Virus L.I.V.3 ou la mort des livres

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ^^ Noël approche et je regarde tous les autres gens paniquer pour trouver et empaqueter, alors que pour moi tout est prêt depuis au moins un mois XD Le grand final, ce sera de voir mon frère galérer en sirotant mon chocolat chaud : il s’y prend systématiquement au dernier moment pour faire ses paquets, soit le 24 au soir ! Oui, c’est pas bien de se moquer des gens, mais à quoi bon être prévoyant si on ne peut pas en profiter jusqu’au bout 😀 Et vous, vous êtes du genre ultra-prévoyant ou ultra en retard pour les cadeaux ? 🙂

Nouvelle chronique littéraire ! Encore un livre que m’a offert ma p’tite Maman, qui a vu que j’avais envie de science-fiction et de dystopie :3 Il s’agit d’un petit livre très court, presque une nouvelle en fait. Voici Virus L.I.V. 3 ou la Mort des livres, écrit par Christian Grenier en 1998. L’objectif de l’auteur, à une époque où l’on s’inquiète de plus en plus de la concurrence des jeux vidéos et des écrans face au livre, était de réconcilier justement ces deux médias très différents et pourtant complémentaires.

Résumé : 2095, à Paris : les Lettrés sont au pouvoir et les Zappeurs adeptes des écrans, bannis de la société. Mais un virus, mis au point par les Zappeurs, efface les mots des livres. Allis, une jeune Lettrée sourde et muette, est chargée de trouver l’inventeur du virus, ainsi qu’un antidote.

Mon avis : 

La couverture nous montre un Homme-Ecran, un individu qui a choisi de devenir une sorte de cyborg avec un écran dans la poitrine, et des récepteurs audio et vidéo à la place des oreilles et des yeux. Bien qu’il soit un paria au sein de la dictature littéraire imposée dans ce futur dystopique, il est pourtant représenté au sein d’une librairie. Provocation ou appel à la tolérance et au dialogue, à vous de le découvrir !

L’histoire est très courte mais elle est assez riche en idées importantes. Dans ce récit, une dictature littéraire a été instaurée en Europe et donc en France, afin de lutter contre une addiction aux écrans jugée malsaine. Il est donc désormais de bon ton de lire, de connaître les grands auteurs et classiques, et surtout de s’approcher aussi peu que possible des écrans. Les protagonistes du livre portent presque tous des noms qui font référence à de grandes oeuvres de la littérature : par exemple, l’héroïne s’appelle Allis L.C. Wonder, pour Alice in Wonderland de Lewis Carroll. Il faut même un permis pour s’exprimer en public et parler à plus de deux personnes ! Ceux qui s’adonnent malgré tout aux écrans ou qui ont le malheur de ne pas aimer lire sont aussitôt ostracisés et méprisés. Et, ce n’est pas précisé, mais au vu des oeuvres qui sont mises en avant, je pense que c’est surtout une dictature des Lettres et des classiques. Très peu de place est accordée à la littérature de l’imaginaire dans le livre, et c’est fort dommage, surtout au vu des effets du fameux virus L.I.V. 3 !

Notre héroïne a un handicap majeur : elle est sourde et muette. L’écriture lui permet de faire entendre sa voix, mais le nouveau virus qui sévit risque de bouleverser cette société. En effet, il permet de rentrer dans les livres, de vivre l’histoire comme si vous y étiez ! Une nouvelle façon de lire qui ravit les lecteurs et permet aux accros de l’écran d’apprécier les livres, mais qui n’est pas du goût des plus conservateurs. D’autant plus que les passages que vous lisez/vivez s’effacent aussitôt des pages ! Pour Allis, c’est à la fois exaltant et catastrophique : car tout ce qu’elle écrit disparaît dès qu’elle tente de se relire. Comme elle le dit si bien, le virus la rend muette une deuxième fois. Or, elle a un point de vue plutôt conciliant envers les Zappeurs, ou ceux qui apprécient les écrans : c’est pourquoi c’est elle que l’on va envoyer en mission pour découvrir qui a créé le virus et comment trouver un antidote.

Les personnages sont très intéressants : Allis est passionnante et c’est très agréable de se glisser dans sa peau. On a un petit aperçu de son handicap au quotidien, et surtout on voit son amour de la lecture, en même temps que sa tolérance. Elle est touchante lorsqu’elle discute sur le web avec Mondaye, sa seule amie : elle a tant besoin de se confier. Sa relation avec Lund est assez rapide à se mettre en place, peut-être un peu trop ? Mais j’aime beaucoup ce personnage aussi, car il ressemble beaucoup à Allis. Brisé et marqué par son propre handicap, il est vraiment attachant. Surtout, il met bien en valeur le fait que, tout en se coupant des écrans, les Lettrés se sont aussi coupés de nombreuses branches de la science et de la technologie, tournant alors le dos au progrès. J’avais du mal au départ avec le personnage d’Emma, mais elle s’est révélé être bien plus complexe que prévu. En revanche, Céline est insupportable et fanatique. En plus, son nom est tiré de Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand Céline, que j’avais détesté. Comme quoi !

La conclusion du livre m’a beaucoup plu, à part peut-être une certaine incohérence. SPOILER ALERT. A défaut d’annihiler le virus, il est toujours possible de lire les ouvrages qui sont mentionnés dans les livres où l’on se plonge ! La mise en abyme est très intrigante et donne envie 😀 Il est donc aussi possible d’y écrire, et Allis pense qu’elle peut donc de nouveau écrire son manuscrit. Mais comment transposer ce qui a été écrit dans cette vision littéraire dans la réalité ??? A priori ce n’est pas possible, surtout que tout se réinitialise dès que vous quittez votre livre… Donc bon, ça m’a un peu refroidie dans mon appréciation du livre. FIN DU SPOIL.

Bref, un petit livre très sympa, mais qui du coup aurait bénéficié d’une aventure plus détaillée, car pour moi il a manqué quelques points essentiels, comme la question de la littérature de l’imaginaire. En tout cas, je vous le conseille, que vous soyez amateur de livres ou de jeux-vidéos, et n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé 😀

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  1. J’ai terminé mes derniers achats hier mais la plupart avaient été fait bien en amont (juste que pour les chocolats, je préfère ne pas m’y prendre trop tôt ^^). Plus qu’à les emballer mais j’aime bien justement emballer un cadeau de temps en temps, ça me plonge dans l’ambiance de Noël =)
    Pour le roman, je ne sais pas… Si j’avais été plus jeune, probablement que oui, mais désormais ce genre de clivage me rebute un peu.

    • Je comprends pour les cadeaux, mais à la librairie en ce moment j’emballe tellement de livres pour les gens que je commence à ne plus pouvoir apprécier Noël par ce biais-là ><
      J'avoue que le roman est surtout écrit pour les jeunes générations, mais le but est justement de faire disparaître le clivage livres VS écrans, et il y a quelques idées que j'ai trouvé intéressantes 🙂

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