Advenis

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ J’ai fait mes débuts sur Wattpad, joie ! Je vous en dis plus samedi parce que la chronique d’aujourd’hui a été un coup de coeur et mérite toute votre attention, mais ce weekend vous aurez tous les détails ^^ Et pour les plus impatients, rendez-vous sur la page « Ecrivaine » du blog !

Nouvelle chronique littéraire ! Un roman découvert totalement par hasard alors que l’auteur, auto-édité, était en dédicace à Cultura ^^ Une petite dédicace plus tard, me voilà avec un très bel objet livre entre les mains et sans oublier un super roman ! Voici Advenis, achevé en 2021 par Bastien Pantalé, un auteur qui s’est plu à tester un peu tous les genres littéraires (avec une prédilection pour l’imaginaire). Sans trop de surprise, j’ai craqué pour son roman de fantasy 😀 Si vous avez envie de découvrir ses autres écrits, vous pouvez en apprendre plus via Babelio ou le site de l’auteur.

Résumé : Liguïa Atemn conduit sa troupe au-delà des frontières des Hommes. Nulle limite ne saurait borner la Voie qu’ils arpentent. Le Grand Déferlement trempe les élus jusqu’à l’os. Océans et continents se mêlent dans un suprême éclat.
Il y a Páthin le voyant rétif, Vitaïni l’élémentaire animale et instinctive, Éndin la douce et avenante sensitive, Scirel l’érudit formaté, Eloka la linguiste ou encore Ageîn qui donnerait sa vie pour sauver l’un des onze. Tous indispensables à l’essaim, c’est ce qu’annonce la Prophétie. Liguïa y croit, elle est née pour l’accomplir.
Advenis fut érigée pour servir cette quête, pour abriter ce peuple que l’histoire retiendra peut-être, et mener les Bâtisseurs sur la Voie. Les nourrir de cette énergie vitale emplie d’espoirs, que leurs ancêtres ont dû apprendre à maîtriser.
Une génération, la dernière. Un groupe ultime pour unifier les Hommes. Une navigation jusqu’aux sommets du monde. Évoluer pour survivre, et par-dessus tout, bâtir !
L’essaim s’est mis en route à une époque où seules les étoiles jalonnaient le temps. Voici son histoire.

Mon avis : Coup de ❤

Si j’ai craqué pour ce livre parmi tous ceux de l’auteur, j’avoue, c’est aussi en grande partie car le livre est très soigné : reliure rigide, police d’écriture atypique mais très agréable, et une belle couverture illustrée par Brian Merrant qui a réalisée de nombreuses autres illustrations pour des livres (je vous laisse le lien de son site ici) ^^

Le livre a de nombreuses inspirations, mais l’une des principales vient de La Horde du Contrevent de Alain Damasio, un super roman de science-fiction que je vous conseille si vous ne l’avez jamais lu ! On retrouvera en effet le schéma d’une équipe de voyageurs soudés, avec chacun des compétences affinées par la génétique et l’apprentissage, réunis dans une quête qui exigera le dévouement de toute leur vie. L’histoire d’Advenis est un peu complexe, mais surtout bluffante ❤ C’est un roman de fantasy, mais de nombreux éléments font référence à notre monde, que ce soit les noms de certains endroits, le fait que l’espèce humaine soit confrontée à une apocalypse commençant par une grande montée des eaux, ou même certains éléments scientifiques comme… la théorie des cordes. Sisi. C’est parfois déroutant et certains passages contemplatifs ou explicatifs vous demanderont de bien vous accrocher pour saisir le propos, d’autant qu’il y aura quelques ellipses assez importantes. Toutefois, ce n’est rien à côté du plaisir de la lecture, la plume de Bastien Pantalé est très agréable et j’ai déjà envie de relire le livre !

Advenis est à la fois une île et un navire, 18 hectares de terre séparés du continent par le travail de plusieurs générations et la maîtrise de l’énergie tellurique. Malgré sa nature incroyable, Advenis n’est cependant qu’un chaînon sur la Voie qui doit permettre à l’humanité de survivre à trois bouleversements planétaires sur plusieurs milliers d’années : terres submergées, séismes ravageurs et éruptions solaires. A la tête de ce vaisseau, une équipe de onze personnes, désignées à la fois par l’évolution, les compétences et les oracles de la Voie. Maîtrise de toutes les langues, connaissances pointues de tous les peuples, arts martiaux, manipulations élémentaires, communication avec les esprits, chacun a un rôle bien précis et indispensable. A eux de maintenir le cap, rencontrer les autres peuples, transmettre tout ou partie de leur savoir pour permettre aux édifices qu’ils construisent de traverser les âges et offrir une chance de survie aux hommes. Jamais ils ne verront l’aboutissement de ce travail, ni ne sauront s’ils ont visé juste, et tout leur savoir sera probablement perdu ; pourtant, c’est une course contre la montre.

