Quitter les monts d’automne

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Je profite de mon chômage pour me relancer dans les révisions concours de bibliothèque, que j’avais un peu laissé traîner. Ce qu’il y a d’infernal, c’est que je n’ai aucun véritable moyen d’évaluer mes progrès ou mes connaissances, c’est assez flippant ^^’ J’essaie de suivre l’actu du métier, de la fonction publique, j’essaie de retenir tout ce que je peux et de me renseigner sur tous les aspects possibles, mais quant à savoir ce qu’il faut simplement connaître et ce qu’il faut savoir par coeur… argh. Et cette certitude qu’il y aura forcément un truc où je ferai l’impasse, c’est comme ce petit mouton de poussière que vous n’arriverez jamais à atteindre, vous vous endormirez ce soir en sachant qu’il est là, et ça donne envie de se taper la tête contre les murs. A part ça je vais bien XD

Nouvelle chronique littéraire ! Voici un nouveau roman pioché au hasard en librairie parmi les nouvelles sorties de l’imaginaire ^^ Je vous présente Quitter les monts d’automne d’Emilie Querbalec, sorti en septembre 2020 aux éditions Albin Michel ! C’est un roman assez particulier, et à première vue j’ai hésité à le classer en fantasy ou en science-fiction, car le début fait bien plus appel à la magie qu’à la science pure et dure. Je suis assez contente d’être tombée sur un livre de science-fiction français qui soit écrit par une femme : ces deux paramètres coexistent rarement ensemble ^^

Résumé : Recueillie par sa grand-mère après la mort de ses parents, la jeune Kaori vit dans les monts d’Automne où elle se destine à être conteuse. Sur Tasai, comme partout dans les mondes du Flux, l’écriture est interdite. Seule la tradition du « Dit » fait vivre la mémoire de l’humanité. Mais le Dit se refuse à Kaori et la jeune fille se voit dirigée vers une carrière de danseuse.
Lorsque sa grand-mère meurt, Kaori hérite d’un rouleau de calligraphie, objet tabou par excellence, dont la seule détention pourrait lui valoir une condamnation à mort. Pour percer les secrets de cet objet, mais aussi le mystère qui entoure la disparition de ses parents, elle devra quitter les monts d’Automne et rejoindre la capitale.
Sa quête de vérité la mènera encore plus loin, très loin de chez elle.
Débutant comme un roman initiatique d’inspiration japonaise, Quitter les monts d’Automne s’impose vite comme un récit d’aventures qui frappe d’abord par sa beauté et sa poésie, puis par sa cruauté et son érotisme subtil.

Mon avis : 

La couverture m’a séduite avec le résumé : elle mélange très bien les deux aspects a priori « contradictoires » du roman, à savoir une culture japonisante traditionnelle, et de la haute technologie. J’aime beaucoup en particulier la tour sur la gauche, qui ressemble à une pagode high-tech 😀 Et je tiens à dire ici que le mélange des deux m’avait beaucoup fait penser au tome 11 de la BD de science-fiction Sillage : l’héroïne, Nävis, doit s’infiltrer sur une planète restée au stade archaïque et dont la culture ressemble beaucoup au Japon traditionnel. Elle a beaucoup de mal à s’adapter, en particulier lorsqu’on lui impose de se comporter comme une vraie « japonaise » avec toutes les contraintes patriarcales qui vont avec, mais la conclusion m’avait beaucoup marquée.

