Et soudain, la liberté

Par défaut

Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Je suis presque au bout de ma liste d’achats de Noël, et c’était pas gagné XD L’objectif final, c’est le zéro déchet en n’utilisant que des chutes de tissu pour les emballages : c’est un peu plus fait à l’arrache qu’avec du papier (je vous raconte pas la galère avec le morceau de satin), mais je pourrai tout récupérer, et ptet enfin faire le projet couture pour lequel j’entasse ces coupons depuis des mois X’D

Nouvelle chronique littéraire ! Un livre que m’a offert Pepparshoes du Blog Sorbet-Kiwi ❤ Son blog n’est plus actif aujourd’hui, mais son compte Insta est florissant et je vous conseille d’y faire un tour 🙂 Le roman dont nous allons parler aujourd’hui s’intitule Et soudain, la liberté. Il s’agit d’un titre un peu particulier, co-écrit par Evelyne Pisier (professeure et politologue, décédée en 2017) et son éditrice Caroline Laurent, qui a également terminé le livre à la mort d’Evelyne. Enfin, c’est une biographie romancée, où les prénoms ont été changés : Evelyne devient Lucie, etc. Mais surtout, Evelyne Pisier a eu une vie incroyable : elle a connu les camps de concentration japonais et le conflit autour de l’Indochine pendant son enfance ; elle a connu mai 68, et elle a même été l’amante de Fidel Castro !

Résumé : Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste, elle fuit en Nouvelle-Calédonie.
À Nouméa, les journées sont rythmées par la monotonie, le racisme ordinaire et les baignades dans le lagon. Lucie grandit ; Mona bovaryse. Jusqu’au jour où elle lit Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. C’est la naissance d’une conscience, le début de la liberté.
De retour en France, divorcée et indépendante, Mona entraîne sa fille dans ses combats féministes : droit à l’avortement et à la libération sexuelle, égalité entre les hommes et les femmes. À cela s’ajoute la lutte pour la libération nationale des peuples. Dès lors, Lucie n’a qu’un rêve : partir à Cuba. Elle ne sait pas encore qu’elle y fera la rencontre d’un certain Fidel Castro…

Mon avis :

J’aime énormément la couverture, même si je n’ai pas pu retrouver la photo d’origine : d’après le livre, la photo représente Evelyne lors d’un de ses voyages à Cuba. Elle était vraiment magnifique, avec sa casquette à la Gavroche 😀

Le roman est ultra prenant. Au début, je n’avais même pas compris qu’il s’agissait d’une histoire vraie (ou du moins basée sur de véritables faits, j’y reviendrai après), et ça m’a vraiment scotchée quand entre-temps j’ai compris. La plume de Caroline Laurent est très agréable à lire, et surtout elle parvient sans mal à nous transmettre toute son admiration pour Evelyne-Lucie, mais aussi Mona, sa mère. Mona qui est tout aussi incroyable que sa fille, qui en quelque sorte lui ouvre la voie en s’engageant dans la lutte pour les droits des femmes.

Et c’était pourtant loin d’être évident, tout d’abord à cause du père de Lucie : raciste, sexiste, nationaliste, j’en passe et des meilleures. Mais Mona l’aime, et il est comme un dieu pour sa fille, jusqu’à ce que petit à petit, le mythe s’effondre. Les camps en Indochine sont un véritable traumatisme pour la mère et la fille, qui vivront plusieurs semaines dans ce cauchemar. La fuite en Nouvelle-Calédonie est un nouveau départ, mais aussi une cruelle désillusion pour le père, qui ne supporte ni la défaite de Pétain, ni l’abandon de la colonie française en Asie. Mais pour Mona, c’est en Nouvelle-Calédonie que la lutte pour sa liberté commence, c’est là qu’elle découvre les écrits de Simone de Beauvoir. La mère et la fille finissent, non sans mal, par s’échapper et viennent vivre en France. Là, Lucie grandit et s’engage à la fois dans les pas de sa mère et encore plus loin…

Je ne vous dis pas tout pour vous laisser découvrir le roman à votre guise, mais découvrir des petits bouts d’Histoire de cette manière, ça fait parfois l’effet d’une véritable claque : parce qu’on ignorait tout de ces évènements, ou tout simplement qu’on n’en avait pas pris la mesure à l’échelle humaine. Pour ça, je vous conseille absolument cette lecture !

Toutefois, un petit point est venu la nuancer, après l’avoir terminée. J’ai continué à faire des recherches sur Evelyne Pisier et je suis tombée sur une affaire qui a fait chuter le personnage de son piédestal. En cherchant, j’ai vu qu’elle s’était notamment mariée avec Olivier Duhamel (également politologue) et le couple a eu des enfants dont deux adoptés. La bât blesse lorsqu’on s’aperçoit qu’Olivier Duhamel s’est retrouvé accusé dans une affaire d’inceste sur l’un des enfants (il a reconnu les faits en 2021 mais a été acquitté car prescription) ; mise au courant plusieurs années après par l’enfant devenu adulte, Evelyne Pisier a contribué à étouffer l’affaire et à défendre son mari. Il faut attendre 2018 (donc après sa mort) pour qu’une autre de ses enfants sorte un livre sur toute l’affaire (La Familia grande de Camille Kouchner). Déjà, ça casse un peu l’image.
Autre point : Evelyne Pisier avait une soeur, Marie-France (actrice, décédée en 2011), qui à aucun moment n’apparaît dans le roman. Evelyne-Lucie n’a aucune soeur. L’éditrice explique à la fin du roman que c’était un choix de l’auteure, qui avait beaucoup souffert du décès de sa soeur et ne voulait ni raviver la plaie, ni risquer de créer un « effet people ». Ok, très bien. Mais ! En cherchant, on apprend que Marie-France était au courant de l’affaire d’inceste et avait tout fait pour empêcher que sa soeur ne camoufle l’affaire. Si les deux soeurs s’adoraient par ailleurs, cette affaire les a brouillées.
Bref, plusieurs questions : l’éditrice était-elle au courant ? Impossible à savoir. Maie-France est-elle passée sous silence pour les raisons données ou pour une autre un peu moins avouable ? Perso, je penche pour un peu des deux. C’est surtout assez décevant de voir qu’un personnage aussi impressionnant qu’Evelyne-Lucie, pourtant engagée dans de nombreuses causes de libertés et de justice, cache une facette aussi sombre et paradoxale.

Après, ça n’enlève rien à la qualité du livre en lui-même : il reste un roman excellent, à plusieurs points de vue ! Mais il est clairement aussi écrit avec un énorme parti pris ; pourtant, je l’apprécie toujours car on sent la tendresse de l’éditrice pour Evelyne, le roman est à la fois le récit d’une vie incroyable et une très belle preuve d’amitié. Si vous le lisez, j’espère que vous apprécierez votre lecture autant que moi, mais gardez à l’esprit que c’est une biographie romancée et un peu biaisée, qui ne dit pas toute la vérité.

"

  1. C’est une histoire qui me semble vraiment spéciale à découvrir, surtout si tu pense que des détails sont passés sous silence volontairement… Je me le note on ne sait jamais, mais je garde dans un coin de ma tête de vérifier ensuite comme tu l’as fais 🙂

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s