D’entrée de jeu, on verra l’essaim des onze héros confronté à la question la plus importante : est-ce que tout ça en vaut vraiment la peine ? Le sacrifice de plusieurs générations, le dévouement d’une vie, l’impossibilité de transmettre leurs formidables connaissances, tout ça pour une hypothèse qu’ils ne pourront jamais confirmer ? L’idée va revenir plusieurs fois dans le roman, et c’est quelque chose qui m’a énormément marquée. Déjà, avec cette idée d’extinction de l’humanité, on retrouve le phénomène d’angoisse climatique que beaucoup éprouvent aujourd’hui face aux dérèglements du climat qu’il n’est plus possible d’enrayer. Mais surtout, il y a la peur de perdre ce en quoi nous croyons, nos valeurs les plus fondamentales. Pour moi, ce sont mes livres : ma bibliothèque est faite de ce que j’aime, ce qui m’a fait changer et grandir, et ne pas pouvoir la transmettre… je n’ai même pas les mots pour vous dire à quel point ça me déchirerait. Or, c’est bien ce qui va se produire pour l’essaim : ils sont la somme et le point culminant de leur civilisation, mais tout cela sera inévitablement perdu. Mais pour eux la réponse est claire : oui, le jeu en vaut la chandelle.
Et c’est précisément ça que j’ai le plus aimé dans ce roman, c’est p’tet même une raison qui fait que je le préfère parfois à La Horde du Contrevent : l’espoir, l’optimisme, l’incroyable bienveillance du récit qui essaye de nous faire dépasser la plus existentielle de nos angoisses. Le but n’est pas de dire que tout va bien se passer, ou qu’il n’y aura pas de sacrifices, attention ! Plutôt de dire que ça en vaut la peine, qu’il y aura autre chose et que notre participation, même infime, aura suffisamment de répercussion pour changer la donne.

Le peuple d’Advenis est incroyable pour ça : ce n’est pas seulement l’essaim des onze, c’est toute une civilisation qui s’est soudée, qui a accepté une fin de toute façon inévitable et qui a travaillé de concert pour des générations qui ne sauraient absolument rien d’eux. C’est beau, utopique mais beau. Ca ne va pas sans quelques contraintes et une certaine rigueur pour ne pas trop dévier du plan établi, mais c’est la bienveillance qui prime. Quant aux autres civilisations que l’essaim rencontre, la diplomatie va jouer un grand rôle, car bien entendu tout le monde ne va pas leur emboîter le pas. Il faudra convaincre, faire des concessions, utiliser les religions et la politique à leur avantage pour, au moins, réaliser et pérenniser les indispensables édifices qui assureront une chance à l’humanité. Cela ne va pas sans heurt bien sûr, car les mentalités sont très différentes d’un peuple à l’autre. Certains offrent l’occasion de critiquer plus ou moins subtilement notre propre société : surconsommation, traditions aveugles, attachement irréaliste pour le pouvoir,…

Le récit va alterner entre plusieurs points de vue, qui sont ceux de certains des membres de l’essaim. Tous sont profondément attachants à leur manière, ils forment une famille unie aussi bien par leur quête que par des liens plus spirituels et intangibles. Leurs capacités, si elles semblent parfois exagérées (et surtout carrément badass), n’en sont pas moins cohérentes et d’une grande logique ; quelque part, ça me fait penser au roman Une planète nommée Trahison, où chaque civilisation est issue de scientifiques qui ont repoussé les limites de leur discipline.
J’aurais du mal à vous dire qui j’aime le plus ! Il y a les jumeaux Liguïa et Kuraw, très différents dans leur caractère et leurs attributions mais complémentaires. J’ai beaucoup aimé la définition du rôle de Liguïa : elle est le chef de file, celle qui prend les responsabilités, mais aussi celle qui assure l’harmonie du groupe, jusque sur le plan psychique. Kuraw… je préfère vous laisser la surprise, mais je l’adore comme j’adore les personnages ultra balèzes de mes mangas favoris, un peu comme Vitaïni 😀 Téohem, le sociologue et théologien du groupe, reste aussi bien ma plus grande énigme que l’un de mes chouchous, son expérience et ses connaissances dépassent largement une seule vie humaine. Eloka la linguiste est un personnage qui m’a permis de faire de nombreuses réflexions et j’ai adoré la suivre dans ses péripéties !

Bref, ce roman m’a fait passer par toutes les émotions, et j’en redemande encore 😀 Ca a été aussi bien une claque qu’une révélation toute en douceur, le sujet a beau être terrible, c’est une lecture qui m’a fait me sentir mieux, beaucoup mieux. Pour autant ce n’est pas tant une lecture détente : il y a tellement de références et de concepts abordés, ça nécessite de prendre un moment pour bien comprendre votre lecture, mais cette richesse est aussi la raison pour laquelle j’ai autant aimé le roman. Si vous avez l’occasion, ne vous posez même pas la question : foncez, lisez-le, dévorez-le ! Pour moi, c’est sans hésiter un coup de cœur ❤

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  1. En lisant le résumé, j’ai tout de suite pensé à « La Horde du Contrevent » ! Ça donne envie, en tout cas, et le travail de Merrant, sur ce livre et sur d’autres, est en effet réussi, j’aime beaucoup 😊

    • Sans doute moins ambitieux que La Horde (et aussi plus accessible), mais oui, j’avoue avoir eu envie de retrouver cette complémentarité entre les membres d’un même groupe.
      Brian Merrant est un peu sorti de sa zone de confort avec cette couv, mais le résultat est unique ❤

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