Roman gothique #10 : Frankenstein ou le Prométhée moderne

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Depuis quelques jours, on regarde avec mon copain les films animés d’un studio chinois, Light Chaser. Et certains sont trop bien ❤ Parfois délicats à trouver sans passer par la case téléchargement et il faut souvent les regarder en version originale sous-titrée, mais la qualité des animations est tout simplement magique ^^ Et du coup, on a découvert, après le Marvel Cinematic Universe et le Mondo Cinematic Universe (pour ceux qui connaissent), le Fengshen Cinematic Universe, basé sur les légendes et l’histoire de la Chine ❤

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Nouvelle chronique littéraire ! Un dernier roman gothique et après, promis, j’arrête de vous embêter avec mes délires… pour l’instant 😛 Mais ici, on s’attaque au boss ultime du gothique, celui que tout le monde connaît même en n’ayant jamais lu ou vu l’histoire dans un film. Alors non, pas Dracula XD Certes c’est un monument, mais sur cette série de chroniques, je me suis surtout concentrée sur la première vague de romans gothiques, fin XVIIIe – début XIXe siècle (Dracula a été publié par Bram Stoker en 1897). Et non, il ne s’agit pas de L’Etrange Cas du Dr. Jekyll et de Mr. Hyde (1886 par R.L. Stevenson) ! Allez, un petit effort 😀 
Bon d’accord, attachez vos ceintures les enfants, on embarque pour Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley née Wollstonecraft Godwin, publié pour la première fois en 1818. Je précise le nom car sa mère, Mary Wollstonecraft, était une intellectuelle elle aussi et une féministe avant l’heure. La naissance de ce roman est une célèbre anecdote historique : plusieurs écrivains réunis dans un voyage décident de se raconter des histoires effrayantes, et se lancent finalement un défi, celui d’écrire la meilleure histoire d’épouvante. Les participants étaient lord Byron (si vous ne le connaissez pas, sachez que c’est une immense référence de la littérature anglaise, aussi connu pour eux que Victor Hugo pour nous), Mary Shelley et son mari Percy (poète de grand talent) et John Polidori (qui écrira suite à ce défi The Vampyre, donc en soi on n’était pas très loin avec Dracula). Ce défi donnera l’idée à Mary Shelley de son célèbre roman Frankenstein ou le Prométhée moderne. Et rappelons deux choses : Prométhée est dans la mythologie grecque le titan qui a façonné la race humaine ; il est associé à Frankenstein car Frankenstein est le nom du savant qui a créé le Monstre, et non le nom du Monstre comme beaucoup de monde le croit ! Le Monstre n’a jamais eu de nom dans l’histoire. 

Résumé : En expédition vers le pôle Nord, Robert Walton adresse à sa sœur des lettres où il évoque l’étrange spectacle dont il vient d’être le témoin depuis son bateau : la découverte, sur un iceberg, d’un homme en perdition dans son traîneau. Invité à monter à bord, Victor Frankenstein raconte qu’il n’est venu s’aventurer ici que pour rattraper quelqu’un – qui n’est autre que le Monstre à qui il donna la vie des années plus tôt. Epuisé, désespéré, Victor décide alors de lui raconter comment cet acte, à la fois génial et fou, l’a condamné à connaître les plus grands tourments. 

Mon avis : 

Pas de couverture pour cette chronique : comme pour les quatre précédentes chroniques de romans gothiques, je l’ai lu dans une édition Pléiade. A défaut d’une couverture qui claque, j’ai une édition pour frimer dans la bonne société 😛 Je vous ai donc choisi comme illustration une des gravures les plus célèbres du roman, représentant le moment où la créature devient vivante ; Frankenstein, épouvanté par la laideur de celle-ci et comprenant trop tard qu’il a commis une grave erreur, s’enfuit en courant. 

Comme je vous l’avais dit dans une autre chronique, il arrive qu’un livre vieillisse mal : le style ne correspond plus à notre époque, les références sont devenues obsolètes, les sentiments que l’on cherche à évoquer ne trouvent plus le même écho. Eh bien ici, je suis ravie de vous dire que ce n’est pas du tout le cas ❤ Cette lecture a été un vrai bonheur : c’est prenant, fascinant, avec juste ce qu’il faut d’angoisse pour vous tenir en haleine et vous faire vous agripper au livre pour savoir la suite. Mary Shelley était vraiment une auteure d’exception. L’intrigue est parfaitement bien dosée, à aucun moment je n’ai eu la sensation d’un passage qui tirait en longueur. Les personnages sont tous attachants à leur manière, rendant l’histoire plus tragique encore. 

Victor Frankenstein était un jeune homme prometteur, doté de tout ce que la vie peut offrir de plus beau : une famille aimante, une fiancée adorée, l’intelligence et l’aisance. Il était également passionné, mais peut-être un peu trop pour son propre bien, car sa passion pour la science devint une obsession qui le poussa à transgresser les lois fondamentales de vie et de mort. Il était si obnubilé qu’il ne comprit que trop tard que sa créature était si laide qu’elle provoquait instinctivement l’effroi de ceux qui la voyaient ; lui-même finit par s’enfuir et abandonne le Monstre, qui disparaît alors dans la nature. Frankenstein s’efforça de retrouver goût à la vie, mais le Monstre finit par le rattraper. Il s’était éduqué seul mais son apparence l’avait toujours forcé à fuir et se cacher. La rancoeur l’envahissant, il était devenu cruel. Pour exiger réparation, il se présentait désormais devant son créateur… 

Ce que je trouve fascinant avec ce roman, c’est qu’il est très dur de savoir quel parti prendre : selon votre point de vue, le méchant peut aussi bien être le Monstre ou son créateur. L’histoire nous est racontée par Frankenstein, donc spontanément on prend fait et cause pour lui ; mais petit à petit on prend conscience de plusieurs choses qui introduisent le doute. Tout d’abord, la folie obsessionnelle du personnage et le fait qu’il a complètement abandonné sa créature, sans même chercher à la retrouver ensuite. Ensuite, le fait que le Monstre était naturellement pacifique et doux : ce sont les persécutions des hommes qui l’ont rendu cruel et colérique. Bien sûr, cela n’excuse pas les crimes qu’il commet ensuite. Mais cette petite dualité est intéressante, entre le créateur qui refuse ses responsabilités et sa création devenue un monstre par la force des choses moins que par une réelle envie de massacres. Mary Shelley a très bien su jouer avec ça et le résultat est absolument passionnant, la tension provoquée est implacable ❤ 

Je ne vous en dis pas plus sur la suite, mais je vous conseille absolument de découvrir cette petite perle ^^ Le roman n’est ni très long, ni particulièrement compliqué, il y a vraiment moyen de passer une super lecture avec lui et je vous encourage à ne pas manquer l’occasion si vous l’avez 🙂 

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  1. Comme toi j’ai fortement apprécié la dualité entre nos deux héros et finalement et comme souvent dans ce genre littéraire les apparences sont bien trompeuses !
    J’ai vraiment apprécié découvrir ce classique et je pense très rapidement me pencher sur les autres œuvres de l’auteure qui se dévoile fascinante.

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