Fondation

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ? ^^ C’est effrayant à quel point on a encore un travail fou à la librairie. Bien sûr il y a les commandes internet qui battent tous les records, mais surtout il y a le click and collect. Avec le confinement, je ne m’attendais pas à ce qu’autant de gens viennent chercher leurs livres ! Ca se tassera peut-être au fur et a mesure, qui sait, ce serait mieux pour limiter les risques non ? Les gens aiment lire en tout cas, on ne peut pas dire le contraire !

Nouvelle chronique littéraire ! Je reviens sur un livre dont je vous avais déjà un peu parlé, ou plus exactement une série littéraire : Fondation de Isaac Asimov. Pour ceux qui ne connaissent pas le nom ou le personnage, en quelques mots : né en 1920, mort en 1992, il s’agit d’un écrivain américano-russe que l’on considère comme un des plus grands écrivains de science-fiction de tous les temps. On lui doit aussi plusieurs livres de vulgarisation scientifique. Son oeuvre la plus célèbre est justement la série Fondation, qui compte 7 tomes, mais une réédition récente de FolioSF condense les 5 derniers tomes en deux, et néglige les deux premiers qui sont finalement une sorte de préquels à l’oeuvre. Voilà pour la petite histoire ! Personnellement, j’ai découvert Asimov de manière détournée, avec l’adaptation en film I, Robot (avec Will Smith), librement inspirée de son Cycle des Robots. Comme mon frère, grand fan de SF, avait acheté Fondation, j’en ai profité ^^ Il a fallu un bon moment avant qu’il ne se rappelle qu’il devait me passer le tome 2, mais maintenant tout est lu 😀

Résumé : En ce début de treizième millénaire, l’Empire n’a jamais été aussi puissant, aussi étendu à travers toute la Galaxie. C’est dans sa capitale, Trantor, que l’éminent savant Hari Seldon invente la psychohistoire, une science nouvelle permettant de prédire l’avenir. Grâce à elle, Seldon prévoit l’effondrement de l’Empire d’ici trois siècles, suivi d’une ère de ténèbres de trente mille ans. Réduire cette période à mille ans est peut-être possible, à condition de mener à terme son projet : la Fondation, chargée de rassembler toutes les connaissances humaines. Une entreprise visionnaire qui rencontre de nombreux et puissants détracteurs…
Récompensé par le prix Hugo de la « meilleure série de science-fiction de tous les temps », Le Cycle de Fondation est l’œuvre socle de la SF moderne, celle que tous les amateurs du genre ont lue ou liront un jour.

Mon avis :

J’aime beaucoup les couvertures de cette réédition, très futuristes et toutes en lignes courbes, avec des couleurs sobres et des jeux de lumière métalliques. Les tomes peuvent paraître assez imposants ceci dit, le deuxième tome fait près de 900 pages. Ce n’est donc pas pour les lecteurs les plus timorés, même si rien ne vous empêche d’essayer si vous vous sentez de le faire 😉

Fondation est indubitablement un gros morceau de la SF, et appartient au courant qu’on appelle la hard science-fiction, ou « science-fiction dure » en anglais. Concrètement, ça désigne une oeuvre de SF où l’auteur imagine un futur où les évolutions de l’humanité (technologie et société essentiellement) sont vraisemblables, compte tenu de l’état des découvertes au moment où l’auteur écrit. En gros : « qu’est-ce qu’on peut faire aujourd’hui avec la science, et qu’est-ce que ça pourrait raisonnablement donner dans cent, mille ou un million d’années ? » La hard SF fait souvent peur aux lecteurs qui n’ont pas l’habitude de la SF en général, car elle demande énormément de cohérence dans le récit et l’univers imaginé, et les détails technologiques sont légion. Fondation ne fait pas exception à la règle.

L’histoire de base est celle d’un Empire galactique millénaire. Comme toute chose, il est voué à disparaître, mais ce n’est pas le genre de chose que les dirigeants aiment entendre, encore moins laisser savoir à la population. Pourtant, l’avenir de la civilisation en dépend. Le scientifique Hari Seldon, grâce à la psychohistoire qu’il a inventé, est en mesure de prédire les choix qui permettront à la civilisation humaine de perdurer avec un minimum de pertes culturelles et scientifiques. Cette nouvelle science se base sur une étude serrée des probabilités ; les deux règles essentielles sont les suivantes :

  • le groupe étudié doit être suffisamment important, car la psychohistoire fonctionne avec la psychologie des foules, et ne peut prendre en compte les variables à l’échelle de l’individu. En gros, on peut prévoir comment une foule va réagir, mais un seul individu est beaucoup plus difficile à anticiper
  • le groupe étudié ne doit pas avoir conscience qu’il est l’objet d’une étude, afin que ses réactions soient naturelles et non corrompues

Bien entendu, plus on dérive dans le temps et plus les probabilités sont diverses et imprévisibles, voilà pourquoi l’oeuvre de Seldon va être sujette à de nombreux débats durant toute la série.

