Les Rougon-Macquart #8 : Une page d’amour

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Le blog reprend après la petite pause des fêtes, et je peux vous dire que ça a fait un bien fou 😀 On repart sur un rythme à trois articles par semaine au lieu de quatre, je vais voir si ça fonctionne mieux pour moi de cette façon. J’espère que le blog vous plaira toujours, n’hésitez pas à me donner votre avis ou un conseil en commentaire ^^ Sur ce, bonne année 2022 à tous et surtout courage tout le monde : c’est reparti pour un tour XD

Nouvelle chronique littéraire ! Je reprends la série des Rougon-Macquart, avec toujours plus de temps entre chaque roman XD Ce sont des livres qui demandent un peu d’attention, alors à chaque lecture je veux être sûre de les lire comme ils le méritent. Nous en sommes au huitième volume, mais il faut rappeler, comme toujours, que ces romans peuvent tout à fait se lire indépendamment les uns des autres, à part peut-être le premier qui permet de placer les aïeuls de la famille Rougon-Macquart. Voici donc Une Page d’amour, écrit vers 1878-1879, après la claque qu’a été l’Assommoir et juste avant le prochain chef d’oeuvre, Nana. Pour Zola, ce roman était une sorte de pause entre deux histoires plus violentes ; plus marquantes aussi, d’où le fait qu’il soit moins connu. J’espère que la chronique vous intéressera 😉 N’hésitez pas à lire aussi les chroniques des tomes précédents, les liens sont juste ici :

Résumé : Rédigée entre L’Assommoir et Nana, en 1878, Une page d’amour d’Émile Zola correspond à une période de répit dans les turbulences des Rougon-Macquart, formidable tableau de la société française d’un XIXe siècle finissant. C’est l’histoire d’Hélène Grandjean, veuve, retirée avec sa fille Jeanne, aux portes de Paris, à Passy. Prise de convulsions, Jeanne est traitée par le docteur Deberle. Entre le médecin et la mère, un coup de foudre réciproque va bouleverser les habitudes des uns et des autres. Des bouleversements que Jeanne ne pourra longtemps supporter.
Roman de la passion, du coup de foudre et des élans irrépressibles, des états d’âme, de la fatalité aussi, du poids de l’hérédité, thème cher à Zola, Une page d’amour, loin de la satire politique et sociale, est une « note très douce, attendrie et simple », un livre bonhomme, l’un des plus personnels sans doute de Zola, où la présence de Paris, en un océan de toitures vu de Passy, ajoute une couleur au drame intimiste.

Mon avis :

L’image que vous voyez n’est pas celle de mon édition : je n’ai pas pu la trouver sur Internet et malheureusement je manque de temps pour une photo en bonne et due forme ^^’ Mais je trouve que celle-ci correspond très au personnage de Jeanne, alitée avec son air pensif, presque boudeur. Plus on la regarde et plus on l’impression qu’elle va se mettre à hurler.

J’ai vraiment aimé retrouver la plume de Zola. Je vous en avais déjà parlé, mais plus je la lis et plus j’ai l’impression que Zola aurait aussi bien pu être peintre. Sa façon de décrire est comme une peinture, et même une peinture impressionniste ! Justement, l’époque où il écrit est celle des premiers peintres impressionnistes, et c’est aussi l’un des styles que je préfère ^^ Sa façon de décrire certaines scènes ou les sentiments de ses personnages est vraiment captivante. Il y a en particulier ces moments où Hélène et/ou Jeanne vont regarder par leur fenêtre la ville de Paris, une ville qui leur est totalement étrangère car elles vivent cloîtrées chez elles ; sous la plume de l’auteur, les toits et le ciel de Paris deviennent le reflet de leurs sentiments, leur évolution suit celle de leurs émotions. Il y a d’ailleurs de très belles pages sur le moment où Hélène prend conscience de ses sentiments pour Deberle, des pages assez tristes aussi.

