La Comédie Inhumaine #2

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Pas de doutes, l’été est là et je sens venir la canicule pour juillet-août, va falloir s’accrocher. J’avoue que dans ces moments-là c’est dur de ne pas vouloir une clim, même si ça pollue énormément ; mais j’ai quand même quelques trucs pour me rafraîchir ! Il y a les sprays qui balancent de l’eau (un peu comme des déos) et qu’on met au frigo, efficacité garantie et en plus si vous faites ça bien c’est rechargeable. Et d’ailleurs, si vous voulez vous rafraîchir avec de l’eau, mouillez en priorité les mains, le cou, les aisselles et le creux des coudes et des genoux, ce sont les endroits qui captent le plus la température ! Le coup de la serviette mouillée sur le cou est pas mal aussi mais plus gênant. Le bon vieux ventilo, que ferions-nous sans lui, ou à défaut un éventail. Après le conseil de base ça reste de n’ouvrir ses fenêtres que tôt le matin et tard le soir, et de tout fermer, volets compris, le reste du temps pour éviter de laisser rentrer de l’air chaud. Un concept que mes voisins de palier n’ont pas l’air de maîtriser… Et vous, vous avez des petits tips pour vous rafraîchir ? 🙂 

Nouvelle chronique littéraire ! Je vous avais présenté il y a quelques semaines le premier volume de la réédition de la série La Comédie Inhumaine de Michel Pagel, réalisée en 2020 par la maison Les Moutons Electriques. Réédition qui satisfait à la fois mon envie de livres assez épais pour m’occuper un bon moment, et mon goût pour le macabre et les histoires bien sombres. A l’origine, La Comédie Inhumaine a été publiée de 1988 à 2005 ; rappelons aussi que Michel Pagel est un auteur reconnu, avec notamment son roman L’Equilibre des Paradoxes qui me fait encore plus envie que les autres 😀 Nous voilà à présent au deuxième volume de la réédition de sa série, tout aussi imposant que le premier.

Chef-d’œuvre du fantastique francophone, la Comédie inhumaine est une saga de huit romans ou recueils, qui s’étend des années 1980 à nos jours, retraçant les rapports horrifiques de citoyens ordinaires avec la grande conspiration démoniaque. Ce second et dernier volume contient les ouvrages suivants (pour lire la chronique des premiers tomes, cliquez ici) : 

  • L’Ogresse
  • L’Esprit du vin
  • L’Œuvre du Diable
  • Les Fantômes de la Rougemûrière

Je ne vous proposerai pas de résumé : à la lecture, on se rend compte que tous les tomes sont liés entre eux, ne serait-ce que par de petits détails qui prennent ensuite toute leur importance. Il vaut donc mieux, si vous voulez en savoir plus, que vous vous penchiez sur le résumé du tout premier tome que je donne dans ma chronique du premier volume de cette réédition 🙂

Mon avis : 

Cette nouvelle couverture me plaît tout autant que la première ! Un serpent sur une pile de crânes, avec quelques intrigantes plumes blanches tombées au milieu. Cela signifie-t-il que le divin a perdu son combat contre le Mal, que le Mal a pris l’apparence du Bien, ou une réalité plus trouble encore ? On retrouve aussi la croix du Léviathan, un symbole que j’ai toujours beaucoup aimé :3 Les tranches noires des pages sont un petit plus qui fait toujours plaisir à voir, on dirait presque une Bible des Ténèbres ^^ En revanche, comme pour le premier volume, ce sera la croix et la bannière pour essayer de garder un beau dos sans pliures : le livre est tellement épais que le mieux qu’on puisse faire, c’est limiter les dégâts. 

J’ai été happée par les différentes histoires, Michel Pagel est un auteur assez agréable à lire. Mais comme vous l’avez déjà compris sans doute, ce ne sont pas des récits que je conseillerais à tout le monde car ils sont assez sombres, sans concession pour les âmes sensibles et avec une tendance particulière à faire ressortir la part sombre qui existe en chacun de nous. La série nous montre un bras de fer entre Dieu, Diable et parfois d’autres entités surnaturelles, qui se disputent le sort de l’humanité. Tous les coups sont permis, même les plus cruels et les plus infâmes. Comme pour le premier volume et pour éviter de vous spoiler, je ne vous donnerai le résumé que s’il ne révèle pas les détails de l’histoire fil rouge  🙂  

L’Ogresse : Fraussac, petite ville sans histoire dans le Tarn. Isabelle vient d’être engagée pour s’occuper de Claude, un adolescent de treize ans qui n’a pas émis le moindre son depuis sa petite enfance et vit reclus dans son univers intérieur. Peu après l’arrivée de la jeune enseignante, la région est le théâtre de plusieurs événements insolites : un trio de Hell’s Angels s’installe dans les environs, et une adolescente surgie de nulle part s’intègre progressivement à la communauté. Lorsque des disparitions d’enfants commencent à défrayer la chronique, Isabelle découvre un effrayant parallèle entre les faits relatés dans ses journaux et les contes de fées servant de lecture à son élève…

