La demoiselle savante

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Jour de vote aujourd’hui, je vais essayer d’y aller : je viens tout juste de retrouver ma carte électorale, ce serait bête de pas en profiter XD L’avantage du concours, c’est que ça m’a donné envie (un tout petit peu) de m’intéresser à l’actualité. Je me suis sélectionné quelques sites d’infos qui me semblent dignes de confiance : Euronews, Huffington Post, Reporterre… et vous, vous regardez quels sites ? 🙂

Nouvelle chronique littéraire ! Vous le savez peut-être, il y a deux ou trois ans je crois, ma grand-mère est décédée ; quelques mois plus tard, j’ai pu avoir accès à sa bibliothèque et récupérer quelques uns de ses livres. Je ne connaissais d’elle que son côté « doyenne de la famille » et « croyante », j’ai été surprise de voir qu’elle avait aussi son côté féministe : elle s’intéressait beaucoup aux femmes écrivains et à Virginia Woolf. Si seulement j’avais su ! Malheureusement, j’avais toujours cru que sa bibliothèque était un saint des saints inaccessible, et je n’ai pas forcément su comment avoir de longues discussions avec elle. Mais on adorait jouer au Scrabble et au jeu de l’oie XD
Bref, tout ça pour dire qu’aujourd’hui, je vous présente un de ses livres : La demoiselle savante de Brigitte Hermann, une biographie d’Anne-Marie de Schurman, une femme intellectuelle du XVIIème siècle.

Résumé :  » L’École illustre se trouvait juste au bout de l’étroite et courte ruelle qui courait entre la demeure des Schurman et le chevet du Dom. Anne Marie quittait la maison, enveloppée d’un grand voile, accompagnée d’une servante, et empruntait un escalier dérobé à l’arrière de l’édifice dont la porte s’ouvrait uniquement pour elle. Elle s’installait commodément au fond de sa loge. De là, sans être vue, elle écoutait les professeurs, derrière le rideau de sa lucarne dominant l’ancienne salle du chapitre de la cathédrale qui servait d’amphithéâtre. Mais tout le monde connut bientôt sa présence et sut que non seulement elle assistait aux cours de théologie de Gisbert Voetius et aux cours de philosophie, mais que le pasteur, à l’issue de ceux-là, venait donner à Anne Marie et à son frère des leçons particulières de grec et d’hébreu. « 
Surnommée l’Étoile d’Utrecht, la Dixième Muse, Anne Marie de Schurman, une des femmes les plus savantes du XVIIe siècle, a cherché à incarner un idéal féminin de culture, d’éducation et d’érudition, avant de remettre en cause le savoir face à l’expérience et de s’engager dans une aventure spirituelle hasardeuse qui fit grand bruit.
Sous une forme romanesque, aussi minutieuse qu’inspirée, Brigitte Hermann retrace la vie de ce personnage au destin de femme savante, libre et sauvage.

Mon avis :

Passons rapidement sur la couverture : vous me connaissez, je n’ai aucun goût pour les livres dont la couverture n’a aucune image. Sans doute parce que je suis une adepte des lectures de fantasy et de SF, j’aime quand une couverture a une illustration : sans forcément dire que c’est plus vendeur, ça donne tout simplement envie d’aller au-delà.

Les femmes intellectuelles ne sont malheureusement ni nombreuses (même si elles le sont plus qu’on ne le pense) ni très connues. J’étais contente de découvrir par conséquent un nouveau nom avec Anne Marie de Schurman. Dès sa jeunesse, son père décèle chez elle les talents qu’il ne trouve pas chez ses fils. De fait, la jeune Anne semble douée pour tout : écriture, dessin, sculpture, philosophie, théologie même ! Au cours de sa vie, de nombreuses personnalités politiques et intellectuelles ont correspondu avec elle, et sont venus la visiter. Elle a même obtenu de pouvoir assister à des cours universitaires, normalement réservés aux garçons ; bon, c’était dans une petite loge dissimulée de tous les regards, mais tout de même !

Mais Anne semble aussi chercher quelle est sa place. Dans un monde d’hommes, elle doit lutter pour faire entendre sa voix mais il lui manque un but qu’elle cherchera toute sa vie. Elle a tenté de défendre la cause de l’éducation des femmes et leur égalité sur le plan intellectuel par rapport aux hommes, correspondant notamment avec Marie de Gournay qui a beaucoup écrit à ce sujet (et qui a eu un peu plus de célébrité). Hélas, elle est peu écoutée. Aux yeux des hommes avec lesquels elle tente d’en discuter, elle est l’exception parmi les femmes, celle qui confirme la règle de la traditionnelle infériorité féminine. Son intelligence dessert sa cause tout autant que l’aurait fait son ignorance ; et comme elle est femme et très pieuse, la modestie à laquelle elle tient l’empêche de vraiment argumenter.

La religion tient une place importante dans sa vie, et elle finit par tomber sous le charme de Jean de Labadie, un pasteur protestant qui finit par monter sa propre secte. Elle abandonne alors la plupart de ses activités intellectuelles pour se consacrer à sa vie religieuse, elle joue d’ailleurs un rôle important dans la secte en adoptant une figure maternelle pour la plupart des fidèles. Une question qui est soulevée dans la biographie est cependant celle de son oeuvre intellectuelle et artistique : car si elle a brillé dans de très nombreux domaines, elle l’a fait en restant dans le domaine des petites peintures, des petites sculptures, des poèmes et de la correspondance érudite. Ces « petites » oeuvres étaient justement celle que les femmes faisaient à l’époque quand elles avaient une pratique artistique ; les réalisations plus ambitieuses, les tableaux à proprement parler, les grandes sculptures et autres travaux ne convenaient pas à leur modestie. Anne Marie de Schurman a donc brillé, mais tout en restant entravée. C’est à la fois d’autant plus remarquable et d’autant plus dommage : peut-être que si on lui avait permis d’aller au-delà de cette politesse docile, elle aurait pu avoir plus de poids ; mais peut-être qu’elle y tenait aussi ? C’est dur de juger sans vivre le contexte.

Lire sa biographie était très intéressant parce qu’on peut découvrir un personnage finalement assez contrasté. Elle est un peu romancée, les chapitres se divisent entre les souvenirs des proches d’Anne et des extraits de ses propres mémoires. Ceci dit, j’avoue avoir sauté quelques passages : le livre est moins factuel que théorique, et beaucoup de passages s’attardent sur des réflexions théologiques ou religieuses, en particulier vers la fin. Si ma grand-mère a bien aimé ces passages (elle les a notés au stylo), j’avoue que c’est moins ma tasse de thé ^^’ Bref, même si vous ne lisez pas la biographie (faut dire qu’elle est assez dure à trouver, je ne suis même pas sûre qu’elle soit encore éditée), j’espère que ça vous aura intéressé de découvrir le personnage 🙂

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  1. Je n’avais jamais entendu parler de Anne-Marie de Schurman, je suis ravie de la découvrir, même si je ne pense pas lire ce livre.
    Si certains passages t’ont peu intéressée, ce doit être toutefois très chouette de découvrir les annotations de ta grand-mère et de retrouver son écriture !

    • Oui, ça fait un petit pincement au coeur ! Après, il s’agit aussi bien de retrouver que de déchiffrer, elle avait parfois une écriture digne d’un médecin X’D

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