Noir : Histoire d’une couleur

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ J’ai craqué, encore, sur un artbook, mais y a des circonstances atténuantes, je maintiens et j’affirme ! Je suis passée à la librairie chercher un cadeau pour une amie, et je suis passée à côté de deux librairies qui discutaient du livre qu’ils mettaient en rayon, en l’occurence un « artbook de fantasy gothique ». Vous voyez bien que les circonstances étaient contre moi X’D Et je ne regrette rien, il est trop beau 😍 Crimson de Abigail Larson pour les intéressé(e)s ^^

Nouvelle chronique littéraire ! Je vous présente cette fois un livre écrit par l’historien et enseignant-chercheur Michel Pastoureau : spécialiste de la symbolique et de l’histoire culturelle des couleurs, des emblèmes, de l’héraldique, et de l’histoire culturelle des animaux. Vous savez mon amour de la symbolique depuis que j’ai fait mes dessins de tarot ^^ Il a écrit plusieurs livres sur l’histoire des couleurs, et ma p’tite Maman m’a offert les deux volumes qui correspondent à mes couleurs préférées : le noir et le rouge ❤ A tout seigneur, tout honneur, j’ai donc commencé par le noir ! Noir, Histoire d’une couleur est paru en 2008 et a eu une réédition en poche récemment, mais je vous conseille tout de même la grande version si vous pouvez mettre la main dessus, vous profiterez des illustrations 🙂

Résumé : Couleur des ténèbres, de la mort et de l’enfer, le noir n’a pas toujours été une couleur négative. Au fil de sa longue histoire, il a aussi été associé à la fertilité, à la tempérance, à la dignité, à l’autorité. Et depuis quelques décennies, il incarne surtout l’élégance et la modernité. Du noir des moines et des pirates au noir des peintres et des couturiers, Michel Pastoureau retrace la destinée européenne et la symbolique ambivalente de cette couleur pas comme les autres.
Avec clarté et précision, il s’attache à cerner sa place dans les faits de langue, les pratiques sociales (teintures, vêtements, vie quotidienne), la création artistique et le monde des symboles. Couleur à part entière jusqu’à ce que l’invention de l’imprimerie puis les découvertes de Newton lui donnent un statut particulier, au point de devenir une non-couleur, le noir dévoile ici une histoire culturelle extrêmement riche, depuis les mythologies des origines jusqu’à son triomphe, dans tous les domaines, au XXe siècle.

Mon avis : 

Si vous aviez peur que le livre soit rébarbatif, ou que les livres d’histoire vous ont traumatisé suite à trois ans de prépa passés à réviser et à angoisser dans un petit appart sans lumière de 11 mètres carré situé en Enfer (aka Paris), pas d’inquiétude à avoir ! Michel Pastoureau a une super écriture, pas une seule fois je ne me suis ennuyée ❤ C’est accessible et en même temps très complet, on fait un tour d’horizon de la couleur depuis l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui, en passant par les techniques artistiques, les vêtements ou la symbolique de manière générale.

L’introduction nous permet déjà de nous rendre compte à quel point ce n’est pas évident de faire l’histoire d’une couleur : nous n’avons aucun moyen de savoir si les gens d’une certaine époque percevaient la couleur noire de la même manière que nous, s’ils l’utilisaient avec les mêmes intentions, etc. Il faut faire particulièrement attention aux préjugés de notre époque et de notre société. C’est en partie à cause de ça que Pastoureau se concentre sur l’Europe. Par exemple, dans l’Antiquité, pour décrire quelque chose de coloré, la couleur n’était pas le critère principal : c’était la brillance. C’est pourquoi, pour le noir, il existait pour plusieurs langues deux termes, un pour le noir brillant et un autre pour le noir mat ; généralement, le premier avait un sens plus positif que le second.

Le noir est passé par beaucoup de stades : d’abord ambivalent (fertilité et mortalité), puis couleur mal aimée et lentement diabolisée, puis à la mode lorsque les teinturiers sont parvenus à obtenir de beaux noirs pour les vêtements, immanquable quand l’imprimerie a fait naître le noir et blanc (papier blanc et encre noire, avant même la naissance de la photographie), puis complètement ignoré lorsque Newton découvre le spectre chromatique (où il n’y a pas de noir), drapeau anarchiste, jusqu’à devenir un classique moderne, à la fois passe-partout et incontournable. Chaque évolution est aussi l’occasion de découvrir un petit bout d’histoire : religion, techniques artisanales, les arts et les sciences…

Bien évidemment, la partie sur le Diable m’a passionnée 😀 De même, c’est assez impressionnant de voir à quel point la religion a influencé les moeurs sur plusieurs siècles, et par extension la perception des couleurs : vous saviez que Henry Ford, élevé selon des principes protestants, a toujours refusé de produire des voitures autres que noires car d’autres couleurs auraient été trop frivoles ? Et ce alors même que ses concurrents proposaient d’autres choix de couleurs.
Le passage sur Newton et sa découverte du spectre chromatique aussi était très intéressant, j’avoue qu’à part l’histoire de la pomme, je ne connaissais pas grand chose de lui, alors qu’encore aujourd’hui on le considère comme l’un des plus grands scientifiques que l’humanité ait connu. Mais c’est particulièrement le « noir et blanc » de l’imprimerie qui m’a marquée : pour moi, « noir et blanc » ça faisait surtout référence aux photos en noir et blanc, et bien que je savais toute l’importance qu’avait eu la gravure pendant l’époque moderne, en particulier pour diffuser les oeuvres des grands peintres (et au passage la mise au point de techniques pour parvenir à restituer une peinture en couleurs sur une image monochrome, un travail de titant), je n’avais jamais pensé à l’expression « noir et blanc » ^^’ Et avant l’Ancien Régime, le noir et le blanc n’étaient pas spécialement opposés comme des contraires, il y avait plutôt une triade de trois couleurs dominantes, à savoir le blanc, le noir et le rouge. Et en parlant d’ailleurs de photos en noir et blanc, j’ai découvert le travail du photographe Brassaï, en particulier ses photos de Paris qui sont magnifiques ❤

Bref, un super volume, fascinant, rempli d’informations et de photographies :3 Je vous le conseille vraiment, ainsi que les volumes sur les autres couleurs : le bleu, le vert, le jaune ou le rouge ^^ Bien sûr, Pastoureau explique que faire l’histoire d’une couleur conduit forcément à évoquer les autres, et c’est vrai qu’en même temps que le noir on découvre un peu du bleu, du gris ou encore du rouge ; mais vu qu’il a quand même fait un livre pour chaque, je suppose qu’il reste encore beaucoup à dire 😀 Et vous, quelle est votre couleur favorite ? ^^

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  1. Il faut absolument que je découvre cet auteur – et ses livres sur les couleurs !
    Ma couleur préférée, c’est le rose, pourtant c’est une couleur que je n’aime pas trop avoir chez moi – je lui préfère un jaune moutarde. Et toi, quelle est ta couleur préférée ?

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