J’ai beaucoup apprécié ce premier tome, dont la dimension « conte de fées noir » me rappelle un peu le tome 2, Nuées Ardentes. Le récit est machiavélique et palpitant, faisant intervenir des personnages de tout bords. Claude en particulier fascine, enfant sauvage livré à lui-même et à ses propres démons. Il y a aussi ce petit côté érotique qui vient troubler le lecteur en faisant voler en éclat les tabous autour de l’enfance-adolescence et de la sexualité, parfois de manière humaine et bienveillante, parfois de façon bien plus cruelle. 

L’Esprit du Vin : Partout, des coteaux couverts de vignes. Ici, la récolte ou raisin et la consommation de son précieux nectar cimentent les liens entre tous. Mais si chacun se connaît, les dissensions n’en existent pas moins, ainsi celle opposant, de longue date les Detersac, notables du hameau, puissants propriétaires terriens adeptes dune viticulture modernisée, à la famille Gilbert, les  » bios « . Cerise Gilbert, dix-sept ans, entretient une relation privilégiée avec sa grand-mère Anna, qui, depuis sa plus tendre- enfance, l’initie au culte d’une entité mystérieuse hantant le vignoble. Lorsque les brimades et malversations des Detersac deviennent insupportables, la jeune fille déchaîne le courroux de l’esprit du vin…

Ce nouveau tome m’a laissée un peu plus sur ma fin : on est totalement dans le récit fantastique au premier sens du terme, c’est-à-dire que nous avons deux explications, une surnaturelle et une rationnelle. Forcément, la rationnelle est beaucoup moins attrayante et un peu décevante à mon goût. Mais surtout, l’histoire met en scène ce type de personne buté, fermé à tout ce qui n’est pas son profit personnel et évidemment, intouchable. Pour le coup, l’histoire révèle autant la part sombre de l’humanité que celle du lecteur ! 

L’Œuvre du Diable : Pas de résumé ici, car avec ce nouveau tome, on découvre le point culminant de notre histoire fil rouge ! Le fils de Dieu et la fille du Diable, ça pourrait ressembler à un scénario basique et couru d’avance, mais ce n’est pas tout à fait le cas. Le premier, malgré sa foi à toute épreuve, fait face à l’hostilité grandissante de l’Eglise ; la deuxième, élevée selon tous les péchés possibles, se sent écrasée par son père et ses projets, où elle-même n’est qu’un pion. Tous deux sont attirés vers l’autre aussi sûrement que s’ils avaient une boussole dans le ventre, sans comprendre ce qu’est réellement cette attirance. Michel Pagel livre ici une toute autre approche du phénomène divin, très calculatrice et basée sur un rapport proportionnel entre le nombre des fidèles et la puissance de la divinité. Par conséquent, les combats sont rudes. J’adore quand les mythes sont revisités et débarrassés de la traditionnelle division bien/mal, et j’ai beaucoup aimé cette idée de Dieu et du Diable ; on conserve même une part de mystère, car l’esprit humain ne peut par nature saisir l’essence divine. Bref, un final de toute beauté mais qui fait aussi voler en éclat toutes les certitudes. 

Les Fantômes de la Rougemûrière : Très court, ce récit est plus une nouvelle qui nous ramène au tout premier tome de la série de La Comédie Inhumaine. Les fantômes du passé reviennent hanter le héros, qui peine à trouver la paix. 

En conclusion, comme pour le premier volume, il peut y avoir quelques longueurs et du fait de la noirceur de la série, c’est parfois compliqué de s’attacher aux personnages ; ceci dit, j’y ait mieux réussi que dans le premier volume ! En revanche on peut se retrouver face à un sentiment d’inachevé ou de frustration, car aucune histoire n’a de vrai happy end : chaque action a eu des conséquences, certaines choses ne changeront jamais et d’autres ne seront plus jamais les mêmes. C’est une lecture très particulière, très prenante et intéressante car j’en ai rarement trouvé qui ait la même inventivité et la même malice pour nous mettre face aux ténèbres. Tout le monde n’y trouvera pas son coup de coeur, mais si vous avez lu la série, je suis très curieuse de savoir ce que vous en pensez 🙂 

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    • Dans toute bonne librairie digne de ce nom 😀 Sinon tu peux aussi commander à l’éditeur ou sur des sites comme leslibraires.fr (les frais de port sont un peu élevés mais au moins on fait tourner les petits commerces avec ce site)

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