L’Art de perdre

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ J’ai réussi à reprendre un rythme d’écriture pour mon tapuscrit, moi qui croyait que c’était une chimère inatteignable 😭 Bon, c’est pas fou parce que le boulot, les longs trajets et les corvées ménage, mais c’est déjà beaucoup mieux qu’avant ^^

Nouvelle chronique littéraire ! Un livre que ma p’tite Maman m’a offert, encore un ^^ J’avoue que les conditions de lecture ont été un peu compliquées, je préparais mon oral de concours au même moment donc les lectures n’étaient pas très assidues… Mais je me suis rapidement sentie concernée par le récit, pour le coup c’était clairement un thème nouveau pour moi ! Voici L’Art de perdre de Alice Zeniter, un roman qui a notamment reçu le Goncourt des lycéens (entre autres prix) en 2017.

Résumé : L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?
Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?
Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.

Mon avis :

Très sincèrement, j’avoue mon ignorance crasse en ce qui concerne le passif franco-algérien, en dehors de quelques grandes dates (1830, 1962) et de vagues notions sur les forces en présences. Avec ce roman, j’ai pu me faire une idée déjà un tout petit peu plus nette des évènements, ou plutôt des gens qui ont vécu ces évènements.

A travers 3 générations, Ali, Hamid et Naïma, on découvre trois personnes très différentes, et surtout trois rapports très différents à l’Algérie, l’immigration et le combat pour l’indépendance. De nombreux thèmes forts vont être abordés : immigration bien sûr, mais surtout le silence, la famille, les différences culturelles, la perte de repères et d’identité.
Il y a tout d’abord Ali, qui tente tant bien que mal de protéger sa famille et son village des conflits entre FLN et forces françaises. Moins par conviction que par nécessité, il choisit un camp, et se retrouve bientôt forcé d’émigrer dans un pays où il n’a plus aucun repère : la famille, le travail, l’argent, la langue, tout a un autre sens là-bas. Tout fonctionne différemment, avec cette manie de vouloir quantifier, nommer, déclarer. Ali et les siens se retrouvent coincés entre leur pays qui les rejette et leur nouveau pays qui leur donne une place du bout des lèvres, à condition qu’ils rentrent dans une petite case.

Son fils Hamid n’a que de vagues souvenirs de l’Algérie ; il en garde surtout des cauchemars. Le pays ne signifie pas grand chose pour lui, car l’Algérie c’est avant tout sa famille qui cherche à préserver ses racines. Mais justement, cette Algérie il ne la supporte plus, il veut faire table rase et rêve de s’émanciper. Il est en France et c’est en Français qu’il entend vivre.

Sa fille Naïma se pose de plus en plus de questions sur l’héritage culturel que lui a laissé sa famille, un héritage dont elle ne sait finalement que très peu de choses : son grand-père est mort, Hamid quant à lui refuse d’en parler et ne sait de toute manière pas grand chose, car Ali lui-même n’avait jamais pu trouver les mots pour en parler. L’Algérie, c’est un grand flou. Naïma doit donc reconstituer bout à bout le passé et trouver comment s’inscrire elle-même, en tant que descendante, Française, femme, dans cette suite d’évènements si éloignée de ce qu’on raconte dans les manuels.

J’ai beaucoup aimé la plume d’Alice Zeniter, et surtout l’atmosphère très humaine qu’elle a donné à son récit. On ne suit les grands évènements que de loin, ce qui renforce l’impression de suivre des personnages noyés, perdus par ces évènements, et qui tentent de trouver un élément de stabilité pour ne pas se perdre en cours de route. Il ne s’agit pas de juger les valeurs ou les choix de chacun, encore moins de dire que l’indépendance était ou non une bonne chose, mais plutôt de comprendre comment, sur plusieurs générations, la question de l’identité est posée ; comprendre surtout que les conséquences du conflit franco-algérien et de la décolonisation sont bien plus profondes et durables qu’on ne peut l’imaginer. Les grands mots des livres d’histoire semblent à côté très froids et surtout incapables de retranscrire la réalité des choses vécues !

Bref, un roman qui fait beaucoup réfléchir sur soi et sur l’Autre, assez complexe dans les émotions qu’il décrit et qu’il nous fait ressentir, mais surtout très marquant. Je recommande :3

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    • Je suis contente d’avoir pu te le faire découvrir alors ^^ C’est le super-pouvoir des livres de ma Maman, rien d’étonnant à ce qu’elle ait commencé par être bibliothécaire, j’espère que je lui ferai honneur quand je travaillerai enfin en bib 😀

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