Elles ont conquis le monde : Les grandes aventurières, 1850-1950

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Je ne vous en ai peut-être pas parlé avant (je m’y perds parfois), mais j’ai décroché le sacro-saint CDI dans un Village du Livre ^^ C’est surtout de la saisie, mais depuis peu également de la communication instagram : ça représente beaucoup de boulot et ça occupe une partie de mes soirées (je sens que je vais devoir me mettre au kawa, chose que j’avais pu éviter jusque là ^^’), mais on voit déjà les résultats et je ne manque pas de sujets atypiques à traiter : livres en tout genre, collections, thèmes originaux, archives de poésie, écologie bientôt… Donc si vous avez l’occaz, faites un petit tour sur le compte Insta du Village du Livre de Sablons, vous me direz ce que vous en pensez 😉

Nouvelle chronique littéraire ! S’il y a bien une chose pour laquelle j’adore les bibliothèques (et qui soit plus précise que juste « ce sont des bibliothèques »), c’est le fait qu’on peut y emprunter des livres d’art, des grands albums, des recueils de photos, bref le genre de livre qu’on ne s’offre qu’exceptionnellement parce que c’est bien trop cher et pas spécialement pratique à lire. Or, dans la bibliothèque de ma ville, j’ai eu le grand bonheur de tomber sur cette petite perle : Elles ont conquis le monde : les grandes aventurières, 1850-1950 d’Alexandra Lapierre et Christel Mouchard. Paru en 2007, l’album a eu droit à une édition poche en 2015, mais si vous avez l’occasion, je vous recommande la grande édition pour ses photos et ses illustrations 🙂 Ca couvre pile une de mes périodes historiques préférées, du XIXème siècle au début XXème siècle ; et surtout, grande fan de steampunk devant l’éternel, je rêve maintenant d’adapter ces femmes pour des costumes ou des romans steampunk ❤

Résumé : « Qu’ont-elles en commun, toutes ces femmes aux personnalités si fortes ? Sinon l’intrépidité et le talent unique de savoir reconnaître leur instinct et soutenir leur désir. »
Les grandes aventurières ne sont plus seulement des courtisanes : ce sont des conquérantes d’un type nouveau apparu dans la première moitié du XIXe siècle. Des femmes qui voulaient être des géographes, des botanistes, des ethnologues – bref des exploratrices à part entière !
Et elles ont conquis le monde, d’est en ouest et du nord au sud, le collet bien monté, pour que leur vertu ne soit en rien suspectée, leur corset étroitement lacé.
Mais sous leur armure vibraient des émotions violentes, des sentiments brûlants. Et beaucoup ont vécu des amours, qui, pour êtres secrètes, n’en furent pas moins passionnées.

Mon avis : 

Le gros point fort de l’album, ce sont bien sûr les photos : photos des exploratrices, des paysages, des peuples qu’elles ont rencontré,… J’aurais aimé peut-être un peu plus de précisions sur les détails matériels des expéditions, en particulier des photos ou des illustrations des vêtements car la question se pose beaucoup pour l’époque victorienne : jupe, bloomer, pantalon ? Mais c’est déjà un objet livre très agréable à regarder et qui donne envie de voyager comme jamais ^^

L’album est divisé en quatre périodes : la première, plus courte que les autres, présente quelques exemples parmi tant d’autres de femmes ayant voyagé avant 1850. Ensuite, entre 1850 et 1890, l’album présente les premiers grands noms de l’exploration féminine, à l’époque où les femmes portaient la crinoline et où il était extrêmement choquant de les voir en pantalon quelle que soit la raison. Puis, entre 1890 et 1918, nous rencontrons des femmes entre deux époques, entre l’époque victorienne et ses moeurs très rigides et le XXème siècle qui libère progressivement les moeurs. Enfin, de 1918 à 1950 apparaissent les femmes les plus émancipées : elles n’hésitent pas à s’engager plus fermement, à collectionner les voyages comme les amants et parfois à revendiquer haut et fort leur convictions féministes.

Ce qui est génial avec ce florilège (qui n’est pas exhaustif non plus), c’est qu’on découvre des femmes très différentes, parfois hautement excentriques, très attachées à leur image de femme ou au contraire complètement indifférentes à ce que les gens pensent d’elles. Il y a des passionnées qui voyagent pour découvrir, parce qu’elles ont la bougeotte, pour étudier des peuples, pour découvrir des sites archéologiques, pour peindre des fleurs ou collectionner des insectes, pour défendre les valeurs de leur patrie,… Autre point très sympa, l’album nous présente des femmes de multiples origines, que ce soit sociales ou géographiques. Les biographies sont assez succinctes, juste de quoi vous donner envie d’en savoir plus 😀 Elles ont toutes eu un courage incroyable, beaucoup ont écrit leurs récits de voyage et si elles n’ont pas toutes pris les armes, elles ont réussi à s’imposer et à prouver leur valeur.

Parmi celles qui m’ont le plus marquée, il y a Isabella Bird que je connaissais déjà via le génialissime manga du même nom : cette femme cumule un nombre impressionnant d’expéditions, même alors qu’elle avait un âge avancé et de graves problèmes de dos !

Alexandra David-Néel est l’une des plus connue, elle est la première femme à avoir atteint Lhassa, capitale du Tibet alors interdite d’accès aux Occidentaux : ça lui aura pris toute une vie !

Et si vous connaissez un peu Florence Nightingale, connaissiez-vous sa rivale, la Jamaïcaine Mary Seacole, passionnée de voyages et d’épicerie, et infirmière directement sur le front des champs de bataille ?

Ou encore Fanny Bullock Workman qui a escaladé l’Himalaya avec son mari, tout en revendiquant le droite de vote pour les femmes ?

Nellie Bly, la pionnière du reportage clandestin, prête à documenter même les sujets les plus dangereux ou polémiques ? En 1889 elle a réalisé un tour du monde en 72 jours rien que pour prouver qu’une femme pouvait aussi bien voyager qu’un homme ^^

Et j’ai une tendresse toute particulière pour Marianne North qui a fait pas moins de deux tours du monde pour peindre des fleurs, plus de 800 tableaux qui sont aujourd’hui conservés à la North Gallery de Londres et une grande dame de la botanique ❤

Anita Conti avait une vraie passion pour la mer et ses connaissances l’ont amenée à être sollicitée pour embarquer sur le premier navire de recherche océanographique financée par l’Etat français.

Et que dire de Charmian Kittredge, épouse de Jack London et avec un sourire à décrocher les étoiles sur toutes ses photos :3

On pourrait aussi parler de Daisy Bates qui a passé sa vie à vivre parmi les Aborigènes, en se documentant et en défendant leur culture envers et contre tout.

Bref, je m’arrête ici mais j’aurais pu continuer longtemps 😀 Si jamais le sujet vous intéresse, vous savez désormais quel livre chercher ! Et si vous voulez vous documenter dès maintenant, je vous conseille une petite pépite Internet, le site Le Roman des Voyageuses qui répertorie les femmes voyageuses à travers les époques et les livres qu’elles ont écrit ❤

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