des fruits trop mûrs, se laisseraient cueillir ;
Comment éclaterait le glas des destinées,
Comment on s’aimerait, en se sentant vieillir.

Votre voix m’enlaçait comme une chère étreinte,
Et votre cœur brûlait si tranquillement beau
Qu’en ce moment, j’aurais pu voir s’ouvrir sans crainte
Les tortueux chemins qui vont vers le tombeau.

Un tout petit poème qui raconte de jolis choses, à peine trois strophes pour exprimer un sentiment vieux comme le monde et universel, mais qui en ce moment n’existe que pour deux personnes dans tout l’univers. Un tout petit souvenir comme tout le monde en a. J’adore vraiment ce poème, j’aime ses sonorités et ses émotions. Je suis peut-être un peu sensible en ce moment ceci dit, je regarde un épisode spécial Noël de Doctor Who, « Le fantôme des Noëls passés » qui est un pur bonheur à mater, et je pense très fort à mon copain qui doit arriver dans quelques jours ^^’ J’avoue que j’ai le combo parfait pour… pour quoi au juste ? Ce n’est pas vraiment de la déprime, peut-être une sorte d’attendrissement ? Et je me demande bien pourquoi il faut absolument que tous les poèmes d’amour soient tristes, c’est vraiment pas juste. Ce poème est au passé, pas au présent, et il se ferme sur un tombeau. Et en même temps, ce souvenir a l’air si puissant et si vivant qu’on pourrait croire que c’est un présent éternel, comme si on ne pouvait s’empêcher de le revivre en boucle pour le revivre.

La difficulté des poèmes d’amour, c’est que c’est le sentiment le plus merveilleux et le plus éculé à la fois de l’univers. Donc tout plein de tableaux. Et… ben les tableaux d’amour c’est très joli, mais je préfèrerai vous en présenter une sélection, plutôt qu’un seul à chaque fois ; si je faisais à chaque fois un poème d’amour et un tableau correspondant, est-ce que ça ne deviendrait pas lassant ? Alors à la place je vous propose une musique qui m’a beaucoup marquée et que je réécoute de temps en temps en boucle tellement je l’adore 😛 Vous la connaissez peut-être, en fait c’est une rédit d’une chanson du rappeur Nelly, faite par Sam Tsui et Christina Grimmie : je la préfère parce que j’ai pas vraiment d’affinité avec le rap et je préfère de loin leur façon de chante en général ; et leur version me plaît beaucoup plus parce que ce n’est pas le monologue de quelqu’un qui a perdu sa bien-aimée, c’est un dialogue entre deux amoureux qui se regrettent et se cherchent, et les paroles sont tellement magnifiques. Elles me tirent des larmes à chaque fois :’) Alors ? Vous connaissiez déjà Just a Dream ? ❤

Les Petites Reines

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien… et j’espère aussi ne plus jamais toucher à un tableur excel de ma vie, parce que pour intégrer un graphique à mon mémoire, ça m’a pris une heure : entre la liste de chiffres d’un kilomètre de long, la mise en forme du graphique, et surtout, surtout, les bugs de niveau mammouth, eh ben joyeux Noël ><

Nouvelle chronique littéraire ! A Noël ma p’tite Maman m’a offert une sélection des livres de Clémentine Beauvais que je ne connaissais pas du tout, d’habitude je pioche dans le thriller ou la fantasy ^^ Mais comme toujours, ma mère a eu la main heureuse, y a pas à dire, elle a un don pour me faire découvrir de nouvelles lectures ! Pioché au hasard dans les livres qu’elle m’a pris, j’ai décidé de commencer par la lecture des Petites Reines, publié en 2015 (et qui d’après Babelio existe en audio-livre pour les intéressé(e)s).

Résumé : On les a élues « Boudins de l’année » du lycée de Bourg-en-Bresse sur Facebook. Mais Mireille Laplanche (élue 3 ans « Boudin d’Or », maintenant « Boudin de Bronze ») et ses « boudinettes », Hakima et Astrid (respectivement « Boudin d’Argent » et « Boudin d’Or »), n’ont pas l’intention de se lamenter sur leur sort ! Elles ont des mollets, des vélos, et elles comptent bien rallier Bourg-en-Bresse à Paris… pour s’incruster à l’Elysée ! Place aux Petites Reines !!!

