Roman gothique #9 : L’Italien, ou le confessionnal des pénitents noirs

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Je crains d’avoir craqué pour ma part sur la collection naissante des Maîtres du Fantastique. Je suis faible devant les belles couvertures et les grands auteurs, je l’admets ! Je ne sais pas encore si je vais tenter l’abonnement, la question est toujours en débat, mais la tentation est dure à surmonter. Et vous, est-ce que vous avez déjà tenté ce genre de collections qui se constituent via un abonnement ?

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Nouvelle chronique littéraire ! On continue sur les romans gothiques, j’espère que vous n’en avez pas marre mais au final j’en parlerai quand même 😛 On a déjà abordé pas mal de titres obscurs et d’incontournables, et avant de continuer je tiens à vous recommander une petite série de la maison d’édition Les Moutons Electriques, La Ligue des Ecrivaines Extraordinaires : c’est un concentré de références littéraires où Jane Austen, Ann Radcliffe, Mary Shelley et les soeurs Brontë combattent les méchants iconiques de la fiction gothique comme Dracula, le monstre de Frankenstein,… La série elle-même fait référence à La Ligue des Gentlemen Extraordinaires d’Allan Moore, une super histoire et un film tantôt aimé (mon cas) tantôt détesté mais cultissime dans tous les cas ! L’intégrale est sortie et j’annonce : c’est mon prochain craquage XD 
Mais revenons à nos moutons. Aujourd’hui on découvre Ann Radcliffe (1764-1823), une auteure qui a profondément marqué le roman gothique pendant la fin du XVIIIe siècle. Horace Walpole avait lancé le genre, Matthew Gregory Lewis avait créé une bête de référence mais c’est Ann Radcliffe qui a popularisé le genre avec toute une flopée de romans dévorés par des milliers de lecteurs des deux côtés de la Manche. Aujourd’hui, je vous propose de découvrir une de ses références, à savoir L’Italien ou le Confessionnal des Pénitents Noirs, publié pour la première fois en 1797. Ca me fait tout bizarre quand j’écris cette date, on s’en rend pas forcément compte, mais on lit des mots écrits plus de 200 ans avant notre époque. Ca me rend toute chose ❤ 


Et je ne l’avais pas fait avant, alors voici la liste des romans gothiques dont je vous ai déjà parlé, si jamais vous avez envie de vous plonger dans des histoires de châteaux hantés et autres fantômes 😀 

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Résumé : L’histoire se passe au XVIIIe siècle en Italie : un jeune noble de Naples, Vincentino di Vivaldi, rencontre la belle Ellena Rosalba, tombe amoureux d’elle et veut l’épouser. Mais la mère de Vicentino, la Marquise, s’y oppose car Ellena est une oprheline sans rang ni fortune ; elle demande au mystérieux moine Schedoni d’enlever Ellena. Celle-ci est enfermée dans un obscur couvent tandis que Vincentino doit échapper aux manoeuvres de sa mère et de l’implacable Schedoni. Le couple fuit à travers monts et falaises à pic, mais c’est bientôt à l’Inquisition qu’ils doivent échapper, car Schedoni ne reculera devant aucun crime pour assouvir ses ambitions. 

Mon avis : 

La couverture que vous voyez est une image prise au hasard : j’ai lu le roman dans une version Pléiade (ma mère me gâte honteusement) donc pas de jolie couverture ni même d’illustration (par contre une police d’écriture honteusement petite). 

Sans surprises, c’est un bon petit roman gothique, avec tous les codes qui font qu’on aime le genre ! Il y a des rebondissements, des sous-intrigues qui finissent par rejoindre le fil rouge avec un petit twist pas mauvais du tout, des scènes pleines d’angoisses, bref le scénario est top. L’intrigue est toutefois assez complexe et entre les révélations qui se font attendre et les multiples questions qu’on se pose, il faut savoir être patient ! Et en grande amoureuse de la nature, je ne peux qu’adorer aux superbes descriptions que l’auteure fait de certains paysages sublimes, beaux, immenses et terrifiants à la fois. Les personnages sont assez bien travaillés, mais c’est surtout le méchant, le moine Schedoni, qui remporte la palme : torturé, pétri d’ambitions, orgueilleux et fier jusque dans sa chute. 

Toutefois, on dit souvent de certains films qu’ils ont mal vieilli : effets spéciaux cheap, dialogues et pensées d’un autre temps, etc. Je pense qu’on peut aussi dire ça de certains livres, et en l’occurence de ce roman d’Ann Radcliffe. Non pas qu’elle écrive mal, au contraire ! J’ai tenu à commencer par les bons points parce que c’est indéniablement un bon roman. Mais comme dans beaucoup de livres de l’époque, le pathos est omniprésent, et ce qui choquait un lecteur de l’époque a moins de chances de nous impressionner aujourd’hui… surtout si comme moi vous êtes dingues d’histoires d’épouvante. La fameuse terreur ressentie par les lecteurs du XVIIIe siècle, un ingrédient clé du gothique, n’est plus forcément au rendez-vous. Donc autant l’intrigue est intéressante et certains passages sont vraiment prenants, autant d’autres s’étirent en longueur. Comme j’attendais beaucoup de cette lecture, j’ai été aussi un peu déçue, je dois avouer ^^’ Mais j’ai quand même apprécié, surtout une fois qu’on dépasse les tiraillements amoureux du couple de héros. 

Car oui, Ellena et Vincentino sont un couple tout mignon, mais grands dieux que ça s’éternise. En gros, Vincentino, parfait exemple du beau jeune noble un poil sanguin, veut épouser Ellena et faire son bonheur, mais celle-ci répugne à entrer dans une famille où ses beaux-parents la mépriseraient. Elle est donc en plein dilemme entre ses sentiments amoureux et sa fierté. Sur le papier, c’est parfaitement compréhensible, mais plus ça va et plus je revoyais les raisons pour lesquelles les romans m’exaspèrent rapidement ^^’ Ceci dit je suis mauvaise langue : on a une demoiselle en détresse qui n’est pas qu’une potiche soumise, elle a un vrai caractère et bien que faible physiquement, elle a une grande force mentale. Les héroïnes des romans gothiques féminins réservent toujours quelques surprises 😉 

Bref ! Une lecture intéressante mais pas ma préférée du genre gothique, je dois bien l’avouer. Mais je suis contente d’avoir lu Ann Radcliffe, au moins je ne mourrai pas idiote ! Et peut-être qu’un autre de ses romans me plaira davantage 🙂 Et vous, avez-vous déjà lu ses livres ? 

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  1. J’ai le coffret de « La Ligue des écrivaines extraordinaires » et j’ai lu « Ann Rafcliffe contre Dracula ». C’est quand même mieux de déjà connaître le travail d’Ann Radcliffe (je ne le connaissais pas ; malgré ton avis moins emballé que pour d’autres romans gothiques, j’ai envie de m’y mettre), et il faut avoir lu je ne sais plus quel roman de je ne sais plus quel auteur qui a déjà écrit une aventure d’Ann Radcliffe affrontant des vampires. Je ne t’aide pas beaucoup, j’avoue avoir du mal à retenir les titres ^^’

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