Kariba

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Souvent au Village du Livre, on tombe sur des livres du XIXème siècle, qui me prennent d’ailleurs plus de temps à cataloguer sur le site puisqu’ils sont parfois abîmés et que je n’ose pas les manipuler trop brutalement. Mais hier, je suis tombée sur de l’inédit : un livre de mutations de propriétés datant de 1819, tenu par une mairie du Lot-et-Garonne ! Ca fait quelque chose de voir l’écriture du type qui a vécu il y a plus de 200 ans et de l’imaginer à ma place avec le livre :3
Et sinon les gens : c’est le 900ème article du blog, YAY ! Rendez-vous pour le 1000, on essaiera de vous proposer un bon p’tit concours de derrière les fagots 😉

Nouvelle chronique littéraire ! Aujourd’hui, je vous cause d’une bande dessinée que j’ai vu plusieurs fois passer à la librairie : la couverture et les dessins me faisaient baver ! J’ai finalement pu la dévorer, et quelle lecture :3 Voici Kariba, un one-shot paru en 2020 aux éditions Glénat, écrit et illustré par Daniel et James Clarke. Je précise ici que Kariba est le nom d’un barrage hydroélectrique bien réel situé sur le fleuve Zambèze (entre la Zambie et le Zimbabwe), et dont la création a provoqué de nombreux problème économiques et sanitaires auprès de la population locale. Menacé de rupture, le risque n’est aujourd’hui évité que parce que le réservoir du barrage est loin de sa pleine capacité ; cependant un niveau aussi faible pose des problèmes de production électrique.

Résumé : Habitant sur les rives du fleuve Zambèze, Siku est une jeune fille comme les autres, à ceci près qu’elle semble dotée d’étranges pouvoirs liés au fleuve et à sa divinité, Nyaminyami. Elle est sans nouvelle de son père depuis que celui-ci est parti travailler au grand barrage de Kariba, un chantier colossal qui recrute de la main-d’œuvre dans toute la région. Pour le retrouver, Siku décide de remonter les flots périlleux du Zambèze avec l’aide d’Amedeo, le fils de l’ingénieur en chef de Kariba. Leur voyage aux sources de ce fleuve légendaire la confrontera à des pirates, des capitalistes, des affabulateurs ou de sombres magiciens. Mais il va également mener Siku au plus près du secret enfoui de ses origines…

Mon avis : 

La couverture et les dessins sont vraiment magnifiques, c’est un enchantement de couleurs ❤ On se laisse happer par l’histoire autant que par les dessins, l’action est fluide et parfaitement compréhensible, et les émotions des personnages sont lisibles et très touchantes. Il y a de vrais moments de magie, et ce n’est pas uniquement grâce aux pouvoirs de Siku 😉

Siku est une jeune fille aux origines mystérieuses, et dotée de pouvoirs liés à la divinité du Zambèze, Nyaminyami. Comme le barrage, cette divinité, ou du moins son mythe, existe réellement parmi les croyances des populations locales, qui ont longtemps cru que le dieu empêcherait la création du barrage : deux crues survenues pendant la construction leur avait permis d’espérer. Ici, l’histoire se situe justement pendant la construction du barrage de Kariba. Siku devient bien malgré elle l’enjeu d’un conflit de pouvoir, entre ceux qui veulent construire le barrage, les trafiquants qui veulent retirer un profit de sa construction, et les populations que l’on menace de déplacer de force. Mais plus elle fait appel à son don, plus Siku menace de se faire engloutir par Nyaminyami ; pour la sauver, son père se rend au barrage pour essayer de tuer la divinité, mais une inondation l’emporte… Avec l’aide d’Amedeo, le fils d’une des ingénieures du barrages, Siku louvoie entre ceux qui tentent de s’emparer d’elle, mais tôt ou tard, elle devra se confronter avec le dieu millénaire et découvrir ce qu’elle est réellement.

J’ai adoré cette histoire, c’est plein de rebondissements et l’intrigue est aux petits oignons. Les thèmes abordés sont aussi forts que divers : colonialisme, poids des traditions, mythologie,… On voit Siku grandir et gagner en maturité tout au long de l’histoire ; la situation est loin d’être facile pour elle, elle se retrouve brutalement confrontée à des conflits d’intérêts aux conséquences parfois mortelles. Pour elle, le don de Nyaminyami est une malédiction qui a provoqué, indirectement, la mort de son père. Mais elle reçoit aussi des visions qui lui montrent le rôle fondateur du dieu-fleuve, qui permet chaque année de renouveler la vie dans les terres. Le rôle de Siku est primordial, mais à quel prix ? Quoi qu’elle choisisse, cela aura des conséquences radicales.

Autour d’elle, on découvre des personnages hauts en couleur, et dont le point de vue montre bien à quel point l’intrigue est complexe. Amedeo est très attachant et protecteur avec la jeune fille ; confronté à la mort de son père atteint d’Alzheimer, il s’efforce de ne pas laisser cette fragilité l’abattre et il est plein de ressources. J’ai parlé plus haut de trafiquants, mais attention à ne pas les catégoriser trop vite : beaucoup sont simplement en quête de richesses sans pour autant être des monstres sanguinaires. La rencontre avec Nyaminyami sera décisive pour eux aussi. Quant au père de Siku, il est lui aussi écartelé entre les traditions et l’amour qu’il porte à sa fille adoptive, au point d’essayer de tuer un dieu pour la sauver. Si ça c’est pas de l’amour paternel !

Bref, une bande-dessinée engagée portée par des dessins vibrants de vie et de beauté, et une histoire bouleversante. De quoi en apprendre un peu plus sur des régions que l’on connaît finalement très mal en tant qu’Occidentaux, et comprendre quels sont les enjeux entre passé et avenir. Je recommande ❤

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