Mon avis : 

La couverture du livre m’a fait beaucoup rire, c’est pour ça que je l’ai choisi en premier. Ca peut paraître bizarre, voire méchant, de rentrer d’entrée de jeu dans la thématique boudin, mais c’est précisément le choix des trois jeunes héroïnes : on les traite de Boudins, qu’à cela ne tienne, ça deviendra leur marque de fabrique ! La couverture est très pêchue, et reflète parfaitement l’état d’esprit du livre et de la narration : c’est très gai et plein de joie de vivre ^^ J’ai beaucoup aimé aussi la plume de Clémentine Beauvais que je découvre et adore déjà ! On rentre sans difficulté dans l’histoire, et une fois que c’est fait, impossible de la lâcher, c’est prenant et rigolo tout plein 🙂

Le thème du harcèlement scolaire est à la fois très délicat et éculé, du moins je trouve : à force de lire des résumés de livres sur Internet via les blogs ou les sites littéraires, je suis tombée à n’en plus finir sur des livres qui parlaient de harcèlement scolaire. A chaque fois le thème est traité de façon assez sérieuse et grave, aussi c’était une vraie nouveauté pour moi de tomber sur un livre qui parle de harcèlement scolaire à la sauce comique… et qui réussit parfaitement son coup ! N’allez pas non plus me faire dire ce que je n’ai pas dit, personne dans le livre ne se réjouit de la situation, à commencer par les trois « boudinettes » (j’adore ce mot) ; mais grâce à Mireille et à leur formidable épopée à vélo, elles parviennent à dépasser complètement le problème et à en rire, allant jusqu’à revendiquer l’appellation de « Boudins ». J’aime d’autant plus le livre qu’on a tout à la fois des scènes drôles, des scènes touchantes, mais aussi des scènes assez dures et inquiétantes ; de plus, il y a toute une médiatisation autour des trois jeunes filles, puisqu’elles ont décidé de frapper un coup d’éclat en contactant une journaliste, et on constate qu’un peu tout le monde veut interpréter leur voyage à sa sauce… ou simplement en profiter pour les insulter dans les commentaires, vive Internet. Il ne s’agit donc pas de montrer un côté uniquement positif, plutôt d’apprendre à dépasser le côté négatif.

Les personnages principaux sont super attachants ^^ J’ai vraiment adoré suivre Mireille : malgré son côté bourru et bourrin, elle a de l’entrain et un humour à toute épreuve ; c’est attendrissant aussi de la voir amoureuse. Astrid est plus discrète mais adorable ; et ce qui m’a frappé chez Hakima, c’est par-dessus tout sa naïveté ; je veux bien croire qu’à 12 ans on ne connaisse pas tout du monde, ceci dit de là à croire qu’il y a les gentils et les méchants, je trouve ce trait de caractère un peu trop forcé pour ne pas dire idiot :/ Le personnage de Kader rajoute une touche très intéressante au livre, et, comme pour le harcèlement, j’avais l’impression de voir une autre facette de l’handicap ; et surtout, il est touchant et très secret. Enfin en ce qui concerne le harceleur des trois Boudins, c’était un aspect assez sombre et terrifiant dans un sens du livre, et je suis d’autant plus impressionnée d’avoir vu Mireille le gérer aussi bien… voire avec trop d’indulgence, même si je comprends pourquoi elle l’a fait et que ça ne sert à rien de rajouter de l’huile sur le feu.

L’histoire est attendrissante et pleine de surprises, l’écriture est très prenante, en conclusion c’est un véritable coup de coeur ! J’ai vraiment passé un super moment avec cette lecture plutôt courte mais tellement riche en sentiments et si complexe. Je vous encourage à le lire, et à découvrir si ce n’est pas encore fait la très jolie plume de Beauvais ❤

Premières lignes… #59

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

– La grippe est désagréable, remarqua Sherlock Holmes, mais vous avez raison de penser que, grâce aux soins de votre épouse, l’enfant guérira rapidement.

– Je l’espère réellement, répondis-je avant de m’interrompre et de le fixer avec des yeux remplis d’étonnement.

Mon thé était à mi-chemin de mes lèvres mais je le reposai sur la table avec tant de force que la tasse et la soucoupe manquèrent de se séparer.

– Pour l’amour du Ciel, Holmes ! m’écriai-je, vous m’avez tiré les pensées de la tête ! Je jure que je n’ai pas prononcé un seul mot à propos de l’enfant et de sa maladie. Vous le savez, mon épouse est absente – cela, vous avez pu le déduire de ma présence ici. Mais je ne vous ai pas encore indiqué le motif de son absence, et, j’en suis bien certain, rien dans mon comportement n’a pu vous donner le moindre indice.

Cette petite conversation a eu lieu au cours des derniers jours de novembre de l’année 1890. Londres était en proie à un hiver impitoyable. Les rues étaient si froides que les lampes à gaz elles-mêmes paraissaient gelées et que le brouillard qui ne se levait plus semblait avaler le peu de lumière qu’elles émettaient. Dehors, les gens glissaient le long des trottoirs comme des fantômes, la tête basse et le visage couvert, tandis que les fiacres passaient en ferraillant tirés par des chevaux impatients de retrouver l’écurie. Pour ma part, j’étais heureux d’être à l’intérieur. Un feu brillait dans la cheminée, l’odeur familière du tabac flottait dans l’air et – en dépit de tout le fatras et du désordre dont mon ami aimait bien s’entourer – j’avais l’impression que tout était bien à sa place.