Premières lignes… #178

Par défaut

Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Sur la petite route qui traversait la forêt de Parvins, le car scolaire roulait sur la voie enneigée en éclaboussant les rebords de la chaussée d’une eau boueuse. Le ciel, déjà presque noir en cette fin d’après-midi, n’avait rien de surprenant pour les gens vivant dans le coin. On n’habitait pas le Montana sans avoir l’habitude de passer la moitié de l’hiver dans l’obscurité.
Andrew Nolin alluma ses phares en regardant dans le rétroviseur les gamins chahuter derrière lui. Ils augmentaient la migraine qu’il avait depuis le début de la journée. Au fil des années, il avait appris à prendre son mal en patience quand il conduisait la marmaille de la ville, mais aujourd’hui, seule la pensée de les étrangler les uns après les autres le soulageait.
S’il avait accepté cet emploi, deux ans auparavant, c’était pour écrire son roman. Il ne faisait qu’une vingtaine d’heures par semaine et le salaire qu’il gagnait, c’est-à-dire pas grand-chose, lui suffisait juste à survivre le temps qu’il mette le mot « fin » à son manuscrit. Habituellement, il effectuait le ramassage du matin et du soir après l’école et à l’occasion, comme aujourd’hui, on lui proposait de conduire une classe à une visite scolaire dans un musée d’Helena. Il acceptait, la plupart du temps, pour se faire un peu plus d’argent et se payer un ou deux extras, comme l’herbe qu’il fumait. Il avait toujours l’impression de mieux écrire après en avoir inhalé quelques bouffées. Il pouvait alors se concentrer sur ses pensées et avançait bien. Pas comme ces auteurs arrivant à pondre deux ou trois textes par an, mais à un rythme de coureur de fond : avec régularité et obstination.
Andrew augmenta le volume de la radio en espérant que cela fasse taire ses passagers. Tous les tubes de Noël étaient joués non-stop sur PW FM et avec un peu de chance, les gosses se laisseraient hypnotiser par ces vieux titres qui sonnaient un peu comme des comptines aux oreilles d’Andy. Au lieu de ça, quelques-uns se mirent à chanter à tue-tête la chanson diffusée, « All I want for Christmas is you » de Mariah Carey. Andrew baissa la tête, découragé, en essayant de se rappeler pourquoi il était là.
Fumer, écrire, fumer, écrire, fumer, écrire…
La quarantaine d’enfants âgés de cinq à sept ans qu’il transportait étaient accompagnés par les deux institutrices qui en avaient la charge, et le père d’un des gamins venus en renfort. Les deux femmes tentaient tant bien que mal de calmer leurs classes en allant d’une banquette à l’autre pour leur demander de se taire. L’homme, lui, restait tranquillement assis près de son fils en lui montrant du doigt les arbres défiler à l’extérieur.

"

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s