Bref ! La plume d’Emilie Querbalec est très agréable à lire, et son travail d’écriture a été très recherché : elle a fait appel à des scientifiques, mais également à des experts de la culture et de la langue japonaise, notamment concernant le Dit de Genji qui est un texte majeur de la littérature japonaise du XIème siècle. L’oeuvre a été écrite par une dame de la cour surnommée Murasaki Shikibu ; à cette époque, les dames de la cour utilisaient leur propre écriture, car elles n’avaient pas accès à la même éducation que les hommes. C’est cette écriture qui a donné naissance aux hiragana, un type de caractère de l’écriture japonaise. Tout cela je l’ai appris en lisant le roman, qui s’inspire beaucoup de cette histoire ^^

Le récit nous raconte l’histoire de Kaori, une jeune fille impulsive et curieuse qui se destine à être danseuse. En effet, contrairement à ses ancêtres féminines, elle n’a pas le pouvoir du Dit, un talent de conteuse qui s’apparente presque à une transe. Les contes ainsi racontés sont une forme de mémoire orale, car partout dans l’univers et sur les planètes régies par le Flux, il est interdit d’écrire : ceux qui se risquent à cette forme d’expression sont aussitôt traqués et tués. Pourtant, Kaori hérite de sa grand-mère d’un rouleau de calligraphie. Impossible pour elle de le lire, encore moins de faire part de sa découverte à qui que ce soit. Commence alors pour elle une quête autour de ses origines, car le secret de son rouleau semble lié à celui de son enfance dont elle n’a aucun souvenir… Poursuivie, blessée, visitée en songe par une étrange femme en mauve, Kaori va devoir quitter sa planète et se confronter à un monde totalement étranger au sien.

L’idée de découvrir un monde où l’écriture est interdite m’avait beaucoup intéressée : si les livres n’existent pas, qu’est-ce qui a pu les remplacer en terme d’art, de savoir et de technique ? La magie du Dit m’a passionnée, elle me rappelle beaucoup le rakugo : c’est un art japonais qui consiste à raconter une histoire, souvent drôle mais pas toujours, où la parole et la gestuelle du conteur sont les seuls ornements, cela requiert donc une grande maîtrise de soi ! Et même si Kaori n’est pas une conteuse, ses danses sont fabuleuses à imaginer, très codifiées et en même temps elle y trouve une forme de liberté.
La partie science-fiction m’avait beaucoup intéressée aussi, en particulier la question du voyage dans l’espace, où les astronautes passent parfois des siècles endormis en stase : c’est si particulier, c’est presque littéralement du voyage dans le temps où on se réveille dans un nouveau monde totalement inconnu. Nouveaux régimes politiques, nouvelles religions… Ces changements ne sont pas vraiment abordés, Kaori les perçoit surtout comme une coupure brutale avec son enfance et surtout les gens qu’elle a connus, désormais morts depuis longtemps. Certains passages aussi m’ont un peu déçue, dans le sens où Kaori était plus spectatrice qu’actrice dans l’action :/ Mais j’ai beaucoup aimé la partie vers la fin où elle essaye de puiser et donner vie à ses souvenirs ❤

En fait, j’ai un peu de mal à savoir comment attraper le roman : en partie fantasy, en partie science-fiction, avec également des passages érotiques et des passages bien plus durs. Comme le dit le résumé, c’est un roman initiatique : de l’enfance à l’âge adulte, de sa planète à l’espace, de ses rêves au secret de son enfance, Kaori va passer par différents mentors qui vont lui faire franchir des étapes-clés de son développement mental. Aymelin est la plus marquante dans le roman pour sa relation particulière avec Kaori, mais c’est aussi un personnage qui m’embarrasse un peu, comme si une limite cruciale n’avait jamais été franchie. Je lui ai de loin préféré les Sylphes, mais là je ne peux pas vous en dire plus sans spoiler 😀

En conclusion, un roman très particulier et duquel je ressors un peu perplexe : d’un côté je suis restée sur ma faim pour plusieurs points, de l’autre j’ai adoré l’histoire, en particulier la conclusion, et j’ai découvert beaucoup de choses qui m’ont donné matière à réfléchir ! A tout hasard, je vous le conseille donc, et je suis très curieuse de connaître votre avis si vous l’avez déjà lu :3

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  1. Je ne connaissais pas du tout mais ce que tu en dis m’intrigue… Le résumé comme la couverture me tente bien mais j’ai peur d’être perdue dans le mélange des genres. A tenter si je tombe dessus 🙂

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