L’histoire est celle de Hélène et sa fille Jeanne. Son mari quant à lui est décédé alors même qu’ils arrivaient dans la région de Paris. Des amis sont là pour prendre soin d’elles et leur permettre de vivre décemment, mais les deux préfèrent vivre dans leur cocon. Paris est juste à côté d’elles depuis des mois, mais la ville les inquiète. Le temps passe, Jeanne est malade à cause de sa santé fragile. Par chance, leur voisin, les Dr Deberle est aussi médecin. Jeanne se remet pendant que les deux adultes de chaque côté du lit tombent amoureux. L’idylle se poursuit tranquillement, ni l’un ni l’autre ne veulent dire leurs sentiments, simplement profiter d’être l’un à côté de l’autre. Mais le Dr Deberle a une famille, et surtout, Hélène a une fille. Or Jeanne ne supporte pas d’avoir à partager sa mère.

Sans forcément s’attacher aux personnages, on s’attache beaucoup à l’histoire. Et même en sachant la fin (le lot de tout lecteur qui veut découvrir un classique, tout le monde nous le spoile depuis des décennie), la progression de l’histoire est implacable. Comme toujours dans les romans de Zola, on va retrouver ces personnages dont on se moque un peu, ceux qui sont cruels sans forcément penser à mal mais parce qu’ils sont ainsi : la vieille femme à qui Hélène fait la charité et qui multiplie les boniments pour obtenir des miettes (à ce niveau-là c’est du harcèlement en fait) ; ou encore Mme Juliette Deberle, avec qui, ironiquement, Hélène est amie. Ou du moins, Juliette joue à la bonne amie, mais elle est totalement inconstante et incapable de se concentrer sur une préoccupation qui ne soit pas son obsession du moment.

J’aimais beaucoup le personnage de Hélène parce que je pouvais totalement comprendre qu’elle veuille rester dans son petit cocon, vivre à son propre rythme et éventuellement profiter d’en sentiment qu’elle n’a encore jamais éprouvé. Ce qui fait que j’ai très très vite détesté Jeanne XD
Techniquement les deux ont des torts. Hélène n’a pas cherché à confronter sa fille au monde, et quand bien même Jeanne était heureuse, le fait de rester pratiquement enfermées pendant plus d’un an les a rendues vulnérables toutes les deux. Après, la santé de Jeanne n’aide pas, c’est un fait. Ajoutons à cela le fait que Hélène a très peu d’occupations en dehors de sa fille. La passion qu’elle ressent pour Deberle est dangereuse pour elle car, après plus d’un an sans véritables interactions avec le monde, Hélène n’est pas suffisamment armée pour résister, ou au moins appréhender, les tourments amoureux. En résumé, elle est stable, mais en équilibre précaire, ce qui met aussi sa fille en porte-à-faux, car Jeanne n’a pas d’autre horizon que celui de sa mère.
Mais même en me disant ça, en sachant que Jeanne est d’une fragilité aussi bien physique que mentale… quelle espèce de sale gosse ! Tout le roman nous la vend comme une enfant mignonne, quasiment angélique, une véritable figure biblique. Mais je vois ça avec des yeux plus contemporains, à une époque où on ne fustige plus obligatoirement les parents seuls, en particulier les mères célibataires, qui veulent prendre un peu de repos de leur job parental. Et surtout, Jeanne a douze ans. A son âge, on devrait commencer à entériner le fait qu’une mère n’est pas obligée de vivre constamment avec son enfant et surtout qu’elle a le droit d’avoir quelqu’un d’autre dans sa vie (même si effectivement, c’est mieux quand ce n’est pas un adultère). La façon dont elle phagocyte Hélène, en repoussant les hommes qui s’intéressent à elle, puis en lui rendant la vie impossible,… bref, je n’avais aucune compassion pour la gamine. Et je sais que beaucoup d’enfants font encore ça aujourd’hui, que c’est douloureux de ne plus être le centre du monde, mais rien à faire. Jeanne est une foutue gamine gâtée qui prétend aimer sa mère mais n’a aucune empathie pour elle ; quant à sa maladie c’est une explication de son comportement, pas une excuse.

Bref, malgré ce petit coup de nerf, j’ai vraiment bien aimé le roman ; et par rapport à d’autres romans de Zola, c’est aussi une lecture plus tranquille, où on peut simplement se laisser porter si on en a envie ^^ L’aviez-vous déjà lu ? Vous fait-il envie ? Dites moi tout 🙂

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  1. Ce que tu dis sur le fait qu’il aurait pu être peintre me fait penser à son livre « l’Oeuvre » 🙂
    En tout cas celui-ci je ne l’ai pas lu mais ça me redonne envie de me replonger dans ses romans !

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