La Maison où je suis mort autrefois

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Merveilleux jour que le dimanche. C’est pour moi le plus beau de la semaine ! Pourquoi cela les enfants ? Parce qu’il n’y a pas de mails le dimanche, vous avez deviné ! Pas un seul satané mail professionnel ou administratif, pas un ! Hahaha ! (zyeute soudain ma cheminée avec méfiance)

Nouvelle chronique littéraire ! Aujourd’hui, je vous propose un petit polar parce que ça faisait longtemps :3 Je l’ai découvert totalement par hasard dans un vide-grenier, le résumé m’a inspirée alors je l’ai pris. Il s’agit de La Maison où je suis mort autrefois de Keigo Higashino, publié en 2010 en France, 1994 pour la version originale en japonais. Notez ici que l’auteur est une figure majeure du roman policier japonais, et que ce roman en particulier a reçu le Prix polar du meilleur roman international au Festival Polar de Cognac. On est en droit de s’attendre à de la Kalitay 😀

Résumé : Sayaka Kurahashi va mal. Mariée à un homme d’affaires absent, mère d’une fillette de trois ans qu’elle maltraite, elle a déjà tenté de mettre fin à ses jours. Et puis il y a cette étonnante amnésie : elle n’a aucun souvenir avant l’âge de cinq ans. Plus étrange encore, les albums de famille ne renferment aucune photo d’elle au berceau, faisant ses premiers pas… Quand, à la mort de son père, elle reçoit une enveloppe contenant une énigmatique clef à tête de lion et un plan sommaire conduisant à une bâtisse isolée dans les montagnes, elle se dit que la maison recèle peut-être le secret de son mal-être. Elle demande à son ancien petit ami de l’y accompagner.
Ils découvrent une construction apparemment abandonnée. L’entrée a été condamnée. Toutes les horloges sont arrêtées à la même heure. Dans une chambre d’enfant, ils trouvent le journal intime d’un petit garçon et comprennent peu à peu que cette inquiétante demeure a été le théâtre d’événements tragiques…
Keigo Higashino compose avec La Maison où je suis mort autrefois un roman étrange et obsédant. D’une écriture froide, sereine et lugubre comme la mort, il explore calmement les lancinantes lacunes de notre mémoire, la matière noire de nos vies, la part de mort déjà en nous.

Mon avis : 

Alors autant les couvertures Actes Sud et Babel pour les polars sont creepy à souhait et toujours originales, autant je me demande toujours comment s’est fait le passage du texte à l’illustration qui est parfois plus symbolique qu’explicite. J’ai surtout l’impression de me retrouver face à des enfants qu’on a forcé à devenir adultes, ou des adultes en décalage avec le monde dans lequel ils vivent : ces deux interprétations me semblent coller assez bien avec ma lecture.

J’ai beaucoup apprécié ma lecture, c’est amusant de constater les différences qu’il peut y avoir entre une écriture japonaise et une écriture plus occidentale, en particulier dans la mention de certains petits détails anodins :3 La plume de Keigo Higashino est fluide et agréable, ciselée pour se concentrer sur l’essentiel et créer une atmosphère confinée et angoissante. Il nous plonge dans l’intrigue et nous y rend accro sans même qu’on s’en rende compte ! J’avoue que j’ai été assez contente de trouver un polar qui pour une fois ne repose pas sur un inspecteur/détective privé/personne en lien avec la police, avec bien entendu une enquête non résolue qui le hante et un mariage qui a capoté. D’ailleurs, contrairement à ce que le résumé laisse présumer, le narrateur n’est pas Sayaka mais son ex-petit ami. Ici, l’enquête ressemble à un mélange entre de l’urbex et un pèlerinage dans le passé, c’est passionnant ! Les thèmes abordés sont très particuliers, et pas de ceux auxquels on pourrait s’attendre : le deuil, la maltraitance, les traumatismes infantiles, la perte de mémoire, le poids des parents sur la vie de leurs enfants.

Le récit nous présente donc le personnage de Sayaka. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle est plutôt torturée et atypique : elle n’a aucun souvenir de son enfance, ni aucune affection pour sa fille qu’elle maltraite. Elle semble ne pas se reconnaître dans la vie qu’elle mène, et pour cause, elle a déjà tenté de se suicider. Sa quête la conduit à rechercher l’aide de son ex-petit ami, vraisemblablement le seul en qui elle se soit reconnue : le but est d’aller explorer une mystérieuse maison dont la clé se trouvait dans les affaires de son père décédé. Mais rien ne colle dans cette maison : abandonnée mais pourtant régulièrement entretenue, remplie de détails bien trop précis pour être là par hasard. Les deux protagonistes vont devoir remonter la piste pour comprendre en quoi cette maison et le passé de Sayaka sont liés.

Je dois vraiment dire que l’histoire est bluffante, je ne m’attendais pas du tout à la conclusion du roman :3 La froideur du récit et des personnages est parfois un peu plus délicate à saisir, mais ce que l’on nous raconte de chacun nous bouleverse et nous fait nous cramponner au livre. Le personnage de Sayaka est vraiment intrigant : son amnésie mais aussi le fait que ce soit une mère qui maltraite sa fille. Pourtant, on n’a pas envie de lui jeter la pierre car on dirait surtout qu’elle se retrouve piégée dans quelque chose qu’elle n’a pas voulu. C’est une mère dépassée, sans même la possibilité de s’appuyer sur sa propre enfance pour essayer de tisser des liens avec sa fille. Elle semble froide, mais elle a un côté touchant dans sa timidité et sa fragilité. Son duo avec le narrateur a quelque chose de réconfortant, pour elle comme pour le lecteur. Il agit un peu comme un protecteur, mais lui aussi se retrouve avec une enfance chamboulée, qui m’a dans un sens mis autant mal à l’aise que celle de Sayaka.

Bref, un polar dont je me souviendrai longtemps, court et incisif, je vous le recommande absolument ! Pour moi qui adore les histoires de maison hantée ou abandonnée, qui font découvrir de sombres secrets enfouis, j’ai été servie, un régal :3

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