Le premier tome de Folio SF regroupe trois tomes : Fondation, Fondation et Empire, et Seconde Fondation. Il couvre les 500 premières années des mille ans prévus par Hari Seldon pour arriver à un nouvel âge d’or de l’humanité. Les chapitres vont être espacés de périodes plus ou longues, quelques dizaines d’années en général, et montrer les différentes crises auxquelles la Fondation va être confrontée. Ce premier volume est réellement passionnant ! L’action est dynamique, et malgré des passages assez techniques ou politiques, on est vite fasciné par la tournure que prennent les événements. Les personnages présentés deviennent au fil des années des légendes dans l’histoire de la Fondation, avec chacun leur caractères et leurs actions d’éclat. J’ai du mal à bien trouver comment vous le dire, mais certaines sont vraiment excitantes, avec des révélations et des retournements de situation extrêmes ❤

Le deuxième tome est un peu plus corsé. Il regroupe Fondation foudroyée et Terre et Fondation. Les réflexions philosophiques et politiques sont bien plus avancées dans ce tome, et du coup la lecture est moins fluide… à moins de faire comme moi et de lire en diagonale les paragraphes trop compliqués pour en retirer l’idée principale et continuer sans trop se casser les pieds ^^’ En fait, la première partie est assez lente, mais la deuxième partie m’a bluffée sur tous les plans ! Asimov parvient encore à nous surprendre en imaginant un tout nouveau type de société, plus proche d’un organisme que d’une civilisation. Du coup, les débats entre les personnages sont nombreux pour tenter de comprendre toutes les implications derrière les bouleversements que l’humanité est amenée à vivre. Depuis son origine, avec la recherche de la Terre (que beaucoup prennent pour un mythe, donc c’est assez ironique), jusqu’à son devenir avec Galaxia (à vous de découvrir !), impossible de deviner jusqu’à lire le fin mot de l’histoire :3

Pour vous donner une idée plus concrète, Fondation aborde de nombreux grands thèmes, tous ceux qui en fait sont à la base même de ce que nous appelons la civilisation ou l’humanité. La religion, la guerre, la politique (qui pour une fois m’a passionnée comme jamais !!), l’exercice du pouvoir de manière générale… Puis des thèmes un peu plus futuristes comme l’évolution génétique, et donc bien entendu la nature de l’humain, les critères qui nous définissent comme des hommes, des femmes ou autre chose. Bien entendu, à l’échelle d’une galaxie, on ne peut échapper aux sujets tels que l’ethnocentrisme ou le racisme, parfois même le sexisme qui tend à être prédominant pour peu que la société régresse culturellement. L’écologie fait aussi partie des sujets, surtout dans le second tome. La technologie bien sûr règne en maîtresse, mais je l’ai trouvée finalement assez secondaire à côté de toutes les autres réflexions que propose la série. Certains passages sont chargés d’une certaines ironie : par exemple que la Terre soit considérée comme un mythe, ou que l’on s’étonne qu’une civilisation puisse être aveugle au point de ne pas se préoccuper de l’équilibre environnemental de sa planète ! Comment dire ^^’

Bref, c’est un gros morceau, qui peut faire peur mais qui vaut le coup qu’on se lance dedans ! Et vous, avez-vous déjà lu du Asimov ? Qu’en avez-vous pensé ? ^^

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  1. Je compatis à ce que tu dis en début d’article ! Je bosse en bibliothèque et c’est assez fou de voir à quel point nous sommes sollicités – dans une mesure différente c’est sûr. Malgré tout, je crois que oui, ça va se tasser ! Il y a une peur de manquer d’occupation je crois, un besoin d’avoir des choses à faire (et donc à lire !).
    Ah, Fondation. Je n’ai lu que le premier tome il y a bien des années, et lui avait préféré en terme de saga SF culte Hypérion de Dan Simmons. Il faudrait que je retente, peut-être en audiobook ?

    • En librairie c’est aussi qu’ils veulent soudain tous faire leurs cadeaux de Noël, surtout ceux qui se disent qu’on sera confinés a Noël –‘
      Je n’ai pas lu Hyperion, je note tout de suite ! Merci pour le conseil 😀

  2. Pingback: Waldo | Coeur d'encre 595

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