Premières lignes… #207

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Son oncle était rentré depuis plus d’une heure, mais il ne l’avait toujours pas fait appeler.
Assise à sa table, dans la pièce qui servait d’étude aux enfants de la maison, Sage faisait de son mieux pour garder son calme. Son cousin Jonathan, lui, ne tenait pas en place – l’ennui, sans doute, ou bien la difficulté qu’il devait éprouver à tolérer une fille à peine plus âgée que lui comme professeur. Si Sage ne lui en tenait pas particulièrement rigueur, elle n’avait pas l’intention de lui laisser la moindre occasion de se moquer d’elle, en revanche. Il était pour le moment penchée sur une carte de Demora qu’il s’employait à légender. Le garçon ne s’appliquait vraiment que quand on lui confiait la même tâche qu’à ses frères et sœurs : alors, ses devoirs se transformaient en une véritable compétition. Sage l’avait très vite compris et ne manquait jamais d’en tirer parti.
Elle coula un regard vers la fenêtre, les poings serrés pour s’éviter de pianoter sur la table. Dans la cour, serviteurs et ouvriers s’activaient, occupés qui à battre un tapis, qui à remplir les greniers à foin en prévision de l’hiver. Leur ballet confus, combiné au grincement des roues des chariots de blé qui défilaient sur la route voisine, avait d’ordinaire le don de l’apaiser – mais pas ce jour-là. Sir Broadmoor était parti le matin même à Guircourt, sans rien dire à personne, pour revenir en début d’après-midi. Elle l’avait vu lancer les rênes de sa monture au premier valet d’écurie venu, le nez levé vers la fenêtre de l’étude, un sourire suffisant sur les lèvres.
Il n’en avait pas fallu plus pour que Sage comprenne la vérité : la raison de la petite expédition de son oncle, c’était elle… Il n’avait pas dû passer plus d’une heure en ville, ce qui était somme toute assez flatteur : on avait donc accepté sans difficulté de la prendre à l’essai ! Mais qui ? L’herboriste ? Le fabricant de chandelles ? Le tisserand peut-être ? Peu importait, à vrai dire : la jeune fille était même prête à passer le balai chez le forgeron s’il le fallait… D’autant qu’elle pourrait garder son salaire pour elle-même ! La plupart des apprentis reversaient leur paie à l’orphelinat où ils avaient grandi, ou bien à leur famille, mais les Broadmoor n’avaient nul besoin de son argent – et puis Sage payait largement gîte et couvert en servant de professeur à leurs quatre enfants.

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