Rêveur zéro

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Figurez-vous que je viens de tomber totalement par hasard sur un roman écrit par un libraire de Wigtown, le village du livre écossais où je suis allée il y a quelques années :3 Ca avait été une de mes plus belles découvertes, je vous conseille d’aller voir la page où j’ai tout raconté, ce village est un des mes endroits préférés sur Terre et je veux absolument y revenir un jour 😀 L’auteur s’appelle Shaun Bythell, si vous voulez découvrir son univers en attendant que je fasse la chronique ❤

Nouvelle chronique littéraire ! Et un nouveau roman découvert au hasard des rayonnages, y a pas à dire c’est cool de bosser en librairie rien que pour ça 😀 Bon par contre, ma PAL augmente à une vitesse proprement effrayante. Je vais vraiment finir par mourir enterrée sous mes livres à ce rythme. Bref ! Voici Rêveur Zéro de Elisa Beiram, un roman de science-fiction sorti en 2020 aux éditions l’Atalante. C’est le premier livre de cette auteure française, et j’avais hâte de voir ce qu’il en était :3

Résumé : Dans un futur proche, une épidémie de rêves. Ils se matérialisent dans la réalité. Leurs manifestations peuvent être badines, terrifiantes, ou simplement ridicules. Mais les pires d’entre elles provoquent de réels dégâts. Face à leur multiplication, l’ensemble de la société est mise à l’épreuve. Elisa Beiram, dans ce premier roman à la fois nerveux et onirique, nous entraîne à la recherche de l’origine de cette épidémie, en dix-huit jours, tel un compte à rebours, rendant au lecteur l’impression d’urgence de la vie durant une telle catastrophe.

Mon avis : 

J’aime beaucoup cette couverture qui nous plonge d’office dans le coeur du roman, à savoir les rêves. Et ça me rappelle aussi énormément un épisode spécial Noël de Docteur Who où les poissons volent dans les airs, mais passons XD Les couleurs, les formes vaguement floues, les jeux d’ombres, tout contribue à donner cette atmosphère éthérée qui est le propre du rêve. C’est une couverture où je pourrais me perdre très facilement pour la contempler pendant des heures. Et devinez quoi ? C’est une oeuvre d’Aurélien Police, ce super dessinateur dont je vous rebats les oreilles depuis quelques articles XD

Même si je les aime beaucoup, il me faut un peu plus de temps pour rentrer dans un récit de SF que dans un récit de fantasy. Là où on peut s’attendre à pas mal de choses communes dans les récits de fantasy, les histoires futuristes ont toujours cette petite dose d’inconnu, et souvent ce sentiment d’angoisse latent qui va de pair avec une société presque toujours un peu dystopique. J’y rentre donc en douceur, et un bon auteur sera pour moi celui qui arrive à me prendre par la main et à me montrer le tout sous un ensemble cohérent. Ici, Elisa Beiram a plutôt bien réussi son pari, surtout avec un roman qui se base sur quelque chose d’aussi peu tangible que les rêves. Tout le récit est très onirique, et l’intrigue est découpée en 18 rêves et 18 journées, au cours desquels on va petit à petit comprendre la portée (plus que l’origine) de cette épidémie de rêves.

Le récit se déroule dans un futur proche : la société est assez semblable à la nôtre, mais la technologie y tient une place toujours plus indispensable, chacun est connecté en permanence ou presque. A Genève, une équipe de scientifiques travaille sur les rêves lucides et ce qu’ils impliquent sur le fonctionnement neurologique. Mais un beau jour, tout dérape : le laboratoire disparaît littéralement comme s’il n’avait jamais été là, emportant avec lui la quasi-totalité des scientifiques et des cobayes volontaires. Au même moment, des phénomènes étranges se produisent, parfois ridicules, parfois effrayants, tous improbables ; au bout d’un moment, ils disparaissent comme si rien ne s’était passé, mais leur souvenir perdure. Ils ont laissé une impression extrêmement forte sur les témoins qui n’hésitent pas à les qualifier de rêves éveillés. C’est le début d’une pandémie de manifestations oniriques, incontrôlable et potentiellement dangereuse. Mais c’est aussi la porte ouverte sur la question du réel : entre la réalité, l’illusion virtuelle de la technologie et le rêve, qu’est-ce qui est le plus tangible finalement ? Sur quoi peut-on se baser pour construire quelque chose de durable ? Grâce à quoi pourra-t-on s’épanouir ? La réponse n’est pas aussi simple que vous le pensez.

Nous allons suivre trois personnages : Alma, une scientifique rescapée, doublement rescapée même puisque non seulement elle n’était pas au labo lorsqu’il a disparu, mais en plus elle a échappé à un incendie qui a dévasté son appartement. Coïncidence ? C’est un personnage que j’aime beaucoup, elle est intelligente et a une certaine tendance à ne pas se conformer aux ordres ^^ Il y a une certaine complicité entre elle et son frère Janis. Chacun des deux tente de comprendre, l’une par la neurologie, l’autre par l’étude des données statistiques et informatiques, le pourquoi de cette pandémie. Ensuite il y a Philipp, l’un des inspecteurs chargé du dossier de l’enquête sur le labo. Il est profondément désabusé par la société, la passivité des gens et leur repli sur eux-mêmes ; lui-même est devenu assez blasé, mais l’enquête le conduit à réfléchir sur ce qu’il attend et sur la façon dont il veut agir. Enfin, il y a Zahid, l’un des cobayes de l’expérience d’Alma et de ses collègues. Ce qui est assez particulier avec lui, c’est qu’il est tellement détaché de ce qui l’entoure que l’expression « arriver comme une fleur » semble lui coller à la peau, comme s’il papillonnait mélancoliquement en permanence. Comme Philipp, il est blasé, mais lui n’a plus aucune attente concernant la réalité. En revanche, les rêves vont lui permettre de faire une vraie prise de conscience.

Je ne vais pas vous mentir, c’est pas une lecture très simple : ce n’est pas forcément qu’il y a des longueurs, mais tout est très onirique avec pas mal de petites choses soulignées de façon implicite. C’est compliqué en même temps de trouver du sens dans des rêves ! Mais heureusement on n’est jamais totalement perdus, et la fin permet de redonner un peu de cohérences au tout. J’ai beaucoup aimé aussi ce pari qui est fait sur un triple choix entre technologie, rêve et pure réalité, et la façon dont les trois peuvent s’articuler pour donner naissance à quelque chose de nouveau. Certes, la technologie est plus décriée qu’autre chose, mais la place donnée au rêve le rend presque indispensable.

« – Es-tu incapable de parler en des termes intelligibles ?

– Tu devrais le savoir : j’exècre les termes intelligibles. Je suis la seule poésie qui perdure en ce monde. »

Pour conclure, ce roman n’est pas vraiment un coup de coeur, mais ça reste une lecture très particulière, que je vous conseille si vous avez envie d’explorer de nouveaux horizons 😉

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