Songe à la douceur

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Bieen le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! En ce moment je me fais une orgie des musiques des années 70-80-90, voire même les années 60 parce que ce serait trop bête de louper « House of the rising sun » ❤ Paraît que c’est pas ma génération mais bon, s’il fallait se limiter à ce qui est fait de notre vivant, plus personne ne connaîtrait le Seigneur des Abbeaux et ça, c’est juste inadmissible 😤 J’ai des goûts pas de mon âge et j’assume, vive Boney M et ACDC 😁 Et vous, quels sont vos péchés mignons musicaux ?

songe

Nouvelle chronique littéraire ! Un livre que ma petite Maman m’a offert, pour un anniversaire ou un Noël si je ne me trompe pas 🙂 Elle avait beaucoup entendu parler de Clémentine Beauvais et avait décidé de m’offrir trois de ses livres : Brexit Romance, Les Petites Reines (que je vous recommande absolument <3) et Songe à la douceur que je viens de terminer. Paru en 2016, c’est un roman en vers libres qui s’inspire d’un autre roman en vers du XIXe siècle, écrit par l’écrivain russe Alexandre Pouchkine et intitulé Eugène Onéguine. J’ai très envie de le lire maintenant, il faut que je me renseigne sur la meilleure traduction 😀 Je vous laisse également le lien vers la vidéo d’une adaptation pour l’opéra du roman de Pouchkine, mise en musique par Tchaïkovsky ; je ne suis pas très opéra, mais en revanche j’aime énormément l’oeuvre de Tchaïkovsky ❤

Résumé : Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il ne peut plus vivre loin d’elle. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ?
Songe à la douceur, c’est l’histoire de ces deux histoires d’amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans, à ce moment-là d’une vie, peuvent changer. Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaïkovski – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie. 

Mon avis : Coup de ❤

La couverture est très agréable à regarder, à la fois simple car on y voit surtout le titre sans autre image particulière, et aussi assez jolie avec les pleins et les déliés de l’écriture. Au-dessus et en-dessous, deux silhouettes (un homme et une femme) semblent se chercher, pour ensuite se retrouver. Faut-il déjà en conclure la fin ? Pas si sûr 😉

Avant même de lire le roman, je suis déjà séduite en voyant qu’il renvoie à d’autres grandes oeuvres littéraires, sans pour autant être rébarbatif à lire. Alors oui, il se peut que certains lecteurs soient un peu déroutés par la présentation non linéaire du texte et le fait de jongler entre sonorité des mots et histoire, mais la lecture se fait toute seule au point d’en devenir addictive et de vouloir relire les passages les plus aimés ❤ D’ailleurs le roman vous y invite parfois littéralement ! Concernant ces fameuses allusions littéraires, on a déjà le roman de Pouchkine dont je vous ai parlé, mais aussi Baudelaire : en effet, « Songe à la douceur » est aussi un vers célèbre d’un poème de ce grand auteur qui est un de mes poètes favoris ! Je vous le mets ici si le coeur vous en dit 😉

Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde ;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
– Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Mais pourquoi Baudelaire me direz-vous ? Parce que c’est lui qui a développé dans sa poésie le concept du spleen, cette espèce de mélancolie et d’ennui profond, de désintérêt pour la vie et tout ce qui nous entoure. Or c’est ce même désintérêt que ressent l’un des deux personnages principaux du roman, Eugène.

Eugène ado, c’est un sale con, disons-le. Sûr d’avoir tout compris à la vie, et en particulier le fait qu’elle ne vaut absolument rien et que rien n’a de sens. Par ailleurs il est brillant, lettré et vient d’une famille fortunée. Tatiana ado, c’est une jeune fille très littéraire, avec une prédilection pour les romans d’amour classique. Très fleur bleue, mais loin d’être idiote. Dès le premier jour elle s’éprend d’Eugène et de son esprit à la fois sombre et si intelligent. Ils ont des conversations passionnées. Mais lorsque Tatiana avoue son amour, Eugène la repousse avec froideur. Dix ans plus tard, totalement par hasard ils se recroisent. Lui est dans la communication et le management, une petite vie rangée, à l’aise mais sans éclats. Elle, passionnée de peinture, évolue dans les hautes sphères des études artistiques, avec une thèse déjà promise au succès. Eugène se rend compte alors de tout ce qu’il a perdu et Tatiana se souvient de ses sentiments pour lui. Mais ont-ils encore une chance ?

En parallèle de ce couple au destin aussi incertain que la vie du chat de Schrödinger (un chat caché dans une boîte avec du poison : faute de savoir s’il est mort ou vivant, on peut dire qu’il est les deux, j’adore ce paradoxe !), il y a aussi un mystère non résolu. Celui du couple formé, il y a dix ans, par Lenski, le meilleur ami d’Eugène, et Olga, la soeur aînée de Tatiana. Lenski est fou amoureux et très doué pour composer des slams et des poèmes : tous les jours il dédie ses vers à Olga. Mais dix ans plus tard, plus de Lenski et Olga, mais Olga et quelqu’un d’autre. Qu’est devenu Lenski ? Eugène a les réponses mais il a préféré les oublier…

Pour moi, c’est un coup de coeur sans la moindre hésitation ❤ Clémentine Beauvais a su jouer de sa plume avec une virtuosité incroyable, son texte est beau, mélodieux, léger. Je suis sûre que ce genre de roman pourrait tout à fait plaire à des ados qu’on voudrait initier en douceur à la poésie ! J’ai tenu à prendre mon temps pour tout savourer, quitte à revenir en arrière pour relire un peu et reprendre ensuite l’histoire, tantôt passionnée et effrénée avec des échanges de paroles endiablées, tantôt plus calme et savourant les mots. L’auteure met aussi son grain de sel dans son histoire, soit pour parler au lecteur, soit pour devenir la petite voix dans la tête des personnages 😉 Ca peut donner l’impression de partir dans tous les sens, mais de mon côté j’ai beaucoup aimé : qui ne voudrait pas être cette petite voix pour leur dire « mais cours-lui après bon sang de bois ! » XD

Bref, je n’ai qu’une chose à dire : foncez ❤ Et si vous aimez comme moi les romans qui ont des petits clins d’oeil littéraires comme celui-ci, je vous conseille Le Club des Erudits Hallucinés ! Moins poétique, mais avec des sources passionnantes !

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  1. Va fait un bon moment que ce livre est dans ma liste envies, il serait temps que je l’ajoute à ma PAL !
    Mes péchés musicaux, aucune surprise, ce sont aussi les 60’s, 70’s… Jusqu’au début des années 2000 ^^

  2. J’avoue qu’il me tentait pas mal, on m’a acheté Brexit Romance que j’ai commencé l’année dernière et je t’avoue que je suis bloquée dans ma lecture que je trouve plate… donc pas sure de me lancer dans un autre

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